Revenu universel: le travail, voilà l’ennemi | Causeur

Revenu universel: le travail, voilà l’ennemi

L’abolir est donc un bon moyen de se faire élire

Publié le 03 février 2017 / Société

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Benoît Hamon à l'Université de rentrée du PS à Lomme, septembre 2013. SIPA. 00664495_000007

Sauf surprise de taille, la victoire de Benoît Hamon aux « primaires de la gauche » (sic) ne le conduira pas dans trois mois à la présidence de la République. Il n’empêche qu’avec sa proposition de revenu universel, l’ancien « frondeur » a levé un joli lièvre et trouvé un écho profond et puissant au sein d’une partie non négligeable de la société française. Sa percée inattendue en atteste d’autant mieux qu’hormis cette proposition, son programme était, sur beaucoup d’autres sujets, finalement assez proche de ceux de plusieurs de ses compétiteurs.

La promesse d’une société de castes

Pourtant, qu’est-ce que le revenu universel, sinon la monétisation de la paix sociale, l’achat du silence des pauvres (et de leur résignation) avec l’argent des « riches »  (« riches »  ainsi institutionnellement déresponsabilisés). Que signifie-t-il, sinon l’officialisation d’une société à deux vitesses, l’adieu à toute possibilité de projet collectif et partagé, le renoncement au bien commun, l’abandon d’un idéal de justice, de fraternité et d’équité ?

Précisons. Le revenu universel porte en lui l’avènement d’une société non plus de classes (car le salarié et l’employeur avaient encore destins liés) mais de castes. Nous aurions en l’occurrence deux mondes s’ignorant superbement : d’un côté celui des importants, des décideurs, des actifs, de l’autre celui des dispensables, des figurants, des oisifs. Mais surtout, un tel assemblage ne pourrait tenir qu’avec l’aimable concours d’une troisième caste, réellement productive celle-là : celle du prolétariat mondial, ouvriers des pays émergents et immigrés d’appoint pour les travaux non délocalisables, caste des intouchables, maintenus à l’écart.

Et c’est à ce moment précis de notre développement que nous constatons deux choses : que le revenu universel, contrairement à un lieu commun, est une contre-utopie, un cauchemar, et que ce cauchemar ressemble à la nouvelle étape d’un processus déjà bien engagé…

Déconnecté du réel, le travail est déshumanisé

On peut à bon droit, comme nous venons de le faire, déceler dans le succès de cette idée de revenu universel le signe d’une société entrée en décadence (du pain et des jeux), la marque de l’agonie du socialisme (qui ne socialise plus que l’égoïsme), l’arrivée en phase terminale du capitalisme (où valeur d’usage et valeur d’échange sont devenues antithétiques : plus vous serez utile, moins vous serez considéré, plus vous serez productif, moins vous serez rétribué).

On peut de surcroît relever avec ironie, et l’on n’y résiste pas, que le concept de revenu universel émane de la gauche, une gauche habituellement jalouse de ses utopies égalitaires, de ses prétentions internationalistes et ne fustigeant rien tant que les discriminations. Pour tout dire, on aurait trouvé plus logique que le revenu universel soit avant tout promu par les libéraux les plus conséquents, trop contents d’évacuer ainsi du débat public les revendications démocratiques les plus légitimes (en termes d’égalité, de participation, de décence, de morale pourquoi pas ?).

Mais au-delà des poses, il y a lieu de se demander, précisément, comment une proposition aussi éloignée de principes jusque-là communs (et qui plus est in-finançable) en est venue à susciter sinon de l’engouement, du moins un certain assentiment. Comprendre de façon prosaïque comment cette idée a fait son chemin. Chercher les raisons pour lesquelles on envisage dorénavant comme horizon souhaitable une société qui mettra une part sans cesse grandissante des siens sous allocation à vie plutôt que de conduire chacun vers l’emploi et la construction d’un projet collectif. La réponse est évidente, pourvu que l’on observe la réalité sans œillères idéologiques : parce que le travail lui-même est de moins en moins considéré, valorisé, désiré. Ce qu’a parfaitement compris Benoît Hamon. Et pour cause…

ll faut voir ce qu’est devenue la vie active pour beaucoup : un travail déconnecté du terrain, du concret, du palpable, un emploi dépourvu de réelle fonction sociale, quand il n’est pas carrément contraire à l’intérêt général. Combien déplorent que leur activité professionnelle se résume, tout compte fait, à l’envoi et à la réception de mails, le tout agrémenté de quelques réunions jargonneuses ? Combien (salariés de la finance, de la communication, de la politique) savent sans se l’avouer, ou en se l’avouant d’ailleurs, qu’ils sont payés pour alimenter une machine qui piétine leurs propres idéaux ? Bonjour schizophrénie !

Quant aux petites mains occidentales de la mondialisation (celles du commerce franchisé, de la grande distribution, du divertissement…), elles sont souvent les mieux placées pour mesurer la vacuité d’un « modèle » économique par ailleurs insoutenable, tandis que les personnels de la santé ou de l’éducation en éprouvent quotidiennement la toxicité.

Oui, il y a fort à parier que l’attrait du revenu universel soit avant tout la conséquence logique de ce sentiment d’inutilité, voire de nocivité, sinon d’inconséquence, que confèrent à ceux qui les mènent les activités, de plus en plus parasitaires, que le libéralisme mondialisé attribue à l’Occident, selon la théorie des avantages comparatifs et du partage mondial du travail (au Sud la production, au Nord la gestion). Ou le succès du revenu universel comme révélateur de la misère humaine en milieu professionnel tempéré (misère repérée depuis longtemps déjà par Houellebecq), d’une souffrance au travail qui, pour être moins physique et plus psychique que celle des prolétaires d’antan, n’en est pas moins éprouvante, du désarroi existentiel du salarié occidental lambda dans l’économie mondialisée de ce début de XXIème siècle.

Électoralement rationnel, socialement catastrophique

D’un point de vue électoral, la mise en avant du revenu universel par Benoît Hamon est donc parfaitement compréhensible en ce qu’elle répond à des transformations amorcées et des souffrances réelles. Mais d’un point de vue politique, c’est autre chose. Faire le choix du revenu universel, ce serait précisément s’incliner devant le libéralisme et le mondialisme qui nous ont conduits là. Ce serait entériner et aggraver le fonctionnement de ce système sans but ni idéal, pourvoyeur d’emplois sans cause et d’entreprises sans raison sociale. Et ce serait aussi renoncer à tout projet de société refusant toute idée de césure en son sein. Bref, ce serait jeter le bébé humaniste par la fenêtre mais garder l’eau sale du grand bain libéral.

Alors que faire ? Ici encore, il convient de rester prosaïque. Agir à la source, ce serait valoriser les métiers premiers, car il en reste, et ce sont d’ailleurs souvent ceux qui manquent le plus d’effectifs : bâtiment, services à la personne, agriculture… Valoriser ces métiers dans les esprits (cesser de croire et de faire croire à cette idée ridicule et génératrice de tant de frustration que 80 % d’une société donnée puisse être « chef de », à la manière d’une armée mexicaine), mais les valoriser aussi financièrement, ce qui induirait notamment la fin du dumping international, fiscal ou social.

Agir à la source, ce serait aussi organiser une orientation qui reconnaisse et valorise les aptitudes et appétences individuelles (indépendamment des savoirs fondamentaux qui, par définition, doivent être partagés par tous). Agir à la source, ce serait reconnaître le « burn-out » non pas comme une maladie professionnelle (une des autres propositions de Benoît Hamon) mais comme une maladie sociétale.

Revaloriser les emplois productifs

Certes, il convient de profiter des progrès technologiques pour redéployer nos bras et nos cerveaux des fonctions administratives et de gestion vers les postes productifs et créatifs, nul ne le nie. C’est autant une nécessité économique qu’un facteur d’épanouissement au travail. Mais cela ne se fera pas naturellement. La preuve, ces dernières décennies, les vases communicants ont même opéré à l’inverse, conduisant à la désindustrialisation du pays d’une part et à l’inflation des effectifs de ses collectivités locales d’autre part… tandis que s’installait le numérique ! Ce mouvement peut paraître énigmatique, mais il s’explique : on a voulu acheter la paix sociale, en se fiant à la promesse libérale d’un Occident sans usine et prospère. Exactement comme aujourd’hui avec le revenu universel… Stop ou encore ?

Ces postes authentiquement productifs et créatifs, vecteurs de richesse, de bien-être, d’innovation, source de fierté individuelle et collective, pas besoin de renverser le capitalisme pour les trouver : ce sont ceux des filières agricoles, artisanales et industrielles faisant le choix de la qualité, à commencer par la qualité sanitaire et environnementale. Sur ces trois fronts, la France possède des atouts considérables. Mais la viabilité économique de ces emplois exigerait aussi l’édiction de normes qualitatives (y compris sociales) opposables à nos entreprises… comme aux camions venus de l’Est et aux « containers » partis d’Asie.

Tout ceci, on le voit, nécessiterait une sérieuse volonté politique ainsi qu’une bonne dose d’interventionnisme et de protectionnisme, mais surtout, ce qu’oublie Benoît Hamon (qui parle pourtant volontiers de transition écologique), le choix du seul cadre institutionnel et juridique dans lequel ces indispensables mesures, qualitatives, humanistes, de long terme, cohérentes, ambitieuses, pertinentes, pourraient réellement s’imposer : la nation. Mais de cela, Benoît Hamon ne parlera pas.

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    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 6 Février 2017 à 4h20

      Livio del Quenale dit

      StéphaneO dit 4 Février 2017 à 21h08 :
      &&&Plus on leur laissera des ardoises, moins ils seront armés. D’ailleurs, beaucoup sont en train de s’expatrier.&&&

      -

       Question de point de vue et de période de sensiblerie. Ceux qui sont arrivés sur le marché après la guerre , qu’ont ils trouvé ?
      Ils se sont relevé les manches !!!!! il faut éduquer  les jeunes d’aujourd’hui, les former, leur apprendre qu’il faut travailler pour se suffire à soi même et être autonome pour vivre et responsable pour ne pas voter pour des gens et des programmes stupide de niaiserie et d’inconséquence.

       Plus on leur donne du tout cuit, les pauvres chéris, moins ils sont armés pour se défendre dans la vie et moins ils font d’effort, et continueront de réclamer leur argent de poche, mais cette fois à l’état,
       Ils feront partie de la culture des “dotations” genre d’assistés hors sol, dans les bon sentiments, les idéaux de grandeur d’âme aux frais de autres.

      Nombreux, ils réclameront le pouvoir, dans une démocratie, l’obtiendront ne sauront pas quoi faire, creuseront la dette, qui dépassera le PIB, une OPA sur la France viendra des pays à pétrodollars ou la Chine, ils vendront le patrimoine, la terre et nous finirons domestique chez des étrangers sur notre sol, dépossédés de nos maisons de notre culture et de notre langue …

       C’était bien la peine de mourir en 14/18 en 39/45 à 20ans pour chasser les barbares et défendre nos valeurs pour avoir une descendance si con et apathique.
      -
       A 80 ans je ne descendrai plus dans la rue ou les ministère en particulier de l’enseignement et/ou de la formation pour secouer et ramener sur terre les derviches tourneurs apprentis sorciers de cette politique d’illusions et de gabegie inaptes à une gestion saine de l’intendance de notre patrie.

       –  

    • 5 Février 2017 à 21h14

      radagast dit

      Ceux qui approuvent la mondialisation doivent admettre qu’elle est létale pour nos sociétés occidentales sauf à mettre en place des mécanismes compensateurs, ou sauf à se réjouir de leur mort mais ça n’ira pas sans soubresauts et convulsions.
      L’ubérisation tant chantée par certains aboutit à un monde de survivance , de petits boulots et de combines.
      Le travail dans nos sociétés occidentales deviendra bel et bien de plus en plus rare et de moins en moins accessible car ne survivront que les emplois à très haute qualification et encore.
      Si l’on veut garantir un minimum de paix civile il faudra bien trouver un moyen d’assurer un filet de sécurité au plus grand nombre.
      Hamon n’a rien compris au revenu universel tel que je le conçois qui doit se substituer à toutes les aides déjà existantes et dans ce cas ne serait peut être pas si difficile à financer .
      (De même que la plupart des ressources de la protection sociale étant assises sur le travail il faudra bien aussi trouver autre chose , et notamment trouver le moyen de taxer vraiment les profits que les sociétés multinationales font sur notre territoire.)
      Le plus gros reproche qu’on pourrait lui faire serait de pousser les salaires à la baisse .
      Mais dans une hypothèse de raréfaction des emplois cet argument perdrait de sa pertinence.
      De toute façon nous n’en sommes pas encore là , mais si on ne fait rien pour redonner de la structure à notre monde économique , si on veut aller vers le tout numérique comme on voulut jadis aller vers le tout services , en négligeant des pans entiers de l’économie , il faudra bien en arriver à cette solution.

      • 7 Février 2017 à 14h00

        jcm dit

        L’uberisation aboutit à un monde de survivance, …….
        les petits boulots j’en ai bien peur sont le lot des travailleurs de demain. les grands boulots, scientifiques à droite, culturels à gauche, seront réservés aux meilleurs.
        ce n’est plus le patrimoine qui devient inégalitaire, c’est le travail lui-même.

        Le revenu universel , hors de toute correction liée à l’état de santé, qu’est-cela peut-il être ?
        Il doit être légèrement en dessous du seuil de subsistance, de sorte qu’il sera impossible de survivre en s’en contentant sans travailler : genre 600 euros net. Au delà, le salaire horaire devra être très fortement réduit. Un petit boulot sans qualification , même à raison de 50 heures par mois, ne pourra jamais rapporter 2000 euros par mois.
        Le SMIC horaire devra être ramené de 4 euros par mois.
        De sorte qu’avec 40 heures par semaines, on arrive à 600 euros de RU + 750 soit 1350 euros.
        Celui qui travaille seulement 10 heures aura 600 + 175 soit 775 euros net, c’est à dire la sécurité mais aucun loisir, et des fringues nazes ( ce qui n’est plus très gênant ).
        Un truc dans le genre.
        En revanche, ces 10 heures seront infiniment plus faciles à trouver, vu le bas niveau du SMIC, et la souplesse et la flexibilité consécutive et honnie des syndicats rentiers qui s’ensuivra.

        Le thème, c’est en finir avec l’insécurité financière. la peur très fondée aujourd’hui du chômage.

        Les revenus globaux seront inchangés, mais l’insécurité existent

    • 5 Février 2017 à 16h01

      Sancho Pensum dit

      Ce n’est pas parce que Hamon porte ce projet qu’il émane de la gauche. Ses partisans se recrutent aussi bien à gauche qu’à droite. Parmi ses promoteurs célèbres on trouve Hayek ou Friedman…

      • 6 Février 2017 à 8h47

        durru dit

        Vous devriez lire un peu, vous comprendriez (peut-être) que vous n’avez strictement rien compris à Hayek ou Friedman. Ce que, vu vos positions habituelles, ne m’étonne pas du tout.

        • 6 Février 2017 à 14h33

          Sancho Pensum dit

          Toujours aussi con, Durru.
          “Du côté des libéraux et des libertariens, le revenu de base est vu comme un moyen de remplacer et rationaliser les systèmes d’aides sociales et d’allocations. Loin d’écarter les citoyens du travail, cette branche, notamment théorisée par Milton Friedman, prend le parti d’un revenu peu élevé qui, accompagné de la fin des minima sociaux, permettrait de flexibiliser le marché du travail.”

          http://www.lesechos.fr/27/10/2016/lesechos.fr/0211437345223_le-revenu-universel-de-base-en-trois-questions.htm

        • 7 Février 2017 à 14h02

          jcm dit

          Durru, sancho pensum ne comprend rien , mais cela il le fait néanmoins plus vite que vous ,( affaire Fillon si vous voyez ce que je veux dire … en fait là, je crois que vous comprenez, je fais l’idiot ).

        • 7 Février 2017 à 14h22

          jcm dit

          Critique à gauche :
          le revenu universel ne doit pas arriver dans les mains de Liliane Bettancourt.On marche sur la tête !

          l’imbécilité de la gauche traditionnelle, égalitariste idéologique , est ici résumée dans toute son ignorance. Ca me rappelle par ailleurs les electeurs communistes qui un temps étaient les plus opposés de tous les electorats à l’impot sur les successions ( qui leur aurait pris le peu qu’ils avaient )

          Le revenu universel doit impérativement être versé à tous, riches y compris, et même en tout premier lieu , et pour deux raisons majeures.
          les plus riches , financièrement, culturellement, ou intellectuellement, doivent être placés en haut de la citoyenneté, l’égalitarisme idéologique est un poison mortel par lequel arrive tous les désastres historiques, à ne pas confondre avec l’intelligence de partager plus en temps de crise.
          Le revenu universel , de toutes façons, les riches n’en profiteront pas, puisque l’Etat leur reprendra bien plus par un autre coté. Ils toucheront 600 euros de R.U. mais paieront par exemple plus via la hausse de la TVA sur les produits qu’eux seuls achètent etc….Le R.U. , c’est comme l’uniforme à l’école, tous égaux en terme de citoyenneté. C’est pacificateur et donne aux riches la marque infamante de l’assistanat ( car ils toucheront le R.U. ) , aussi sûr qu’une blouse grise vous redonne un peu de modestie et une bonne couche de ringardise.
          Bien plus important maintenant, infiniment plus important : l’accusation d’assistanat, la plus execrable des critiques émanant des vieux, explosera en vol. Il n’y aura plus d’assistanat puisque les travailleurs seront eux aussi des assistés puisque touchant le R.U.
          L’assistanat disparait purement et simplement au profit de la citoyenneté, couplé avec une réconciliation nationale entre les riches et les moins riches par cette mesure.

    • 5 Février 2017 à 11h06

      jcm dit

      Sujet très peu alimenté dans le forum !
      Ce sujet n’a aucun intétêt, point final.
      ou au contraire, ce sujet est capital, d’une brûlante actualité, et il vaut mieux tourner 7 fois sa langue dans sa bouche.

      Le revenu universel, : soupe chaotique résultant de l’explosion d’une étoile et création d’un nouveau cosmos.

      Le revenu Universel est dénoncé sur un argument très simple. Il est une RENTE !

      Or, il se trouve que plus on critique à l’emporte pièce le revenu Universel parce qu’il est une rente, plus on ….comment dire, on met le doigt sur ce que les gens ne supportent plus du tout, mais alors plus du tout : la rente injustifiée.
      Du coup, Fillon a certes le droit légal de disposer de la rente octroyée, de même que les hauts cadres de la fonction publique qui se sont retrouvés sans affectation après la réforme des régions, ce n’est pas l’emploi de cette rente par Fillon qui est en cause, c’est la rente elle-même.
      Bien sûr, il y a des arguments pour justifier la haute rémunération des députés. sans revenus, ils seraient facile à “acheter”, mais on peut déjà remarquer que les gens qui peuvent acheter les députés ont des moyens de plus en plus conséquents. Les grands groupes, les très grands groupes , peuvent se payer n’importe qui . Dans ces condition, pour lutter contre la corruption, augmenter les revenus des députés ne sert à rien. Tout se joue sur l’intégrité de l’élu; la finesse diplomatique, l’art de rendre les ronds carrés, tout ce qui faisait un certain charme de la politique, “l’habileté” et l’élégance des évolutions de la nage en eau trouble, se résume désormais ainsi : où est votre parole ?

      retour au RU
      Le salaire de la mère au foyer : nul. Tout travail mérite salaire;
      L’élève qui étudie vraiment à l’école puis à l’université, quel salaire.
      l’enfant nourri gratos pendant des années etc….;
      Il faut redéfinir le mot travail, il faut aussi repenser intégralement le système de rémunération, remettre à plat les fondamentaux car le système explose

      • 5 Février 2017 à 20h33

        malinamodra dit

        Oui! tout à fait juste! vous soulevez de bonne questions! Avant de parler de verser un revenu universel il faudrait penser à en verser un aux pauvres cons qui ont fait des enfants et se saignent pour leur éducation avec les résultats que l’on sait, qui investissent pour le pays et l’économie sur leurs propres deniers et à qui on va demander de payer des impôts pour ceux qui viennent à la soupe! On marche sur la tête

    • 5 Février 2017 à 10h55

      lustucru dit

      PARTAGER LE TRAVAIL; Benoit Hamon y renonce ! Qui peut croire que cela résolve le problème du chômage ? Nous crevons de ne partager ni le travail ni les richesses.
      Qui peut bien avoir intérêt à ce revenu universel qui pose le principe de ne pas partager le travail ! D’après vous ? Qui ignore que les richesses partagées ne grignoteraient aucunement la richesse de la minorité qui la capte et continuera à la capter de plus en plus , simplement parce qu’elle est en mesure de le faire. Bon ! ce que propose Hamon, voyant que la grève générale est de plus en plus inimaginable pour repenser le travail , ce qui est à produire et la répartition des richesses; il normalise le non-travail; c’est à dire faire que ceux qui ont le plus intérêt à repenser le social, ne soient plus qu’en mesure de la fermer sinon pour dire: “merci”.

    • 5 Février 2017 à 2h10

      lustucru dit

      Il y a toujours un moment où les plus grandes stars de la chanson, se disent: “mais au fond, tout ce que j’ai produit, à quoi cela a-t-il servi ? Quel problème ai-je résolu ? Quelle souffrance ai-je aidé à surmonter ? Tout est là avant moi, et tout est là après moi. C’est ce moment dans lequel nous sommes: un train fou lancé à pleine vitesse, sans personne aux commandes….tout ce que nous pouvons dire, n’embraye rien ! Le langage est inopérant ! Cela m’a impressionné: D. Trump suspendant les visas de ressortissants de pays où se manifeste le terrorisme. Il a dit: on arrête tout pour se donner le temps de comprendre ce qui se passe. C’est très important, car on sait qu’on va sombrer, et personne pour réagir pour éviter le nauffrage. Ceux qui prennent la parole; c’est pour dire que tout va bien, sans personne pour le croire, juste vouloir que les choses aillent bien…sans y croire.
      Olivier Rey veut ralentir ce train, mais quand un président dit qu’il faut ralentir par rapport à ce problème du terrorisme; c’est intéressant : il se passe quelque chose. On se prend à se dire: “peut-être, nos enfants, nos petits enfants n’auront pas à connaître la guerre !”

    • 5 Février 2017 à 0h53

      lustucru dit

      tout le monde avait vu que la gauche était le meilleur allié du capitalisme le plus cynique….avec le revenu universel, c’est de la gauche que vient le renoncement à soulever les problèmes que suscite ce capitalisme.

    • 5 Février 2017 à 0h41

      lustucru dit

      Donc, voilà d’un côté une quantité de travail nécessaire pour satisfaire des désirs infinis, qui tend à être infinie, et de l’autre, une quantité de travail qui tend à se réduire à néant, par l’évolution technique. Mais qui a intérêt à mélanger besoin et désirs ? qui a intérêt à déconnecter travail et salaire ? Sinon ceux qui travaillent peu pour avoir beaucoup ? Qui peut croire à la légitimité d’un salaire en échange d’aucun travail ? (cette équation n’existe pas dans la nature: sans travail, l’animal ne peut vivre)Les plus riches (qui travaillent relativement très peu au regard de ce qu’ils obtiennent, font alliance avec ceux qui ne travaillent pas et qu’on ne laisserait pas mourir. Disons plutôt que l’armée des chômeurs pourrait se révolter, et d’ailleurs, elle “travaille” en quelque sorte, puisqu’elle montre la menace qui pèse sur les petits emplois, suscitant la peur du déclassement, ne plus pouvoir rembourser ses emprunts, et tout perdre, ce qui oblige à accepter une exploitation , des conditions de travail, dégradées et oppressantes. Le chômage est donc utile aux entrepreneurs. Mais qui est réellement entrepreneur ? Le financier qui prête. C’est donc la finance qui a intérêt à déconnecter le travail du salaire si les petits ont l’impression de profiter, alors qu’auparavant, le coupable était le social qui ne donnait pas du travail. ainsi la minorité à qui le social profite, cesse d’être coupable puisqu’il n’y a plus de commune mesure entre travail et salaire. Un monde irresponsable sur le plan écologique, inégalitaire, où tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes !
      on enlève la possibilité de poser les problèmes….évidemment, on ne les résout pas , bien-sûr !

    • 5 Février 2017 à 0h13

      lustucru dit

      L’homme appartient au règne animal et doit donc interagir, agir sur son milieu pour survivre. (Les végétaux ont moins besoin d’agir et moins de facultés d’agir sur leur milieu pour survivre: ils trouvent ou non, sur place des conditions propices à leur épanouissement.) C’est ce que je crois , a voulu dire la bible: l’homme chassé du jardin, il doit TRAVAILLER ! Il s’agit d’une condition animale. L’être humain appartient à une espèce sociale. Personne ne fait tout tout seul. Mais, aujourd’hui, les sociétés ne distinguent pas le travail indispensable à chacun pour se libérer de sa dépendance à la nature (la sphère des besoins universels, limités) des efforts nécessaires pour satisfaire la fantaisie propre à chacun et différente d’un individu à l’autre.(La sphère du désir qui est infini.) Or, il est très dommageable de confondre ces deux domaines: besoin et désir. En effet, peu de travail est nécessaire pour satisfaire les besoins de tous, et si nous le partagions, en raison des techniques évoluées, franchement, quel temps de travail serait nécessaire par chacun, pour être libéré de sa dépendance à la nature ? (avec un standard de vie correct) ? Je n’ai pas calculé, mais ce temps de travail serait minime, et nous pourrions tous jouir d’un temps libéré considérable. Au lieu de cela; confondant besoin limité et désir infini; le travail devient aussi infini (même si une infime minorité capte le fruit de ce travail infini.) Alors, forcément ; satisfaire des désirs infinis par l’action de l’homme sur un milieu fini, débouche sur la transformation d’un paradis en enfer (pollution, appauvrissement de la diversité, épuisement du milieu, désertification, etc.la terre devient hostile et non plus accueillante.) Nous voilà avec des techniques capables de remplacer le muscle, les gestes, la pensée, la décision, les organes des sens, etc. donc avec une raréfaction relative du travail nécessaire pour ….mais quoi ? Qui décide de ce qu’il faut produire, comment ? etc.

      • 5 Février 2017 à 20h40

        malinamodra dit

        Non ! je ne suis pas d’accord avec vous! Ceux qui se sont hasardés à entrer dans cette distinction entre vrais besoins et besoins superfus liés au désir (je reprends votre vocabulaire) ont vu leur pensée sombrer dans la dictature ou le totalitarisme. Qui détermine les vrais besoins. Les escrolos en sont le dernier avatar et ce n’est pas un hasard si la pensée verte est totalitaire par essence

      • 5 Février 2017 à 20h57

        malinamodra dit

        A vrai dire , le revenu universel n’est pas idiot en soi à condition de ne pas tomber entre les pattes d’un âne comme Hamon
        Si on fait un raisonnement à des fins purement pédagogiques, on peut imaginer un monde où la production serait entièrement automatisée ou accomplie par des robots. Dans ce cas, théoriquement la richesse peut être partagée également entre tous puisque personne n’y contribue plus ou moins qu’un autre.
        Le problème est que ce cas de figure n’existe pas et ne peut exister
        Cela suppose un monde statique, fini, où il n’y a plus de recherche et plus de modification des techniques de production et de ce qui est produit. Or c’est quasiment improbable car ce monde serait mortel et que tout est améliorable.
        La seconde raison est qu’il n’y a aucune raison , dès lors que l’on ne supprime pas la monnaie pour que n’apparaisse pas une offre de services qui, par définition, n’est pas produite par les robots. Prenons l’exemple de la prostitution: on peut imaginer que l’on ait créé un monde virtuel permettant à n’importe qui de s’envoyer en l’air avec Kim Kardashian ou Johnny Dep! Oui, sauf que tout donne à penser que certains préféreront l’original à la fiction. Ceux qui vont inventer ces services vont avoir des revenus éventuellement élevés. Il en résultera que certains se poseront la question de la légitimité de leur verser un revenu universel
        C’était simplement un détour à simple intérêt pédagogique. En pratique , tout donne à penser que les revenus générés par les robots permettront de générer des activités non robotisées qui feront l’objet d’une demande: rien de nouveau sous le soleil: il n’y a d’enseignants ou de journaleux aujourd’hui que parce que les gains de productivité ont fait qu’on peut les payer sans qu’ils soient obligés d’aller à la chasse au mammouth