Il était deux fois Jean Fontenoy… | Causeur

Il était deux fois Jean Fontenoy…

C’est normal d’avoir au moins deux biographes quand on a eu plusieurs vies

Auteur

Basile de Koch

Basile de Koch
est chroniqueur des nuits parisiennes à "Voici" et du PAF à "Valeurs actuelles". Il est aussi essayiste à 16h.

Publié le 09 janvier 2013 / Culture

Mots-clés : ,

guegan jean fontenoy

Jean Fontenoy (1899-1945), journaliste, écrivain et aventurier, fut tour à tour dadaïste, trotskiste, doriotiste et lieutenant de la LVF… A priori, c’est ce qu’on appelle un « bon client » pour les biographes et les romanciers.

Pourtant, de son suicide en 1945 à l’an dernier, pas un seul ouvrage ne lui avait été consacré − et c’était parti pour durer. Á quoi bon aller rechercher, dans les poubelles de l’Histoire, les restes de cet intellectuel (si mal) engagé ? Et puis soudain, en moins de deux ans, voilà que le personnage fait coup sur coup l’objet d’une bio romancée et d’une monographie circonstanciée.

L’an dernier, Gérard Guégan, incontrôlable hooligan des lettres, surprend son monde en publiant Fontenoy ne reviendra plus, couronné par le prix Renaudot de l’essai. Qu’est-ce qui a bien pu intéresser cet ancien des Jeunesses communistes passé à l’ultra-gauche la plus ébouriffée, ce situationniste insituable, dans la personnalité de feu son confrère collabo, traître et maudit jusqu’à la septième génération?

Une solidarité entre marginaux, à coup sûr. Autant le Guégan politique vomit Fontenoy-le-facho-fanatique, autant  Gérard-le-patapolitique ne peut se garder d’une certaine sympathie envers Jean-le-Givré, l’insoumis, la tête brûlée.

Dans une défense de rupture à la Vergès, Maître Guégan cite à la décharge de Fontenoy toutes ses fêlures. « Cyclothymie avec manifestations dépressives du type mélancolique », diagnostique joliment le Conseil de révision en le rayant définitivement des cadres de l’armée. La LVF sera moins regardante…

[...]

 Fontenoy ne reviendra plus, Stock, 490p., 24 euros.

Jean Fontenoy, aventurier, journaliste et écrivain, Via Romana, 364 p., 25 euros.

*Photo : Jean Fontenoy (Droits réservés).

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    publié dans le Magazine Causeur n° 54 - Décembre 2012

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    • 6 Mars 2013 à 14h14

      Olyvier dit

      Je sors du livre de Guégan, ébloui par la qualité de cette biographie.

    • 9 Janvier 2013 à 20h35

      schaffausen dit

      Je n’avais jamais entendu parler de Jean Fontenoy avant cet article.
      Comment peut-on écrire d’une langue qu’elle vous répugne ?

    • 9 Janvier 2013 à 14h43

      Eugène Lampiste dit

      rouge + brun = marron merde

      • 9 Janvier 2013 à 14h57

        nadia comaneci dit

        C’est lapidaire mais bien vu.
        J’aime bien aussi “le dernier chic révolté” ou solidarité entre insoumis comme le dit l’auteur.
        Je suis toujours fascinée par la fascination réciproque des rouges et des bruns, assez souvent rebaptisée  ”admiration littéraire” pour faire passer la pilule de cyanure.

        • 11 Janvier 2013 à 17h06

          girafe234 dit

          Souvent totalement d’accord avec vous, Nadia Chérie.

      • 9 Janvier 2013 à 15h19

        Villaterne dit

        Rouge + vert = marron merde également
        Enfin si j’en crois mon cercle chromatique !

        • 9 Janvier 2013 à 15h20

          Eugène Lampiste dit

          je ne sais pas, je ne mange pas bio.

        • 9 Janvier 2013 à 15h34

          Villaterne dit

          Mais alors, c’est quoi ce brun que vous mangez?

        • 9 Janvier 2013 à 15h35

          Eugène Lampiste dit

          je ne bouffe que du curé, c’est bien connu.

        • 9 Janvier 2013 à 15h37

          Villaterne dit

          Vous risquez la sous-alimentation, il n’y en a de moins en moins !

        • 9 Janvier 2013 à 15h40

          Eugène Lampiste dit

          Il reste les cardinaux et les évêques, ce sont les plus nourrissants.

        • 9 Janvier 2013 à 19h22

          nadia comaneci dit

          Les plus gras sans doute !

        • 9 Janvier 2013 à 19h28

          Eugène Lampiste dit

        • 9 Janvier 2013 à 19h35

          nadia comaneci dit

          J’adore le “dites bien que nous sommes prêts au martyr” !!!
          C’est sublime. 

        • 9 Janvier 2013 à 19h36

          Eugène Lampiste dit

          et tellement d’actualité.

        • 9 Janvier 2013 à 19h49

          nadia comaneci dit

          C’est très tendance d’être candidat au martyr.
          ça se porte aussi bien chez les islamos que chez  les cathos. Mais si  les premiers passent plus volontiers à l’acte, les seconds font surtout rigoler.

        • 9 Janvier 2013 à 19h53

          Eugène Lampiste dit

          ça doit venir de leur passion pour les vierges du paradis, ce passage à l’acte.

          Mais dans ce cas, cela pose une grave question : les “djihadistes” femmes sont-elles des lesbiennes ???