Grèce : Echec et mat | Causeur

Grèce : Echec et mat

Syriza pensait disputer une partie de poker mais la BCE jouait aux échecs

Auteur

Guillaume Nicoulaud

Guillaume Nicoulaud
est un blogueur et économiste français

Publié le 11 juillet 2015 / Économie Monde

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Comme vous le savez sans doute, l’objectif initial de Syriza était double : ses dirigeants voulaient mettre fin aux politiques d’austérité exigées par leurs créanciers mais sans quitter la zone euro. C’est le programme sur lequel ils ont été élus et, reconnaissons-le, c’est effectivement ce qu’ils ont essayé de faire ces six derniers mois. Pour y parvenir, ils se sont lancés dans une grande partie de poker qui consistait, grosso modo, à faire planer la menace d’un Grexit (dont les Grecs ne veulent absolument pas) si leurs exigences n’étaient pas satisfaites — ce qui n’est rien de moins qu’un immense coup de bluff.

Malheureusement pour eux, alors qu’ils jouaient leur partie de poker avec leurs « partenaires » de l’Union Européenne et, dans une moindre mesure, avec le Fonds Monétaire International, il est un autre acteur qui jouait à un autre jeu : cet acteur c’est la Banque Centrale Européenne et c’est aux échecs qu’elle jouait. Pour bien comprendre, un rapide point technique et quelques éléments historiques ne sont sans doute pas inutiles.

Quand une banque est à cours de liquidités, son premier réflexe et de chercher à en emprunter à d’autres banques sur ce qu’on appelle le marché interbancaire. Mais si, pour une raison ou une autre, aucune banque n’accepte de lui prêter de liquidité autrement qu’à un taux usuraire, elle peut toujours faire appel à la Banque Centrale Européenne. Ça se passe comme ça et un simple exemple vous permettra de comprendre pourquoi : ce mercredi 8 juillet 2015, le taux moyen du marché interbancaires pour des prêts à une semaine était de -0.131% (oui, il est négatif) tandis que, le même jour et pour la même durée, la BCE prêtait à 0.05%1.

Ce qu’il vous faut également savoir pour bien comprendre le genre de merdier dans lequel les banques grecques se trouvent, c’est que la BCE exige qu’on lui apporte une garantie — on appelle ça du collatéral — en contrepartie des prêts qu’elle accorde. Bien sûr, la banque centrale n’étant pas supposée prendre le moindre risque, elle n’accepte pas n’importe quoi : typiquement, elle réclame des obligations d’État ou, du moins, bénéficiant d’une excellente notation financière.

Sauf qu’en 2009, lorsque la crise dite des dettes souveraines a éclaté, les agences de notations ont dégradé les notes des États concernés2 et elles les ont dégradées tant et si bien que ces obligations d’État ne pouvaient plus servir de collatéral aux banques auprès de la BCE. Naturellement, c’était un gros problème : ça signifiait qu’en cas de retraits massifs — ce qui est d’autant plus probable qu’on doute de la solvabilité de l’État — la capacité des banques commerciales à faire appel à la banque centrale s’en trouvait fortement limité.

Alors, la BCE a fait une exception. Elle a établi une règle temporaire qui permettait aux banques de continuer à garantir leurs emprunts avec de la dette de moindre qualité. Mais la banque centrale a tout de même posé une condition : que les États défaillants — et notamment le grec — remettent leurs économies et leurs finances publiques en ordre — c’est-à-dire qu’ils respectent leurs engagements.

En Grèce, ça a fonctionné comme ça pendant six ans ; jusqu’à ce que Syriza et son programme « anti-austérité » arrive dans le périmètre. En effet, plus les sondages annonçaient Syriza gagnant, plus les grecs ont cherché à mettre leurs économies à l’abri — c’est-à-dire hors des banques — si bien que dès la mi-janvier, ces dernières ont demandé (vers le 16 janvier) et obtenu (le 21) le droit d’utiliser la solution d’urgence de la Banque Centrale Européenne : ELA.

ELA pour Emergency Liquidity Assistance est un système de prêt qui, comme son nom le suggère, permet de faire face à des situations d’urgence, sans passer par les opérations de refinancement classiques de la BCE. Ce machin-là est entouré d’un épais secret et le peu d’information dont on dispose sur ces opérations filtre via des sources qui demandent explicitement à rester anonymes. Ce qu’on en sait, en revanche, c’est que ces prêts sont accordés par la Banque de Grèce seule — c’est elle qui prend tous les risques, pas l’Eurosystème — et que le montant total de prêts que la banque centrale grecque peut accorder sous ce programme est limité par le conseil de la BCE.

À ce stade, à la fin du mois de janvier, l’ELA est une solution d’appoint, une sorte de soupape de sécurité qui vient, pour les banques grecques, en complément des opérations de refinancement normales de la BCE3. Mais le 4 février, cette dernière va prendre une décision qui va retentir comme un coup de canon en mettant fin à la solution temporaire mise en place six ans plus tôt : prenant acte des déclaration d’Alexis Tsipras, elle a exclu la dette publique grecque des actifs éligibles en tant que collatéral ; obligeant ainsi les banques hellènes à recourir massivement à l’ELA.

Le message que fait passer la banque centrale est claire comme de l’eau de roche : Fabrice Borel-Mathurin, économiste chercheur à l’ACPR et Paris 1 le résume en peu de mots : « la BCE se met en capacité de limiter les pertes de l’Eurosystème en cas de défaut de paiement et, dans le même mouvement, peut provoquer un Grexit du fait de la raréfaction des liquidités. » En effet, en obligeant les banques grecques à utiliser massivement l’ELA, elle fait porter l’essentiel du risque d’un défaut sur la Banque de Grèce seule. Et comme, par ailleurs, elle a le pouvoir de plafonner l’ELA, elle peut couper la ligne de survie des banques grecques sans affecter le moins du monde les opérations des autres banques de la zone euro.

C’est le piège parfait, un véritable coup de maître : Mario Draghi a parfaitement anticipé le grand bluff de messieurs Tsipras et Varoufakis ; il a cautérisé la plaie de manière préventive pour pouvoir, si aucune solution politique n’est trouvée, couper le membre sans provoquer d’hémorragie. Pendant les cinq mois qui ont suivi, alors que Syriza jouait sa partie de poker, les grecs vidaient leurs comptes en forçant leurs banques à quémander augmentation sur augmentations du plafond de l’ELA. Et pendant cinq mois, la BCE a suivi ; autorisant la Banque de Grèce à relever graduellement le plafond initial de 59.5 milliards d’euro jusqu’à atteindre, fin juin, 88.6 milliards.

C’est quand Alexis Tsipras a annoncé la tenue d’un référendum que la BCE a porté le coup de grâce en annonçant le gel du plafond de l’ELA : à compter de ce jour et sauf avis contraire, les banques grecques peuvent emprunter 88.6 milliards et pas un centime de plus. Échec et mat. Même Varoufakis, qu’on nous vendait volontiers comme un grand spécialiste de la théorie des jeux, n’a pas immédiatement compris la portée du coup et a cru, pendant quelques heures4, pouvoir échapper au contrôle des capitaux. Le lendemain matin, pourtant, les banques sont restées fermées et les retraits aux guichets étaient sévèrement limités.

En résumé, la BCE est en mesure de provoquer un effondrement total du système bancaire grec et ce, pour un coût financier négligeable. Si ce scénario se réalise, si le gouvernement Syriza ne parvient pas à proposer une solution acceptable par ses créanciers, il n’aura qu’une seule solution : sortir de la zone euro et reprendre son indépendance monétaire. Échec et mat : la capitulation de Syriza était inévitable.

*Photo: Thanassis Stavrakis/AP/SIPA. AP21763024_00008.

  1. C’est le fameux taux directeur, officiellement taux des Main Refinancing Operation.
  2. Comme la cavalerie, elles arrivent toujours quand on a plus besoin.
  3. À ce moment-là et à vue de nez, les banques grecques empruntent un peu plus de 80 milliards au titre des opérations de refinancement normales de la BCE et n’utilisent ELA que pour 4 ou 5 milliards au maximum.
  4. Sur son compte Twitter (le 28 juin à 13h59) il déclarait que « le contrôle des capitaux dans une union monétaire est une contradiction dans les termes. Le gouvernement grec s’oppose au concept même. ». Le soir même, le gouvernement annonçait que les banques n’ouvriraient pas le lendemain.

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    • 14 Juillet 2015 à 17h16

      salaison dit

      hum…..! au final ce sera comme d’habitude : c’est NOUS les contribuables (de tous pays européens) qui paieront l’addition!……

      !!! et ça continue !…… 
      (comme dit Hollande “ça coûte rien c’est l’Etat qui paie…..) oupsssss! 

    • 14 Juillet 2015 à 10h21

      Alpin dit

      “Depuis sa création, je ne cesse d’expliquer à qui veut bien l’entendre que tout cela finira très mal et que l’Euro n’est pas une monnaie, mais une construction complètement artificielle qui allait détruire l’Europe de la diversité que j’aimais profondément, dans l’espoir insensé de créer de toutes pièces un Etat Européen dont seuls des technocrates non-élus seraient les bénéficiaires.

      Et j’étais loin d‘être seul à me faire du souci.

      Par exemple, Milton Friedman, bon connaisseur de la monnaie s’il en fut, avait coutume de dire qu’à sa connaissance c’était la première fois dans l’Histoire que des pays souverains décidaient de tous utiliser la même monnaie et que le système sauterait si un choc asymétrique venait à toucher les différents pays. Ce qu’il voulait dire était que, dés qu’un choix allait devoir être fait entre la Souveraineté Nationale et la monnaie, la Souveraineté Nationale l’emporterait.”

      http://institutdeslibertes.org/grece-enfin-des-bonnes-nouvelles/

    • 13 Juillet 2015 à 18h39

      salaison dit

      et le pire c’est que les gens le croient, avant et après!

    • 13 Juillet 2015 à 18h39

      salaison dit

      Un pur produit socialo-communiste! il a perdu et crie VIctoire !

    • 13 Juillet 2015 à 15h08

      jean935 dit

      Cet éclairage sur le système ELA est intéressant. Il est clair que la volonté constante des grecs et de Tsypras, jusqu’à présent, a été d’éviter le GREXIT, contrairement à certains qui, en France, approuvent sa politique. Leur force a été de faire endosser longtemps par leurs partenaires européens cet objectif prioritaire. Pourtant, on s’est arrangé pour que les banques européennes subissent moins le risque de GREXIT,au détriment des états qui ont le dos plus large, (clin d’œil aux contribuables !). Je trouvais pourtant que la politique de soutien de la BCE aux banques hellènes affaiblissait la “relative” immunité au GREXIT. Mais le système ELA amortit donc ce risque.

    • 13 Juillet 2015 à 10h51

      oxomars dit

      Le GREXIT serait une catastrophe pour tous les Européens qui engendrerait les phénomènes suivants :
      1) En l’absence d’une monnaie très faible, la Grèce va devenir une énorme plateforme de contrebande ..
      2) La défense des frontières deviendrait une galère pour l’UE
      3) Le désordre politique entraînera un exode massif des Grecs vers l’UE, sans parler de l’entrée massive des immigrés facilitée par une administration déficiente
      Et cette liste pourrait s’allonger à l’infini. 

      • 13 Juillet 2015 à 12h55

        durru dit

        Pour votre gouverne, la Grèce n’a pas de frontière terrestre avec d’autres membres de l’espace Schengen. Et pour les membres UE tout court, il y a seulement la Bulgarie, avec la frontière est réelle. Alors, pour la défense des frontières et autres problèmes d’immigrés, comment dire…

    • 12 Juillet 2015 à 19h43

      Lecteur92 dit

      Disons d’entrée que je pense que la Grèce à tout intérêt à sortir de la zone euro (comme la France d’ailleurs)
      Je pense que ce résonnement est intéressant, mais je n’y crois pas car si la Grèce sort de l’euro, les européens s’assoiront sur tous ces milliards d’euros.
      De plus, la position géostratégique de la Grèce et le grand Frère orthodoxe la mette à l’abri de tout.
      La France risque beaucoup plus!

    • 12 Juillet 2015 à 9h58

      la pie qui déchante dit

      “”"Grèce : Echec et mat
      Syriza pensait disputer une partie de poker mais la BCE jouait aux échecs”"”

      c’est vite dit et trop vite écrit ….
      Tsipras ne s’est pas encore couché : on en reparle dans une semaine …

      • 12 Juillet 2015 à 11h05

        durru dit

        Aux échecs, on peut pas “se coucher”. Pour l’instant, on ne connait pas les règles du jeu, surtout.
        Dans une semaine, et un jour (le 20 juillet). Tout à fait.

        • 12 Juillet 2015 à 18h52

          la pie qui déchante dit

          mais si ; quand la situation est désespérée on couche son Roi …

        • 12 Juillet 2015 à 19h01

          la pie qui déchante dit

          si donc on peut coucher son roi, …alors un premier ministre !!!

        • 12 Juillet 2015 à 19h15

          saintex dit

          OK, on couche le roi et on file à Bourg La Reine.

        • 12 Juillet 2015 à 20h01

          steed59 dit

          Ça dépend des gouts mais sur ce coup je choisy-le-roi

        • 12 Juillet 2015 à 20h06

          la pie qui déchante dit

          c’est bien de ne pas être homophobe ;)))…

          Mais si vous voulez faire un ” Petit prince ” quelqu’un l’a fait avant vous …

        • 13 Juillet 2015 à 11h25

          saintex dit

          Bois le Roi, même, si tu veux. Ca va surement lui faire Plaisir.

    • 12 Juillet 2015 à 9h10

      Thalcave dit

      L’eurogroupe s’est achevé samedi sans rien pouvoir proposer après 9 h de discussions tant le plan grec n’inspire pas confiance. Le ministre allemand propose un Grexit de 5 ans pour avoir l’air de laisser ouverte une perspective. À hypocrite, hypocrite et demi. La Com n’est pas un monopole grec.
      Les banques grecques sont au bord de l’apoplexie. Mais les analphabètes croient encore qu’elles se font du blé quoi qu’il arrive et qu’on doit s’en passer.
      En fait, c’est du gouvernement grec dont on peut se passer. Réinjecter 74 milliards d’euros pour 3 ans pour ce gouvernement, son 3° plan de sauvetage (la France en prend 20%), c’est pisser dans un violon.
      Comme en Afrique, il faut arrêter la coopération qui est détournée par les gouvernements, et envoyer des ONG, et parmi elles, les anglo-saxonnes. Obama a beau jeu de faire pression pour que seuls les pays de l’Eurozone crachent au bassinet. Pourquoi les pays de l’OTAN seraient-ils exonérés si la Grèce est aussi un enjeu géopolitique dont se gargarisent les commentateurs sans qu’on sache exactement en quoi consiste cet enjeu; on n’a jamais vu de soldats ou d’avions grecs engagés sur quelque théâtre d’opération que ce soit où interviennent des pays de l’OTAN.
      On réclame de la solidarité mais on veut pas de fédéralisme. On invoque les enjeux fondamentaux mais on ne veut pas doter l’UE de forces armées et on s’en remet à l’OTAN sous commandement américain.
      Qui sont venus rejoindre les anciens satellites de l’URSS (pays baltes, Pologne, Tchéquie, Slovaquie, Roumanie, Hongrie, Bulgarie, RDA), l’Union Européenne ou l’OTAN?
      Je penche pour la seconde hypothèse.

      • 12 Juillet 2015 à 9h44

        mogul dit

        Oui, oui, ils ne crachent pas non plus sur les fonds de soutien quand même. Sinon où serait l’intérêt  ?
        Quant à la Grèce, bien sûr que les 74 Mds seront lâchés à fonds perdus. La Grèce ne remboursera rien, elle ne le peut pas, on sait tous ça. L’enjeu essentiel n’est pas là, il est dans le sauvetage à tous prix de la zone euro, et donc du machin européen global. C’est la mission sacrée que se sont assignés les eurocrates bruxellois, qui est aussi de se sauver eux-mêmes.

        • 12 Juillet 2015 à 10h03

          la pie qui déchante dit

          Le machin , c’est l’ONU … Le Truc , c’est l’UE … on verra ce qu’il en restera une fois que Cameron aura fait son referendum , à l’issue duquel, il voudra bien rester dans l’UE mais a condition de n’en prendre que des morceaux choisis …

        • 12 Juillet 2015 à 15h27

          saintex dit

          Mais Pie, tout ça c’est la famille Machin. Tsipras demande, dans la famille Machin, je voudrais le petit-fils qui se prénomme Euro. Personne ne l’a dans son jeu, il est normal qu’il pioche. ))))

      • 12 Juillet 2015 à 9h58

        steed59 dit

        eh thalcave toi aussi t’es capable de sortir un paquet de conneries. Si je me souviens bien les pays de l’Est ont rejoint l’OTAN ET l’UE, ces deux institutions étant consubstantielles. Quant à regretter l’absence de forces armées UE, l’OTAN fait déjà ce boulot donc je n’en vois pas vraiment l’utilité. Si force d’armée UE existera, elle sera de toute façon assujettie à un commandement américain dans tout les cas. 

        • 12 Juillet 2015 à 15h48

          Thalcave dit

          On n’a pas gardé les cochons ensemble, méchant trotzko qui ne connaît pas l’histoire.
          Les satellites soviétiques ont rallié d’abord l’OTAN pour se garder de l’Ours russe, et l’UE ensuite qui leur a couru après et s’est prise au piège du seul mode de décision possible en son sein : l’unanimité. D’où le projet de Traité constitutionnel de 2005 qui a foiré, et le traité de Lisbonne de 2007 qui a aboli cette règle dans les domaines de compétence de l’Union ce qui a obligé la France à réviser sa Constitution.

      • 12 Juillet 2015 à 15h50

        saintex dit

        Mogul, qu’est-ce que c’est que ce bazar ! Un Big Bazr, assurément. Du coup ça me fait penser à un chanteur.
        Analphabète tu es donc, et moi aussi, et d’autres encore et même analphabètes comme nos pieds. Mais il y a une session de rattapage si tu dis oui à Monsieur l’Ingénieur, il est la maître.
        Et pourquoi tout ce bazar ? Pas le grand qui se passe au-dessus de nos têtes, celui qui se passe ici. Et jusqu’à quand cela va durer ? Jusqu’à demain, peut-être, et peut-être pour d’autres motifs que l’euro et la Grèce.

        Thalcave, c’est vrai que je vous charrie un peu dans les lignes au-dessus sans avoir eu votre réponse il y a quelques jours à la question que je vous posais, amusé ou péjoratif ? La mienne est que je charrie gentil. Parce qu’analphabète ou dernier de la classe, ou pas, les questions que nous nous posons ne sont peut-être pas les mêmes, alors forcément les réponses… Apparemment, il y a eu mogul, saul et moi-même qui avons été empaquetés ensemble. Je prend le risque de répondre pour trois que, quelle que soit la question, notre réponse est, bravo à tous dans ce monde

    • 12 Juillet 2015 à 8h29

      steed59 dit

      En tout cas je suis surpris de laosition de nicoullaud qui se place côté alors que traditionnellement les libéraux “chimiquement purs” haïssent les banquiers centraux

      • 12 Juillet 2015 à 8h51

        GN dit

        Hello steed59,
        Les libéraux ne haïssent les banquiers centraux mais une bonne partie d’entre eux (dont moi) pensent que le système est défaillant. Dans la grande famille libérale, il y a — sur ce sujet en particulier — pas mal de positions différentes qui vont de ceux qui pense que le central banking peut fonctionner s’il est indépendant du pouvoir politique à ceux qui estime, même en supposant une indépendance totale, ça relève de la planification monétaire (et c’est donc forcément dysfonctionnel). 

        • 12 Juillet 2015 à 10h04

          steed59 dit

          En bon libéral, comment peut-on accepter le monopole monétaire sur une zone de 500 millions d’hab. qui se trouve être la plus riche du monde en richesse cumulée ? Comment peut-on accepter que le pdt de la BCE puisse concentrer entre ses mains un tel pouvoir sur cette zone ? Comment peut-on accepter que ce le pdt de la BCE si puissant soit-il soit nommé dans des conditions on ne peut plus obscure et en dehors de tout circuit démocratique classique ? Comment ne pas croire en la soi-disant indépendance de la BCE quand on voit que Draghi étouffe délibéremment les banques grecques parce que Syriza ne lui plait pas, n’est ce pas justement de la politique que fait Draghi ?
          Comment un libéral peut-il soutenir cette forme moderne de dictature ? 

        • 12 Juillet 2015 à 10h34

          eclair dit

          steed

          parce que tu parles à un libéral financier.

          tant qu’il peut faire des affaires tout vas bien.

          Combien de dits libéraux à la G.N mettent sur des obligations d’état. 

        • 12 Juillet 2015 à 18h34

          GN dit

          steed59,
          Qui vous a dit que je soutenais le monopole monétaire ? Pour autant que je sache, je suis le *seul* auteur jamais publié sur Causeur à l’avoir remis en question, à avoir dénoncé l’usage politique qui en est fait et à avoir dénoncé le pouvoir des banques centrales.

    • 12 Juillet 2015 à 6h54

      Prince Murat dit

      Je trouve bien présomptueuses les commentatrices qui viennent ici nous écrire : ”Je comprends parfaitement ce qui passe, et tout se déroule comme je l’avais prévu….”
      Personnellement, j’attends et j’assiste à cette ”tragi-comédie” avec des yeux assez horrifiés !