“Hélène et les garçons” : ma mélancolie à moi
Ou comment je suis devenu réactionnaire…
Publié le 19 août 2010 à 14:30 dans Société
Mots-clés : France

Je suis devenu réactionnaire un dimanche de juillet, et ça a duré au moins tout l’après-midi.
Il faisait vraiment très chaud, ceci explique peut-être cela. Avant, je croyais que j’étais déjà réactionnaire mais je me trompais. J’étais simplement un pessimiste actif. Les pessimistes actifs deviennent soit fascistes s’ils ont un mauvais fond et qu’ils n’ont pas lu Marx, soit communistes si leur premier réflexe, quand ils voient passer devant eux une jolie fille alors qu’ils sont assis à la terrasse d’un café1 est de s’exclamer : “Tu as vu comme elle est jolie ?” et non : “Tu as vu, il n’y a plus que des Arabes/Blacks/Chinoises2 dans le quartier !” C’est le côté Petit Prince des communistes, ça : la beauté n’est pas pour eux affaire de chiffres, comme pour le businessman qui veut la posséder ou le géographe qui préfère les taxinomies aux caresses.
Petit Prince ou pas, je suis devenu réactionnaire en attendant le match Argentine-Allemagne dans l’ombre fraîche du salon et en buvant de la vodka-pamplemousse pour digérer. C’est fou ce qu’on a besoin de digérer quand on est communiste, ces temps-ci : il faut digérer la manière dont les gouvernements de l’UE ont objectivement décidé de paupériser leur propre population pour tenter de préserver les rentes du capital ; il faut digérer qu’un fake (Sylvie François !), sur Facebook, annonce un apéro-saucisson rue Myrha pour qu’on se rende compte à quel point on flirte avec la guerre civile (au moins sur Internet) ; il faut digérer qu’une manifestation de deux millions de personnes contre la réforme des retraites passe à l’as médiatique parce que le président décide de recevoir en urgence Thierry Henry, lui-même futur jeune retraité du football, mais aussi de l’honneur, et il faut digérer plus généralement cette impression que tout ce que nous avons aimé est appelé à disparaître et que l’on s’éloigne un peu plus chaque jour des Jours heureux qui étaient, rappelons-le, le titre donné par le Conseil national de la Résistance à son programme. Les jours heureux… Tu parles…
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Inédit
Article inédit
publié dans
Causeur n° 25Juillet/Août 2010

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L'auteur
Jérôme Leroy est écrivain et journaliste. Dernière parution, Le Bloc (Gallimard)
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ramonmercader dit
pauvre jérome !
je lui donne des idées et il les dédaigne……….
comme quoi………
la fibre pédogosociale n’était pas rivée à son corps………..
on maintiendra donc ” défaitiste !”
ramonmercader dit
et tiens ça aussi !
” fatoumata….. j’ai pas finit de raconter ! la suite ! la suite là tout de suite ! le dealeur ulysse le mec du hacheloume d’itaque qui peut pas rentrer chez lui ! le scooter en panne ! une galère noire pour se sortir des embrouilles ! et lorsqu’il rentre dans sa barre ….cocu lui aussi ! ”
ha putain ! que du bon !
c’est comme ça qu’il faut raconter les lettres classiques aux gosses !
et vous mon bon leroy vous faites votre chichiteuse !
13 ans à peine et vous jettez l’éponge ! le manche après la cognée !
vous rendez votre tablier votre sac !
sans avoir TOUT essayé !
bougre de défaitiste !
rejoignez votre casernement !
vous ne reviendrez que lorsque vous aurez monté une pièce avec nos petites diverses !
et attention pas du begodeau !
du homère !
ramonmercader dit
en 93 j’avais pas la téloche donc ………
en 2010 j’ai toujours pas la téloche
hélène et les garçûs / le foutebaule /les réalités sociales….. je m’en fiche du tiers comme du quart
mais je peut concevoir que ça vous passionne
allez ! je suis humain et rien de ce qui vous tourneboule ne doit me laisser indifférent
mais tout de même …….hélène………..jusqu’à présent y avait que celle de troie qui comptait
tiens c’était une idée qui aurait du vous traverser la cougourde ça !
“samira laissez vos affaires dans votre cartable ! restez à votre place ! bougez pas ! je vais vous en causer d’hélène moi ! une histoire magnifique ! vieille comme le monde ! sanglante comme l’humanité ! du rire de l’émotion du sentiment ! un cocu magnifique ! une salope folle de son corps ! des petits racketteurs des cyclades ! le feu au local socio cul !”
toute la lyre mon bon leroy !
si vous aviez présenté les choses comme ça oui peut être …….
mais là…..
hathorique dit
@ Ours
vous vous dévergondez :
“Que fait une femme pour rendre un homme fou au lit?
… elle cache la télécommande.”
ma fille Sophie lorsque elle était encore une préadolescente très prépubère appelait je ne sais pourquoi ce feuilleton “Hélène et les glaçons”
Sophie dit
Pour le peu que je connais d’H. et les garçons, j’aime pas!
Du tout!
Mais raconté comme ça, évidemment… On a la nostalgie qu’on peut…
Bon, les garçons, on se retrouve à la cafète?
pjolibert dit
M. Leroy,
puis-je me permettre de citer le générique de fin :
Uuuuune fiille,
ça a le coeur toouuuut rempli deeeeeeee chansons,
qui refleurissent à toutes leeeesss saisons,
pour l’a-mour d’un garçon.
J’aurais pu être de vos élèves, même si je n’aurais pas soutenu la discussion avec vous ; je n’étais pas spécialement accroc à cette série. Mon cas est plus grave : à ce moment-là je préférais les séries américaines concurrentes, qui véhiculaient des choses bien plus dangereuses, j’imagine.
En vous remerciant pour ce bel article, puis-je enfin lever pour vous un autre lièvre ?
Remontez encore un peu en arrière, de deux ou trois ans ou plus. Avez-vous perçu chez vos élèves ce qu’a pu être le phénomène “Les Inconnus” ? On a beaucoup parlé récemment d’humour et d’humoristes. Essayez de (re)voir des images du trio Légitimus-Campan-Bourdon et voyez si ne surgiront pas des questions semblables à celles du cas Hélène : pourquoi ? comment ? et si aujourd’hui… ?
Votre serviteur.
Benjamin dit
Excellent article, sur le fond et toujours dans la forme.
Sa diffusion sur le site me rappelle que durant la revue de presse de la matinale de france inter, il y a quelques jours, ils ont cité Causeur, E.Lévy et surtout vous monsieur Leroy, reprenant des passages de cet article pour la conclusion de la chronique radio.
Le début du succès grand public vous guette, gaffe à pas attraper la grosse faucille!
zenaztec dit
“On cherchait à leur vendre l’image d’un monde parfait, ”
Un peu comme la contesse de Segur,ou Enid Blyton(pas sur de l’orthographe) avec le club des cinq rien de nouveaux donc
Par contre plus belle la vie c’ est nettement plus vicieux
L'Ours dit
J’ai failli ne pas lire l’article car je me disais que le texte n’allait être qu’un long dénigrement du titre.
Comme j’aurais eu tort!
Un beau texte sensible comme vous en avez l’habitude.
D’abord, je détestais aussi Hélène et les garçons pour les raisons que vous invoquez et surtout parce qu’il y avait un fossé impalpable par des ados qui ne connaissaient encore le monde du travail, celui où ces jeunes (dans le feuilleton), vivaient comme des bourgeois en se plaignant tout le temps du manque d’argent.
Et comme je vous rejoins sur la vulgarité, mais aussi sur l’amour. Si on tient cinq minutes dans les “Hélène” d’aujourd’hui, on doit écouter un accent heurté et insupportable à la rappeur, même joué par des BCBG, dans un feuilleton où le sexe et une certaine violence règnent, rendant le sentiment amoureux ridicule et suranné.
Mais ce qui m’attriste, c’est le zapping. C’est avant tout une frénésie d’homme seul. Et maintenant, même dans une famille, chacun a sa télé pour être encore plus seul, même accompagné. Où sont nos engueulades pour choisir une chaîne?
Allez, une petite pour la route.
Que fait une femme pour rendre un homme fou au lit?
… elle cache la télécommande.
Impat1 dit
Adorable, cher J.L. Vous me donnez un désir terrible de devenir réactionnaire. Je ne sais même pas si j’ai envie de résister, je vais essayer.
laborie dit
La dégringolade à continué avec “plus conne ta vie grâce à qui?”…