Maintenir à tout prix la Grèce dans la zone euro? | Causeur

Maintenir à tout prix la Grèce dans la zone euro?

On a beau jeu de pleurer sur le sort des Grecs

Auteur

Charles Beigbeder

Charles Beigbeder
est entrepreneur, élu de Paris et actionnaire de Causeur.

Publié le 02 juillet 2015 / Économie Politique

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Grèce euro dette

« J’ai toujours considéré qu’une monnaie unique devrait être et ne pouvait être que le parachèvement de la réalisation d’une Union Economique et que de ce point de vue la création de l’Euro a été prématurée » expliquait le défunt prix Nobel d’économie Maurice Allais en 2005. En effet, il est absurde de vouloir doter d’une même monnaie des pays qui disposent d’une économie structurellement différente en termes de productivité du travail et du capital. Ce qui arrive aujourd’hui était donc inscrit dans les fondations de la zone euro et il est illusoire de croire que l’on pourra, sans grave dysfonctionnement, faire coexister durablement des pays comme la Grèce aux côtés de l’Europe du Nord, garante d’une plus grande orthodoxie budgétaire. Le problème dépasse ici les seules considérations économiques ; il renvoie avant tout à des cultures radicalement différentes, des modes de vie et de travail qui diffèrent selon qu’on côtoie les rives de la mer baltique ou que l’on habite aux confins de la Méditerranée. C’est pourquoi, on est en droit de s’interroger sur le degré de légèreté qui a présidé à l’admission de la Grèce au sein de la zone euro en 2001.

Il est de bon ton, aujourd’hui, de critiquer la Grèce pour avoir largement profité du système européen, trafiqué ses comptes publics, menti à la commission européenne, pratiqué la fraude fiscale généralisée, le clientélisme politique, la fraude aux subventions européennes, l’embauche déraisonnable de fonctionnaires ou encore l’achat public de matériel militaire en grande quantité à ses créanciers (hélicoptères et frégates multi-missions à la France, sous-marins U-214 à l’Allemagne). Tout cela est vrai. Mais rien de cela n’aurait pu arriver sans le laxisme des hauts fonctionnaires européens qui ont laissé s’installer sans réagir une telle situation. Comme le soulignait Renaud Girard au Figaro, « de 2001 à 2009, la Grèce s’est littéralement goinfrée de prêts internationaux, car elle n’avait jamais, de son histoire, connu des taux d’intérêts aussi bas. La Commission et le Conseil européen ont agi comme une municipalité qui aurait confié un débit de boissons à un alcoolique ».

La sortie de la Grèce de la zone euro comporterait « un risque de chaos absolu » pour l’économiste Philippe Dessertine, dont les propos reflètent ici la panique générale de la classe politique et médiatique devant l’abandon du dogme de l’euro obligatoire. On retrouve ici le vocabulaire catastrophiste utilisé par tous les eurobéats à l’endroit d’une réalité qui contrarie le sens de l’histoire qu’ils avaient eux-mêmes assigné aux peuples européens. Car, pour eux, l’euro est beaucoup plus qu’une monnaie unique : elle est dotée d’une charge affective irrationnelle qui renvoie aux utopies progressistes de paix entre les peuples et d’effacement des frontières, en nous introduisant définitivement dans une mondialisation heureuse. D’où la crispation actuelle de la classe politique, droite et gauche confondues, autour d’un fétichisme de l’euro brocardé comme le veau d’or des temps modernes. Or, l’euro n’est qu’une monnaie au service du développement des échanges. Quand il n’est plus bénéfique pour un pays, il faut s’avoir s’en détacher.

Dans le cas actuel, on ne peut nier qu’une sortie de la Grèce de la zone l’euro entraînerait une nette dévaluation de la drachme ainsi qu’une perte du pouvoir d’achat des Grecs de 30% à 50% selon Gilles Carrez, mais elle obligerait, en contrepartie, la Grèce à effectuer un certain nombre de réformes sans qu’elles lui soient dictées de l’extérieur. Car si la Grèce reprend pleinement en main son destin, elle ne vivra plus sous perfusion européenne et devra trouver en elle seule les ressources morales, politiques, économiques et financières qui assureront son plein développement. À cet égard, la Grèce dispose de nombreux atouts : berceau de l’Europe, elle conserve de prestigieux vestiges de son antique civilisation, orgueil d’une identité nationale toujours bien présente, bénéficie d’une situation géographique privilégiée, aux confins de la Méditerranée et au carrefour de l’Europe et de l’Asie, d’une agriculture florissante qui explique l’importance du secteur agro-alimentaire, et est dotée d’une myriade d’îles dont le climat, la végétation et le relief suscitent l’admiration du monde entier et garantissent une très forte fréquentation touristique. Enfin, après une période de restructuration, la Grèce pourrait profiter d’une monnaie faible pour gagner des parts de marché à l’export.

Du côté européen, aucun scenario de chaos en perspective : la dette grecque, qui était principalement détenue par des établissements bancaires privés, a été transférée à partir de 2010 vers le Fonds européen de stabilité financière (FESF), devenu aujourd’hui le Mécanisme européen de stabilité (MES), si bien qu’elle est aujourd’hui à plus de 70% entre les mains de créanciers publics (le FMI à hauteur de 10%, mais surtout les États européens, directement ou par le biais du MES, ou bien encore la BCE) et qu’il n’y a donc aucun risque de contagion vers les banques privées européennes, comme cela pouvait être le cas en 2010. Le seul impact pour l’Europe concerne la dette publique de chaque pays européen qui augmentera au prorata de cette créance désormais insolvable et inscrite en perte au budget de chaque pays créancier, qui devra donc recapitaliser sur ses propres deniers une somme du même montant. Au final, c’est le contribuable qui paiera l’ardoise : d’abord celui d’outre-Rhin, puisque l’Allemagne détient une créance de 60 milliards d’euros, mais aussi le contribuable français, pour qui l’effort supplémentaire représente 40 milliards d’euros, soit 600 euros par Français, qui s’ajoute à la dette publique actuelle de 31 515 euros par habitant.

On a beau jeu de pleurer sur le sort des Grecs. Le peuple grec, bien sûr, mérite toute notre compassion, surtout qu’il n’est pas responsable de l’incurie de ses dirigeants. Mais qu’on n’aille pas donner des leçons d’égoïsme aux Européens qui ont déjà effacé 50% de la dette privée grecque en 2012, soit 100 milliards d’euros, et qui ne seront probablement jamais remboursés de leur créance actuelle ! Affirmer, comme le font certains en France, qu’il faudrait à nouveau restructurer voire annuler la dette grecque sans exiger de réformes significatives en contrepartie, relève d’un comportement totalement irresponsable. D’abord, c’est profondément injuste à l’égard des pays qui ont engagé des réformes courageuses – et parfois douloureuses –, sans jamais obtenir une restructuration de leur dette. Ensuite, c’est envoyer un très mauvais signal à l’endroit de pays, qui, comme la France, rechignent à assainir leurs finances publiques. Finalement, c’est donner une prime au laxisme au détriment des bons élèves. Il est vrai que la dette publique grecque, qui s’élève aujourd’hui à 320 milliards d’euros, soit 175% du PIB, est insoutenable et que l’on voit mal comment l’on pourrait continuer à maintenir les Grecs sous perfusion européenne. Il n’y a donc pas d’autre solution honorable que d’accompagner la Grèce vers une sortie de l’euro.

Le risque de contagion aux autres pays européens est, somme toute, assez limité, puisqu’au sein des « PIGS » (Portugal, Italie, Grèce et Espagne), particulièrement exposés, seule la Grèce n’a pas engagé de réformes significatives. En Italie, en Espagne comme au Portugal, les efforts consentis commencent à porter du fruit. De plus, ces pays ne voudront, en aucun cas, connaître le sort humiliant et douloureux de la Grèce.

Le dernier plan de réformes qu’a rejeté le gouvernement grec comportait des réformes que tout pays européen devrait adopter, s’agissant notamment du relèvement de l’âge de départ à la retraite. François Hollande ferait bien de mettre en œuvre, au sein de son propre gouvernement, des réformes qu’il tente mollement de proposer sur la scène internationale, laissant le leadership des négociations à Angela Merkel. Ainsi, la France, dont la dette s’élève aujourd’hui à 97,5% du PIB, éviterait de se retrouver un jour dans la même situation que la Grèce…

Grèce euro dette

*Infographie : © AFP G. Handyside/J. Storey, jfs/pld/tsq

*Photo : Pixabay.com

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    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 11 Juillet 2015 à 12h06

      Octone dit

      L’actionnaire qui se paye des tribunes… ça fait tellement 19° siècle :) 

    • 8 Juillet 2015 à 12h37

      la pie qui déchante dit

      Il faut les laisser partir …comment faisait-on avant qu’elle y entre , comme un cheval de Troie ???

      Un de perdu dix de retrouvés …

      On trouvera bien des pays sérieux pour prendre sa place : L’Ukraine , la Turquie , le Qatar pour lequel on ferait une exception car ce serait le seul pays de la zone euro avec du fric ….

    • 5 Juillet 2015 à 20h27

      salaison dit

      l’union européenne = le grand cahot !

    • 4 Juillet 2015 à 12h52

      salaison dit

      “Bruxelles”?????? =la Maboule aux oeufs d’or !

    • 4 Juillet 2015 à 12h43

      salaison dit

      hum…… t’as pas “one zé(u)ro” ?…. sic…

    • 4 Juillet 2015 à 11h07

      Broquere dit

      L’Europe est un paradis pour Fonctionnaires:
      -Argent illimité des contribuables
      -pas de Controle
      -pas de Patrons, ou trop ce qui est pareil
      -Irresponsabilité institutionnelle
      Etonnez vous de sa création par des Fonctionnaires qui augmentent leurs avantages à chaque élargissement!!! Naïfs gogos de payeurs réveillez vous!

      • 5 Juillet 2015 à 10h57

        salaison dit

        c’est “ça”……. mais ceux (et celles) qui sont dans le privé leur donnent TOUJOURS RAISON !….. alors 
        (et ce n’est pas de la petite gueguerre dénoncée par un parti ou l’autre ,c’est ce qui se passe!!!!!
        (2,5 milliards de revalorisation pour les fonctionnaires (retraités on non…)
        excusez du peu ! 

    • 4 Juillet 2015 à 10h42

      walkyrie dit

      Le seul point qui compte, c’est de sauver les banques. C’est le credo de l’Europe. Avec ça, faites un état qui tient debout…

    • 3 Juillet 2015 à 19h30

      la pie qui déchante dit

      On lit dans le Point:

      “”Le pays a fait défaut sur sa dette vis-à-vis du FMI. Le Fonds européen de stabilité financière indique que cela n’a pas de conséquence pour le moment.”"

      ben alors ???

      • 4 Juillet 2015 à 12h23

        salaison dit

        Eh oui, je crois bien qu’on nous fait un cinéma du diable, pour détourner notre attention (de quoi?)
        ou pour  (ne pas) démontrer LEUR INCAPACITE en toutes choses???????????

    • 3 Juillet 2015 à 17h46

      salaison dit

      Bruxelles a été “GRISéE” par l’élaboration même du “machin ” je veux dire : Parlement, Commission et autres……
      le principal  c’était de mettre en place tout le système pour LES FONCTIONNAIRES qui y travaillaient…
      le reste est venu ensuite et est toujours TRèS EN RETARD sur TOUT!!!!!!!
      mais c’est pas grave “ça coûte rien” comme dirait notre cher Hollande, c’est Bruxelles qui paie !…..
      avec nos sous évidemment  (et ceux des autres…) ! (mais comme il n’a toujours pas l’air de le savoir……….!!!!) 

      • 3 Juillet 2015 à 18h28

        salaison dit

        “il” c’est Hollande évidemment ! (mais je suppose que tout le monde avait compris ?) mais je le rajoute par précaution et pour les socialistes!…..

    • 3 Juillet 2015 à 16h00

      Picquigny dit

      Quel territoire représente 2% du PIB, nous coûte cher et dont les habitants, selon beaucoup d’analystes, ne font pas beaucoup d’effort ?

      Les Départements d’Outre Mer !

      Pourtant, on n’entend personne dire que les DOM doivent quitter la France ou avoir leur propre monnaie. 

      • 3 Juillet 2015 à 19h37

        la pie qui déchante dit

        ainsi , si on avait donné son indépendance à la Guyane ,comme le voulait je ne sais plus qui au gouvernement , l’argent ainsi économisé, nous aurait permis d’accueillir plus décemment nos (très) chers immigrés, comme le souhaite je ne sais plus qui au gouvernement … ,

    • 3 Juillet 2015 à 10h31

      jcm dit

      Je m’attends hélas à une victoire très large du non.
      hélas ?
      je dirai de moins en moins hélas, et je me sens proche d’être débarrassé d’une discussion où je ne trouve plus personne crédible.
      tsipras est à mon sens un excellent “politique”, un homme habile et cohérent ( jamais je n’aurai voté pour son programme s’il avait été au pouvoir dans les années 2000, mais il n’a pas créé la situation où se trouve son pays , et dans le situatiion actuelle, à sa place j’agirais comme lui : il est évident que les plans européens et FMI ont été très mal calculés, très mal élaborés )

      je fustige les gouvernements grecs précédents dont la démagogie a été criminelle et les procédés tout autant, en particulier chez les socialistes grecs.
      Que dire de la banque Goldman Sachs qui a preté des milliards en douce à un gouvernement grec qui empruntait ces milliards en douce, permettant à la banque américaine de spéculer ensuite à la baisse sur l’emprunt grec en bénéficiant d’une information qu’elle était la seule à avoir ( = délit d’initié ), gagnant sur les deux tableaux de se faire une marge sur un pret accordé tout en gagnant en jouant la baisse sur le marché des obligations grecques ! Le directeur de la BCE est tout simplement un ancien de Goldman sachs.

      La BCE maintenant, qui a dit que la Grèce était en excédent budgétaire primaire en 2014.
      Les recettes de l’Etat grec sont supérieures à ses dépenses hormis les frais financiers. la France n’atteint pas cet équilibre ! Les grecs sont parvenus à assurer un excédent budgétaire primaire alors que leur économie s’est effondrée avec des recettes en forte baisse…la même BCE qui dit aujourd’hui avec le FMI que les grecs n’ont fait aucun effort !

      il est patent que les efforts de gestion pourtant évidents assurés par les grecs ont été anihilés par les effets du manque de croissance : la dette grecque augmente en pourcentage du PNB parce que le PNB s’effondre , faute de politique de croissance, faute de partenariat européen, or tout cela était prévisible : les frais financiers après le premier plan de refinancement de la dette grecque , complètement raté, font penser à ce qui est arrivé à Eurotunnel, qui voyait sa dette réchelonnée de façon toujours insuffisante. Une vraie restructuration de la dette d’Eurotunnel a permis à cette société d’assurer aujourd’hui des profits très satisfaisants. Eurotunnel, ce puits sans fond !

      Le reste de l’Europe n’a pas à payer pour la gabegie grecque…certes, bientot les français seront dans une meme situation, nous comprenons les grecs , nous avons le meme laxisme que celui des socialistes grecs des années 2000.

      Mais dans un Etat fédéral, comme celui des Etats Unis, les Etats riches et dynamiques cohabitent avec les Etats tocards , l’Empire américain assure la continuité avec ses éléments faibles.

      Le modèle européen est celui d’une solidarité assez socialisante. le modèle Français assure la sécurité individuelle , la santé, par tous les moyens , à tous les prix,….et l’Europe donne dans le libéralisme le plus outrancier sur le dos de nations entières ?

      Il est évident que les grecs vont voter très massivement non, plus que ne le disent les sondages, et renoncer à l’euro.

    • 3 Juillet 2015 à 8h49

      Wil dit

      Quand on voit la propagande médiatique française à propos du referendum on se croirait revenu en 2005 sur celui de la constitution.
      Tout le systeme médiaco-politique ou presque se sent obligé de faire campagne pour le oui comme si ce referendum avait lieu chez nous.Comme si les grecs regardaient Itélé ou BFM TV ou n’importe quel média français.
      C’est vraiment n’importe quoi.

      • 3 Juillet 2015 à 9h55

        un éléphant dit

        Parfois c’est de l’humour, trouver matière à rire en lisant le Point, ça peut arriver :

        “Le non prôné par le gouvernement grec, c’est-à-dire un rejet des propositions des créanciers, qui était en tête ces derniers jours avec une marge de plus en plus faible (57%/30% puis 46%/37% depuis dimanche), aurait désormais cédé la place au oui, à en croire un sondage ayant donné lieu à des fuites dans les médias grecs.

        Les Grecs paraissaient en tout cas se lasser du contrôle des capitaux, qui les oblige à limiter leurs retraits bancaires à 60 euros par jour.
        :-)))

    • 3 Juillet 2015 à 7h01

      Vert Gallois dit

      Enfin un article raisonnable et pondéré. Ça change!

    • 2 Juillet 2015 à 19h16

      José Marie Montagne dit

      “une perte du pouvoir d’achat des Grecs de 30% à 50% selon Gilles Carrez” certes, mais seulement sur les produits importés…

    • 2 Juillet 2015 à 19h15

      José Marie Montagne dit

      L’émission d’une nouvelle monnaie, càd de la drachme, permettra d’amortir le choc sur le pouvoir d’achat. Certains produits d’importation tels que le pétrole vont flamber, mais ce n’est pas terrible en rapport aux énormes avantages au niveau des exportations. La chose qui sera à surveiller, c’est l’inflation, et il resterait à voir si Raymond Barre a fait des émules en Grèce (contrôle des prix). De plus l’énorme masse de capitaux qui s’est enfuie reviendra avec une belle culbute sur le change. 
      Au point où en sont les Grecs, mais à cause de Tsipras qui n’a pas mis en place le contrôle des capitaux dès son arrivée, la sortie est le moindre mal.
      De plus avec les démarches entreprises (audit sur la dette immorale, illégitime et illégale) il est probable que le pays fera défaut. Et pour nous, 600 € de plus ou de moins par habitant, c’est pas la mer à boire, mais à coup sur la faute de notre ploutocratie qui a trouvé important de sauver les banques-casino.

      • 2 Juillet 2015 à 19h52

        Sancho Pensum dit

        Hum. La balance commerciale de la Grèce est très fortement déficitaire. En cas de sortie de l’euro et de dévaluation de la monnaie, l’effet prix des importations va la pénaliser très lourdement, sans aucune garantie que cela soit compensé à terme par l’effet volume des exportations. Car il n’y a aucun secteur économique, actuellement, où le niveau des exportations soit supérieur au niveau des importations. En net, la Grèce importe tout : sa nourriture, son habillement, ses biens mécaniques, électriques, électroniques, ses matériaux ,sa chimie, son énergie… Et elle est très dépendante énergétiquement. Dit autrement, sa balance commerciale risque de ne jamais profiter d’une dévaluation de sa monnaie !

        • 2 Juillet 2015 à 22h39

          Leftcruiser1 dit

          Sauf que les usines pourraient très bien s’installer en Grèce car cela serait intéressant économiquement pour eux comme cela s’est passé en Argentine après leur défaut de paiement de 2001 

        • 2 Juillet 2015 à 23h51

          nadiacomaneci dit

          Vous voyez des usines s’installer en Grèce ? Sans rire ?

        • 3 Juillet 2015 à 7h36

          un éléphant dit

          Ben, depuis la directive de bxl enjoignant les pays membres qui ne le font pas encore, à intégrer les revenus de la prostitution ou au moins une estimation dans leur PIB, faudrait voir.

      • 2 Juillet 2015 à 23h50

        nadiacomaneci dit

        Exportations grecques ??
        Par exemple ?
        Comme vous y allez avec nos 6OO euros de plus par tête de pipe. On fait un referendum pour savoir qui veut payer pour sauver Tsipras ?

    • 2 Juillet 2015 à 18h41

      salaison dit

      ?????? vous y restez sinon on vous coupe la tête ????????

    • 2 Juillet 2015 à 16h07

      gigda dit

      “J’envie les sûrs d’eux, les péremptoires, les sommaires, ceux qui prétendent savoir, ceux qui disent ce qu’il aurait fallu faire, ce qu’il n’aurait pas fallu faire, les experts, les économistes patentés, les responsables européens, les créanciers, les partisans et les adversaires, les connaisseurs de la crise grecque…” http://www.philippebilger.com/blog/2015/07/la-grèce-pour-les-nuls-.html#comments

       Que voilà une réponse qui me convient mieux que le rejet d’un membre “gangrené”, oh nadia, rien que ça!!! Vous avez là une assurance “structurelle” qui m’effraie … et me laisse pleine de questions: probablement l’Europe est une valse à deux temps … un temps pour ceux à qui elle profite(la mittel europa?), un temps pour ceux qu’elle jette aux orties de la mémoire !
        Allez un petit poème de Yannis Ritsos pour échanger la cantate du porte monnaie
      contre la chanson intime de l’histoire littéraire d’un pays – qui n’est pas “une dette”, mais aussi ces
      dons là :
      Yannis Ritsos

        NE PLEURE PAS LA GRÉCITÉ
      Ne pleure pas la Grécité
      

lorsqu’elle est prête à fléchir
      

le couteau sur la gorge la corde au cou


      Ne pleure pas la Grécité
       –

voilà qu’elle reprend son envol


      Son courage gronde


      et harponne le fauve


      avec la lance du soleil.

      • 3 Juillet 2015 à 0h37

        nadiacomaneci dit

        Gigda, c’est la Grèce elle-même qui a voté contre l’Europe en janvier dernier. Si la Grèce estime que la solitude est sa voie, que l’Europe la crucifie, alors je lui souhaite cordialement bon vent et bonne route. Mais on ne peut pas avoir un pied dedans et un pied dehors. La Grèce a décidé de s’extraire de règles qu’elle avait pourtant choisies de son plein gré. Je ne sais pas qui a tort ou raison, je sais que l’heure a sonné et qu’il est temps pour elle d’être cohérente.

      • 3 Juillet 2015 à 5h33

        un éléphant dit

        Les Grecs n’ont pas “voté contre l’Europe”. Ce que tu appelle “un pied dedans un pied dehors” signifie n’être pas les “bons européens” de la ‘pragmatique’ frau Merkel. 
        Bref parfaite illustration de l’européisme, comme une idéologie fasciste. 
        A conchier et voter marine à la prochaine. 

    • 2 Juillet 2015 à 15h28

      gaze dit

      “il est illusoire de croire que l’on pourra, sans grave dysfonctionnement, faire coexister durablement des pays comme la Grèce aux côtés de l’Europe du Nord, garante d’une plus grande orthodoxie budgétaire”

      Vite un patch CoExist : http://www.powercallsirens.com/avactis-images/coexist.jpg

      Ca va mieux non?

    • 2 Juillet 2015 à 15h09

      Paul_Bourbon dit

      J’ai traduis cet article en anglais, et je l’ai publié dans mes notes à l’addresse suivante : https://www.facebook.com/notes/paul-bourbon/should-greece-be-maintained-in-the-eurozone-at-all-costs/10153404636794500

      Excellent article, qui a le mérite de nommer les choses telles qu’elles se sont déployées dans la réalité, et donnent donc mesure à réfléchir sur comment nous en sommes arrivés à une telle débacle.

    • 2 Juillet 2015 à 14h12

      golvan dit

      Il semble que tout le monde eurobéat souhaite maintenant la pire catastrophe pour la Grèce. De la position “jamais de sortie autorisée” on a glissé vers un “dehors les connards et bon vent”. 
      Ca a tout de même un côté hilarant. Et surtout, cela démontre l’amateurisme du processus de “construction” de l’Europe qui ne prévoit aucun processus de sortie. 
      Le nouvel argument pour expliquer que les instances dirigeantes de l’UE veulent à tout prix conserver la Grèce dans l’UE, c’est de faire pleurer en racontant que la marche harmonieuse vers une Europe unie sur le plan fiscal et social va en prendre un coup dans les carreaux. Or il ne semble pas que ce soit le but ultime de l’UE qui ne fait que s’agrandir sans aucun souci de cohérence, et l’entrée de la Grèce dans l’UE en était précisément la preuve, une UE au sein de laquelle la guerre du dumping social et fiscal joue à fond. 

      • 2 Juillet 2015 à 14h45

        Fioretto dit

        Mais golvan, c’est le peuple grec qui ne veut pas sortir de l’euro, c’est pas les technocrates qui ont imposé à l’opinion publique de ne pas y sortir.

        • 2 Juillet 2015 à 15h30

          golvan dit

          @ Fioretto
          Pour être franc je ne sais pas grand-chose du peuple grec, pas plus vous j’imagine, et tout le monde se fout éperdument de lui. Les eurobéats tentent de nous faire croire qu’ils souffrent à l’idée des conséquences pour ce pauvre peuple d’une éventuelle sortie de l’euro, et les eurosceptiques voient dans cette sortie une excellente nouvelle en annonçant d’autres.
          Comme je l’ai répété plusieurs fois sur ce forum, la présence de la Grèce dans l’euro repose sur une imposture depuis le début, ce pays ne peut en aucun cas, à moins de se transformer en autre chose que la Grèce, correspondre aux critères que même la France est incapable de remplir, et sa dette ne sera jamais remboursée, surtout pas dans les conditions qui lui sont actuellement imposées. 
          Mais par ailleurs cette présence dans l’euro est supposée définitive, sur un plan idéologique, par la nomenklature européiste, ce qui est la seule raison de son maintien jusqu’à l’heure actuelle.
          Et ce sont bien les eurocrates qui imposent cette idée à l’opinion publique européenne. Une partie du peuple grec, les fonctionnaires surtout, a intérêt à continuer de vivre au-dessus de ses moyens, et cette partie votera oui.
          Toutefois pour l’instant personne ne peut connaître les résultats de l’éventuel référendum.
          Mais nul doute que lorsque les poules auront des dents, et que la Grèce sera dirigée par des Finlandais calvinistes, la Grèce passera avec gourmandise sous la férule teutonne.
          Pour le moment, la sagesse voudrait que la Grèce assume son mode de vie et son identité qui n’ont pas grand-chose à voir avec le nord de l’Europe.    

        • 3 Juillet 2015 à 0h40

          nadiacomaneci dit

          Nous sommes d’accord.
          La Grèce doit voter non et quitter l’eurozone et l’UE, le plus vite sera le mieux.