HLM: Logement antisocial | Causeur

HLM: Logement antisocial

Notre numéro de février est sorti

Auteur

Daoud Boughezala

Daoud Boughezala
est rédacteur en chef de Causeur.

Publié le 01 février 2017 / Économie

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Grand dossier autour du logement social comme vous ne l'avez jamais vu, reportages en Haïti et dans l'Est de l'Ukraine, débat autour du pape et de l'immigration : Causeur revient avec une cuvée inédite. A déguster sans modération.

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Ce n’est pas parce que les grands froids saisonniers se raréfient qu’il faut délaisser les sujets d’hiver. Hors hiver 54 et autres périodes d’urgence, le logement social passionne peu la presse. Foin des marronniers sur les prix de l’immobilier, Causeur a décidé de s’emparer de la question en posant les questions qui fâchent : nos HLM atteignent-ils vraiment leurs objectifs sociaux ? Derrière les slogans lénifiants sur le vivre-ensemble et la rénovation urbaine, quelle est la réalité de la vie en cité ?

 

Lire le magazine >> HLM : logement antisocial. Enquête au coeur des injustices, du clientélisme et de la ghettoïsation

Souvenirs d’un coco hérétique

Comme de bien entendu, Elisabeth Lévy ouvre le bal par des constats implacables : « le logement social à la française est un échec, doublé d’un énorme gâchis », étant entendu qu’«en un demi-siècle, les belles promesses des Trente glorieuses ont abouti à des quartiers de haute insécurité ». Comment en est-on arrivé là ? C’est bien simple, la politique du logement est inséparable de ses cousines sociale et migratoire. Un peu de recul historique s’impose pour comprendre de quoi il en retourne actuellement : avant la paupérisation des habitants en HLM et l’entrée massive des dernières vagues d’immigration dans les cités, « jusqu’à la fin des années 1970, des familles d’ouvriers, d’employés et de cadres coexistent effectivement dans les cités HLM, tandis que les plus démunis occupent seulement 10% du parc ».  On a aujourd’hui du mal à se figurer que les grandes barres d’immeuble représentaient presque un pays de Cocagne pour les classes moyennes de l’époque. André Gerin, ancien maire communiste de Vénissieux, locataire en logement social pendant plus de quarante ans, a murmuré ses souvenirs à Luc Rosenzweig. Ce coco « bleu-blanc-rouge » a vu mourir le monde prolo ancien au profit de ghettos où la charia le dispute aux lamentos victimaires.  Plus au sud, le médiatique maire de Béziers Robert Ménard nous livre son expertise d’élu sur la politique du logement. Des HLM en centre-ville ? Très peu pour lui ! Tant que l’Etat n’accordera pas aux villes la licence de choisir qui elles accueillent dans leur parc social – des locataires solvables ou des resquilleurs-, l’édile préfère jouer la carte de la prudence pour ne pas enfoncer davantage sa commune.

Djihad au féminin et controverse entre cathos

Moins francs du collier, des maires de toutes étiquettes troquent des faveurs immobilières contre des charrettes de voix ou d’autres échanges de bons procédés que révèle l’enquête de Tugdual Le Bihan. Pour clore ce dossier, le sociologue Julien Damon examine la condition de SDF, étroitement liée à l’immigration la plus récente.

Côté actualité, la barque s’avère chargée. Pas une semaine sans que l’Etat islamique ne se manifeste d’une manière ou d’une autre. Et pas seulement de manière virile : les femmes terroristes en sont aussi partie prenante, comme le détaille la sociologue Amélie Chelly. Des déçues du féminisme en quête de père rejoignent parfois ce sommet de la phallocratie…

Autre religion, autre mœurs. Dans la cathosphère, la controverse bat son plein entre les partisans et les détracteurs des positions du pape François sur l’islam et l’immigration. Erwan Le Morhedec et Laurent Dandrieu s’affrontent par essais interposés autour de questions aussi fondamentales que la place du catholique dans la cité, la charité et l’avenir de la chrétienté. Un débat que j’ai taché de mettre en perspective.

D’Haïti au Donbass

Enfin, dans la série “Le Monde est à vous”, nos reporters vous emmènent en Haïti et à l’Est de l’Ukraine. Dans la petite île caribéenne, la misère n’est pas moins pénible au soleil pour les jeunes filles qui se prostituent auprès des humanitaires occidentaux avides de chair fraiche. Quant à la région séparatiste du Donbass, elle peine à créer une identité propre distincte de Kiev comme de l’homo americanus.

Rubrique culture, notre amie philosophe Françoise Bonardel recense sans complaisance Décadence, le dernier essai de Michel Onfray. Moins sérieuse, la balade que nous fait faire Emmanuel Tresmontant sur les marchés parisiens, derniers reliquats d’un mode de vie local dans la termitière qu’est devenue Paname.

Last but not least, je profite de l’occasion pour rendre hommage à l’un des meilleurs d’entre nous, hélas disparu le week-end de Noël. Olivier Prévost, notre spécialiste ès films, Scandinavie et tant d’autres choses. En guise d’héritage, il nous lègue un passionnant entretien avec le psychiatre Gérard Haddad mettant à mal nos idées reçues sur la fraternité. Puisque l’heure est aux confidences, Olivier, de là où tu es, sache que tu nous manques…


Causeur #43 – Février 2017 par causeur

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    • 1 Février 2017 à 15h19

      Monge dit

      Je regrette, avec beaucoup de peine, la disparition d’Olivier Prévost qui,outre beaucoup de talent et une très grande culture, avait beaucoup de sensibilité. 
      Si Causeur voulait bien transmettre à sa famille et ses amis les condoléances des lecteurs.  

    • 1 Février 2017 à 14h49

      Bibi dit

      Hé-hé, sans modération.

    • 1 Février 2017 à 13h45

      clark gable dit

      Actuellement , je sais pas qui est le plus a plaindre entre un petit propriétaire ( a faibles revenus ) et un locataire , le premier est criblé de taxes et impots et n`est pas sur chaque mois de toucher l`intégralité de son loyer ( juste l`APL ) alors que le second perçoit toute les aides possibles sans rien payer et exigeant que le proprio fasse toute les réparations bien aidé pour cela par des armées d`associations et autres assistants sociaux , payés rappelons le par les impots locaux
      A ce rythme , les propriétaires seront obligés de vendre leur modestes logements pour devenir locataires et vivre enfin sans stress et problèmes !

      • 1 Février 2017 à 17h40

        castor27 dit

        Si le dernier locataire à été correct, oui, il pourra le vendre autrement c’est pou ses pieds.

      • 1 Février 2017 à 17h52

        Kernoa dit

        Tout à fait d’accord. C’est mon cas. J’ai décidé de me séparer de mon appartement de rapport bien que j’ai un couple locataire régulier depuis 5 ans. La cause. Les causes en sont la taxe foncière qui devient exorbitante, les impôts sur mes revenus immobiliers trop forts et la crainte de devoir chercher un nouveau locataire solvable et de devoir faire face à poursuites pénales si je refuse de louer mon appartement à des personnes à la mauvaise réputation.
        Évidemment, j’ai du mal à trouver.

      • 1 Février 2017 à 23h16

        Barbapapa dit

        Oui, et c’est d’autant plus bizarre que toutes ces dernières décennies on a encouragé les classes moyennes et moins moyennes à devenir propriétaires. La vache à lait aurait-elle pris la silhouette du petit propriétaire ?

    • 1 Février 2017 à 8h34

      L'Ours dit

      On commence toujours par le constat final avec le logement en restant dessus au lieu de refaire le cheminement… avec les associations.
      Au départ: Jungle calais, frontières poreuses etc… et les gentils assoces qui pleurent: “il faut les laisser rentrer, vous n’avez pas de coeur”
      Puis: “il faut leur donner des subsides… de quoi vivre, vous n’avez pas de coeur”
      Puis regardez, ils vivent sous des tentes à Paris, à Lyon, etc… il faut des logements sociaux, vous n’avez pas de coeur.”
      Et il y a une assoce par spécialité.
      Ensuite on apprend que de très nombreux logements ont bien été construit, mais évidemment ça ne suffit jamais et on se demande pourquoi.
      Et j’ajoute que de nombreux logements sociaux sont refusés à des “de souche” qui en ont besoin pour les donner à des migrants. Et ne venez pas me dire que je lis n’importe quoi, c’est du vécu dans ma commune. Refusé par le maire, imposé par la métropole!