Frédéric Mitterrand a-t-il bien enterré Bambi ?
Un peu mon neveu !
Publié le 28 juin 2009 à 11:11 dans Politique
Mots-clés : Frédéric Mitterrand
“Nous avons tous un Michael Jackson en nous” : la mort de Michael Jackson, qui lui a donné l’occasion de son premier communiqué officiel, inaugure le mandat de Frédéric Mitterrand au ministère de la Culture en même temps qu’elle en donne le ton.
Plus encore que dans les grands desseins ou les projets prestigieux (qui devraient se faire rares en ces temps de vaches maigres, qui ne relèvent même pas de ce “cow art” qui avait essaimé il y a trois ans sur les trottoirs de Paris), plus sûrement que dans la gestion de dossiers aussi riches en épines que pauvres en paillettes (Hadopi, chronologie des médias, sans parler des intermittents du talent, qui n’ont plus fait parler d’eux depuis trop longtemps), le neveu de Tonton ne devrait pas manquer d’exceller dans la célébration lyrique, larme toujours au coin de la voix et paupière vibrante d’empathie glamour, des grands de ce monde, à l’occasion de leur disparition ou de leur passage rue de Valois pour s’y voir épingler une quelconque rosette lors de l’étape parisienne de leur dernière tournée de promotion. Le tout dans ce style inimitable qui fit les belles heures de “Etoiles et toiles” ou de “Destins”, à mi chemin des Belles histoires de l’oncle Paul et de la rubrique people de Têtu : “En rejoignant les mythes fracassés dont la culture américaine est prodigue tels Marylin Monroe, James Dean ou Elvis Presley, il emporte avec lui le rêve impossible de l’adolescence perpétuelle”, écrit-il ainsi de Michael Jackson.
À moins que, décidé à se faire un prénom en politique, Frédéric Mitterrand, enterrant avec Bambi “le rêve impossible de l’adolescence perpétuelle”, ne se révèle le ministre de la Culture que l’on n’attendait plus : celui des révisions déchirantes, qui mettrait fin à des décennies de clientélisme somptuaire, cessant d’acheter la paix culturelle à coups de subventions à des spectacles fantômes et invisibles, de célébrations de l’art contemporien, de nominations d’artistes au pouvoir de nuisance inversement proportionnel à leur génie, pour s’atteler à un grand dessein aussi peu glamour qu’historique : être celui qui sauvera le patrimoine français de la ruine et de l’abandon qui le guettent chaque jour davantage. On peut toujours rêver.
-
L'auteur
Laurent Dandrieu Après avoir vainement tenté de faire fortune dans le trafic de vistemboirs, Laurent Dandrieu se tourne vers le journalisme. Il est actuellement rédacteur en chef du site internet de Valeurs actuelles, où il est également chargé de la critique cinéma, de la rubrique Débats, de l’actualité religieuse et de la pop anglaise. Il est l’auteur de Woody Allen, portrait d’un antimoderne (CNRS éditions) et prépare un dictionnaire personnel du cinéma.
-
Plus









La rédaction de commentaires est reservée aux abonnés
256Nos offres
1 an : 55 € ............................................ >
1 an : 34,90 € ....................................... >
Ludovic Lefebvre dit
Bien sûr que c’est une évidence, Scott.
Angus Scott dit
@Ludovic
“Mais il n’a pas tort, ce qu’on nomme la culture est morte en France. Et il est gentil, il ne cause pas du cinéma.”
Merci de ce soutien inattendu.
C’est parfaitement évident pour la musique, je ne peux pas trop me prononcer sur le cinéma que je connais moins bien (mais en y réfléchissant je me rends compte que mes films préférés ne sont pas français), et cela devient très visible en ce qui concerne la littérature…
Mais bon, je ne suis pas ici pour convaincre mes compatriotes agrippés à leurs sempiternels Johnny, Brel, Piaf, Brassens et Nougaro (un grand nombre de morts soit dit en passant).
Bien à vous,
Angus (prénom très commun en Écosse)
Saul dit
petit souvenir d’ “art” contemporain..
il y a quelques années un artiste ( j’ ai oublié son nom, un sculpteur je crois ) avait exposé quelques unes de ses “oeuvres” et quelques unes avaient atterri sur des endroits publics et en plein air de Bordeaux.
il y en avait une, place Pey Berland ( face à la Mairie et à coté de la cathédrale St André ) : un mur de métal ( tout moche ) de 2,50 ou 3 mètres de hauteur en forme de colimaçon. on rentre, ça tourne et au bout, vision et odeurs nauséabondes : beaucoup s’ en servaient de chiottes et soulageait leurs envies.
c’ était au moins utile…..
toujours faire confiance au bon sens populaire, j’ ai trouvé que les “soulagés” avaient apprecié cette oeuvre à sa juste valeur…….
Zyva dit
Saul, je suis assez d’accord avec vous. Dans les faits au niveau local, les gens sont très attachés à leur patrimoine, les PME aussi et par le biais d’associations on voit fleurir bon nombre d’initiatives.
Saul dit
“…dans les petits villages, les églises romanes menacent de tomber en ruine, que des lieux admirables sont rongés par le temps et l’oubli. Que faire ? ”
que l’ état remplisse son devoir en les entretenant, ce qui, en théorie, est aussi le role du ministère de la culture ( on devrait rajouter “et du patrimoine” puisqu ‘ il le recouvre aussi ). l’ état est propriétaire de ces églises ( par le biais des communes qui en ont la charge )……suffirait de réajuster les financements et de s’ occuper un peu plus de notre patrimoine plutot que financer certaines formes d’ arts ( “contemporains” notamment, beaucoup de merde sous ce vocable ) qui touchent finalement peu de monde.
Patrick Mandon dit
Le public, Nadia ? Disons qu’il s’éduque, et qu’il possède une vraie soif de connaissance. J’ai voyagé, pour des raisons professionnelles, dans l’Ardenne française. Perdue au milieu de nulle part, belle et mélancolique région. Les touristes ? Des anglais, des allemands, des hollandais… Peu de français ! La place Ducale, à Charleville-Mézières, un bijou d’architecture, le musée d’Ardenne, sur cette même place, superbe conception muséographique : des anglais, des allemands, des belges, des hollandais. Le musée d’Arthur Rimbaud : même chose. Les français préfèrent aller sur la Côte d’Azur…
Nous reparlerons de tout cela.
Patrick Mandon dit
Zyva, tout à fait d’accord sur le mécénat. Sans le mécénat, et en particulier sans les américains, le château de Versailles ne serait pas dans un si bel état, son parc n’aurait pas été replanté aussi rapidement, après la tempête de 1999. Sans le mécénat privé, les peintures de Le Brun et la Galerie des glaces n’auraient pas retrouvé leurs couleurs d’origine.
Mais, il n’en reste pas moins vrai que, dans les petits villages, les églises romanes menacent de tomber en ruine, que des lieux admirables sont rongés par le temps et l’oubli. Que faire ? Discussion ouverte.
Zyva dit
..Et pour ce qui est de Versailles, c’est le groupe VINCI qui a financé la restauration de la galerie des glaces.
nadia comaneci dit
Le cinéma français Louis Lumière, un des plus anciens de Londres, un bijou art-déco, vient d’être restauré à grands frais. Il est sublime, mais parfois, il n’y a qu’une poignée de spectateurs… Voilà tout le paradoxe d’une politique publique, Patrick. C’est usant.
Zyva dit
Certes, on peut blâmer l’économie de marché mais reconnaissez que nombre de grandes entreprises sont assez généreuses via le mécénat.
“En 2008 en France, les actions de mécénat des entreprises de plus de 20 salariés étaient évaluées à 2,5 milliards d’euros[6]. Cette somme était répartie entre la culture (40%), la solidarité (32%), l’environnement (15%), la recherche (9%) et le sport (5%). La part apportée par les entreprises à la culture (près d’un milliard d’euros) représente donc 44% des contributions financières du ministère de la Culture en 2008″.
N’est-ce-pas ?
Patrick Mandon dit
Si la seule économie de marché avait prévalu, si la seule administration comptable des choses avait organisé le monde, Versailles serait en ruine, on ne jouerait plus les opéras de Mozart (le seul entretien du vilain opéra Bastille coûte une fortune), on n’aurait ni connu ni entretenu la Comédie française. Le cinéma français n’existerait plus, etc. Mais, il est possible que la crise nous oblige à donner des priorités ; parmi elles, en effet, l’entretien, la restauration du patrimoine immobilier.
Noa bene : Charles Bœufari, vous en êtes encore là ! Allez donc coller les affiches de Marine ! Le «front de gauche» des gogos contre votre «front de bœuf» de gogol : épique !
nadia comaneci dit
Si l’art avait dû être gouverné par les règles de l’économie, jamais les fresques de Lascaux ou d’Altamira n’auraient existé. Ni les pyramides d’Egypte. Ni les temples grecs. Ni les cathédrales gothiques. Ni la peinture de Giotto, de Piero della Francesca ou de Paolo Uccello. Si la création avait dû se soumettre aux « lois du marché », nous n’aurions pas Versailles. Ni l’œuvre de Bach. Ni les opéras de Mozart.
Mais qui, en France, soutient encore une conception de la culture suffisamment forte pour justifier qu’elle relève du service public ?
Ludovic Lefebvre dit
matamore,
Plutôt coller des affiches même du PS que d’écrire comme vous. Cela m’obligerait aussi à me créer une admiratrice virtuelle par défaut. J’aime le concret et le courage, la mythomanie comme la perversité sont pour les esprits vils,bas, couards, mesquins dont vos billets sont le porte-drapeau.
On s’ennuie dans vos articles comme dans vos interventions et vous osez encore me remettre en cause, vite un miroir !
Où est l’égérie Alice de Patrick ?
Enfouie par une dose d’Aldol ou de honte ?
Vous devriez aller crier votre amour virtuel pour Emilie aux étoiles dans un cimetière, vous êtes encore en crise. A moins que vous n’ayez essayé de faire de la littérature.
Patrick Mandon dit
Vous en êtes encore là, Charles Bœufari ! Votre croisade du Nord ne vous prendrait donc pas tout votre temps ? Allez donc coller les affiches de Marine.
Colleur d’affiches : ça vous donnera l’impression d’être un intermitemps du spectacle…
Au fait, nous n’avons pas abordé le sujet des gens de spectacles, comédiens, techniciens : comment voyez-vous, les Causeurs, cette délicate question «culturelle» ? Il me semble qu’il y a là matière à réflexion. Le système de protection des métiers du spectacle, en France, est remarquable, mais chroniquement déficitaire. D’un côté, des femmes et des hommes souvent «précaires», de l’autre, un système qui coûte cher à la communauté. Il faut des réponses d’économiste, de politique, et d’humaniste. J’attends.
Ludovic Lefebvre dit
Alice était-elle au Brésil, en Guinée ? depuis les révélations d’Expat, Emilie et Eden, on n’entend plus cette caricature.
Patrick Mandon dit
Eden-Block : «Dans le judaïsme, on porte au pinacle celui qui va vous faire avancer vers la connaissance : le Maître, celui qui nous apprend, celui à qui on pose des questions,[…]»
Et vous vous habillez aussi d’un vieux rideau, comme le Dalaï-lama ? Continuez plutôt à me dénoncer anonymement à la gestapo, et gardez vos leçons de sagesse et d’humilité. Je n’ai pas d’emploi pour vous : d’une enfance entourée de bonnes et de nurses, j’ai gardé l’horreur du personnel de maison. Quant à mes femmes de ménage, elles doivent, par contrat, être catholiques romaines, sexuellement disponibles et porter des bas de soie noire.