Halde au feu !
Publié le 20 mars 2009 à 2:09 dans Brèves
On nous apprend que “la Halde vient de nommer une commission d’étude pour le démantèlement des monuments aux morts de la première guerre mondiale d’ici à 2018. Les conclusions du rapport sont attendues pour la fin de l’année 2011. Extraits du communiqué officiel : “La Commission d’Étude travaillera selon quatre axes de réflexion, afin d’opérer la nécessaire mise à jour de l’identité nationale dans une Europe moderne où les combats de premier ordre ne concernent plus la défense des frontières nationales mais la lutte contre le racisme, contre les préjugés, pour l’égalité et la diversité.”
Depuis 48 heures, à la lecture des quelques lignes qui précédent, une certaine émotion semble s’être emparée du net, ou du moins des ses franges les plus arriérées. En fait, il semblerait qu’on ait affaire à un grossier pastiche réactionnaire, commis par un certain Fromage +. Oui, grossier. Le fait que ce garçon soit un lecteur et un ami de Causeur, et que son blog soit absolument réjouissant ne saurait excuser l’abominable erreur qu’il a commise : on ne pastiche pas sérieusement un texte de la Halde sans commettre une seule faute d’orthographe, de français ou de grammaire ! Quant à l’absence de barbarismes ou de néologismes pédagogistes dans le prétendu communiqué, elle suffisait à prouver que le véritable auteur du communiqué était fanatiquement attaché aux pires poncifs structurellement oppresseurs et discriminants de la langue française. Une remise à niveau en IUFM s’impose !
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L'auteur
Marc Cohen est rédacteur en chef brèves de Causeur.
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Berdepas dit
Halde au feu !!!! Pas de quoi en faire un Fromage.
Pourquoi pas un monument à la Halde ???
expat dit
@ l’Ours :
@ Mafraise,
‘ Gageons que cette dernière va nous obliger à ne plus parler qu’anglais pour résoudre ce problème!’
oh, je ne demande que ça ! je n’aurais plus besoin de décider entre le ‘le’ et le ‘la’ (bon vous me direz j’ai 50% de chance) merdre.
à mon avis, je suis mal barrée (e ée?) who knows, it’s French…
Robert Marchenoir dit
Une autre parabole collector de Fromage Plus :
http://fromageplus.wordpress.com/2009/02/17/resumons/
mafraise dit
Un femme et une homme! Chabadabada…
Pirée dit
La distinction entre caramel mou et caramel dur est discriminatoire autant qu’injuste à l’encontre des caramels mous, puisque, de toute façon, ils se sucent. Nous, les caramels, on est tous pareils.
L’Ours dit
mafraise,
sans parler de la fenêtre et du caramel mou, qui vont présenter leurs doléances à la halde, n’ayant jamais demandé à être sexués! Gageons que cette dernière va nous obliger à ne plus parler qu’anglais pour résoudre ce problème!
mafraise dit
La Halde signale qu’un groupe de réflexion se penche actuellement sur la question de la dénomination du mâle et de la femelle dans le règne animal. En effet, pour nombre d’espèces aucun terme spécifique (truie, hase, etc.) ne permet de distinguer le mâle de la femelle, la libellule, par exemple, désignant indifféremment la dame et le monsieur, au grand dam du monsieur. La Halde préconise le libellul (ou le veuf noir, l’amant religieux, etc.). Sa tâche est immense car il existe des millions d’espèces concernées, sans compter les hermaphrodites (escargot, mérou, etc.)
Marcel Meyer dit
Et l’on dirigera les contrevenants vers une cellule de soutien psychologique et les récidivistes vers des stages d’éducation citoyenne.
mafraise dit
Plus sérieusement, le gouvernement prépare pour l’automne un projet de loi qui rendra obligatoire, dès 2010, le port du casque pour les cyclistes en ville, suivant en cela les recommandations de la sécurité routière dont les études ont permis de démontrer qu’en cas d’accident le risque de traumatisme cranien est diminué de moitié. Le projet de loi prévoit que la mesure s’appliquera en 2012 aux piètons, sauf indication médicale contraire.
PMB dit
J’espère bien qu’on ne détruira aucun de ces monuments.
Que restent ces témoignages de cette boucherie internationale.
Qu’il restent dans leur variété : les sincères, les modestes, les tartuffes, les obscènes et les anti-militaristes.
Le Onze Novembre. Avec les écoliers rassemblés sous le monument aux morts, écharpe à ras ton nez rougi, touillant du bout de la galoche le gravier gris du cimetière, dans le silence des regards baissés, tu entendais sans bien comprendre le clairon corner lentement la lugubre sonnerie « Aux Morts ». Ce monument couvert de noms en colonnes, sagement gravés au sang (et pourquoi parlait-il d’enfants morts, il y avait là comme une antinomie ; tu l’aurais peut-être comprise si tu avais su qu’avant de mourir, ils criaient parfois maman). Ce monument ceint de quatre obscènes obus liés par d’énormes chaînes marronnasses, montrant une mère muette les yeux dans les mains, tête penchée sur le cadavre de son petit soldat de bois mort couché raide en sa capote de pioupiou. Ce monument entouré d’hommes au regard fixe pour ne pas être perdu, jeunes alors, qui vieilliraient à la même place, un peu ridicules d’encore cacher leurs larmes derrière une moustache tremblante face à des gens dont l’indifférence polie croîtrait avec le temps, allant jusqu’à les supposer responsables d’une guerre qu’ils avaient faite malgré eux. Ils portaient des médailles forgées du métal qui avait tué leurs frères de la boue. Ils portaient des drapeaux dont le rouge rappelait leurs pantalons garance, qui fournirent si belles cibles aux balles ennemies et si bon argent aux filatures de l’arrière. Ils portaient l’auréole d’une gloire tressée par des pouvoirs soulagés de ne pas devoir rendre aux morts des comptes de l’ignominie qui avait brisé leur jeunesse, brisé celle de leurs amours statufiées en éternelles veuves de guerre, brisé la vieillesse de leurs parents soudain orphelins, brisé l’enfance de leurs petits condamnés à grandir sans la force d’un père.
Tu les voyais agrippant des drapeaux, coiffés de calots que l’âge ferait glisser de traviole, le bras confisqué par un obus, le visage haché par un éclat de mitraille, la jambe égarée quelque part dans un champ pourri des Ardennes, dans ces forêts dont les arbres de maintenant ont pour sève le sang des morts de jadis, dans ces pays de cauchemar ouverts à tous vents d’invasion et crevés d’âge en âge par des hordes accourues de l’Est. Mais si le corps se tenait là devant toi, droit comme un if, ou appuyé sur un pilon, ou pire voituré par un proche, l’âme courait toujours cette terre de déraison, Côte de l’Homme Mort ou Chemin des Dames – beau nom pour le plaisir – et l’horreur qu’ils y trouvèrent.
Le Cou du Canard, chez l’Harmattan
Vinosse dit
http://www.lekti-ecriture.com/editeurs/L-Art-patriotico-tumulaire.html
Pour les nostalgiques de Charlie Mensuel!
Marcel Meyer dit
Ce pastiche est une prouesse car il réussit à caricaturer la réalité actuelle, ce qui est extrêmement difficile tant elle est caricaturale, ce que montre du reste très bien le fait que beaucoup y aient cru.
Didier Goux dit
En fait, cela revient à pasticher un pastiche. Ou à caricaturer une caricature.
robespierre dit
J’avoue qu’à la lecture des premières lignes du billet de Marc, j’y croyais ! Mon sang n’a fait qu’un tour !
Je serais prêt à tuer pour nos monuments aux morts.
Fikmonskov dit
Mon dieu, un court instant j’ai cru que vous étiez tombés dans le panneau. J’ai douté de vous, pardon…
robespierre dit
ce Fromage+ est un être exquis.
L’Ours dit
Les Anglais vont débaptiser la gare de Waterloo?
zen aztec dit
Ils avait deja ete exellent avec le jeux des 7 familles pas assez representatif des nouvelles familles :recomposees monoparentales homosexuelles etc…
Pirée dit
Quelques commentateurs ont avoué avoir vérifié sur le site de la Halde. Quel succès! Nous voici replacés aux heures les plus drôles de notre histoire.
Pirée dit
Nous voulons plus de fromage et tout de suite!