Suivre Causeur :     

“Freud n’a jamais été une idole”

Entretien avec Jean-Pierre Winter

Publié le 04 mai 2010 à 13:00 dans Société

Jean-Pierre Winter

Jean-Pierre Winter est psychanalyste, il vient de publier Homoparenté, Albin Michel.

Le livre de Michel Onfray a suscité des flopées de commentaires, parfois indignés, parfois raisonnés. Avez-vous compris ce qui ne va pas dans son raisonnement ?
Sa première erreur est de traiter la psychanalyse comme si c’était une philosophie, ce qu’elle n’est pas. Freud n’est pas Marx ou Kant : il ne prétend nullement énoncer une vision du monde.

Première nouvelle !
Mais si ! La psychanalyse est d’abord une pratique, une méthode. Et s’il existe une ou plutôt plusieurs théories psychanalytiques, elles sont les fruits de cette pratique qu’elles tentent de rendre transmissible. On essaie, pour se mettre à l’écoute de l’inconscient de l’autre, de théoriser ce qu’on fait, mais personne ne prétend démontrer l’existence de l’inconscient ou du transfert. Et la preuve qu’il n’y a pas continuité entre la pratique et les théories, c’est la règle inaugurale de la cure analytique, énoncée par Freud : “À l’orée de toute nouvelle cure, oubliez tout ce que vous savez.” C’est votre patient qui vous apprend ce qu’est la psychanalyse. C’est exactement ce qui est arrivé à Freud avec les premières hystériques qui lui ont dit : “Fermez-la et écoutez-moi !” Le plus inouï est qu’il l’a fait.

[...]

envoyer par email autre réseau social

La lecture de cet article est réservée aux abonnés

Si vous êtes déjà abonné, connectez-vous

mot de passe oublié | Vous n'arrivez pas à vous connecter ?
 

Nos offres

A lire aussi

La rédaction de commentaires est reservée aux abonnés

8

Si vous êtes déjà abonné, connectez-vous

mot de passe oublié | Vous n'arrivez pas à vous connecter ?
 
  • 9 May 2010 à 19h47

    Fontsiou dit

    Bien, en interviewant Winter on pouvait s’attendre à ce qu’il défende son fonds de commerce, c’est humain et il le fait avec une certaine élégance. Mais tout ça n’est après tout qu’un remous dans un verre d’eau de Vittel. Il y a belle lurette que le freudisme pur et dur n’est considéré avec dévotion qu’en France (et paraît-il en Argentine comme le confirme BvB09). Lacan et ses lacâneries n’émeuvent guère au-delà de nos frontières. Requiescant in pace.

  • 4 May 2010 à 21h48

    hvb dit

    La vie est une maladie sexuellement transmissible…et constamment mortelle.Est-ce donc le docteur Freud qui en est responsable puisqu’il ne peut nous guérir tous? Il me sou vient qu’il était question de transformer la misère névrotique en malheur banal: la modestie de ce projet est intolérable à beaucoup de contempteurs de la thérapie psychanalytique et à leurs symétriques lacano-ruraux.

  • 4 May 2010 à 15h57

    BvB09 dit

    Quand je lis l´interview et les commentaires je me demande si l´on parle de la psychanalyse et de Freud… ou si l´on fait une analyse d´Onfray.
    Je croise sur Causeur il me semble des opposants au déni du réel, que je ne retrouve pas pour dénoncer une méthode qui n´a jamais fait ses preuves et qui n´est plus pratiquée qu´en France, en Argentine et dans les films de Woody Allen.
    On voit la la difficulté qu´il y a à évoluer en abandonnant une culture, des connaisances, même quand elles se révélent sans intérêt autre qu´historique voire sociologique mais en aucun cas scientifique médical.
    Pour parodier Winter je pourrais faire une analys morpho-psychologique à partir de la photo de sa -belle- tête. de pâtre grec.
    et je pense que j´en tirerais plutôt moins d´âneries que ce qu´il dit sur Onfray.

  • 4 May 2010 à 15h12

    L’Ours dit

    Personnellement, je ne crois pas que Onfray soit un imposteur.
    Je crois simplement, si je me base sur son livre précédent, qu’il se trompe. Il analyse bien, mais à côté. Il prends des bribes et en fait des généralités et se fourvoie donc forcément sur le sens.
    Enfin, inutile d’avoir lu le livre, il suffit bonnement de l’écouter, pour voir qu’il met dans un pilon la psychanalyse et la biographie de Freud, comme si la vie d’Einstein pouvait décrédibiliser ses théories.

  • 4 May 2010 à 15h10

    BvB09 dit

    “Pour commencer, Onfray n’a pas toujours pensé ça. La lecture de Freud, à l’âge de 14 ans, a commencé, dit-il, par le déculpabiliser de la masturbation. Il nous explique maintenant que Freud est un censeur réac qui veut limiter la jouissance. Il a mis longtemps à s’en apercevoir ! Comment a-t-il pu être fasciné par Freud au point d’en faire une idole dont il annonce maintenant le crépuscule ? Pour les psychanalystes, Freud n’a jamais été une idole. Et nous sommes bien placés pour savoir que le fondement de l’idolâtrie est toujours une haine inconsciente.”

    Winter parle de l´humilité de Freud dont il ferait bien de s´imprégner.
    “le fondement de l´idolatrie est TOUJOURS une haine inconsciente”
    C´est le deuxième “toujours” que je reléve dans l´article le permier étant celui de la conclusion, les deux condamnant de facon irrévocable Onfray à la haine de Freud et à l´imposture.
    Démonstration assénée, plus de mauvaise foi tu meurs, en s´appuyant sur une pseudo-science qui ne guérit pas (Dixit Woody Allen après 50 ans de psychanalyse)

  • 4 May 2010 à 14h49

    vingtras dit

    Bien vu ce questionnement et les réponses de Winter… Merci Causeur. Onfray est évidemment sur la longue liste des imposteurs du siècle. Si j’ai bien compris, il a du mal à prendre l’habitude de se tripoter sans culpabiliser.

  • 4 May 2010 à 14h42

    BvB09 dit

    “dans ma pratique, je constate que les gens qui traquent l’imposture chez les autres sont toujours des imposteurs.”

    Toute ma suspiscion envers la psychanalyse est renforcée par ce type de phrase du niveau d´une cour d´école.
    Winter s´attaque á l´homme qui s´attaque à son gagne-pain et à sa raison sociale. Terriblement humain. Terriblement mesquin.
    Cela n´en fait pas un argumentaire convaincant.

    Entreprendre une psychanalyse est pour moi du domaine de la croyance tant le qualificatif de science est inaproprié, aujourd´hui, pour la qualifier.

  • 4 May 2010 à 13h48

    Lady dit

    Très intéressant!
    Il semble que Mr.Onfray a de sacrés comptes à régler avec tous ses “pères” et ne contente pas d’être un imposteur, il se montre aussi bien ingrat…