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Frêche ne sera pas le harki de la gauche

Aubry perd le nord dans le midi

Publié le 21 mars 2010 à 13:00 dans Politique

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Georges Frêche

Georges Frêche.

Martine Aubry est désorientée. Affairées à préparer la célébration de la victoire, nos gazettes n’ont pas vu que la première secrétaire présentait des symptômes de mauvaise latéralisation. Il faut dire qu’on ne s’y retrouve plus. Avec cette vague rose qui sera en partie verte, ce centre qui à force d’avoir un pied de chaque côté a fini par s’envoler, et cette extrême droite qui se félicite plus ou moins discrètement du triomphe annoncé de la gauche, il y a de quoi devenir chèvre. Si on ajoute à cette pagaille le positionnement impossible de Georges Frêche, on comprend que Martine soit paumée. Selon elle, Georges Frêche n’est pas un homme de gauche : valeurs douteuses, mauvais humour (déjà que l’humour, même de bon goût, est de moins en moins de gauche…). Admettons que Frêche n’a pas sa place dans le camp du bien – en plus, il n’est même pas écolo. Ce qui, au passage, signifie qu’il n’y a plus des masses d’électeurs de gauche dans le coin. Seulement, en prime, Titine nous explique ou plutôt explique aux électeurs qui ont voté pour ce type pas-de-gauche qu’il faut encore voter pour lui pour battre la droite. Chef, c’est quoi ce bordel ?

La campagne a dû être crevante, il est donc bien compréhensible que Martine Aubry perde le nord en même temps que la droite et la gauche. Pour l’aider à s’y retrouver, je lui donne un truc qui devrait lui plaire : la droite, c’est la main qui mange la soupe, non ?

On a compris : dès qu’elle aura retrouvé ses esprits, elle enverra sa carte du PS à Georges Frêche. (Je ne voudrais pas vous faire le coup de “je l’avais bien dit” mais quand même, je l’avais bien dit – dans le dernier Causeur. Quant aux autres, leur exclusion n’a pas dû dépasser le stade de la menace verbale.

En attendant, c’est juré, ce soir, pas de grand chelem pour la gauche rose/vert. Au mieux pour le PS, 21 régions métropolitaines seront acquises à la gauche tandis que la 22ème flottera dans les limbes indéfinissables où l’on n’est ni de gauche ni du centre tout en étant adversaire de la droite. Pour le banquet de réconciliation – qui sera plutôt un petit-déjeuner discret – on attendra que le délai de décence soit écoulé.

On devrait cependant avoir dès ce soir l’occasion de rigoler un bon coup ce soir en prêtant l’oreille aux commentaires des socialistes sur le score FN – ou à ceux qu’ils ne feront pas. Malheureusement, il est à craindre que nos vertueux socialo-écologistes ne se retrouvent nulle part dans la situation d’avoir besoin des voix des élus FN pour conquérir la présidence du Conseil régional. Il est certain que le parti de Marine aurait volontiers apporté le soutien demandé. On aurait sans doute entendu les responsables de l’UMP s’indigner et proclamer qu’il vaut mieux perdre une élection que ses valeurs. Et ce remake à l’envers de l’hystérie antifasciste de 1998 m’aurait beaucoup amusé.

C’est qu’en dix ans, une mutation d’ordre quasiment anthropologique est intervenue sous nos yeux. L’électeur frontiste qui était “F comme fasciste et N comme nazi” en 1998 est aujourd’hui une brebis égarée, victime de la méchante politique sarkozyste. Pour vous faciliter le boulot Libé a publié ce week-end un article datant du 21 mars 1998 intitulé “Cinq régions marquées au Front” et surtout la “une” du même jour : les portraits des cinq présidents de régions élus avec les voix du FN étaient surmontés d’un titre flamboyant : “Honte !” Rien de tel ne s’annonçant ces jours-ci, il faut en conclure que la gauche a changé de ton. On ne saurait y voir simplement de l’opportunisme électoral.

N’ayez crainte amis antifascistes maintenus, le PS et les Verts ne sont pas sur le point de s’allier au Front toujours honni, mais surtout pour accuser Sarkozy de l’avoir requinqué, et, à vrai dire sans grande conviction. Parti de “la division et de l’intolérance” comme l’a dit Martine Aubry, c’est pas un peu mou du genou, ça ? Que les responsables de la gauche s’adressent poliment aux électeurs marino-lepénistes, voilà qui est nouveau. De là à entendre ce que disent ces électeurs, il y a encore un pas et même deux ou trois. Quant à écouter ce qu’il y a de sensé dans les propos de la fille de son père, par exemple quand elle affirme que les gens veulent préserver leur mode de vie ce qui ne fait pas d’eux des racistes, on en est loin. Reste qu’on ne saurait trop les encourager à persévérer dans cette voie. Allez-y les gars, écoutez-les ces électeurs que vous avez laissé filer il y a dix ans avant de battre le pavé pour les insulter, essayez de répondre à leurs problèmes puisque vous prétendez les résoudre. Au bout de la route, vous finirez par rencontrer le réel. Vous verrez, ça ne fait pas si mal.

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  • 24 March 2010 à 23h20

    Souris donc dit

    @ Ludo

    Vous m’avez fait peur, franchement, je me suis dit que vous alliez mal, encore un peu je déclenchais le plan ORSEC pour vous envoyer SOS médecins. Mais bon, contente de vous retrouver en forme. Les molécules ont sauvé plus de personnes qu’elles n’en ont abattues et les dépendances sont exagérées, vous n’êtes dépendant de rien ? Pas même de l’eau chaude et de l’électricité ?
    Bonne nuit !

  • 24 March 2010 à 21h18

    Ludovic lefebvre dit

    Laissons le psychomorphisme de coté, Frêche sous ses allures de vrp autodidacte est un homme érudit, ses propos primaires ne sont que d’habiles manoeuvres pour attirer les micros en quête de bruit.

    Souris donc,
    Je n’allais pas mal, je trouve juste cela drôle, voire vivant.
    Mais si j’allais mal ou que j’étais en colère, je ne suivrai pas votre conseil toutefois. Il vaut mieux être triste, furieux de temps en temps que de prendre une molécule rendant dépendant, modifiant la chimie interne, accablant le psychisme par ses effets secondaires. Une émotion n’est pas une maladie et notre état naturelle n’est pas que joie et sérénité.

  • 23 March 2010 à 22h03

    Minos dit

    “Avant, les manifestants étaient en colère. Aujourd’hui, ils chantent et ils dansent. Ils sont contents de ne pas être contents.”

    Ils se sont entarlouzés!! C’est l’effet Gaypride!!!

  • 23 March 2010 à 21h18

    Souris donc dit

  • 23 March 2010 à 20h54

    rackam dit

    La cigale ayant fêté toute sa vie
    Se trouva fort dépourvue
    Quand vieillesse fut venue.
    Lasse de célébrer à l’envi
    Le passage lent de son lit
    Au fauteuil en reps écru.
    Sur le dos, où sur le cul
    Attendre devint toute sa vie.

  • 23 March 2010 à 20h31

    Souris donc dit

    @ Lisa,

    Merci, je souscris à ce que vous dites, c’est l’exact contraire, les fêtes sur injonction singent les fêtes religieuses et l’opportunisme commercial singe les foires et les lendits. Quand elles ne caricaturent pas. Comment ne pas être blasé devant la profusion ?

  • 23 March 2010 à 18h27

    a2lbd dit

    Anatole et Lisa

    D’abord, je n’ai rien contre Muray dans le sens ou je ne connais rien de lui hormis ce que Grangil me fit découvrir par son lien. Mes critiques à son encontre portent donc uniquement sur les phrases sibyllines que j’ai lues dans ce court extrait et j’ai déjà largement explicité les raisons de mon manque de goût.

    Ensuite j’entends vos inquiétudes (qui me dîtes vous sont celles de Muray) et pour que nous soyons bien d’accords je me permet de reformuler ainsi votre pensée:
    Avant l’humanité fabriquait de la symbolique pour sublimer une réalité, aujourd’hui elle se satisfait d’en fabriquer pour le pur plaisir de s’étourdir ayant lâché prise sur le réel.

    Pour ma part, je ne crois pas que nous (humains) ayons perdu l’envie d’agencer et de maitriser notre environnement et partant d’exercer un contrôle de notre devenir. Je crois simplement que nous avons réalisé qu’il nous est impossible d’exercer le niveau de contrôle intimement désiré. De plus l’Occident et avant lui l’extrême Orient ont abandonné l’idée de l’existence d’un grand horloger qui détiendrait entre ces mains tout ce qui nous échappe et pourrait entendre nos suppliques.

    Alors, oui, nos générations sont de plus en plus introverties et narcissiques. J’entends le procès en nombrilisme mais je n’arrive pas vraiment à saisir où se niche le danger. Et les phrases biscornues de Muray ne m’y aident pas.

    La symbolique que nous fabriquons correspond à cet état d’esprit: à chacun sa fête.

  • 23 March 2010 à 17h42

    Lisa dit

    @a2lbd,
    La fête est vraiment “joyeuse” si on la comprend et si elle coupe des périodes de travail pénible, on est réellement content, on l’a attendue…ou pour Pâques, si après carême on a plaisir à manger le chocolat, dont on ne s’est pas empiffré dès qu’ils sont dans les magasins…
    enfin a2lbd, vous nous avez habitué à de la finesse, vous êtes un peu remonté contre Murray on dirait.

  • 23 March 2010 à 17h20

    Anatole Belgique dit

    @a2lbd

    Homo Festivus n’est pas un homme qui aurait muté, c’est la description de l’Homme dans la société actuelle. Les cycles ne se sont pas raccourcis. Il n’y a plus aucun retour à aucun point de départ dans une société qui pense progresser en continu.

    Muray prétendait que les nouvelles fêtes (au lieu de célébrer quelque chose de subsistant pour le regénérer), servaient à masquer leur disparition.

  • 23 March 2010 à 16h53

    Galois dit

    NONETTE dit :
    22 mars 2010 à 16:16
    Question candide : pourquoi le front national fait-il de tels scores dans certaines régions de notre douce France?
    Réponse motivée : Voir c’est déjà comprendre!

  • 23 March 2010 à 16h49

    a2lbd dit

    Souris

    Le grégarisme de la fête sur injonction

    Comme Noël, Pâques, Purim, Kipour, l’Aïd etc….?

    ou de l’opportunisme commercial

    comme les nombreuses foires commerciales animant nos villes depuis des sècles ?

    En fait ce que je comprends de vos dénonciation c’est jouir sans entrave qui vous gène. Deux choses:
    1/ Les fêtes que vous dénoncez sont elles soumises à organisation ou pas ? Sont elles absolument libres ?
    2/ A partir de quand a-t-on le droit de s’amuser ? Quel est l’étalon absolu permettant de mesurer à partir de quand un individu peut prétendre festoyer ? Faut il nécessairement souffrir pour acquérir ce droit ?

    Et enfin dernière question:
    Quel doit être l’intérêt d’un fête publique ?

  • 23 March 2010 à 13h29

    Souris donc dit

    @ Anatole Belgique et a2lbd

    “Homo Festivus passe son temps à faire la fête, ce qui diffère d’avant où la fête était un moment d’exception.
    La fête correspondait bien à un moment utile à la communauté mais en tant que rupture dans la continuité, fin d’un cycle et début d’un nouveau. Aujourd’hui, la fête n’en finit plus.”

    Le grégarisme de la fête sur injonction (Nuits Blanches, Fête des Voisins, Gay-Pride…) ou de l’opportunisme commercial (fête des secrétaires, des grands-mères, Halloween…) finit par laisser un malaise, car mobiliser pour un effet esthétique, qui mieux que Jean-Paul Goude (dont j’aime l’univers) pouvait remplir la commande du défilé du Bicentenaire de la Révolution, lui-même parodique des défilés de 14 juillet, et en la matière, les plus démonstratifs, ce sont bien les dictatures. Et le spectateur n’est pas neutre, il est sommé d’applaudir et de jubiler.

  • 23 March 2010 à 12h49

    a2lbd dit

    Anatole

    La fête correspondait bien à un moment utile à la communauté mais en tant que rupture dans la continuité, fin d’un cycle et début d’un nouveau. Aujourd’hui, la fête n’en finit plus.

    Peut-être mais la réalité c’est aussi que les cycles se sont diablement raccourcis et les moments de ruptures aussi. Ne pensez vous pas ?

    Alors l’homme a-t-il vraiment changé ? Je ne crois pas. Ce qui a diablement changé se me semble est le nombre de paramètres avec lequel il doit jongler pour mener sa vie. Peut on réduire ce nombre sans attenter à la liberté individuelle ?

  • 23 March 2010 à 12h47

    Memento Mouloud dit

    Duflot a rétabli l’assiette anti-fasciste, qualifiant l’électeur frontiste et le débat sur l’identité nationale du même adjectif qui devenait comme un substantif gluant, elle a baptisé le monstre marino-bessonien de “répugnant”, vous voyez qu’elle invente sec la gauche

  • 23 March 2010 à 10h12

    alain jugnon dit

    à grand gil
    les lectueurs d’immédiatement (dieu mange leur âme) sont donc causeurs au salon
    auriez-vous atteint là enfin le sain des saints
    je fus grand lecteur d’immédiatement (grand passionné je suis du droit Dominique de Roux bien que moi-même gaucher radical)
    le théologique devient politique chez Causeur, enfin ! Gloria etc !
    causeur cache bien son immédiateté mystique mais ça travaille encore
    petite tape amicale sur l’épaule droite de nos chers jeunes amis de l’ex-immédiatement hommes pressés du vive la mort !
    à Elisabeth Lévy
    je préférais de beaucoup la radicalité de l’immédiat au reporté détourné déplacé distancié à la mode de la causerie

  • 23 March 2010 à 9h42

    Souris donc dit

    Ca va mieux, Ludo ?
    Vous pouvez reformuler vos orages désirés en termes de propositions de thèmes pour Causeur ?
    Sinon il existe des molécules efficaces pour ce que vous avez, ça détend, et au lieu de fulminer et d’avoir envie d’étrangler son prochain à 4 h du matin, on dort.

  • 23 March 2010 à 4h45

    Ludovic lefebvre dit

    Bon ça y est, j’ai appelé les flics. Tentative d’assassinat par étouffement, cela va chercher dans les 15 ans fermes, deux mois avec sursis si on est franc mac, l’ acquittement si on est magistrat, la condamnation de l’accusation si on est magistrat franc mac (pléonasme).

  • 23 March 2010 à 4h13

    Ludovic lefebvre dit

    Comment se distraire ?
    Avec une valse importée par Rotil, l’histoire de l’ongle incarné de L’Ours entre deux cours d’éco adminnistrative, le monde des bisounours, la dernière cuite de Leroy forcément petite, triste, sans panache, la partie de foot de David ?

    On s’emmerde sur Causeur ! ! !

    Il serait temps qu’il y ait quelqu’un qui l’exprime.

    C’était un salon, un lieu de qualité, c’est devenu un endroit de morts, de nouilles trop cuites, de surbobos qui nous font passer le bobo à bicyclette pour un aventurier.

    J’ai envie de jouer du clairon, d’organiser une partouze avec des obèses, de me shooter au crack, d’aller déchirer les tableaux au Louvre, de faire une prise d’otages, de mordre un pitt-bull, de jeter un écolo dans une cheminée de centrale nucléaire après les rares fois où je passe encore ici.

    C’est devenu le lieu de Nadia et Saul, Javel et scotch Brit. Quelle horreur !
    De l’air, debout, de la vie, hola conchita estoy enfermo, aya anorh saram, achtung minen !

  • 23 March 2010 à 3h53

    Ludovic lefebvre dit

    Le réel d’il y a quinze ans n’est plus le réel, désolé d’être un tantinet caustique comme disait Massoud ( Massoud caustique), mais faire de grands moulinets à tour de bras sur le réel à longueur de débats, de médias, d’articles, contre chaque contradicteur quand on reste soi même bloquée à l’aube des années 90 est un tantinet cocasse pour rester gentil.
    Quand on croit encore au clivage gauche droite, à l’assimilation, aux principes républicains, qu’il y ait encore des élites en place, que la solution est dans le juste milieu. Et puis ce contre-pied systématique, ces articles pas finis, ce disque rayé qui tourne sur un mange-disque orange branché sur le 110 volt, ceci devient franchement fatiguant.

  • 22 March 2010 à 22h30

    Anatole Belgique dit

    @a2lbd

    La preuve que vous n’avez pas compris Muray (mais vous ne l’avez pas encore assez lu), c’est que sa thèse consiste (entres autres) à dire que Homo Festivus passe son temps à faire la fête, ce qui diffère d’avant où la fête était un moment d’exception.

    La fête correspondait bien à un moment utile à la communauté mais en tant que rupture dans la continuité, fin d’un cycle et début d’un nouveau. Aujourd’hui, la fête n’en finit plus.