Habitations à Loyers Mensongers | Causeur

Habitations à Loyers Mensongers

Non, les HLM ne réduisent pas les inégalités sociales

Auteur

Jean-Philippe Vincent
est directeur d'études d'économie à Sciences Po Paris

Publié le 10 février 2017 / Société

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En théorie, le parc HLM a vocation à réduire les inégalités sociales. L'analyse rationnelle des faits prouve que c'est l'inverse qui se produit. Autopsie d'un mythe français.

Construction de logements sociaux à Paris, près de la porte de Bagnolet, janvier 2016.

« Vous qui entrez ici, laissez toute espérance » : c’est, écrivait Dante, l’inscription que l’on trouvait aux portes de l’enfer. Celui qui aborde la question du logement en France et, plus particulièrement, celle du logement social doit faire sienne la phrase de Dante : « Vous qui abordez en économiste la question du logement social, vous qui vous souciez du logement des plus démunis : laissez toute espérance. » Ou presque.

A lire aussi >> HLM, la politique contre la ville: des bonnes intentions au séparatisme islamique

Une des caractéristiques de l’enfer, d’après les théologiens, est le règne du mensonge, la falsification radicale de la réalité. Or la singularité du logement social en France, c’est qu’il est presque un mensonge ontologique. La réalité est intégralement détournée, travestie, au profit d’une fiction. Voyons, en économiste, pourquoi.

Parler de droit au logement, c’est très mignon, mais ça ne résout rien et ça ne fait qu’ajouter au mensonge

L’enfer, c’est connu, est pavé de bonnes intentions. Les économistes – ou du moins la plupart d’entre eux – invoquent une multitude de « bonnes intentions » pour justifier la politique de logement social telle qu’elle existe en France. Généralement, ils parlent d’externalités positives, sur l’emploi, l’éducation, la criminalité, etc. Ils veulent dire que le fait de bénéficier d’un logement social a des effets positifs sur l’emploi, l’éducation, le respect de la loi. Et ces effets, selon eux, ont un rendement social tel qu’il justifie la fourniture de logements sociaux à des prix inférieurs à ceux du marché. Que le non-économiste qui entend parler d’externalités pour la première fois dresse l’oreille : lorsqu’un économiste parle d’externalités, c’est généralement qu’il n’a aucune bonne raison pour justifier une politique quelconque. Les externalités, la plupart du temps, ne sont qu’une cheville de langage ou, plus crûment, « des pièges à cons ». Du même ordre, et presqu’aussi souvent invoqué, le concept de

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    publié dans le Magazine Causeur n° 43 - Fevrier 2017

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    • 11 Février 2017 à 11h24

      golvan dit

      Le logement en France est un sujet intéressant mais qui varie du tout au tout selon qu’on parle de Paris et de certaines grandes villes, ou des villes moyennes où le logement dit social n’est pas d’une gr

      • 11 Février 2017 à 11h27

        golvan dit

        (suite) n’est pas d’une grande utilité.
        Quant à la spéculation immobilière, elle est forcément la règle lorsqu’on contraint un tas d’habitants à la recherche d’un travail, à venir s’agglutiner dans des villes où ils n’ont aucune envie d’habiter.

        • 11 Février 2017 à 20h29

          Bacara dit

           Etes-vous la réincarnation du marquis de La Palice?

        • 14 Février 2017 à 14h11

          golvan dit

          @ bacara
          Non mon vieux, pas du tout, mais je n’ai pas remarqué dans l’article du magazine papier, la moindre référence à l’exode rural, au rapatriement des Français d’Algérie, en résumé ceux qui n’ont pas choisi de migrer à l’intérieur de la France et auxquels étaient justement destinés les premiers grands ensembles.
          Mais peut-être ai-je mal lu et monsieur (ou madame) bacara a-t-il eu accès à des paragraphes masqués ?
          Donc pas de réincarnation de mon côté mais une remarque bien conne du vôtre.

    • 10 Février 2017 à 21h27

      Bacara dit

      Bon, sachons raison garder. Un de mes fils , nouvellement maître de conférence à Paris,  a été heureux de trouver un logement HLM , certes dans une banlieue pourrie, mais au moins il a pu se poser et installer sa bibliothèque. On peut s’interroger sur un Etat qui ne sait et ne peut rien faire
      contre la spéculation immobilière. 

      • 13 Février 2017 à 14h12

        JeanBart dit

        On peut s’interroger sur un Etat qui provoque la pénurie immobilière…
        On peut également s’interroger sur les règles bancaires internationales (Bale III) et la méthode de valorisation de l’immobilier dans le bilan des entreprises…

    • 10 Février 2017 à 17h29

      Schlemihl dit

      J’ai entendu quelque un résidant à Paris ou il a acheté ( cher ) un appartement , dire que les HLM des années 30 étaient envahies par des gens qui se conduisaient assez mal et qui avaient obtenu ces logements pour des raisons électorales .

      Comme il est absurde de croire que les édiles de nos grandes cités obéissent à d’ autres préoccupations que l’ intérêt public , j’ai refusé de le croire . J’ ignore les raisons de bannir les travailleurs et de persécuter les conducteurs comme si il s’agissait de malfaiteurs . je suppose que ces raisons sont excellentes .

      Ou sinon il faudrait en conclure que les grandes villes françaises sont administrées par une bande de malfaiteurs .

      • 10 Février 2017 à 20h17

        Hannibal-lecteur dit

        Je me rappelle le directeur de travaux du chantier dit “Buffon Poliveau” selon les rues qui le bordent raconter la visite non annoncée de madame l’épouse du maire en manteau de vison distribuant aux amies qui l’accompagnaient les logements HLM ( ou HLN? ) vous savez, à côté du jardin des plantes …
        Je ne crois pas qu’il avait rêvé… 

        • 11 Février 2017 à 14h59

          Schlemihl dit

          J’aurais voulu être là , voir le beau monde du marché noir ….. mais j’aurais sans douté été déçu . Ces messieurs dames ne sont probablement pas assez noirs pour faire un bel effet d’ art . De médiocres concussionnaires et non de grands et terribles pirates .

          Mitterrand Nanar les socialistes ça n’ est même pas du Stavisky et pas du tout Long John Silver !
          pas de classe …..

          Janvier , 47 rue Poliveau , c’ est six mille francs !!!!

        • 12 Février 2017 à 14h16

          Hannibal-lecteur dit

          Eh oui, …du monde bien ordinaire…

    • 10 Février 2017 à 13h34

      gerard jourdain dit

      quand je pense qu’il vote, j’ai un doute sur la démocratie….

    • 10 Février 2017 à 12h28

      gerard jourdain dit

      excellent article avec des idées;
      moi je rajouterai, qu’il faut pour du logement “précaire”, diminuer drastiquement les réglementations. exemples faire comme en Angleterre , des logements étudiants” ,
      à base de containers.
      pour le logement social, aussi. permettre comme aux USA de construire des produits de durées de vie de 30 ans.vous verrez les prix chuterons surtout si c’est le privé qui s’en occupe.

      • 10 Février 2017 à 20h22

        Hannibal-lecteur dit

        Très bonne idée , surtout qu’on peut avoir pour un prix très modique des modules type Algeco aussi confortables qu’on le souhaite, bien isolés …faits en ateliers et installés en quelques heures si le socle est prêt…

    • 10 Février 2017 à 12h17

      efge dit

      Quelques remarques supplémentaires a cet intéressant article.
      L’aide a la personne pour les loyers contribue a leur enchérissement. La règlementation abusive contribue a enchérir de 30% le prix de la construction (selon l’ancien ministre délégué au logement benoit apparu qui s’est bien gardé de faire quoi que ce soit pour y remédier), Les taxes sur les ventes et les plus values contribuent a geler le marché aussi bien des terrains que des logements organisant la rareté, les terrains constructibles sont restreints par les maires sous la pression de leurs administrés et parcequ’ils ont intéret a ce que les prix soient le plus haut possible, les politiques de ville anti voiture et pro transports en communs (efficaces surtout dans les centre ville) font monter les prix en centre ville, la politique du logement (environ 40 milliards!) aide a l’investissement etc contribue a augmenter le prix des logements. Tout cela fait que entre le prix de la construction et celui du terrain un investissement n’est rentable que si le loyer est élevé. Marc Candelier fait remarquer dans son blog : en 1958 un logement valait en moyenne 70 loyers et que 40 ans plus tard, en 1998, il fallait dépenser en moyenne 133 loyers pour devenir propriétaire ? Savez-vous qu’en 2008, au plus haut de la bulle, un logement coutait en moyenne 262 loyers et que les prix étaient surestimés de 80% ?

    • 10 Février 2017 à 11h47

      Sancho Pensum dit

      C’est quoi cette nouvelle lubie de Causeur sur les HLM ? Il y a trop d’arabes, c’est ça ?

      • 10 Février 2017 à 12h18

        efge dit

        Vous en avez d’autres aussi stupides a proposer?

      • 10 Février 2017 à 12h26

        Perlimpinpin dit

        Si ça avait été un article de Libération, vous y auriez sûrement vu une critique subtile du racisme systémique pernicieux qui maintient les minorités dans une pauvreté inter générationnelle, et qui sous couvert de les aider les condamne en fait à une reproduction de la misère sociale.

        • 10 Février 2017 à 12h36

          Sancho Pensum dit

          Amen !

        • 10 Février 2017 à 20h23

          Hannibal-lecteur dit

          Votre TOC, SansPensée, attention, il revient…