Perec, mode d’emploi | Causeur

Perec, mode d’emploi

D’un auteur obsessionnel et surdoué

Auteur

Jérôme Leroy

Jérôme Leroy
est écrivain.

Publié le 03 juin 2017 / Culture

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La parution en Pléiade de ses œuvres permettra-t-elle, enfin, de libérer Georges Perec de sa réputation d'écrivain ludique? Il faut l'aimer pour ce qu'il est, un auteur obsessionnel et surdoué.

Geroges Perec. Photo: Louis Monier/Rue des Archives

Georges Perec n’est pas un écrivain maudit, c’est peut-être pire : il est méconnu. On objectera qu’il reçoit aujourd’hui l’ultime consécration d’une édition de la Pléiade et d’un album dans la même collection, qu’il est présent dans les manuels scolaires, les histoires de la littérature, que ses œuvres sont facilement trouvables, et que certaines, comme Je me souviens, longue anaphore sur la mémoire, autofiction avant l’heure, sont même des best-sellers, ou plutôt des long-sellers ; enfin, que La Vie mode d’emploi (prix Médicis 1978), ce roman total, a acquis une place de chef-d’œuvre quand bien même ses vrais lecteurs ne sont pas si nombreux, tant ce livre où le but consiste à mettre le maximum de personnages et d’objets dans le minimum d’espace exprime une exigence nouvelle.

On ne peut même pas dire que Perec, né en 1936 et mort en 1982, ait connu le purgatoire, cette période de latence où les auteurs partis dans la fleur de l’âge sombrent presque aussitôt avant que la postérité décide de les en sortir ou de les y laisser définitivement. On n’a cessé, depuis sa disparition, de voir chaque année ou presque paraître des inédits, des biographies, des essais, des études universitaires, et Perec aura même eu droit, comme on pourra le découvrir dans l’album établi par
Claude Burgelin, à des timbres édités par la Poste à son effigie pour le vingtième anniversaire de sa mort, en 2002.

Pour son malheur, adoré dans les collèges

Reste à savoir si cette postérité ne repose pas sur un malentendu, auquel cas cette édition de la Pléiade serait le moment de redécouvrir une œuvre que l’on aime pour de mauvaises raisons ou, plus exactement, des raisons confortables qui placent Perec dans le rayon des laborantins amusants, auteurs de romans « lipogrammes » en « e » comme La Disparition ou, à l’inverse, seulement avec des « e » comme Les Revenentes.

De plus, pour son malheur, Perec est un écrivain adoré dans les collèges. Perec, pour le formateur d’ESPE (ex-IUFM), c’est de l’avant-garde facile à comprendre, aisément digérable pour

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    publié dans le Magazine Causeur n° 105 - Mai 2017

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    • 3 Juin 2017 à 16h23

      Moumine dit

      Merci pour votre remise en lumière de cet écrivain à la fois fascinant et émouvant.

    • 3 Juin 2017 à 15h33

      L'Ours dit

      “Le Titien aboie et Le Caravage passe”.
      Une petite facétie du génial Perec, vous avez bien raison JL.