Matzneff en roue libre | Causeur

Matzneff en roue libre

Qu’il s’agisse de Hollande ou de Dieu, aucun sujet ne lui fait peur

Publié le 22 avril 2017 / Politique

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Gabriel Matzneff. Sipa. Numéro de reportage : 00701933_000008.

Sacré Matzneff. Même quand il se conduit comme un ange, il trouve le moyen de se faire enquiquiner. Voyez ce qui lui est arrivé avec Un diable dans le bénitier, son nouveau recueil de chroniques. Comme il l’explique dans la préface, ce livre devait paraître chez un éditeur catholique, avec le soutien enthousiaste du PDG. Las ! Echaudé peut-être par la réputation de l’auteur, l’actionnaire principal de la maison a mis son veto, empêchant la publication. « Un ami avocat me dit qu’on n’a rien vu de semblable en France depuis l’occupation nazie », s’émeut Matzneff, jamais à court d’emphase quand il s’agit de défendre sa liberté de s’exprimer. Le manuscrit atterrit finalement chez Stock, sorte de retour aux sources puisque c’est là que Matzneff avait publié Les Passions schismatiques, en 1977.

Orthodoxe et libre

Cette mésaventure éditoriale résonne assez bien avec le contenu du livre, éloge tous azimuts de la liberté – la liberté en général, et celle de l’auteur en particulier. Liberté de parler de tout, notamment, qu’il s’agisse de l’actualité anecdotique (les déboires du président Hollande, son cher « Pingouin », qu’il asticote volontiers) ou des sujets décisifs (Dieu, le suicide, le péché). Liberté de juger sans système, aussi, d’approuver ou blâmer sans égard pour les camps, les religions, les partis. Liberté de se contredire, le cas échéant. Pourquoi pas ? Un écrivain n’est pas tenu à la cohérence. Matzneff s’enorgueillit de n’être sectateur de rien du tout, sauf de la langue française, « la seule maîtresse à laquelle je sois, depuis mon adolescence, resté rigoureusement fidèle ».

Il est beaucoup question de religion dans ces textes écrits de 2013 à 2016, d’où le titre. Matzneff a souvent évoqué son appartenance à l’Eglise orthodoxe et son intérêt pour la théologie. L’irreligiosité d’autrui l’indiffère, en bon libertin ; mais rien ne lui hérisse plus le poil que le matérialisme, son horreur du mystère, son indifférence au sacré. « L’athéisme, c’est très bien, l’anticléricalisme, pourquoi pas, mais il y a des limites au manque de savoir-vivre ». Sa culture puisant au monde gréco-romain autant qu’au judéo-christianisme, il n’oublie pas de citer souvent Epicure et Sénèque, en lançant chaque fois une pique au passage à Najat Vallaud-Belkacem, fossoyeuse du latin-grec au collège.

Exercices d’admiration

On croise aussi dans ces pages ses maîtres, Cioran, Montherlant, Byron et Casanova, ainsi que diverses figures du petit théâtre contemporain comme Manuel Valls ou BHL. Contre toute attente, il défend ce dernier mordicus, à cause de ce qu’il juge être leur point commun : le fait qu’ils irritent (pour des raisons différentes, cela va sans dire). S’il le dit ! Ces chroniques forment un autoportrait fantasque, humoristique et gai, plein de professions de foi épicuriennes : « Nous avons le devoir esthétique et moral de mordre dans les fruits du jardin des Hespérides, d’en savourer avec une infinie reconnaissance la beauté et la bonté ». Un reproche, quand même : deux vilaines coquilles, qui salissent les pages 63 et 196. Un comble pour cet artisan si soigneux. Mettons que ce sera corrigé dans la réédition, qui donnera l’occasion de le relire.

Un diable dans le bénitier, Gabriel Matzneff (Stock, 2017).

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    • 23 Avril 2017 à 17h15

      brindamour dit

      J’ai entendu dire qu’il appelle à voter Mélanchon. C’est d’un chic et délicieusement subversif venant de la part d’un grand bourgeois chrétien orthodoxe.
      A part ça j’ai lu son dernier livre de chroniques et ce monsieur écrit très bien. 

    • 23 Avril 2017 à 0h13

      aregundis dit

      Jérôme Leroy s’intéressa, lui aussi, au sujet Bruckner dans Causeur du 7 juillet 2014 sous le titre : « Pascal Bruckner. Mon père, ce salaud. », avec ce sous-titre : « Portrait de l’intellectuel en fils d’antisémite. ». J’y renvoie le lecteur.
      Il n’ignorait pas les perversions du personnage retoquées ici comme « les fruits du jardin des Hespérides », jolie métaphore quand l’âge rend vertueux par l’incapacité de pécher*. Dans son billet d’alors, Leroy évita pieusement les détails gênants (les pétitions et le reste) et s’en tint au passé collaborationniste du père (de Bruckner) complaisamment insulté et présenté (par Bruckner) comme une malédiction qui porterait le poids de la faute paternelle sur son unique rejeton (malheureux enfant qui tant souffrit la société d’abondance… ) tout en lui constituant (quand même !) un viatique commercialement exploitable. Ce serait à vomir si nous n’étions désormais immunisés contre toutes les insanités possibles ou imaginables. Ce n’était pas les fameux dividendes mais leur contraire qui se trouvaient ainsi mis en avant dans les bacs de supermarché avant retour dare-dare à l’éditeur.
      Cela me rappelle Bernard-Henri Levy qui s’indigna (Le Point, 2009) des poursuites contre Polanski au motif (je cite BHL) : « qu’il est honteux que l’on ne puisse évoquer l’enfance au ghetto, la mort de la mère à Auschwitz… ». Entre autres jérémiades. Parmi les défenseurs de Polanski… un certain Pascal Bruckner. Le monde est petit. Et les intellos plus minuscules encore.
      *Hors ceci que dans le mythe les Hespérides ne sont pas des petites filles.

    • 22 Avril 2017 à 21h57

      Fioretto dit

      Quand je vois cette gueule, je suis favorable aux tueurs en série qui traquent les pédophiles

      • 22 Avril 2017 à 22h19

        Saul dit

        ;-)

      • 23 Avril 2017 à 0h12

        Schlemihl dit

        Il me semble discerner dans vos propos une certaine acrimonie , allant , tranchons le mot , vers une véritable inamicalité . Poil au nez . 

    • 22 Avril 2017 à 15h57

      littlerichard dit

      Étrange article de Bernard Quiriny, qui semble signé par Jean-Pierre Gould (ou son frère) : ambigu, discrètement ironique, et laissant très largement sur sa faim.

    • 22 Avril 2017 à 14h40

      Schlemihl dit

      Pour ce que j’ en sais ……

      il n’ a pas été maoïste ni fasciste ni marxo chrétien ni bouddhiste ni vert ni rouge brun , il n’ a jamais voulu sauver la Terre , il doit boire quand c’ est du bon , il est j’ espère fumeur et c’ est un vieux cochon .

      Tout cela me rend indulgent . Si il aime l’ Ile au trésor il devient presque sympathique .

    • 22 Avril 2017 à 14h37

      Tip dit

      Quelle déprime de commencer son week-end sur Causeur par un article sur Matzneff !
      Son fonds de commerce, c’est le sexe avec les jeunes enfants ajouté à une pseudo-spiritualité orthodoxe (histoire de donner un peu d’exotisme à sa littérature).
      Non, franchement, ce libertin mondain n’est pas digne de tant d’intérêt.

    • 22 Avril 2017 à 14h33

      Tip dit

      Quelle déprime de commencer son week-end sur Causeur par un article sur Matzneff !
      Son fonds de commerce, c’est le sexe avec les jeunes enfants teinté d’une pseudo-spiritualité orthodoxe (histoire de donner un peu d’exotisme à sa littérature).
      Non, franchement, ce libertin mondain n’est pas digne de tant d’intérêt.

    • 22 Avril 2017 à 13h18

      ldm dit

      Encore un pépé tartignolle dont Causeur nous régale régulièrement dans ses pages dites “culture”…

      • 22 Avril 2017 à 21h14

        gigda dit

        Là j’approuve sans réserve ;)) et sans autre à priori que littéraire ! Pourquoi sortir une enième momie (orthodoxe ou pas)  de sa naphtaline ?!  Mieux vaut l’article sur Moretti. 

    • 22 Avril 2017 à 11h31

      jcm dit

        Bravo à Causeur d’oser parler enfin de Matzneff en bien sans craindre les puritains de la France moisie absolument prêts à tout quand ils trouvent l’occasion de se défouler pour compenser les frustrations personnelles qui résument leur vie.

      • 22 Avril 2017 à 11h43

        golvan dit

        @ jcm à 11h31
        Vous êtes pédophile vous même ?
        Parce que si ça n’est pas le cas, je vous assure qu’il n’est nullement besoin d’être un “puritain de la France moisie” (expression profondément stupide) pour être dégoûté par le personnage.
        Il suffit pour ça d’exhumer ses textes des années 70 pour en conclure qu’une merde cultivée reste une merde.

        • 24 Avril 2017 à 9h36

          jcm dit

          Ah ah ! petit polisson !

          “jcm etes-vous pédophile vous-même ? ”

          Si Matzneff est une merde, alors vous, qu’êtes-vous ma quequette ?

          c’est çui-là qui l’ dit qui y est ?

        • 24 Avril 2017 à 12h00

          golvan dit

          @ jcm à 9h36
          Réponse inepte d’un abruti inepte.

      • 22 Avril 2017 à 13h04

        Clash75 dit

        @jcm. Tu les aimes à quel âge. Ta toi même des enfants? Je sais c’est très réac et même facho. Désolé

    • 22 Avril 2017 à 11h20

      golvan dit

      Je trouve que ce vieux pédophile ressemble de plus en plus à Giscard en vieillissant.

      • 22 Avril 2017 à 12h45

        Sancho Pensum dit

        Et sinon, des nouvelles du diocèse de Lyon, par où vous passâtes sans doute ?…

        • 22 Avril 2017 à 13h39

          golvan dit

          @ sancho pensum
          Pourriez vous développer ?
          Parce que comme ça, à brûle pourpoint, je ne vois pas le rapport entre mon post et le vôtre.
          Sinon, si l’on creuse un peu, on n’est guère surpris qu’un connard dans votre genre, qui accuse un évêque de protéger des pratiques pédophiles, donc qui a priori condamne lesdites pratiques, se pose en défenseur d’un vieux pédophile militant.

    • 22 Avril 2017 à 10h03

      Clash75 dit

      Un article pour cet affreux pervers. Jusqu’où irez vous !?

      • 22 Avril 2017 à 12h43

        Sancho Pensum dit

        Bah, Causeur a défendu Barbarin et Polanski. Cet article est plutôt raccord, je trouve.
        Ha ha ha ha !

        • 22 Avril 2017 à 13h05

          Habemousse dit

          Cet article, qui défend un individu, qu’on est libre de ne pas aimer et de dire pourquoi, prouve une fois de plus la pluralité des opinions de ce mensuel que vous ne cessez de dénoncer.

          Vous souhaitez que tous applaudissent d’une seule voix, au nom de la liberté de penser ?  

    • 22 Avril 2017 à 9h43

      Aristote dit

      Matzneff se vantait de n’avoir comme maîtresses que des filles de moins de quinze ans. Il était donc logique qu’il signe une pétition demandant la légalisation de la pédophilie.

      Il n’a que je sache jamais exprimé de regrets pour ces errements.

      Demander en plus la caution d’une maison d’édition catholique, c’est peut-être pousser le bouchon un peu loin. 

      Le soutien “enthousiaste” du PdG ne me surprend pas. Défendre sa réputation de “catholique éclairé” est pour lui  plus important que tout. 

      • 22 Avril 2017 à 10h01

        steed59 dit

        des jeunes garçons vous voulez dire

    • 22 Avril 2017 à 9h26

      Habemousse dit

      « ce livre devait paraître chez un éditeur catholique, avec le soutien enthousiaste du PDG. »

       Vous auriez pu expliquer pourquoi, au lieu de taper une fois de plus sur la supposée fermeture d’esprit de cette religion.

      Monsieur Matzneff fait partie des signataires de la pétition des années soixante dix réclamant le droit d’aimer les enfants au dessus de six ans.

       Et puis, trouver des qualités à BHL ou Hollande n’incite pas à rechercher celles de votre auteur.