Abus de droit au logement | Causeur

Abus de droit au logement

Passe-passe dans les tours HLM

Auteur

Anne-Sophie Faivre Le Cadre
Journaliste indépendante

Publié le 16 février 2017 / Société

Mots-clés : , , ,

Le principe même du logement social est miné par les combines en tout genre. Petit florilège du passe-passe dans les tours.

Hall d'un immeuble HLM à Paris, janvier 2017.

Château-Rouge, Paris XVIIIe, un pluvieux après-midi de janvier. Ils sont tous là : le proxénète, l’œil bas et le verbe gouailleur, le vendeur de cigarettes à la sauvette, susurrant de tendres « marlboro, marlboro » à l’oreille des passants, les pickpockets flânant de poche en poche, les policiers en faction, voyant tout mais ne faisant rien. Au beau milieu de ce joyeux foutoir, l’immeuble de Michel forme un contraste presque comique. Une porte puis une grille blindée plus tard – quartier interlope oblige –, le sympathique retraité de la fonction publique nous ouvre sa demeure. Moulures au plafond, parquet de bois soigneusement entretenu, charme de l’ancien, son immeuble est de ceux que les Parisiens se disputent. Michel a de la chance : depuis bientôt trente ans, il loue son logement (qui n’est pas une HLM) à un prix 20 % inférieur à celui du marché, par la grâce de la Mairie de Paris qui lui a octroyé un logement social.

A lire aussi >> HLM, le clientélisme est roi: des logements attribués à partir de procédures opaques

« La famille qui habite en bas de chez moi tient des dizaines de commerces dans tout Paris ils viennent même dexporter à New York. Ils sont immensément riches, parce quils sappuient sur une main-dœuvre quasiment gratuite de travailleurs sans papiers », s’amuse-t-il en tirant sur une éternelle cigarette. Pourtant, le clan continue d’occuper un vaste appartement idéalement situé à deux pas du métro. « Ils sen vont, ils reviennent. Pendant que les uns sont là, les autres se prélassent dans les villas tapageuses dun goût immonde quils font construire en Tunisie. » Qui est là pour contrôler les allées des uns et les venues des autres ? Personne. « La gardienne, on ne la voit jamais, ricane Michel. Elle vient une heure par jour, dans le meilleur des cas. » Désireux d’en savoir plus, nous laissons Michel à ses gauloises et partons interroger des élus à l’Hôtel de Ville, afin de mesurer l’ampleur des abus en matière de logement social.

Une élue: “Une jeune femme de 22 ans s’est retrouvée à vivre toute seule dans un T5, alors que je venais de refuser un 32 mètres carrés à une famille de cinq.”

Calée dans l’un des confortables fauteuils du groupe Les Républicains, une élue francilienne se souvient de l’un des cas les plus flagrants d’abus auxquels elle a été confrontée.

[...]

  • causeur.#43.bd.couv

    Article réservé aux abonnés

    publié dans le Magazine Causeur n° 43 - Fevrier 2017

  • X

    Article réservé aux abonnés

    Déjà abonné, connectez-vous


    mot de passe oublié | Vous n'arrivez pas à vous connecter ?
     

    PAS ENCORE ABONNÉ ?

    causeur.#43.bd.couv
  • La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 17 Février 2017 à 21h39

      lafronde dit

      Jadis Le Peuple habitait Paris, et à l’occasion faisait l’Histoire de France. Puis vint la spéculation (dès les années 1980) qui chassa le Peuple de Paris.

      Où est l’intérêt de la Société, l’intérêt général de loger certaines personnes à Paris, et pas d’autres ? Donner un logement social à Paris est une rente, une rupture de l’égalité de tous devant l’administration.

      La morale républicaine voudrait que tous ces logements lorsqu’ils sont convoités soient vendus aux enchères (le cas échéant à leur locataire justifiant le paiement régulier de leurs loyers). L’Office du logement récupérerait des fonds pour construire ou rénover ailleurs. Si c’est la commune qui récupère, elle pourra se désendetter  !

      La seule justification du logement social à Paris (ou dans une ville bourgeoise) doit être lié à un emploi qui y est localisé, et pour la durée de celui-ci. Paris compte des emplois non pourvus, et les parasites sociaux (souvent délinquants, toujours bruyants) recherchés et logés par les sociopathes Hidalgo-Brossat, doivent laisser la place aux travailleurs parisiens. Pour cette raison Paris doit être mis sous tutelle, le temps de la nettoyer du parasitisme socialiste.

      Sous tutelle Paris doit redevenir une capitale prospère. Pour l’emploi, le tourisme, le commerce, la vie intellectuelle, et les ressources fiscales non spoliatrices dont le pays a besoin.

      Enfin paris doit être décentralisé, chaque arrondissement choisissant son modèle social, et l’auto-finançant !
      Il ne devrait pas être permis de cumuler un logement social à Paris et le droit de vote dans cette ville. Sous la Révolution, les domestiques (ici eux de la Municipalité) n’avaient pas le droit de vote, faute de prouver leur indépendance ! 

      • 18 Février 2017 à 2h42

        IMHO dit

        J’adore la prose de lafronde . Elle sort tout droit des Cahiers de Remontrances du Parlement de Paris L’idée de l’autonomie des arrondissements est riche en succulences .
        A part ça, il a raison cet homme-là, à ceci près qu’il a tort .
        En effet, Paris abandonné à la logique du marché serait confisqué par de riches acquéreurs de logements donnés en location à des touristes ou des expatriés, soit français soit étrangers. L’opulence et la beauté de la ville y gagnerait certainement, mais ce serait une belle morte, et elle ne serait plus la capitale de la France .
        La gentrification et la spéculation obligerait les entreprises et administrations à s’exiler en banlieue pour y dépenser moins en loyer et y être près de leur employés, même cadres, qui y seraient exilés, et obligerait les pouvoirs publics à étendre démesurément les réseaux du Métro et du RER, vers Paris et aussi entre les villes de banlieue .
        Ou loger d’ailleurs en banlieue cinq ou six-cent-mille parisiens, la première couronne est saturée, la seconde n’est déjà plus citadine ? Il faudrait édifier de vraies villes nouvelles, non celles d’aujourd’hui, mais des arrondissements parisiens transportés au milieu des bois et des champs .
        Un solution raisonnable et censée me semble être de faire des nouvelles Défense, par exemple dans le triangle de Gonesse, ou tout autour de Roissy, des quartiers d’affaires fonctionnels mais non hyper-luxueux, où s’établiraient les entreprises de toutes sortes aujourd’hui sises à Paris mais qui ne sont pas au service des Parisiens .
        Cette migration ferait à Paris de la place où faire des logements pour les Parisiens et réduirait les nuisances de la circulation.
        Paris intra-muros, devrait être une ville résidentielle et une ville cosmopolite, non une métropole économique, car elle est bien trop petite et peuplée pour cela .
        La ville-région de Berlin a une superficie de 890 km2, et aujourd’hui 3.550.000 habitants, et autour une nature belle et intacte, c’est une métropole europenne

    • 17 Février 2017 à 8h29

      IMHO dit

      https://teleservices.paris.fr/cotation/les-criteres.html

      Il y a peut-être des tours de passe-pas – prouvés, pas seulement allégués par des ennemis de la Mairie de Paris ? – mais il y a ça aussi : un algorithme public pour allouer les logements sociaux .
      Celui-ci ne vaut encore que pour quelques arrondissements, mais de toutes façons c’est une commission qui attribue les logements, pas un fonctionnaire tout seul .

    • 16 Février 2017 à 18h23

      IMHO dit

      ” le proxénète, l’œil bas et le verbe gouailleur ” .
      En fait d’oeil, Anne-Sophie a celui d’un grand reporter !

    • 16 Février 2017 à 16h01

      Ganzo dit

      Les français ne veulent pas entendre l’équation : bcp d’Etat = bcp de corruption. Pire ils veulent de plus en plus d’Etat.

    • 16 Février 2017 à 15h28

      chartreux dit

      dans le 14 e a Paris, une dame a un appart hlm de 65 m2 avec terrasse magnifique depuis 25 ans (800 euros mensuels )et fait croire a l ‘Office que son fils vit (encore) avec elle. Il a plus de 20 ans et il vit a Toulouse chez son pere depuis le bac.
      La femme loue son appart via Airbn b toutes les vacances…
      Alors oui, hlm encore et encore… monsieur sancho pensum. QUI denonce ce scandale?bizarre ce silence…les journalistes en beneficieraient ils ?

    • 16 Février 2017 à 14h40

      Sancho Pensum dit

      HLM, HLM, HLM… Ca tourne franchement, ici, à l’obsession délirante. La psychiatrie peut-elle encore quelque chose ?

      • 16 Février 2017 à 15h24

        jeanpierremartin dit

        Vous n’avez peut-être pas remarqué que le thème de ce mois chez Causeur, c’était les HLM… Ce qui explique la multitude d’articles qui leur sont consacrés.

        • 16 Février 2017 à 18h27

          IMHO dit

          A mon avis, c’est sur ordre des actionnaires, ces campagnes, avant-hier contre les droits des animaux, hier contre France-Inter, et aujourd’hui contre les logements sociaux . L’autonomie se paie .