gabriel@matzneff
La boîte mail de Matzneff : tout un roman !
Publié le 26 octobre 2010 à 18:00 dans Culture
Mots-clés : Gabriel Matzneff, Livres

Gabriel Matzneff.
Il faut tout de même le dire : il existe aujourd’hui des écrivains heureux. Un écrivain heureux, par exemple, c’est Gabriel Matzneff. Voir son nom présent dans une rentrée littéraire 2010 tient du miracle. Le bonheur n’est pas à la mode, surtout celui de Gabriel Matzneff qui a connu le monde d’avant, celui où l’on pouvait écrire un essai comme Les Moins de seize ans sans que l’on vous confonde avec Marc Dutroux, Le Carnet arabe sans que l’on fasse de vous un émissaire d’Al-Qaïda et Le Défi, essai avec lequel il est entré en littérature en 1965, sans être accusé d’encourager les adolescents au suicide.
Les temps étaient sans doute plus adultes, moins névrosés. Ils n’assignaient pas les écrivains à résidence. Ils n’en faisaient pas, ou alors pas de cette manière systématique, hargneuse, vétilleuse, moralisatrice, maccarthyste, asphyxiante, inquisitoriale, des dissidents de l’intérieur. On pensera, si l’on trouve ici que l’on exagère, au sort réservé à Marc-Edouard Nabe, par exemple. Matzneff, dans les années soixante, tout en étant le secrétaire des derniers jours de Montherlant, pouvait sans problème vivre ses passions pour les lycéennes dans un grenier de la rue Monsieur-le-Prince où il lisait les Anciens, chroniquait pour le journal Combat, écrivait ses carnets intimes après avoir passé des journées entières à la piscine Deligny.
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Inédit
Article inédit
publié dans
Causeur n° 28Octobre 2010

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L'auteur
Jérôme Leroy est écrivain et journaliste. Dernière parution, Le Bloc (Gallimard)
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9jmt dit
Je garde un souvenir ému d’une époque où vous n’étiez peut-être pas né et où, lycéen, j’attendais impatiemment la parution d’un hebdo., Les Nouvelles littéraires, le jeudi je crois, pour lire avec avidité en tête de dernière page la chronique qu’y tenait Matzneff. C’était dans les années 61/62 je pense.
Dans une d’elles, je n’oublierai jamais ce post scriptum : “Avez-vous remarqué qu’au restaurant il devenait de plus en plus difficile de demander de la moutarde à son voisin ?”.
50 ans plus tard, cette assertion n’a pas pris une ride.
nadiacomaneci dit
Sur cette photo Matzneff ressemble au François Mitterrand malade des dernières années… C’est dire si ce n’est pas lui.
Sinon les bons sentiments ne font pas pas les bons romans et ne sont pas gages de génie littéraire. Matzneff ce n’est pas non plus Tony Duvert. Il aime les jeunes filles et les jeunes garçons en esthète, pas les enfants. Et il le raconte admirablement bien. La littérature y trouve son compte, la “morale” un peu moins peut être ? Qu’importe, surtout n’étripez pas Matzneff !
lisa dit
@Isa
“Mais por me faire pardonner mon emportement, je suis prête à lire cet auteur et à « dire » mon sentiment après;”
Ce sentiment vous honore, peu de gens ferait une telle proposition !
isa dit
Je me suis mal fait comprendre:
- l’antisémitisme cela concerne Nabe que vous citez dans votre article.
Or, j’ai encore entendu Nabe chez FOG l’année dernière; oui, je juge que ses propos sont antisémites. a un moment, être iconoclaste, c’est trop facile.
-je n’accuse pas cet auteur d’être pédophile, c’est votre article qui parle de lycéennes avec un type de quarante ans. encore une fois, lycéenne çela ne veut rien dire à l’époque: de &0 à &8ans les lycéennes.
Je juge tout fait possible pour certaines filles de seize ans d’avoir une sexualité même très épanouie ( l’histoire de Constance avec Gainbourg, je peux très bien la comprendre ).Perso nnellemnt, les mecs vieux cela n’a jamais été montruc et j’ai vu ma meilleure amie vivvre une soi-disant grande histoire d’amour avec un homme de cinquante ans (très beau aussi, pour Lisa) à l’âge de quatorze ans, elle est restée quand même super déglinguée dans sa vie amoureuse après cette histoire.
C’est votre article qui me semble traiter ce sujet par-dessus la jambe, parce que vous imaginez peu les séquelles du côté des jeunes fille s(recherche du père quelquefois super oedipienne et, par là-même assez malsaine).
Mais por me faire pardonner mon emportement, je suis prête à lire cet auteur et à “dire” mon sentiment après;
lisa dit
@Isa,
J’ai eu l’occasion de le croiser dans le quartier latin plusieurs fois quand il avait 45 50 ans, il était très beau, mais à 70 ans….c’est difficile d’avec son physique d’homme aux traits fins.
Sean Connery vieillit mieux mais c’est un autre style.
J’ai lu pas mal de ses bouquins, antisémitisme je ne vois vraiment pas.
Pédophilie dans les voyages en Afrique du nord ?
En tout cas amour des adolescentes qui ne sont plus des enfants.
Jérôme Leroy dit
L’air de rien, c’est tout de même très grave, isa, de “préferer rester dans l’ignorance” tout en accusant un écrivain des deux choses les plus disqualifiantes aujourd’hui; “antismétisme et pédophilie”, rien que ça. On en en tué, étripé, torturé, massacré des écrivains sur des “on dit”…
isa dit
Je ne connais pas cet auteur, et préfère rester dans cette ignorance, mais je trouve étrange de vouloir défendre la pédophilie et l’antisémitisme.
Pas pudibonde pour deux sous, l’idée de voir le vieux croûton en photo ici (j’ai cru que c’était une vieille femme, genre Gluksmann-vieille femme directrice de la maison de la culture de bécon-les-Bruyères) avec des lycéennes, berk.
même dailleurs si c’est pour raconter ses expériences , quel intérêt depuis Nabokov, ils sont nombreux à le tenter pour faire passer leur vice comme étant une oeuvre d’art; Je rappelle qu’à son époque, vue la photo encore une fois, les lycéennes commencaient à l’être dès 10ans, en sixième.
Quant à nabe, et bien oui, monsieur leroy, je dis ive le loi Gayssot, il pollue assez quand il est invité à la télé, le fils de ” tu veux …”.Ravie qu’il se publie à compte d’auteur.
A moins que votre article soit au deuxième degré, on m’a déjà signalé mon incompréhension sur les degrés, j’avoue alors ne pas comprendre encore l’humour Causeur.
Impat1 dit
Un détail, je préfère quand même courriel à emile. C’est plus naturel, et plus répandu. De plus en plus répandu, même en France
Impat1 dit
…” ils savent faire leur miel de l’innovation technologique pourvu qu’elle apporte une nouvelle dimension au plaisir du texte. “…
Il est bien vrai que certaines innovations ont décuplé le plaisir d’écrire. Mais, oui, de grâce, le texte, rien que le texte ! Ne pas le détruire, ce texte, ou l’amoindrir, par une image qui pourrait le faire mentir.