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Guéant, la gauche et Lévi-Strauss

Les civilisations se valent-elles ? Parlons-en. Posément

Publié le 07 février 2012 à 15:00 dans Société

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Photo : Anastasiy Safari

Claude Guéant aurait donc affirmé que « les civilisations ne se valent pas ». Au-delà des polémiques passionnées qui reproduisent le sempiternel même schéma d’indignation, intéressons-nous au propos lui-même et posons franchement la question de la hiérarchie civilisationnelle. Car qui dit hiérarchie, dit des plus et des moins. A contrario, qui conteste cette hiérarchie, promeut un certain relativisme axiologique.

Penchons-nous donc sur la nôtre, de civilisation. Nous créons des hôpitaux et des services de recherche qui parviennent à greffer des mains. D’autres les coupent. Nos femmes se battent rationnellement pour accéder en toute égalité à des emplois intéressants. D’autres les voilent et les cachent chez eux. Dialectique perverse et arbitraire, me direz-vous. Inversement, le relativisme historique, nuance tout événement étranger gênant par l’argument « des moeurs étrangères » mais rapporte tout fait intérieur à une défaillance systémique de notre civilisation. Dialectique faussée du Même et de l’autre, bien connue depuis le sophiste de Platon, mais fort mal exploitée. C’est toujours notre civilisation qui prend pour les autres. Auto-flagellation permanente sur l’esclavagisme, le nazisme, l’extermination des indiens d’Amérique, le colonialisme, le capitalisme… Tous les -ismes nous sont accordés. Mais pas pour les autres : l’islamisme ne se réduit pas au -isme, nous explique-t-on, puisqu’il est si divers…

Ce relativisme civilisationnel n’est permis que dans une civilisation qui a conquis, dans la douleur, sa liberté et ses lumières. Cette grande vague d’auto-critique qui a abouti à la Révolution française puis aux multiples secousses intellectuelles et morales qui lui sont succédé, nous différencie radicalement de toute autre civilisation. Et nous accorde le droit, notamment avec l’instauration de la charte des Droits de l’homme, de jauger du degré d’humanité des autres civilisations. Non pas pour les fondre dans un même moule, mais pour partager avec elles cet élan universel vers un « mieux-vivre ».

Je rappelle que Claude Lévi-Strauss, au fait des question de civilisations, ne se pâmait pas dans un nivellement géographique et historique des valeurs. Contempteur de l’ethnocentrisme propre à toute civilisation dans sa conférence de 1952 à l’UNESCO, il prononce vingt ans plus tard une autre allocution, Race et histoire, affirmant ne se sentir « nullement coupable de placer une manière de vivre ou de penser au-dessus des autres. (…) Cela peut même représenter le prix à payer pour que les systèmes de valeurs de chaque famille spirituelle ou communauté se conservent… ».

Peut-on suspecter Claude Lévi-Strauss de suprématisme ou dérive de « frontnationaliste »1? Non. Car il démontre que la civilisation européenne doit se comprendre comme une civilisation parmi d’autres, qui peut être défendue comme les autres. Sans la volonté de faire de son propre mode de vie un paadigme généralisable à l’ensemble de l’humanité, il ne sert plus à rien de promouvoir le dynamisme culturel, le désir de s’améliorer et de rendre les autres meilleurs. De surcroît, en refusant cette volonté de « mieux vivre », nous ne nous mettons plus en capacité d’accueillir les populations étrangères attirées par notre civilisation, ni de leur proposer un véritable projet de société.

D’aucuns regrettent que notre civilisation n’ai pas été défendue par nos gouvernants, notamment les commentateurs politiques soucieux de la question chrétienne. Lorsqu’on regarde ce qui a été fait sur le travail le dimanche, l’éthique personelle et collective, le sens du bien commun, voire l’inscription des racines chrétiennes dans la Constitution européenne, il est évident que le quinquennat qui s’est écoulé ne semble pas avoir défendu concrètement ce qu’il prône verbalement. C’est là toute l’ambiguïté avec laquelle jouent les extrêmes : « ils parlent, mais nous on agit ». À moins qu’un jour, les actes se joignent aux paroles…

  1. Une expression chérie par le Parti Socialiste.
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  • 9 February 2012 à 9h13

    Florence dit

    SPQR
    j’ai vu l’extrait que vous évoquez.
    Je partage le sentiment de Millet.
    Je ne suis pas comme FOG, citoyen du monde.

    • 9 February 2012 à 9h21

      Fiorino dit

      Les citoyen du monde cotisent-t-ils à la sécurité sociale mondiale?

      • 9 February 2012 à 9h25

        Florence dit

        Fiorino
        les citoyens du monde sont les privilégés

  • 9 February 2012 à 8h37

    skardanelli dit

    Bravo Bibi !

    • 9 February 2012 à 9h05

      skardanelli dit

      Et faute de mieux j’utilise islamise pour désigner cette instrumentalisation de l’Islam.

  • 9 February 2012 à 8h11

    Fiorino dit

    Une petite question d’ailleurs aux chrétiens du sites. En Italie, pays où il y a le Vatican je rappelle, si on entre en seminarie à 14 ans c’est Lycée classique obligatoire avec grec et latin obligatoire, en France la pluspart de prêtres savent même pas le grec… Alors racines chrétiennes ou gréco-romaines? Comme je vous avez dit auparavant dans ma région il y a avait une communauté de prêtres de catho tradi français qui officiaient la messe en latin. Frequenté exclusivement par des bobo de gauche ou des médecins avorteurs de la droite libérale mais qui se la pétaient étalant leur conaissance en latin.

    • 9 February 2012 à 8h24

      lisa dit

      bobos de gauche et medecins avorteurs à la messe en latin, ah oui ce n’est pas la même chose qu’en France !
      Sinon pour les racines c’est les deux mon capitaine, comme a ra

    • 9 February 2012 à 8h24

      lisa dit

      pelé le général.

      • 9 February 2012 à 8h39

        Fiorino dit

        Lisa, c’est normal en Italie ils n’avaient aucun lien avec l’extérieur finalement ils étaient là bas uniquement pour former les prêtres, je pense d’ailleurs que en Italie et plus généralement dans les pays du sud, c’est plutôt l’aspect folklorique de la réligion qui est mis en avant par rapport à la tradition comme en France.

      • 9 February 2012 à 13h01

        lisa dit

        C’est l’institut de Christ Roi, dont il s’agit ?

      • 9 February 2012 à 15h03

        Fiorino dit

        Non c’était la communauté de saint-martin de tours.

  • 9 February 2012 à 7h48

    Fiorino dit

    @ L’ours
    La bombe à retardement c’est l’islam mais c’est aussi le fait qu’on n’est pas d’accord nous même non-musulmans sur nos valeurs. Certains invoquent les racines chrétiennes, les valeurs chrétiens. Mais c’est quoi les valeurs chrétiens? Tendre l’autre joue? D’autres sont preoccupé par “l’image de la France” mais par rapport à qui? Au monde musulman? Drôle de thérmometre pour mésurer la respectabilité d’un pays. Enfin bref essayons d’abord de nous mettre d’accord nous non musulmans sur un socle de valeurs non négociables et c’est loin d’être fait. La sortie de JL sur la maison de retraite en témoigne, n’oublions pas toute les frustrations que la chutte du communisme a engendré, c’est gens là sont loin de partager les valeurs démocratique et de liberté.

  • 9 February 2012 à 6h47

    L'Ours dit

    Tout à fait d’accord avec le 21h43 de Guenièvre.
    La différence entre islam et islamisme est un leurre.  D’ailleurs, skarda, je ne parle pas des hommes mais du dogme. Car ce qui existe, ce n’est pas un islam modéré, mais des musulmans modérés. Hélas! et le plus souvent ils ne le savent pas eux-mêmes, ce n’est pas eux qui sont au plus proche de leur religion, mais ceux que vous appelez les islamistes.
    Mais pour en revenir à ce que dit Bibi, je n’exige rien sur leur réforme ou pas. Mais cela jusqu’à un certain point: cela ne doit pas empiéter sur ma vie au point de la mettre en danger.
    Et c’est ce qu’il se passe depuis 1978.
    Qu’ils ne fassent pas de réforme, mais qu’ils me foutent la paix! 

    • 9 February 2012 à 6h55

      L'Ours dit

      En même temps, croire qu’avec une “idéologie” pareille vivant à côté de soi, ce n’est pas comme une bombe à retardement, c’est se bercer d’illusions!
      J’avais quand même prédit ce qu’il se passerait avec l’islam peu avant les évènements de Téhéran, alors que j’avais commencé à étudier le coran puis l’islam en général, pour le mettre en face des jeunes de mon âge et les plus jeunes encore de la ZUP des minguettes où je vivais, pour les ramener à un meilleur comportement. (je fais simple).
       C’est moi qui n’en suis pas revenu! 

  • 9 February 2012 à 6h24

    Fiorino dit

    @ Pirate
    De toute façon ce groupe va être dissous par contre pour expluser l’imam antisémite qui a invité a frapper les femmes on devra attendre le prochaîn gouvernement, peut-être que le nouveau ministre de l’intérieur socialiste au nom de respect des cultures ne l’expulsera pas.
    http://religion.blog.lemonde.fr/2012/02/08/claude-gueant-n%e2%80%99obtiendra-pas-l%e2%80%99expulsion-d%e2%80%99un-imam-avant-la-presidentielle/

  • 9 February 2012 à 0h33

    Bibi dit

    De toute façon, je ne pense pas que l’islam soit un problème, pas plus qu’il soit une solution. 

    C’est son instrumentalisation qui est devenue, pour certains, une source qui alimente des conflits, peu théologiques pour la plupart.
     

  • 9 February 2012 à 0h23

    Bibi dit

    Pour la nième fois, l’islam va se réformer quand et seulement si les autorités compétentes jugeront le moment et la réforme opportuns.
    Et je ne vois pas au nom de quoi quiconque d’autre puisse s’arroger le droit d’exiger un quelconque changement. 

    Je rappelle à toutes fins utiles qu’il y a eu quelques changements, par exemple celui introduit par Hassan al-Banna (Fratrie musulmane) il y a un peu moins d’un siècle. On a le droit de ne pas apprécier ce type de changement (ainsi que les liens noués avec le parti nazi), mais on ne peut pas le nier. 
     

  • 8 February 2012 à 22h30

    SPQR dit

    je suis déçu que personne n’ait embrayé sur la sortie de Millet à Ce Soir ou Jamais car je continue à penser, qu’au delà des problèmes propres à l’Islam qui ne me semblent pas aussi insurmontables, il y tout simplement le problème du consentement à sa propre fin. Le problème se poserait avec presque la même acuité si nous parlions de 4 millions de migrants arawaks ou yakouts en France! A partir de quand l’Europe n’est plus l’Europe? Et tout simplement pourquoi s’en féliciter à défaut de combattre ce changement?

  • 8 February 2012 à 22h11

    skardanelli dit

    Bon, chers amis je vous laisse deviser avec Éclair ce phare de la pensée. 

    • 8 February 2012 à 22h23

      eclair dit

      @skardanelli
      Au grand penseur éclaire nous comment il est possible de modifier un livre incréé par dieu.
      Je vous rappelerais que quelque chose d’incréé est nécessairement parfait.

      Chez les chrétiens il y a jésus qui est consideré comme incrée. Si demain on vous dis que c’était un voleur, un menteur un assassin.
      SOit vous réagiriez violement soit vous quitteriez le christianisme parce que vous aurrez l’impression d’avoiir été trompé.

      Pour l’islam c’est la même chose pour le coran. 

      • 9 February 2012 à 1h03

        pirate dit

        toi t’as fait Tautologie en deuxième année d’illettrisme ou quoi ? Bon dieu on ne dira jamais le mal que fait internet sur les imbéciles, ils voient une vidéo sur un spécialiste de l’islam qui donc explique sa théorie sur la nature du Coran, et rallonge la tartine à l’occasion pendant des pages entières.

        Mon imbécile, essaye donc de faire comme ton ennemi préféré, cultive toi un peu, autrement qu’en regardant des extraits de bouquins et des bouts de vidéo sur internet. L’Islam a déjà connu pas mal de réforme, la mort du prophète et son héritage est déjà en soit un paradigme dans cette théories sur l’incréation du coran. Tiens d’ailleurs mon con, lit donc ici : http://oumma.com/Le-Coran-est-il-cree-ou-incree, c’est une question qui se pose, et ceux qui se la pose savent bien mieux que toi de quoi ils parlent. Donc là c’est le monsieur que tu as vaguement entendu. mais ce qui est amusant de la part de Brague, lui qui sait de quoi il parle, c’est que par exemple pour le voile, la mention vient des hadith, et non du Coran, et qu’il ne fait nullement mention d’Outhma qui a donc sélectionné le “bon” coran. Bref, essaye d’être un minimum crédible quand tu veux t’en prendre à des gens un tant soit peu cultivé, fais comme eux, lâche internet et lit. Beaucoup. Et pas juste la mention légale sur ta boite de cornflakes.

      • 9 February 2012 à 1h04

        pirate dit

  • 8 February 2012 à 22h06

    skardanelli dit

    Kacyj, alors là nous sommes d’accord, chez nous, le probleème c’est nous avant tout, notre culpabilité et notre faiblesse coupable. C’est pourquoi je soutiens les forces de progrès de l’Islam européen qui se construit et que je suis pour la plus grande fermeté face aux forces obscurantistes, face à la fausse modération des frères musulmans.

  • 8 February 2012 à 22h00

    skardanelli dit

    Guenièvre, ce que vous ne voulez pas prendre en compte de votre côté c’est que les dogmes évoluent et que ce qui est dogme aujourd’hui sera doctrine obsolète demain, c’est ce que nous enseigne l’histoire de l’humanité et des deux autres religions Abrahamiques plus particulièrement. Ce qui semble si bien implanté et destiné à durer des siècles peut disparaitre comme par enchantement demain : souvenez-vous de l’empire soviétique. Le salafisme s’oppose au chiisme, des contradictions immenses existent au sein de l’Islam qui n’est monolithique que dans sa confrontation à l’Occident. Les enseignements de Dieu ont toujours été interprétés par les hommes car ils ne peuvent accéder à la totalité et les interprétations varient. Ce que vous affirmez de ces enseignements Soheib Bencheikh le conteste, tout est là.

    • 8 February 2012 à 22h16

      kacyj dit

      Pourquoi, d’autant plus qu’elle au contact depuis des dizaines d’années avec notre monde, cette évolution n’a pas déjà eu lieu? Pourquoi beaucoup ont l’impression que ce ne sont pas les musulmans vivant en Europe qui apportent la lumière aux musulmans resté dans des pays moins développés mais les seconds qui empêchent les premiers d’avancer et de s’intégrer aux sociétés dans lesquelles ils vivent désormais?
      Pourquoi une telle résistance au changement ? Pourquoi aucune femme ne sot de la mosquée en face de mon bureau le vendredi jour de prière alors qu’il m’est arrivé de voir des indonésiennes prier à la mosquée dans leur pays ? 

  • 8 February 2012 à 22h00

    Florence dit

    Skarda
    ok pour les musulmans éclairés.

    Car je ne parlerai pas d’islam éclairé ni d’islam radical.
    Je ne parlerai que de musulmans éclairés ou de musulmans radicaux.

    L’islam, c’est l’islam.

    • 8 February 2012 à 22h07

      skardanelli dit

      Autant que le christianisme est le christianisme.

  • 8 February 2012 à 21h43

    Guenièvre dit

    @ Skarda,

    L’Islam n’est pas un bloc monolithique et diverses réalités cohabitent dans un même terme, des musulmans les plus tolérants aux plus radicaux. Ce qu’il vous est apparemment difficile de concevoir c’est que ce sont les musulmans tolérants qui prennent le plus de liberté avec le dogme ! Et bien sûr qu’il faut écouter ceux là, dont Soheib Bencheikh
    Jusque dans les années soixante-dix, tous les dictionnaires de français qualifiaient l’islamisme de doctrine de l’islam. Le terme d’islamisme dans la définition qu’on lui donne aujourd’hui a été introduit dans les années 80 par des gens comme Bruno Etienne pour essayer de dédouaner l’islam de ses composantes violentes et de faire une coupure entre les deux .
    Or, la différence entre l’islam et l’islamisme telle que nous l’entendons aujourd’hui, n’est pas une différence de nature mais de degré. Au lieu d’islamisme, il serait plus juste d’employer le terme d’islam radical, car les islamistes ne font que remonter aux racines de leur religion, ayant comme seule volonté d’obéir à la lettre au Coran et à la Sunna, dont ils appliquent la totalité des enseignements. En aucun cas, les islamistes ne trahissent la lettre des textes sacrés musulmans. L’islam radical, ce n’est pas une mauvaise pratique de l’islam mais la pratique de l’intégralité de ses enseignements .

    • 8 February 2012 à 21h47

      kacyj dit

      Je n’aime islam radical. Si on l’utilise, vient tout de suite son symétrique, islam modéré qui est une fadaise de mon point de vue.
      Mais j’utiliserais bien islam éclairé pour ne pas être réducteur comme le craint Skarda. 

      • 8 February 2012 à 21h49

        Guenièvre dit

        Allons pour Islam éclairé !

      • 8 February 2012 à 22h06

        eclair dit

        islam éclairé n’a aucun sens.

        S’il devait y avoir une réforme du coran cela ne serait plus l’islam. 

        Ensuite on le voit il y a une tendance à imposer à tout les musulmans de faire les 5 prières pour les sunnites , 3 pour les chites. Et cela aussi ne peux pas être changé. C’est un des 5 piliers de l’islam.

        D’ailleurs le fait que nul autre que dieu ne peut être adoré est aussi un pilier de l’islam ç a aussi c’est source d’intransigeance et d’intolérance.
        L’islam a comme bases des principes intolérant.

        Les changer cela reviebndrais à revenir sur le coran et la parole de leur prophète dont la voisx était celle de dieu.

        Commencer à revenir là dessus et cela revient à dire que soit dieu c’est trompé cela fout mal.
        Soit que c’est des hommes qui ont écrit ça donc que c’est un mensonge que cela soit la parole de dieu.

        Dans les deux cas cela serait la fin de l’islam. 

      • 9 February 2012 à 1h12

        pirate dit

        Non Guenièvre, ce dont vous parlez c’est d’un phénomène de l’Islam, le salafisme, issue du sunnisme, qui ne sont que des courants de l’islam, le motazilisme disparu, approuvait une approche en interprétation rationnel de la question du livre, le chiisme institue un clergé qui est exclu du coran, le soufisme est encore un autre courant, ésotérique celui-ci, or l’ésotérisme et la charia ne sont pas très copains…. etc

  • 8 February 2012 à 21h31

    skardanelli dit

    Mais même en vous donnant raison sur les termes, admettons, prenons le terme islam sans chichi, je ne dis pas que vous m’avez convaincu, mais débarrassons nous d’une querelle de mots. Il n’en reste pas moins que la parole de Soheib Bencheikh est une alternative, une vision authentiquement musulmane du monde moderne. Vous pouvez l’appeler guimauve, je l’appelle ouverture, vous pouvez ne pas y croire, la comparaison avec l’évolution de la tradition juive après la destruction du temple devrait nous donner à réfléchir. C’est en ce sens que ces rencontres sont précieuses, c’est aussi pourquoi je me refuse à désigner  tous ceux qui se réclament de cette tradition par un terme commode et réducteur.

    • 8 February 2012 à 21h44

      kacyj dit

      Ce n’est certainement pas Bencheikh que je qualifierais de guimauve. Et comme l’a dit Fiorino, évidemment que je soutiens ce bonhomme et tous ceux comme lui qui cherchent à faire coexister tout le monde. Je ne dis pas que les rencontres ne sont pas nécessaires mais ce n’est pas à mon sens le type d’actions qui aura le plus d’impact. 
      Un enfant en avait frappé un autre dans mon entourage. La mère de l’agresseur a eu cette réaction : “oh mon pauvre petit, tu dois être malheureux d’avoir été méchant” tout en lui faisant un calin.
      Voilà, c’est un peu la réaction de notre société face aux ingérences, dérapages, agressions, appelez cela comme vous voudrez de l’islam. Ce n’est pas en leur disant que nous n’avons pas de colère ou de ressentiment, que les choses vont changer.     

  • 8 February 2012 à 21h12

    kacyj dit

    Skarda,
    Je comprends vos sentiments, autrement plus nobles que les phrases creuses distillées ici ou là pour se réclamer d’un angélisme universel en ce qui concerne le regard sur les différentes religions, mais je m’associe à Guenièvre pour ce qui est de son appui à l’Ours.
    Celui-ci a raison lorsqu’il affirme que ce genre d’ouvrage est de la guimauve. Je ne crois absolument pas à ce type d’oeucuménisme pour combattre les idées rétrogrades de l’islam ou de l’islamisme. Ce genre d’ouvrage ne réussit à convaincre que les gens de bonne volonté mais non les principaux intéressés.
    Je préfère nettement lire les oeuvres de Boualem Sansal, dans lesquelles vous ne risquez pas de trouver un dénigrement ou une haine des individus qui suivent les préceptes de leur religion mais bien la critique du système islam, dans un contexte particulier qui est celui de l’Algérie.
    Et je vous invite à lire l’un des entretiens qu’il accorde de temps à autre à la presse.
     http://bibliobs.nouvelobs.com/romans/20111011.OBS2224/boualem-sansal-le-mauvais-islam-continue-a-avancer.html

    • 8 February 2012 à 21h16

      kacyj dit

      Un extrait de cet entretien :
      “L’islamisme, c’est assez simple: il est désormais rejeté par à peu près tout le monde, y compris par les musulmans. Mais l’islam, le mauvais islam, lui, continue à avancer.” 

  • 8 February 2012 à 20h23

    Florence dit

    1000% d’accord avec Guenièvre !

    • 8 February 2012 à 20h26

      skardanelli dit

      Pfff! 1000% ce n’est que dix fois…’

      • 8 February 2012 à 21h31

        Florence dit

        Bon, alors 10 000 fois d’accord avec Guenièvre !

      • 8 February 2012 à 21h38

        skardanelli dit

        Et avec moi pas un peu ?

  • 8 February 2012 à 20h09

    skardanelli dit

    Guenièvre, tout ce que vous dites me va, le seul point qui est peut-être un détail pour vous et qui est tout pour moi c’est que c’est le mot islamisme qu’il faut employer, pas Islam. Pour au moins deux raisons : dans les années de la décolonisation et jusque dans les années soixante-dix dans les mêmes pays où l’islamisme prospère c’était le socialisme marxiste-léniniste qui régnait en maître, l’islamisme est une idéologie récente. La parole de ces femmes n’est pas relayée d’abord pour des questions de culpabilisation du colonialisme, c’est d’ailleurs sur ce même terreau que prospère l’islamisme. Ne pas soutenir des gens comme Abdennour Bidar  ou Soheib Bencheikh c’est soutenir les islamistes. Il y a une voie dans la religion, il n’y en a pas dans le totalitarisme islamiste. 

    • 8 February 2012 à 20h14

      Fiorino dit

      Mais on les soutient d’ailleurs ils sont souvent à la téle. Simplement il faut que ce soit les musulmans eux même qui les aprécie. Ils sont plus populaires chez les non musulmans que chez les musulmans, d’un côté je ne sais pas trop si notre soutient soit vraiment un atout pour eux.

    • 8 February 2012 à 20h44

      Guenièvre dit

      Skarda,
      Ce sont ces femmes qui emploient le mot “islam”, pas moi . Moi, je fais, comme beaucoup en Europe, la différence entre islam et islamisme . C’est pourquoi j’ai été étonnée , au début, de ce qu’elles disaient croyez-moi, Cependant je crois, à la réflexion, et après les avoir beaucoup lues , elles et bien d’autres, qu’elles savent mieux que moi de quoi il s’agit, elles sont toutes nées dans l’Islam.

      • 8 February 2012 à 20h54

        skardanelli dit

        Je crois que peu de personnes faisaient la différence entre nazis et Allemands après guerre. Je crois que c’est un phénomène similaire qui fait que ces femmes s’expriment ainsi. Que pensaient du christianisme les femmes que l’on brulait pour sorcellerie dans la vallée du Rhin ? La liste est sans fin. Ce que je vois, c’est que ne pas considérer les hommes de bonne volonté est la pire des méthodes.

    • 8 February 2012 à 21h14

      eclair dit

      @skardanelli
      récente ou une résurgence du passé?
      Récent cela signifierait que c’est nouveau. Or c’est tout l’inverse on a le retour de doctrines qui avait été mis de coté quand les occidentaux administrait cs pays.

      C”est un simple retour en arrière à avant 1830

  • 8 February 2012 à 19h52

    Guenièvre dit

    Skardanelli , j’aimerais vous donner raison mais je crois que c’est l’Ours qui est dans le vrai. Il n’y a qu’à écouter les femmes qui sont nées dans l’Islam . Pourquoi ne les entend-on pas ? pourquoi leur parole est-elle si peu relayée alors qu’elles sont nombreuses à se battre ? Un petit, tout petit florilège …

    « La critique de l’islam est un tabou inscrit au coeur même de la religion. Mais que les sociétés européennes, héritières des Lumières, s’imposent à elles-mêmes ce tabou, voilà qui est totalement nouveau. Et stupéfiant ! » Ayaan Hirsi Ali Née en Somalie en 1969, excisée à l’âge de 5 ans, profite d’un passage dans sa famille en Allemagne, pour s’enfuir et échapper à un mariage forcé.

    « l’islam est une idéologie politique que l’on considère à tort comme ayant un versant modéré. « C’est la raison pour laquelle l’occident doit surveiller de près tous les musulmans ; vous ne pouvez pas savoir quand ils sont prêts à être “activés”. Le problème est qu’ils partagent tous les mêmes croyances de base ». Wafa Sultan a grandi en Syrie dans une famille musulmane traditionnelle..

    « “La plus grande erreur de jugement que font les Occidentaux, c’est de croire que leur culture et la démocratie sont indestructibles, sous-estimant les forces du Mal et de la terreur. » Nonie Darwish est née au Caire et a grandi à Gaza, et est expatriée aux Etats Unis

    « Le problème n’est pas seulement le fait que l’islam soit la religion d’État, le problème est que l’islam est l’État » Chahdortt Djavann , née en 1967 en Iran, a grandi à Téhéran.

    « . L’islam ne connaît aucune individualité, sa vision de l’humanité n’est pas adaptée à la modernité, qui réclame des individus responsables d’eux-mêmes ; l’islam suit un autre modèle de société, collectiviste celui-là. Il a non seulement la prétention d’être une croyance, mais il se pose en religion de l’unité de la vie, de la foi, de la loi et de la politique. » Necla Kelek sociologue allemande d’origine turque, née à Istanbul en 1957.
    Il ne s’agit nullement d’essentialiser les musulmans. Tous ceux que j’ai connu dans les années 70 et 80, parfaitement intégrés, avec qui j’ai eu de super relations avaient seulement pris quelques distances avec la religion.

    • 9 February 2012 à 7h55

      Marie dit

      “vec qui j’ai eu de super relations avaient seulement pris quelques distances avec la religion.” et pour certains face aux évenements actuels reviennent vers la religion!

  • 8 February 2012 à 19h17

    laborie dit

    Si quelqu’un avait des infos sur les révoltes et révolutions populaires ayant abouti à des remises en cause par les nouveaux gouvernants ( constitution, séparations des pouvoirs religieux et temporels etc) dans un ou des pays à religion majoritairement musulmane (pas forcément arabe) ça m’intéresse?

    A la réflexion je n’ai pas le souvenir de telles tendances abouties.