PS: des frondeurs cocus et mécontents | Causeur

PS: des frondeurs cocus et mécontents

Quand Valls relance la guerre des gauches

Auteur

David Desgouilles

David Desgouilles
Blogueur et romancier. Prochain roman à paraître : janvier 2017, aux Editions du Rocher.

Publié le 07 juillet 2016 / Politique

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Sipa. Photo : 00604491_000035.

Caramba, encore raté ! Comme en mai dernier, il a encore manqué deux signatures aux frondeurs pour déposer une motion de censure « de gauche » consécutive à l’utilisation en deuxième lecture de la loi travail de l’article 49 alinéa 3 de la constitution.

Ils étaient donc encore cinquante-six à signer cette motion. Quatre entrants mais aussi quatre sortants. Parmi les sortants, on note la présence de Yann Galut qui demandait pourtant mardi avec d’autres la démission de Manuel Valls. Le vote d’une motion de censure étant la meilleure manière d’obtenir la tête du Premier ministre, on pourrait taxer le député du Cher d’incohérence. Mais Galut ne croyait pas dans les chances de cette motion : « Il faudrait pour cela que 100% des députés de droite la votent et le PS a voté le principe de sanction à l’égard des députés socialistes qui la proposeraient. » Pas faux. Mais c’était déjà le cas au mois de mai. Bizarre, vous avez dit bizarre… Les députés proches de Martine Aubry manquaient encore à l’appel ce mercredi. Ils avaient argué en mai que le vote d’une motion de censure de gauche précipiterait la scission du PS. Ils n’ont pas changé d’avis. Du côté de Lille, on fulmine, on grogne mais quand il faut censurer, on n’ose pas.

Pourtant, la posture de Manuel Valls n’était guère enviable hier lors de la réunion du Parti socialiste quand le député proche de Jean-Marc Ayrault, Olivier Faure, a présenté un amendement de compromis soutenu par 123 députés du groupe. Il s’agissait de fixer la prime des heures supplémentaires à 25% comme c’est le cas aujourd’hui au lieu des 10% prévus dans le texte. Les frondeurs promettaient alors de voter le projet de loi et de permettre au gouvernement de se passer du 49-3. Manuel Valls n’en a pas voulu. Comme si le Premier ministre s’ingéniait à faire des « deux gauches irréconciliables » une prophétie auto-réalisatrice. Selon lui, cet amendement n’était pas un compromis mais une « compromission ». Comme le notait un bon esprit, qui a cessé d’adhérer au PS : « La différence entre compromis et compromission ? Le compromis, c’est quand tu votes la déchéance de la nationalité avec LR et le FN, la compromission quand tu veux maintenir la rémunération des heures supplémentaires avec le Front de gauche ». Même si Valls est finalement le vainqueur juridique de la séquence, il n’est pas certain que son intransigeance soit payante du point de vue politique. Au point où en est le texte, l’amendement Faure aurait pu permettre de calmer les esprits, avant les vacances, permettant au Président de donner des premiers signes à l’électorat de gauche hostile à la loi dans l’optique de la primaire, annoncée récemment. Mais Manuel Valls souhaite-t-il vraiment le bien à François Hollande ? On est en droit de s’interroger.

Pourtant, ces derniers jours, Manuel Valls a tenté d’envoyer des signaux à l’électorat de gauche qui croit de moins en moins à la « mondialisation heureuse ». Il a attaqué la directive « travailleurs détachés » et prévenu qu’il n’était pas dans les intentions du gouvernement d’approuver le traité transatlantique. Cette tentative d’adopter un discours davantage souverainiste n’est pourtant qu’un rideau de fumée. Pierre Moscovici, commissaire européen qui a été d’ailleurs invité à une réunion interministérielle après le Brexit, a expliqué en des termes polis dans un entretien à L’Opinion que Manuel Valls ne racontait que des calembredaines.

Alors qu’Emmanuel Macron se sent pousser des ailes et que Montebourg fourbit ses armes pour la primaire, voire une candidature directe au premier tour, Manuel Valls devient un poids de plus en plus lourd au pied de François Hollande. Cela, même une victoire de la sélection française jeudi contre l’Allemagne puis dimanche en finale ne pourra le changer : plus que jamais, le PS est en miettes.

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    • 10 Juillet 2016 à 7h38

      beornottobe dit

      les socialistes font toujours comme ça! ils annoncent des idées utopiques (et innaplicables) et ensuite ils appliquent des idées de Droite, (puisque les leurs ne fonctionnent jamais…) (comme François Mitterrand en fait!….)

    • 7 Juillet 2016 à 21h17

      Fogo91 dit

      Cher David,

      Il faut comprendre que les frondeurs ça n’existe pas. Tous ceux qui se font appeler frondeurs ont voté comme la plupart des députés socialistes la pénalisation des clients des prostituées.

      Le pompon revient à l’archifrondeur Jérôme Guedj qui, Président du Conseil Général de l’Essonne, se faisait fort d’ouvrir le débat sur l’accompagnement sexuel et affectif des handicapés mais qui au parlement votait le texte soutenu par NVB.

      Seuls 5 députés socialistes ont voté contre ce texte liberticide parmi lesquels le très social-démocrate Jean-Marie Le Guen.

      C’est pour cela que les soi disant frondeurs ne pourront jamais rassembler les électeurs de gauche antigouvernementaux et Valls le sait.

      PS: J’ai bien aimé le Bruit de la Douche, Merci de m’avoir fait passer un bel été 2015!

      • 8 Juillet 2016 à 12h18

        la pie qui déchante dit

        c’est tous des branleurs …
        alors les prostituées et leurs clients , ils en ont rien à foutrent ……

      • 11 Juillet 2016 à 6h07

        isa dit

        Vraiment le problème essentiel du quinquennat, je dois dire.
         

    • 7 Juillet 2016 à 19h18

      la pie qui déchante dit

      qu’est-ce qu’un frondeur ???
      C’est un socialiste de gauche …la preuve qu’il en reste …

      • 10 Juillet 2016 à 7h34

        beornottobe dit

        comme vous le dites : c’est le reste!

    • 7 Juillet 2016 à 17h15

      Fredbass dit

      Cette histoire de censure, c’était un peu le bal des faux-culs…
      Surtout ne pas parvenir au nombre requis! Quant aux Aubrystes… les pires de tous.
      Allez, ouste! On vire toute cette clique en 2017!

    • 7 Juillet 2016 à 15h41

      C. Canse dit

      Avec le 49.3, il est possible de renverser le gouvernement ou le summum de la démocratie et personne ne le fait !

      Les places sont bonnes et risquer les perdre fait oublier les convictions des plus endurcis. 

    • 7 Juillet 2016 à 14h25

      Jacques des Ecrins dit

      Bien d’accord avec Cardinal.
      C’est de la frime.
      De l’enfumage.
      Il ne faut jamais sous-estimer les Sofériniens dans cette spécialité là, l’enfumage.

      Il sont confrontés au choix : “Croûter ou ne plus croûter”. Cela aiguise l’intelligence manœuvrière.

    • 7 Juillet 2016 à 14h06

      choco dit

      les frondeurs n’oseront pas de mettre à bas le gouvernement à plat, ils éructent mais ils ne franchiront pas le rubicon .
      la réalité c’est qu’il a 2 PS
      le 49,3 et les frondeurs plus la CGT.
      pendant ce temps la france va vers le bad;..

    • 7 Juillet 2016 à 13h29

      jojo31120 dit

      Ne pas croire qu’ils ont choisi la date du passage du vote de la loi à l’assemblée au hasard, en plus en période de vacances, nos “très chers” députés préfèrent le foot à leur devoir, et du sort de la France, ils s’en br..lent, pourvu que la paye tombe tous les mois et qu’ils puissent dormir sur les bancs de l’assemblée, idem pour le sénat.

    • 7 Juillet 2016 à 13h20

      riffcaster dit

      Frondeurs ???? Quels frondeurs ???? Enfumage oui ! Pour tenter de masquer la chienlit qui se propage dans le pays et le guerre civile qui arrive à grands pas .

      • 7 Juillet 2016 à 13h35

        jojo31120 dit

        Ils apprennent aux médecins urgentistes la médecine “de guerre”, donc, ils prévoient qu’il va arriver quelque chose de pas très catholique dans peu de temps.

    • 7 Juillet 2016 à 13h12

      meylanville dit

      Des “frondeurs” qui se couchent, ça s’est déjà vu .

    • 7 Juillet 2016 à 12h41

      Diogène le cycliste dit

      Vanitas vanitatum omnia vanitas
      Qu’est-ce qui est vrai : des dirigeants hors sol qui n’écoutent pas, une opposition qui ne s’oppose pas et qui préfère ne pas louper le match de foot. A ce sujet, aux prochaines élections,nous aussi on ira voir le match de foot, on suivra l’exemple.

    • 7 Juillet 2016 à 12h08

      steed59 dit

      belle comédie, où une opposition fait semblant de s’opposer et des frondeurs sont semblant de fronder. C’est tellement bien joué qu’on y croirait presque

      • 7 Juillet 2016 à 12h45

        marcopes dit

        très bien résumé effectivement

      • 7 Juillet 2016 à 13h37

        Flo dit

        Et où le gouvernement fait semblant de gouverner.

    • 7 Juillet 2016 à 12h07

      René de Sévérac dit

      Pas de chance pour le vote de censure !
      Ce n’est pas si grave : l’important est de dire “j’y étais” lors des prochaines élections !
      Le compromis (heures supplémentaires à 25%) Vallsounet n’en a pas voulu.
      Normal, les oligarques à Bruxelles sont déjà mécontents de la triture de leur loi !
      Soyez compatissant, que diable.

    • 7 Juillet 2016 à 11h53

      Cardinal dit

      Monsieur Desgouilles !
      Vous ne croyez tout de même pas au coup des 56 votes contre les 58 nécessaires ?
      C’est de la frime, ils faisaient semblant pour impressionner leurs électeurs, pour dire qu’il restait quelques vrais socialistes chez feu le PS !
      Même Les Républicains n’y ont pas cru. Il est vrai que coté couleuvres à nous faire avaler eux sont des experts mais là ils ont du flairer la vipère lilloise.
      Chez les enfants on appelle cela “jouer à se faire peur”…. pour rire.

    • 7 Juillet 2016 à 11h18

      varese dit

      Si les frondeurs du PS avainet du cran, ça se saurait. Je ne l’aime pas, mais le seul type qui avait un peu de courage au PS c’était Mélenchon : il a qutité le parti quand il a compris que ses opinions étaient irréconciliables avec la ligne de la direction.