Futurs parents : faites les 104 coups!
Faire un môme, dieu que c’est bon
Publié le 28 août 2010 à 11:00 dans Société

Vous voulez un enfant : faites les 104 coups ! Il y a quelques jours, on apprenait en effet dans Le Parisien qu’il faut en moyenne faire l’amour 104 fois pour que l’improbable rencontre entre un ovule et un spermatozoïde ait lieu. Soit quatre fois par semaine pendant six mois – donc, petits malins, inutile d’essayer d’atteindre ce score en trois jours, ça n’augmentera pas vos chances.
Cette importante révélation nous est offerte par une marque américaine de tests de grossesse qui a suivi 3000 femmes désireuses de devenir mères et ayant accepté de consigner avec précision les dates auxquelles elles ont pratiqué le stupre et la fornication comme disait Brassens.
Ne vous méprenez pas, tout ça est très sérieux. On ne rigole pas avec le « désir d’enfant », sauf si on veut se faire fouetter par Ségolène Royal (ne rêvez pas les amis, je n’ai pas dit par Sarah Palin). Et il faut être vraiment être mauvaise femme et de petite vertu comme qui vous savez pour ne pas trouver que le « droit à l’enfant » devrait être inscrit dans la déclaration universelle des droits de l’Homme. Pour autant, je ne suis pas un monstre insensible : j’admets qu’il est fort bon que la science aide à procréer tous ceux qui se sentent de taille à être parents et que la nature a privés de cette faculté. On me permettra cependant de remarquer que la technologie ne fait pas toujours bon ménage avec la poésie. Ainsi trouve-t-on dans le commerce des tests d’ovulation qui permettent aux femmes de savoir à quel moment elles sont fécondes et de siffler en temps voulu le reproducteur sélectionné. Chéri, c’est l’heure ! Ça fait envie, non ?
Ventre à moitié plein ou à moitié vide
Quoi qu’il en soit, cette étude révèle un changement de perspective considérable. Hier on jouait avec le risque, aujourd’hui on évalue ses chances. Des générations de femmes ont pensé qu’elles « tombaient enceintes » – la sémantique dit tout – trop vite et trop souvent. La mienne trouve que pour atteindre le nirvana de la grossesse – et de la maternité qui s’ensuit généralement – les femmes doivent trop payer de leur corps. En somme, c’est une histoire de ventre à moitié plein ou à moitié vide. De fait, pour nos grands-mères et aïeules, la grossesse était parfois une joie, enfin je suppose, et souvent une catastrophe, voire, pour celles qui avaient fauté hors-mariage, une malédiction. Pour une partie de mes contemporaines, elle semble être devenue le sens même de la vie, la seule expérience dont on ne pourrait pas se passer. C’est à se demander si le fameux « désir d’enfant » ne serait synonyme de renoncement au désir tout court.
Mais et le sexe dans tout ça ? Des siècles durant, les Eglises ont mis le désir hors-la-loi. La jouissance était la passagère clandestine ou, pire, l’effet pervers de la volonté d’engendrer. La déconnection du plaisir et de la procréation a permis aux hommes et aux femmes de se soumettre librement aux tourments du sexe et de l’amour et même à l’aliénation qui va avec. Remplacer la religion de Dieu par celle de l’enfant, cela ressemble furieusement à un retour à la case départ.
Ne croyez pas que je suis favorable à la décroissance démographique – ni d’ailleurs, à la décroissance tout court. La reproduction a toujours été un besoin de l’espèce et c’est heureux. Pour autant, je n’aimerais pas qu’elle devienne la fin ultime d’une humanité qui n’aurait plus d’autre rêve que celui de sa propre conservation.
-
L'auteur
Elisabeth Lévy est journaliste et essayiste.
-
Plus








La rédaction de commentaires est reservée aux abonnés
230Si vous êtes déjà abonné, connectez-vous :
Pas encore abonné ? Pour commenter cet article :
1 an : 55 €
1 an : 34,90 €
20 articles verrouillés : 9,90 €
expat dit
Salut Lisa, non je ne connais pas je vais le signer tout de suite ! merci
Lisa dit
@Expat,
Pour aggraver le hors-sujet ; connaissez-vous la pétition contre la modification du programme d’histoire au collège ?
http://www.mesopinions.com/Pour-le-maintien-de-Napoleon-et-Louis-XIV-au-programme-d-Histoire-de-college-petition-petitions-f6709508a6a71ca0a5d8fe7d0cad6e3b.html
expat dit
Ca commence à parler français quand ?
@Sophie : je vais l’imprimer, puis tu me traduiras…
Lisa dit
Cher Rackam,
Il y a quelques mois je me suis perdue dans des méandres de complications sur petrus, d’habitude je saisis tout, sauf la halde, merci de me pardonner.
@Sophie,
Oui c’est une nana et je crois qu’elle est moins pire que le responsable d’avant.
D’ailleurs ils ont quand-même fait un truc qui m’a plu, la halde, ils ont permis aux écoles privées hors contrat de présenter des élèves au concours général.
Sophie dit
cher!
10x
Mais cela aurait pu être pire : “Je ne donne pas chair de votre peau” ….
Sophie dit
Ciel! Une gonzesse en plus!
Rackam, je ne donne pas chère de votre peau!
rackam dit
C’est fini, le docteur Schweitzer, midi est dépassé.
C’est Miss Bougrab qui halde.
Intentez, intentez….
Sophie dit
D’accord Lisa. Saisissons la halde à deux mains.
Je réserve dès à présent ma place au premier rang pour écouter Rackam répondre au nouvel inquisiteur Schweitzer.
Je ne raterais cela pour rien au monde.
rackam dit
Lisa, pour une fois que vous saisissez quelque chose…
Pas gentil, mais vous le cherchâtes.
Miserere.
Lisa dit
@Sophie,
Et cela nous fait penser à Courbet, toujours la culture, Rackam nous avait stigmatisées on devrait saisir la halde.