Gaza, blabla, médias

Confessions d’un perplexe radical

Publié le 13 janvier 2009 à 9:21 dans Monde

Le Proche-Orient partout. Surtout sur internet. Plus un jour sans un mail, un texto ou un message via Facebook avec au bout de la ligne les sommations suivantes : “dénonce les médias qui ont perdu toute objectivité” ; “regarde cette vidéo où le Hamas fait la démonstration qu’il utilise les enfants comme bouclier humain et dis ce que tu en penses et que si tu dis rien je t’aime plus” ; “lis ce message qui va t’expliquer à quel point les victimes du nazisme d’hier sont les bourreaux d’aujourd’hui” ; “soutien sur Facebook le groupe de ceux qui se conduisent comme les supporters d’une équipe de foot et se font la guerre par procuration à Gaza” ; “surtout fais un effort toi l’homme de médias pour décrypter en toute objectivité et par conséquence rejoindre notre camp pro-pal/pro-is en toute objectivité évidemment” ; sans oublier le très ingénu “pour la paix” qui mixe adorablement Palestiniens et Israéliens dans une délicate bouillie parfumée à la fleur d’oranger sur un sample de Marie Myriam…

J’oublie le thé à la menthe pris dimanche dans un salon de thé algérien. Je savourais peinard une corne de gazelle loin des injonctions de Facebook quand le patron qui jusque-là chantait le petit doigt en l’air des chansons de Marylin Monroe s’est mis d’un coup à gueuler “Gaza Reveeeeeenge” au milieu des makrouds mielleuses. J’ai fini mon thé et je suis allé chez le Primeurmonfils. Et là le Primeurmonfils il me dit : “Daviiid, dis donc, toikédanslesmédias, tu peux pas leurs dire à tes copains goys qu’ils soient un peu plus objectifs et qu’ils expliquent qui sont les enculés du Hamas ?”

Personnellement, je cherche la manifestation qu’organisera le comité des perplexes de la République. Si ce comité commet une manifestation, qu’on me prévienne par mail, sms ou courrier. Ça m’intéresse, un groupe de gens bien perplexes, tendance radicale de préférence. Des types déterminés dans le doute, l’hésitation, le désarroi et l’incertitude. Des types qui, au lieu de vous expliquer que le monde entier ment sauf eux avec leur foulard, leur kippa, leur solidarité en guise de cartouchière et leur objectivité en bandoulière, des types qui vous diraient : “Pssss, on est perplexes rejoins-nous, David ! Viens à la manifestation de ceux qui sont perplexes et qui ne savent pas crier au sionisme, à l’antisionisme, à la manip médiatique ? Nous sommes des millions à hésiter à nous y rendre, on pèse le pour, le contre, on réfléchit mais si tu viens on sera au moins déjà trois !”

Y-a-t-il un collectif des perplexes sur le sujet moyen-oriental ? Des gens qui ne veulent convaincre personne qu’ils ont raison, qu’ils sont victimes ou qu’ils ne font que se défendre. Un comité de ceux qui refusent l’indignationisme. Des gens un peu tièdes, légèrement timorés, juste un poil raisonnables, des types qui sur leur banderole auraient inscrit en lettres capitales : “Ni rire, ni pleurer mais comprendre.” Difficile de le savoir, la perplexité n’est malheureusement pas un mot d’ordre et les RG refusent de donner les chiffres.

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  • 18 January 2009 à 2h11

    Gouberville dit

    Le chroniqueur David Abiker s’est-il jamais prononcé (engagé ?) sur un sujet d’importance ? Attendez, je cherche… je cherche…
    Ah, si ! David Abiker a pris, un jour, la défense des propriétaires de 4×4… Ouf ! Ce gentilhomme a donc au moins 1 avis. Grâce auquel, il aura certainement sauvé de l’ennui plus d’une conversation mondaine.

  • 16 January 2009 à 22h38

    Raymond2 dit

    A popi soudure

    Pourriez-vous arrêter de faire des “copier-coller” sans citer vos sources? Les rares fois où vous écrivez pour votre compte, c’est illsible. Quand c’est lisible, il suffit de sélectionner le texte, d’aller sur google et on trouve la référence. Donnez-la directement, ça évitera des manoeuvres à “vos” lecteurs.

  • 16 January 2009 à 19h27

    FélixRenédeSessandre dit

    @ Robert Marchenoir

    Liberté et autorité sont antagonistes. On peut raisonnablement admettre que trop de liberté tue la liberté, mais pas nier l’antagonisme entre liberté et autorité. La question est plutôt de savoir sur quoi fonder l’autorité. La constatation que l’autorité est mieux acceptée dans les pays libéraux ne signifie pas que ce sont des pays autoritaires (contradictio in terminis) mais que l’autorité y est perçue comme plus légitime.