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Haro sur le beau Dray

Le flingage médiatique du député de l’Essonne est dégueulasse

Publié le 23 décembre 2008 à 17:00 dans Politique

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Mettons nous, rien qu’une seconde à la place du citoyen Dray Julien, député de l’Essonne et membre du bureau national du Parti socialiste. Des fins limiers du Tracfin, organisme dépendant du ministère des Finances pour la lutte contre le blanchiment d’argent, flairent une magouille, sinon une arnaque, dans les mouvements de fonds du compte de deux associations celles des “parrains” (sic) de SOS Racisme et de la Fédération indépendante et démocratique des lycéens (FIDL) vers le compte personnel de Julien Dray. Les montants évoqués tournent autour de 350.000 euros, somme rondelette à l’échelle d’un budget familial moyen, mais dérisoire à l’aune des montants apparus dans des récentes affaires de “fluidification des relations sociales” par l’intermédiaire de l’ancien homme fort du Medef, Denis Gautier-Sauvagnac. Alors qu’il ne s’agit que d’une enquête préliminaire menée par la police à la demande de Bercy, sous le contrôle du procureur de Paris, des fuites dans Le Monde provoquent une agitation médiatique intense autour du présumé innocent. Il s’agirait “apparemment”, selon le Parquet, d’une affaire d’abus de confiance où M. Dray se serait personnellement enrichi aux dépens d’associations sur lesquelles il exerçait une tutelle politique et morale. Une sorte de mini-affaire Madoff avec une bonne douzaine de zéros en moins derrière le premier chiffre.

Disons-le tout net, cette manière de flinguer médiatiquement un homme politique avant même qu’il ait pu avoir accès au dossier le concernant est dégueulasse. Elle ouvre les vannes à toutes les supputations, fantasmes et calomnies sans que l’intéressé ait les moyens de se défendre à armes égales. On n’explique pas, on insinue (“apparemment”). L’emballement médiatique fait le reste et il ne reste plus à celui qui est pris dans la nasse qu’à compter ses amis, aussi nombreux que les doigts de la main d’un bûcheron qui aurait eu quelques problèmes avec sa tronçonneuse.

Le pire, c’est que ça marche. Beaucoup de gens pensent instinctivement que c’est vrai. Puisque c’est écrit dans le journal. Dans le microcosme politique parisien, ce qui arrive aujourd’hui à Julien Dray ne surprend pas grand-monde : l’homme est depuis des décennies un bricoleur de génie en matière de création et de contrôle d’associations destinées à encadrer des mouvements plus ou moins spontanés surgissant dans les facs, lycées et quartiers difficiles. Cette technique “mouvementiste”, apprise dans les rangs de la section française de la IVe internationale (canal Frank-Krivine), n’a rien en soi de répréhensible. L’avant-garde du prolétariat se met à la disposition des masses opprimées, leur fournit un package idéologique et organisationnel leur permettant de dépasser le stade de la révolte passionnelle contre les injustices de tout poil pour atteindre celui de l’action révolutionnaire consciente visant la prise du pouvoir par les masses laborieuses à l’échelle nationale, puis mondiale.

Mais lorsque cette technique est importée dans un contexte où le pouvoir est déjà détenu par celui qui veut s’en servir pour canaliser à son profit les révoltes de la jeunesse, cela donne le mitterrandisme associatif, version “degauche” du gaullisme immobilier. Grassement subventionnées, ces organisations plutôt maigres en forces militantes, mais très douées médiatiquement, deviennent des viviers de cadres pour les parti politiques qui les ont suscitées : mouvements étudiants, lycéens, antiracistes associations (SOS Racisme, Ni putes ni soumises), secrètent ainsi des leaders qui deviendront des permanents. Harlem Désir, Malek Boutih, Isabelle Thomas, Bruno Julliard sont sortis de ce moule.

Si on ne veut pas que l’investissement soit perdu, il est indispensable d’assurer un verrouillage bureaucratique très strict de ces organisations, afin d’éviter qu’elles aient la mauvaise idée de penser, d’agir et de décider par elles-mêmes. C’est un domaine dans lequel excelle Julien Dray, bien qu’il ait subi un revers de taille en se faisant piquer Fadela Amara par Sarkozy, alors que le PS avait porté Ni putes ni soumises sur les fonts baptismaux et vers les fonds publics. Dans la pouponnière de Juju, ça ne rigole pas tous les jours.

On souhaiterait presque que les flics cafteurs aient raison, et que Juju ait fait valser l’anse du panier associatif pour se payer une de ces montres historiques dite “à complications” dont il raffole, car cela ramènerait à une humanité plus ordinaire un apparatchik par trop ascétique au regard des mœurs du temps.

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  • 2 January 2009 à 17h37

    krusty dit

    Fichtre! une nouvelle affaire Drayfuss…!!?

  • 1 January 2009 à 18h11

    annemarie dit

    ce qui me navre dans cet histoire c’est un fait
    divers ,il y a plus grave,il collectionne les montres d’autre ont des rollex au poignet
    ce qui me navre c’est que le ps est un parti liberal,ce n’est pas un parti d’ouvrier,comme
    on serrait tenté de nous le faire croire,il est de nature de s’élever cela est normal,je connais
    un comte ,il a horreur des nouveaux riches et des parvenus,c’est un homme simple
    et il est devenu avec le temps un grand sage,”les clinquants n’ont jamais gouverner la France,on leur fait croire,cependant
    le ps peut exploser je m’en fiche complètement

  • 31 December 2008 à 18h30

    L’extraterrestre dit

    Mais bon sang de bois : pourquoi ces sommes ont-elles transité sur les comptes de Julien Dray, ce qu’il admet ? Il n’a pas besoin “d’avoir accès au dossier” comme le souligne Rosenzweig pour expliquer le plus simplement du monde ces transferts ! Et que je sache, les Madoff et autres Kerviel ne sont pas des arguments pour amoindrir les détournements et autres abus de personnalités politiques. Si Dray est innocent, qu’il explique pourquoi une association lui verse de l’argent. C’est simple et immédiat. S’il est coupable et a profité de dons, qu’il paie ! ça suffit les rodomontades !

  • 31 December 2008 à 18h27

    L’extraterrestre dit

    Mais bon sang de bois : pourquoi ces sommes ont-elles transité sur les comptes de Julien Dray, ce qu’il admet ? Il n’a pas besoin “d’avoir accès au dossier” comme le souligne Rosenzweig pour expliquer le plus simplement du monde ces transferts ! Et que je sache, les Madoff et autres Kerviel ne sont pas des arguments pour fustiger les détournements et autres abus de personnalités politiques. Si Dray est innocent, qu’il explique pourquoi une association lui verse de l’argent. C’est simple et immédiat. S’il est coupable et a profité de dons, qu’il paie ! ça suffit les rodomontades !

  • 29 December 2008 à 9h52

    JOB dit

    @Stéphane Bougere
    Vous semblez considérer que le luxe n’est que frime… En fait ce qui est appelé “LUXE” est représenté par des produits dits de qualité (montres, voitures, cravates, costards etc..etc….)
    Peut-être que vos moyens ne vous permettent pas de jouir de ces produits, (croyez que je le regrette, si c’est le cas). Mais le plaisir n’est pas dans le regard des autres et dans cette vanité que vous semblez systématiquement attribuez aux gens que vous appelez “blin, blin” – Il y a chez eux , en tout cas chez un grand nombre d’entre eux, un réel plaisir jouissif de détenir ou d’être dans de tels produits. Avoir un Monet chez soi, (je vous rassure, ce n’est pas mon cas, loin de la) c’est comme être au musée tout les jours… porter un costume St Laurent,avec sa coupe et ses étoffes,c’est à mon avis un véritable délice des sens. Non. tout n’est pas FRIME, Je désapprouve cette hypocrisie ambiante où il convient de descendre tous vers les niveaux inférieurs pour paraître humain alors que la nature nous amène sans cesse à vouloir nous élever.
    Cela ne change en rien mon avis sur le cas de Julien Dray, qui en tant que socialiste fait partie du groupe d’élites le plus hypocrite qu’il soit. et le plus négatif pour la société.

  • 28 December 2008 à 15h44

    Pirée dit

    On peut vivre dans le luxe sans choir dans la vulgarité : c’est ce qui distingue les anciens des nouveaux riches.