Hadopi : pire to pire
Le problème n’est pas le téléchargement illégal mais le massacre légal
Publié le 10 mars 2009 à 11:00 dans Société
Mots-clés : Économie
Aujourd’hui, l’ambiance promet d’être chaude à l’Assemblée nationale. Non pas que le prix du verre de Margaux ait franchi le cap intolérable des 9 € à la buvette parlementaire, mais on débat dans l’hémicycle du projet de loi Hadopi : entendez par-là que le gouvernement veut mettre un terme aux téléchargements illégaux sur Internet.
Ne jouons pas les mauvais esprits en posant des questions imbéciles, du genre : pourquoi perd-on son temps à légiférer sur un acte déjà considéré comme illégal ? Imagine-t-on qu’un jour un ministre de l’Intérieur frapadingue se prenne à réunir la représentation nationale pour rendre illégaux les actes illégaux ? Evidemment que non. Si c’est illégal, il faut réprimer. Et l’on en vient à se demander pourquoi l’on ne se contente pas d’envoyer la maréchaussée… Parce que, béotiens que vous êtes, les choses ne sont pas si simples.
Elles ne le sont pas, c’est le moins que l’on puisse dire. Les partisans du projet de loi Hadopi comme ses adversaires vous le diront : d’un côté il y a les méchants, de l’autre les gentils. Les méchants ce sont les infâmes internautes qui volent un bœuf comme ils voleraient un œuf, en privant nos grands auteurs de leurs faramineux droits ; ce sont aussi nos exécrables gouvernants qui, paravents honteux du grand capital, veulent attenter aux droits fondamentaux de tout internaute qui se respecte et sait que les bits sont les inflexibles auxiliaires de sa liberté individuelle.
En clair, chacun fait comme si en France une Haute autorité (fût-elle accompagnée d’une instance comme la future Commission de protection des droits) avait jamais réglé aucun problème. Et il est fort à parier que rien ne change et que tout demeure pareil à soi-même en toute éternité. On aura beau s’ingénier à critiquer les tenants et les aboutissants du projet de loi, à légitimement remettre en cause l’idée de “sanctions graduées” : soit un délit est constitué, soit il ne l’est pas. S’il l’est, c’est à un magistrat qu’il appartient de statuer… Bref, le législateur est gêné aux entournures.
Et on le serait à moins que ça. S’il vous arrive un jour d’entrer dans une médiathèque, d’y emprunter un cd, de rentrer chez vous, de le copier sur votre ordinateur, puis de restituer le cd original, rien ne vous arrivera. Cela s’appelle la copie privée, elle est prévue par le Code de propriété intellectuelle et, depuis 1985, une taxe est même prélevée sur tous les supports d’enregistrement (cette taxe a été étendue il y a deux ans aux nouveaux supports : clés usb, disques durs, etc.). En quoi donc, une médiathèque différerait-elle d’Internet ? Dans l’un et l’autre cas, ce n’est pas très moral, mais ça n’est pas illégal. Certes, dans une médiathèque, il est assez périlleux de trouver le dernier Britney Spears ou le dernier Tokio Hotel. Ne rentrons pas dans ces questions-là qui nous obligeraient à dénoncer à la seule Hautoto qui vaille – la Halde – ces disquaires discriminants qui, on ne sait comment, vous placent les Suites pour violoncelle de Bach au-dessus de Suzette, de Dany Brillant.
Et pourtant, c’est peut-être dans cette question de la hiérarchie culturelle – relisons Dans le Château de Barbe-Bleue de George Steiner – que pourrait bien se situer le nœud du problème. Si tout se vaut, si le anything means anything prédomine, non seulement rien ne nous permet de remettre Didier Barbelivien à sa place, mais rien non plus ne nous autorise à juger que l’achat d’un disque à la Fnac ou chez Virgin est meilleur que son téléchargement sur Emule ou Soulseek.
Un mot d’explication est peut-être ici nécessaire. Dans les années 1880, lorsque le téléphone fit sa première apparition à Paris, les directeurs de théâtre sautèrent sur l’occasion : là où leur salle ne leur permettait chaque soir que d’accueillir deux ou trois cents personnes, ils virent l’aubaine d’un moyen de communication qui leur offrait l’opportunité de diffuser à domicile, via un abonnement payant, pièces et récitals. Les premiers à s’abonner furent les bordels de la capitale, et l’édification morale et artistique des prostituées parisiennes reposa toute entière sur l’interurbain. Lorsqu’Internet apparut, nos multi-diplômés et omniscients patrons de majors n’eurent même pas le sens pratique de sauter sur l’occasion. Ils ne virent rien venir et tout se fit sans eux. On échangea sur Internet de la musique, comme on le faisait autrefois quand les cassettes audio nous permettaient de copier pour soi le vinyle prêté par un copain et qu’aucune Haute autorité ne veillait alors au grain.
Il faut dire qu’à l’époque les dirigeants des grands labels étaient occupés à tout autre chose : ils venaient à peine de découvrir le compact disc et comptaient en loucedé leurs biffetons. Car ce fut bien là, pour eux, comme un miracle et la promesse de rentabilité supplémentaire. Cela revient, en effet, beaucoup plus cher de presser un vinyle qu’un cd. C’est une question de fabrication, c’est également une question de mastering : lorsqu’au temps du vinyle on était obligé de traduire de l’analogique en signaux – une opération sensible, longue et délicate –, l’apparition du cd a grandement simplifié la tâche et réduit les coûts. La marge ainsi dégagée est-elle allée aux créateurs ? Continue à rêver, mon neveu, et fais auteur et interprète quand tu seras grand. Rien, nichts, nada. Non seulement, les auteurs et interprètes n’ont pas gagné un kopeck supplémentaire avec l’apparition du cd, mais, de plus, les facilités de production les ont obligés à produire en bons petits stakhanovistes des albums à un rythme qui n’était pas le leur et, surtout, à sacrifier la qualité d’écoute de leurs œuvres, désormais reproduites sur un support pas folichon.
Et pourtant, que valent Rodolphe Burger, Alain Bashung ou Jean-Louis Murat quand la musique qu’ils veulent faire entendre, toute en nuances, devient inaudible en ses subtilités et que les heures passées en studio à travailler et retravailler tel sample, telle partie, tel arrangement ne vaut plus tripette face à ce qu’on nous promet être de la haute-fidélité ? Mais fidélité à quoi ? Aux oreilles ? On ne trouve plus de musique à la Fnac, n’en déplaise à Denis Olivennes, mais des biens culturels de consommation. Remets tes boules Quiès, vieux, et vis avec ton temps.
La voilà, notre crise du disque. Selon le Syndicat national de l’édition phonographique, représentant les producteurs, le marché du disque a chuté de 50 % depuis 2002 : la faute au piratage, bien sûr. Or, c’est un peu vite fait de mettre sur le dos d’internautes irresponsables cette dégringolade, quand les grandes maisons mènent depuis plus d’une décennie des politiques éditoriales et commerciales insensées : trop de titres, trop de formatage Starc ac, trop de marketing, des prix incompréhensibles par le public, des marges contraires à toute pratique industrielle viable, sans parler de l’opposition quasi-dogmatique de la profession à la dématérialisation des morceaux : c’est elle et personne d’autre qui a contribué à limiter l’offre payante, c’est-à-dire à favoriser le téléchargement illégal… Quand une industrie s’évertue ainsi par tous les moyens à détruire la valeur de ce qu’elle produit et à ne pas vouloir commercialiser l’entièreté de ses catalogues, c’est-à-dire de son fonds, elle finit par y arriver. Lorsque l’industrie phonographique réinvestira dans ce qui fait le succès de toute industrie culturelle digne de ce nom, c’est-à-dire la qualité de ses productions, de ses supports et de son fonds, elle sortira de l’impasse dans laquelle elle s’est elle-même enfermée.
Or, ces dernières années, la qualité s’est encore dégradée : le mp3 a été, en quelque sorte, la marque absolue et définitive du “pire to pire”. Ce que l’on s’échange sur Internet, ce que l’on écoute, ce qui sature nos oreilles, ce n’est pas de la musique, mais du bruit musical. Jamais au monde on n’a entendu autant de “musique”, jamais on ne l’a moins écoutée. L’analogie vaut ce qu’elle vaut, mais prenons l’incipit de L’Aurélien d’Aragon et considérons que cette phrase tient lieu du morceau gravé sur vinyle : “La première fois qu’Aurélien vit Bérénice, il la trouva franchement laide.” Je vous compresse cela en mp3 128 kbits et la phrase devient comme par magie : lapremierefoikorelienviberenicilatrouvafranchemanlaid. Audible, n’est-ce pas ? En 96 kbits, cela devient : lprmrfkrlvbrncltrvafrchmnld. Passons au 64 kbits : lrfkvbltfl. Chapeau, l’art avance, quand la technique nous promet d’ôter l’inutile de chaque morceau. Sa qualité aussi. Chemin faisant, la coprophonie est devenue un art libéral et nous voici revenus à Diderot, celui du Neveu de Rameau qui proclamait que tous les plats se valent puisqu’ils sont indifféremment chiés – première définition authentique du nihilisme aux yeux de Peter Sloterdijk.
La question donc aujourd’hui, pour qui aime la musique, n’est pas tant de savoir s’il faut interdire ou non le téléchargement illégal de mp3. Eternels cocus de l’histoire, les auteurs n’ont jamais profité des excédents financiers de leur maison de disque, ils ne souffrent pas moins aujourd’hui de leur impéritie et ne bénéficieront aucunement de la reprise du marché du disque que certains voient advenir avec l’interdiction du téléchargement illégal. La vraie question est de savoir quand il sera interdit de compresser des œuvres au point qu’elles devraient donner à toute personne normale l’envie irrésistible d’envahir la Pologne et ses alentours.
Loi Hadopi, donc ? Hors sujet. Pour les artistes et ceux qui les aiment.
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L'auteur
François Miclo est rédacteur en chef de Causeur magazine.
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expat dit
@ alice : pas dans la rue stp il fait nuit, et je me couche. demain demain ! le patrick peut attendre hein ? vaut mieux faire attendre des mecs. et parfois son lit est tellement bien, oh le mien m’attends. bonne nuit.
Alice dit
Ah, Expat, vous êtes là ! Je vous cherchais. Je suis toute seule ce soir, et bien heureuse. J’ai dit «les mecs, ceinture !», et je tiendrai… au moins jusqu’à demain soir.
Qu’est-ce que vous dites de ça, Expat, «Il» m’a répondu le loup gris-blanc. Bon, pas de quoi pavoiser, mais il est venu jusqu’ici. Il est prudent, le vieux fauve, mais il a encore de la ressource. Qu’en pensez-vous, Expat ? Attendez-moi, je lui réponds ci-dessous, et je reviens;
Patriiiiiiiiiiiiick,
C’est gentil de m’avoir répondu ici. moi aussi, j’ai vu que le fil sous votre article était coupé, mais bon, ce n’est pas grave, puisque vous avez pu me retrouver. Est-ce que vous avez constaté que sur ce fil et sur un autre, ça draguait drôlement ? Dom a filé un rencart à Jérôme Leroy. Elle va venir le chercher en tracteur ! Vous, je vous imagine plutôt dans une Lancia. Bon, j’arrête, parce que je vais dire des bêtises. J’ai lu votre intervention dans le fil des Gaugaulâtres. Vous n’étiez pas content. Moi, j’aime bien les gens qui piquent un coup de sang, ce n’est pas quelque chose qui me gêne, même en public. Et puis, je n’apprécie pas ce qu’écrit ce Causeur. J’ai vu qu’après, vous étiez plus calme, mais sans rien céder. J’aime aussi cette attitude. Voilà Patrick ! C’est pour quand votre prochain article ? J’avais adoré celui sur Ramon Fernandez. je l’ai fait lire à des amies, des filles de mon âge (36 ans), d’un bon niveau, mais pas des intellos comme les gens de ce site. Elles étaient d’accord avec moi. certaines, en plus, aiment bien votre photo. Bon, j’arrête, je vais dire des bêtise. Moi aussi, je vous embrasse. Si je trouve que votre prochain article est aussi bon que les deux derniers, je vous ferai parvenir mes coordonnées, d’accord ? Pourvu qu’il le foit.
Expat, je sais que je ne suis pas dans la note de ce fil, mais c’est plus fort que moi. Qu’en pensez-vous ? Parlez-moi, je vous écouterai (peut–être). Avez-vous la photo de Patrick ? Qu’est ce qu’il ,vous inspire. Et Emilie, elle avait l’air, elle aussi, de l’apprécier. Donnez-moi votre opinion,Expat, c’est un truc entre filles. je sais qu’on va reprocher de faire baisser le niveau, avec mes contes sentimentaux.
Expat, j’attends une analyse de la situation rapidement, sinon je vais dans la rue en bas résilles et talons)aiguilles
expat dit
@ Alice :attention ! les loups gris/blancs circulent… ça veut dire danger ! be careful !
Jazzman dit
Les perceptions, ce sont aussi des goûts et des couleurs, dont on sait qu’on peut discuter. Certains paramètres peuvent se mesurer objectivement, d’autres pas. Certains défauts sont plaisants, comme certaines distorsions des amplis à tubes. Cela peut jouer dans le cas des vinyles.
J’ai même lu que les américains ne percevaient pas toujours les quintes et les quartes comme les anglais, d’où le moindre succès des Beatles aux USA. Allez savoir…
D’ailleurs la majorité des gens n’entendent en fait que la voix et les claquements de mains, le reste est une vague bouillie. Combien d’auditeurs entendent une fausse note lors d’un concert, à part le chef d’orchestre…
Patrick Mandon dit
Jazzman;
À vrai dire, je ne parle pas de «supériorité» du son entre vinyle et CD. Mais, j’ai pu constater que nombre de personnes éprouvaient la même «sensation». Alice a écrit «sombre» ; je crois comprendre ce qu’elle veut signifier. Il me paraît (mais ce n’est que pure sensation) qu’un morceau reproduit à partir d’un vinyle est plus «enveloppant». Mais il n’y a rien là de scientifique. L’un de mes amis, très musicien, hostile à la variété, n’écoutant que de la musique «classique», ne possède plus aucun vinyle ; un autre, très «variété», se plaint des CD. Vérité en deçà, variété au delà ?
Jazzman dit
@Patrick Mandon
Il y a un phénomène qu’on oublie souvent, c’est que l’indulgence de l’oreille augmente si la bande passante utilisée se réduit. Donc on est beaucoup plus sévère pour un CD. De même on est plus tolérant pour une photo couleur que noir/blanc.
Pour vous, tolérant peut peut-être se traduire par sombre, ce ne sont que des mots pour qualifier des perceptions après tout.
On est aussi moins sévère pour une radio en ondes moyennes que pour une FM (et ça n’a rien à voir avec le procédé de modulation, seulement avec la largeur de bande).
ramon mercader dit
@ alice
attention dans le maniement des couleurs ,un loup gris n’est pas seulement un loup qui a un peu vieilli ,c’est aussi un membre de l’extrème droite turque !
(authentique ;le tireur du pape j-p 2 en 80,je crois ,sa peine purgée fut accueilli en héros en turquie par la confrérie des loups gris)
Patrick Mandon dit
Alice,
Veuillez me pardonner de vous répondre ici, mais le fil sur lequel vous m’avez si aimablement «apostrophé» a expiré. Que vous dire ? D’abord, que je goûte fort votre expression. il y a quelques chose de sophistiqué et de naturel, chez vous, qui me fait penser à une chanson qu’interpréte Juliette Gréco, «Je suis comme je suis» :
«Je suis là pour vous plaire et n’y puis rien changer
Mes lèvres sont trop rouges, mes dents trop bien rangées,
Mon teint beaucoup trop clair,
Mes cheveux trop foncés,
Et puis après…qu’est-ce que ça peut vous faire,
Je suis comme je suis, je plaîs à qui je plaîs…
Je suis comme je suis, je suis faite comme ça, Quand j’ai envie de rire, oui je ris aux éclats,
J’aime celui qui m’aime,
Est-ce ma faute à moi si ce n’est pas le même
Que j’aime à chaque fois ?
[…]
Pourquoi me questionner,
Je suis là pour vous plaire et n’y puis rien changer Je suis comme je suis, je suis faites comme ça»
Les paroles sont de Jacques Prévert, que je tiens pour un mauvais poète mais pour un bon parolier, et un excellent dialoguiste.
Par ailleurs, je vous suis parfaitement (ici, mais pas dans la rue !) lorsque vous notez la différence entre le son d’un disque noir (un vinyle) et un CD. En effet, et je ne sais la part qu’y prend l’irrationnel, mais je trouve le son du Vinyle plus intense, plus envahissant, plus «sombre», comme vous le dites.
Je possède plus d’un millier de disques vinyles, et presque autant de DVD, souvent avec les mêmes morceaux, les mêmes interprètes. La transmission du son par l’air n’est pas en cause, mais quoi d’autre ? Le procédé de numérisation, qui «corrigerait», par exemple, la prise de son à partir de différentes sources de signal électrique ? Ou simplement le procédé mécanique (diamant, bras, friction de l’aiguille etc.) de distribution du son vers les baffles ? Quelqu’un a-t-il une réponse.
Alice, je vous sers dans mes bras.
tof121 dit
Si vous le permettez, j’aimerais revenir à la conversation principale et, surtout, à la question vinyle/CD.
Je puis prétendre à une certaine neutralité puisque je mange à tous les râteliers : vinyles (500 bons LP, 700 45T innommables tirés du top 50 des années 70 et 80), CD (pour la grande majorité des originaux) et fichiers numérisés (mp3 et AAC)…
Mais de quoi parle-t-on? De la frustration d’un millième de la population qui, mélomane, écoute de la musique assise dans son salon, devant une chaîne haute fidélité impayable pour le smicard moyen et sans enfants pour hurler ou réclamer “Le chanteur de Mexico” (vécu) ?
A moins que ce soit de ce qu’est la musique pour l’ensemble d’une population? Un bien culturel? Un (petit/grand) plaisir de la vie? Mille autres choses encore?
Ne nous payons pas de mots, Miclo, vous ne savez visiblement pas (plus?) ce que fut pour le plus grand nombre le merveilleux monde du vinyle : un 45T dont on a égaré la pochette, lu sur un mange-disques poussif dont l’aiguille a déjà lu 100 fois toute la discographie d’Aznavour; ou bien un ampli au rabais soufflant horriblement dans des enceintes cacochymes le son lui provenant tant bien que mal d’un “électrophone” bon marché au travers d’un préampli à deux balles.
Stop aux nostalgies déplacées! Oui, la musique de mon balladeur numérique (à pomme) juché sur son “dock” à batteries vaut mieux que la plupart des installations censées faire de la musique au milieu des années ’80. J’y loge 15 jours de musique continue, j’ai 8 heures d’autonomie, j’y dispose de dizaines de listes de lectures et l’aiguille ne saute jamais.
Par pitié, un peu de nuances. Oui, Black Sabbath ou Led Zeppelin (désolé de débarquer avec ma culture) sont formidables sur ma platine (dont l’aiguille vient de me coûter 150 euros – et je m’en suis tiré à bon compte), mais Massive Attack et le Live at St Ann’s Warehouse de Lou Reed ont été enregistrés pour le CD. De mon lecteur hors de prix, je peux tirer un son très convaincant de ces disques, ne vous déplaise.
Pour le reste, lorsque je pars travailler en train, je suis heureux de pouvoir y écouter ma musique sur mon “smartphone” (à pomme aussi, on ne se refait pas) dans des conditions quasi mélomaniaques si on se souvient de ce qu’était une cassette “normal” repiquée d’un vinyle dans un “walkman” de 1985.
Foin de snobisme, donc! La grande majorité de nos concitoyens a vu le niveau de qualité du son qu’elle écoute s’accroître de manière considérable.
Pour le reste, l’importance des capacités de stockage et de décodage de nos balladeurs et autres appareils numériques nous permet déjà d’opter pour des compressions de très haute qualité, voire “lossless”.
Ce n’est donc pas demain que j’écrirai sur le mur de mon salon, le doigt trempé dans le vinyle frais “Sony m’a tuer”…
Alice dit
Expat,
Quelle déception ! Je vous raconte : mon jeune loup, vous savez, eh bien, figurez-vous qu’il s’était endormi ! Non, mais je rêve : un type assez jeune, que je connaissais depuis quelques semaines, et qui s’endort dans la pièce voisine ! Jamais vu ça ! La honte, Expat ! Bon, il avait un peu bu, mais il était encore guilleret. Il pouvait servir ! Voilà que le prince charmant se transforme en édredon ! Ah le navrant spectacle, ce type allongé, endormi ! Je l’ai viré, Expat, et avec fracas (les voisins, demain!). Préférer le marchand de sable à un beau petit lot comme moi ! Je vous jure, Expat, j’ai honte, je déprime. Résultat : les mecs, ceinture pendant quelque temps.
Avec ça, mon Causeur ne me donne pas beaucoup d’espoir (voyez le fil Antoine, Auguste des Césars). Gros bourdon, Expat, gros bourdon !
J’ai l’impression qu’en vous disant toutes mes petites misères, je ne suis pas vraiment dans le ton de ce salon que, par ailleurs, j’aime beaucoup. Mais c’est comme ça ; si mes confidences ne leur plaisent pas, ils n’auront qu’à me virer.
Alors, c’est vrai, vous n’avez pas vu le coup de drague entre Leroy-des-Kolkhoses et Dom ? Je vous assure que c’est vrai. Ici et dans le dernier post de Leroy sur la chanson française. Au fait, Expat, est-ce que vous aimez la chanson française ? Moi, oui. Mais à l’ancienne, pas du tout le genre «nouvelle chanson française» (Benabar, Zazie et compagnie). Mais surtout, celui que je place au-dessus de tout, c’est Franck Sinatra, The Voice. Quel homme, en plus ! Certains disent que c’était une crapule, un voyou. Je m’en fiche. Ava Gardner en est tombée amoureuse. Et lui, il l’a adorée. Il a beaucoup souffert quand elle l’a quitté. Elle a confié qu’il était sérieusement équipé… Il n’était pas grand, Franckie, mais au lit, il mesurait au moins 25 cm !
Je vous embrasse, Expat, à bientôt !
expat dit
@ Alice
‘ The Spectator à la main’ The Spectator c’est tous ce que j’aime – droite, gauche, centristes ; de tout, mais surtout des plumes, des gens qui connaissent leurs sujets -…
‘Vous direz ce que vous voudrez, Expat, mais sur ce fil, ça drague sec ! ‘
Alice ! quelle idée ! j’ai raté la séduction de Dom, c’était sur quel fil? ?
‘Sinon, Expat je tiens à vous dire que vos progrès en français sont considérables, et dans un temps record. Bravo ! Et puis, vous savez, les hommes préfèrent les femmes douées en langue…’
rires rires, mon français ne progresse peu, je le sais, et je ne ferai pas de commentaires sur le reste…
‘Moi aussi, Expat, je drague, mais sur un autre fil. Pas facile ! Ce n’est pas un jeune loup, plutôt un loup gris, mais intéressant. On verra bien. De toutes façons, à mon âge, on peut encore se constituer rapidement une meute si un mâle fait défaut.’
Avez-vous des nouvelles du frêre de Rotil ? Je ne connais pas bien ce monsieur, mais il me touche, avec ses morceaux de musique déposés comme des fleurs pour ses amis. Il a l’air de bien vous aimer, Expat. Mais tout le monde vous aime, ici.
Je vous embrasse, Miss et les garçons, mon loup brun s’impatiente…’
Good luck avec le loup, et non, je n’ai pas de nouvelles de rotil et j’aimerais bien en avoir…
oh tout le monde m’aime je ne le pense pas, j’ai faché plus qu’un… et d’ailleurs il y en a certains qui prendront bien une baffe (virtuelle) de moi et je pense que c’est réciproque. Ils n’ont qu’a venir le 20 !
Passager dit
Billevesées.
Ce n’est pas ici que le débat vinyle/CD pourra être tranché, mais seulement en présence physique des protagonistes dans le cadre d’une expérience correctement menée. Et en double aveugle s’il-vous-plaît.
L’industrie était pressée de passer au CD pour provoquer le remplacement du parc, tant des lecteurs pour celle de l’électronique, que des enregistrements pour celle de la musique. Personne n’avait de contenu, à part DECCA qui avait 3 ans d’avance sur le CD.
Pas fous, les pros de la musique ont attendu sagement que ça soit au point (24 bits, 96kHz et d’autres détails scabreux) ce qui a bien demandé 10 ans de plus. Pendant ce temps, on vous a refourgué de l’analogique ripoliné d’une couche de digital (rapellez-vous les labels AAD/ADD/DDD). Avouez qu’on vous a bien eu.
On peut donc dire sans éxagérer que l’industrie vous a vendu ce qu’elle n’avait pas. Sans se rendre qu’elle creusait sa tombe en poussant le public vers la dématérialisation au pas de charge.
Alice dit
Expat,
En terrasse, The Spectator à la main… Quel chic, quelle jolie manière de se présenter ! The Spectator fut un journal très important, je crois, au XIXe siècle. Plutôt progressiste, non ? De gauche, quoi, à une époque ou il était courageux et nécessaire de l’être. Rien à voir avec nos «chochoteurs» de gauche actuels.
Vous direz ce que vous voudrez, Expat, mais sur ce fil, ça drague sec ! J’espère qu’on aura des nouvelles ! Comme pour Dom avec notre kolhozien à casquette. Est-ce qu’il retirera ses lunettes pour la… saluer ? Si j’ai bien compris, Dom pourrait venir en tracteur, à Paris. Vous voyez le truc si elle le ramène chez elle dans un tombereau ? Le Kamarade Kaskette chantant l’Internationale, dans une benne à paille conduite par une agricultrice amoureuse !
Sinon, Expat je tiens à vous dire que vos progrès en français sont considérables, et dans un temps record. Bravo ! Et puis, vous savez, les hommes préfèrent les femmes douées en langue…
Moi aussi, Expat, je drague, mais sur un autre fil. Pas facile ! Ce n’est pas un jeune loup, plutôt un loup gris, mais intéressant. On verra bien. De toutes façons, à mon âge, on peut encore se constituer rapidement une meute si un mâle fait défaut.
Avez-vous des nouvelles du frêre de Rotil ? Je ne connais pas bien ce monsieur, mais il me touche, avec ses morceaux de musique déposés comme des fleurs pour ses amis. Il a l’air de bien vous aimer, Expat. Mais tout le monde vous aime, ici.
Je vous embrasse, Miss et les garçons, mon loup brun s’impatiente…