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François Hollande, cessez d’être obsédé par le mot « race »

Supplique au candidat socialiste pour qu’il change d’avis

Publié le 16 mars 2012 à 9:22 dans Politique

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Il a un côté sympathique François, entre ses traits d’humour et ceux qui dessinent désormais une silhouette trop vite amaigrie. Difficile de ne pas rire à ses bons mots ou de ne pas apprécier cette culture spontanée que d’autres justifient en jurant qu’ils se sont mis à lire sur le tard. Il a passé dix heures au salon de l’agriculture et il se murmure que l’ancien Président de la République voudrait lui donner sa voix – non sans raison- mais que ses services de sécurité, mandatés par l’Elysée, veillent à ce qu’il ne s’exprime pas sur le sujet.
Il faut le reconnaître, François est tout sauf un semeur de troubles. Ce Tullius Detritus qui, sous la plume de Goscinny devient cette bête si prompte à créer la zizanie, ce n’est pas lui mais plutôt son opposant. Qui le lui contesterait ? D’un côté, une machine gestuelle qui embraye tour à tour sur les Roms, les immigrés, les assistés et les chômeurs ; de l’autre côté, le ton posé du sage rassembleur.
Seulement, François en fait trop ou pas assez. Et c’est là où le bât blesse. Libéral à Londres et socialiste à Paris, partisan de l’euthanasie avant de promettre une consultation préalable sur le sujet, opposé à la surtaxation des très hauts revenus avant de revenir dessus, les contradictions fusent même si, dira-t-on, c’est le jeu de toute campagne électorale.

Dernièrement, François a eu une idée : supprimer le mot « race » de la Constitution. Cette fois, on ne lui en voudrait pas de changer d’avis. Comprenez, dans l’imaginaire du PS, une fois ce vocable éradiqué, plus aucune distinction ne viendrait interférer dans la merveilleuse unité que constitue la grande famille humaine. Il en serait alors terminé du panel de couleurs qui dérangent tant les employeurs et oppose, parfois, les citoyens. Ni noir, ni jaune, ni blanc, une seule couleur pour l’humanité et son lot de fraternité et de bonheur, un jardin d’Eden sans bois d’ébène.

Belle proposition qui tendrait presque à faire oublier à l’individu d’où il vient alors même que la communautarisation semble être devenue une valeur de gauche. Belle proposition, s’il en est, qui s’inscrit dans la logique de la théorie du genre ou de toutes celles qui appellent à une uniformisation sans demi-mesure de notre société. Plus d’hommes, plus de femmes, plus de division de l’espèce humaine… Comme si la différence appelait l’intolérance et que l’indifférence appelait la bienveillance.

On nage dans une sorte d’étrange alchimie. Mélange d’Equilibrium, ce film américain de science-fiction où le prozium règne en anesthésiant les sentiments humains et du Complexe de Procuste, formidable œuvre de Vladimir Volkoff qui met en scène ce brigand plein de bons sentiments, qui rabote tout ce qui dépasse chez ses victimes pour en égaliser la taille.
D’aucun diront qu’il ne s’agit que d’un mot, un mot responsable de tant de maux qu’il vaut mieux à jamais le sortir des mémoires, surtout lorsqu’elles sont constitutionnelles. Paradoxalement, les pourfendeurs de ce vocable sont précisément ceux qui se sont battus pour qu’il soit au cœur de tous les débats sur l’immigration ou le chômage.

Si le mot « race » existe, c’est bien qu’il a une réalité dont on ne comprend pas pourquoi il faudrait en venir à l’éliminer. Sa signification n’appelle pas à la hiérarchisation mais, bien au contraire, à la fabuleuse singularité de chaque individu, à la multitude des contrées, à cette diversité qui rend les fleurs de champs bien plus inspirantes qu’une pépinière industrielle de tulipes. Sa présence dans la Constitution et l’interdiction d’opérer une distinction en son sein permet justement, au sommet de la hiérarchie des normes, de prévenir et de punir toute forme de racisme.
Sa disparition des lois fondamentales ne serait qu’une mutilation de plus de la réalité pour faire entrer une cheville carrée dans un trou rond (comme disent les Anglais – mais là encore désigner nos frères humains par leur nationalité, n’est-ce pas déjà une division de l’espèce humaine ?).

Plus grave, par un parallélisme des formes, nier l’idée de race devrait nous amener à nier l’idée de racisme. Car sans races, pas de racisme.
En attendant que cette mesure arrive et vienne consigner à jamais ce vocable des dictionnaires et textes à portée normative, courrez donc revoir ces vierges noires – de Rocamadour à Częstochowa- qui furent inspirées par ces vers du Cantique des Cantiques : Nigra sum sed formosa1.

  1. “Je suis noire mais belle”
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  • 19 Mars 2012 à 8h51

    Fiorino dit

    @ eclair
    Maintenant une fusillade devant une synagogue à toulouse apparement la même moto. Cette moto de la mort doit être vite arrêtée, ça devient hallucinant.

  • 17 Mars 2012 à 17h06

    hudhud dit

    Si l’on en croit wilkipedia, une race humaine est une subdivision de l’espèce humaine dite espèce Homo sapiens.
     La définition zoologique du terme race est la suivante : « subdivision d’une espèce qui hérite des caractéristiques la distinguant des autres populations de l’espèce.
     D’ailleurs dans les pays anglophones comme les États-Unis d’Amérique ou le Canada, le terme race (ou « ethnicity ») demeure utilisé dans le langage courant pour faire référence à l’origine ethnique déclarée par un individu,
     Mr. Hollande avant de proposer n’importe quoi, référez vous au travail des spécialistes comme  Luigi Luca Cavalli-Sforza , chercheur italien, spécialiste de la génétique des populations.

    Luigi Luca Cavalli-Sforza est considéré comme l’inventeur de la géographie génétique. Il suggère que les Homo sapiens se répartissent en neuf populations de base : africains, européens, nord-africains, asiatiques de l’est, amérindiens, peuples de l’arctique, aborigènes d’Australie, sud-est asiatique, îles du pacifique.

    Mr. Luigi Luca Cavalli-Sforza serait il fantaisiste?
    Prenez la peine de lire s biographie : …
    (Mr. Luigi Luca Cavalli-Sforza est aujourd’hui professeur émérite au département de génétique de l’université Stanford, et ce depuis 1970.Il est membre associé de l’Académie des sciences (France) (section Biologie humaine et sciences médicales) depuis le 4 mars 2002, et membre de l’Accademia dei Lincei (Italie). Il est lauréat du Prix Balzan (1999) pour la science des origines de l’Homme, « pour l’ampleur de ses travaux sur l’évolution de l’homme, qu’il a menés en étudiant à la fois les aspects génétiques et culturels ». Considéré comme l’un des plus importants généticiens du xxe siècle, il a résumé son travail dans Gènes, Peuples, et Langues (1996).)
    Mr. Hollande nous en avons ras le bol que vous essayiez de nous faire prendre des vessies pour des lanternes et d’essayer de nous faire croire que le mot race est un gros mot;

     Que ça vous plaise ou non, que vous rayiez  ce mot de la constitution, voir du dictionnaire, les races continueront d’exister, sans vous et même après vous;
     Et franchement ….si l’on fait un ratio vision/ compétence sur le sujets  entre vous et  Mr. Luigi Luca Cavalli-
     Sforza, “il n’y a pas photo”

    • 18 Mars 2012 à 15h32

      Pierre Jolibert dit

      François Hollande est sûrement très occupé, hudhud, essayons d’imaginer à sa place ce qu’il pourrait vous répondre.
      Les spécialistes et scientifiques du vivant sont très sympathiques, mais s’il y a quelque chose qui est encore plus instable que les frontières des Etats italiens de la pseudo-Renaissance, c’est bien leur vocabulaire et leurs systèmes de classification. Pour un Cavalier Sforza qui prend la place en disant : Ouf, nous y voilà, vous trouverez dix Visconti, Malatesta, et autres Colleone de partout, pour l’en déloger avec la même assurance et la même brièveté dans le triomphe.
      Donc cet homme a trouvé moyen de diviser l’humanité en neuf populations de base. Si l’on a décidé de le récompenser d’un prix pour ses travaux sur l’évolution de l’homme, je suppose qu’il en dit mot, et que les neuf populations évoluent, depuis l’apparition de ce qu’on a décidé d’appeler Homo Sapiens, ou bien qu’elles sont le résultat actuellement très provisoirement statique d’une évolution antérieure (oui, parce que la colonisation humaine du Pacifique, c’est franchement pas vieux). Et je suppose qu’il a toutes les bonnes raisons qu’il faut pour distinguer neuf populations parmi les innombrables isolats suscités par les caprices de la nature et des humains eux-mêmes. François Hollande s’en moque.
      Ce qui l’intéresse, c’est que les gens soient gentils les uns envers les autres. Et il se dit peut-être que les Neuf populations savamment établies par l’étude de leurs patrimoines génétiques respectifs ne sont absolument pas au courant de ces études (comme moi avant de vous lire, d’ailleurs), et que quand haine il y a, c’est le plus souvent à l’intérieur d’elles, et entre elles par hasard, et que quand cette haine a éprouvé le besoin de se théoriser, c’est-à-dire de se donner un fondement fumeux d’aspect rationnel, elle n’a pas attendu les progrès de la génétique, sans doute trop lents à venir, mais s’est adressée à  tout le monde : histoire, linguistique, anthropologie, et toutes les sous-sections de la Rhétorique qui éprouvent le besoin récent de se faire passer pour sciences. Et quand bien même le Cavalier Sforza nous prouverait que sa distinction de populations de base a un sens, il prouverait donc que les races sont, mais nullement qu’elles existent.
      Ce que François Hollande ne vous dira pas, en revanche, car le fait même qu’il accorde du sérieux à ce désir de voir le mot race disparaître de tout texte prouve qu’il accorde trop d’importance aux mots en eux-mêmes, c’est que les sciences molles du vivant sont tout aussi désordonnées que les sous-sections de la Rhétorique citées plus haut, dans leur usage de la langue et leur bousculade autour de la foire au Signifiant.
      La race est une subdivision de l’espèce. Soit. On aurait pu tout aussi bien battre les cartes règne, ordre, genre, classe, espèce, etc. tout autrement (et le/a premier/ère qui l’a fait a dû bien s’amuser), d’autant que certains de ces mots ont été investis, ultérieurement à la mise au point de leur usage biologiste, d’une valeur politique à la saveur très prononcée : classe… Et je ne vais pas reparler ici de genre (si ce n’est pour dire que c’est genus/generis qui a droit à ses deux colonnes de Gaffiot). Et pourquoi ne pas avoir ajouté souche à la liste ? C’est rigolo, souche.
      Pour race, voyez ce qu’en dit André Suarès en 1909 :
      «Toute la politique tourne autour de la race chez les Allemands. Le mot même de race est très récent en Français ; il n’a pas trois siècles et demi. Il est venu du Nord en passant par l’Italie, où l’ont dû laisser les invasions. On ne le trouve pas plus en latin que dans le roman du Moyen Âge.
      Razza, en italien, semble avoir été un terme de mépris ou d’injure, comme espèce en français. Le vieil allemand Réiza est sans doute à l’origine.
      En tous cas, race n’a pris en français le sens qu’il a pour nous qu’avec Buffon et l’histoire naturelle. Dans l’ancienne langue, il désigne la maison et la descendance plutôt que les ascendants. Il y a du flux et du torrent dans ce mot. Le terme est alors noble : il est à famille ce que coursier est à cheval.»
      On peut ne pas être d’accord dans le détail ; ce qui stimule Suarès, depuis l’Affaire Dreyfus, c’est de montrer qu’un prêt-à-penser récent d’extraction allemande infecte les Français, à commencer par ceux qui se disent nationalistes, «comme s’ils pouvaient dire où commence une race et où elle finit ? Comme si un seul d’entre eux pouvait remonter dans la sienne à plus de quelque cent ans, qui font un temps infiniment petit ?»
      Rassurez-vous, je suis aussi hostile que vous à ce retrait du mot race, mais par défaut. Quand les Polonais ont demandé à Rousseau quelle réforme il pouvait leur conseiller concernant leur constitution, il a répondu : Surtout, ne changez rien, car en la matière tout changement est pire que tout. Bon, je joue abusivement sur les mots : ils lui ont demandé quels changements faire à leurs moeurs, pas à un texte. Tant pis, c’est un excellent conseil qu’il a donné.

      • 18 Mars 2012 à 15h48

        Saul dit

        “il désigne la maison et la descendance plutôt que les ascendants”

        tout à fait ! d’où l’expression “fin de race”.
        je me demande d’ailleurs si ça n’a pas aussi le même sens dans cette expression fort prisée de certain jeunes aujourd’hui “nique ta race”. Honnetement ça ne semble pas sous entendre le sens moderne du terme, mais bien l’ancien (rien que par le fait qu’il est utilisée indiféremment de l’appartenance ethnique du destinataire)

      • 18 Mars 2012 à 16h26

        Pierre Jolibert dit

        Et je suppose qu’il veut dire qu’au temps d’Avant, les dits nobles étaient plus obsédés par leur race à venir (— Bon Ermengarde, tu nous fais un garçon bien racé, cette fois-ci) que par leurs ancêtres (quoique la mode en est venue vite), pas comme y en a des qui aujourd’hui.
        Cette semaine, comme je rendais des copies, une élève a dit sous le coup de l’émotion qu’elle “flippait sa race”. J’ai joué l’intello de gauche en poussant un “Comment ?” à moitié indigné, mais en faisant semblant de ne pas avoir bien entendu. C’est drôle, elle n’a pas voulu répéter : “Non, non, j’ai rien dit, j’ai rien dit”. Voyez, même les jeunes se censurent. Euh… pour l’utilisation indifférente, oui sans doute, mais comme tout ça est le fruit de l’imitation en tous sens… je me demande d’ailleurs si les premiers à s’y être (re)mis, en y joignant force invocations maternelles, n’ont pas voulu sciemment de prime abord emmerder la Gauche intelloe elle-même. Enfin, ces braves petits sont un maillon essentiel dans le rétablissement du mot race au partitif.

  • 16 Mars 2012 à 22h53

    Amalfiore dit

    Savoir l’origine de ces militaires est plus qu’inutile.Ils sont Français et notre peine est immense.

    • 17 Mars 2012 à 4h35

      Fiorino dit

      Beh non, si l’origine était la cause du meurtre.

  • 16 Mars 2012 à 18h15

    Fiorino dit

    En tout cas c. cédille c.
    Trois des militaires tués entre Toulouse et Montauban, sont d’origine maghrébine. Evidemment quelque soit l’origine des personnes c’est extrêment malhéureux. Mais là dès que le mobile du tueur va être connus on a peut-être droit à différents scénario dont, le type style breivik et alors on aura droit à une campagne antiraciste…brrrrrr, même s’il vont sans doute sortir la phrase de marine le pen qui mettait en doute le patriottisme des militaires d’origine musulmane.

    • 16 Mars 2012 à 19h08

      eclair dit

      @fiorino
      C’est des militaires français.Ils sont nés français.
       
      Vous êtes raciste pour faire une distinction?

      Et m’insinuation perfide contre marine!  On vois le niveau pas mieux qu’une pulvar.

      Des militaires en uniforme c’est depuis 1985 qu’iml n’y en a pas eut de tué sur le territooire français et c’était action direct.
      Et avant cela c’était le FLN.

      Cela n’est pas anodin la mort de ces militaires! 

      • 16 Mars 2012 à 20h06

        Fiorino dit

        C’est pas moi qui fait la disctinction mais les commentaires déchaînés par aileurs de vos camarades qui penchent plutôt pour la thèse de l’engagement en Afghanistan. Sans lire les commentaires des articles j’aurait pas su car cette info paraît uniquement dans la presse régionale. Si non marine le pen elle est la seule à avoir mis en doute la qualité des militaires musulmans donc si c’est un acte raciste elle est cuite. Mais je ne le souhaite pas ça peut-être aussi des proches du FLN ou un fous.

      • 16 Mars 2012 à 20h28

        eclair dit

        @fiorino
        C’est du travail de professionnel.
        C’est pas un fou vu qu’il a visé uniquement les trois militaires et qu’il s’eest bien assuré qu’ils ne bougeaient plus.

        Encore l’insinuation sur marine. Faudrait peut être vous calmé.
        Sinon vous oubliez la thèse du coup monté par sarkozy! Puisque vous voulez aller dans les insinuations perfides.

        Tout ce que je vois c’est 4 militaires se sont fait tirés comme des chiens sur notre sol. Peu importe les raisons de cet acte. La droite et la gauche sont responsable de cet état de fait. 

      • 17 Mars 2012 à 4h37

        Fiorino dit

        éclair s’il s’averait que c’est un meurtre raciste je ne pense pas que les politiciens feront l’éconmier de rappeller la petite phrase de marine le pen sur les militaires de confessions musulmane qu’elle s’est d’ailleurs empresssé de faire disapraître sur son blog (mais CF avait gardé la page web). On verra.

      • 18 Mars 2012 à 12h36

        solitude dit

        On peut imaginer aussi qu’un musulman rigoriste tue des français musulmans qui osent porter l’uniforme français et qui pourraient être amenés à tuer des musulmans en Afghanistan ou ailleurs

      • 18 Mars 2012 à 14h16

        Fiorino dit

        Oui bien sûr solitude j’en avais parlé, les potes à éclair sont plutôt pour la thèse de l’afghanistan.

  • 16 Mars 2012 à 17h40

    Patrick dit

    D’ailleurs, après le mot “nègre”, le mot Noir n’est-il pas en bonne voie d’être euphémisé en “black” comme le mot “arabe” en “beur” ? Le mot “race” n’est donc pas le seul à être sur la sellette…

    Attention, utiliser le mot “black” aux States est raciste !
    On dit “dark-skinned”.

    Comme quoi, selon les pays, avec un même vocabulaire on peut être considéré comme raciste ou non.
    Et eupémiser “arabe” en “beur”, il n’y a pas de quoi être fier : “beur”, c’est du verlan.

    Et on ne dit plus “jeunes”, mais “djeuns” !

  • 16 Mars 2012 à 16h17

    Alain Briens dit

    Agatha, bien sûr qu’il s’agit d’un énième geste de repentance, car sous la plume de l’homme blanc, colonisateur, exploiteur, oppresseur des peuples, la présence du mot race ne peut être que le témoignage d’une pensée nauséabonde…les noirs par contre ont le droit de parler de négritude et de fonder le CRAN ou, pour Lilian Thuram (celui qui se croit intelligent parce qu’il porte des lunettes, selon le mot cruel de Sarkozy), publier (pas écrire hein, Thuram a bien sûr utilisé un nè…pardon un rédacteur) un livre de portraits intitulé “Mes étoiles noires”. J’attends la réaction à celui qui publiera un livre appelé “Mes étoiles blanches”.
    On a le droit de parler de race pour décréter qu’il n’y a pas assez de noirs dans les conseils d’administration du CAC 40 mais Finkielkraut se rappelle ce qu’il lui en coûta de questionner la quasi absence de blancs dans l’équipe nationale de football.

    J’ai parlé “d’homme blanc” car la femme blanche, avant d’être d’être “oppresseuse” est d’abord, elle aussi, victime de l’homme blanc, le coupable universel de tous les maux de la planète (être israélien constituant bien sûr une circonstance aggravante). D’ailleurs, vous remarquerez que si on doit maintenant parler d’avocate, de pharmacienne, et d’auteure, les mots “oppresseur” ou “bourreau”, clairement du genre masculin, n’ont pas été féminisés en oppresseuse ou bourelle, féminisation bien inutile puisque les femmes, comme les noirs, sont par définition des victimes.

    Enfin, il est clair que l’inexistence des races est un dogme d’autant plus fort qu’il participe du déni du réel, sport préféré de nos bienpensants. Les races n’existent pas et si vous voyez la moindre différence entre un Peul et un Lapon, entre un Japonais et un Zoulou, c’est que la bête immonde est à l’œuvre dans vos entrailles.

    D’ailleurs, après le mot “nègre”, le mot Noir n’est-il pas en bonne voie d’être euphémisé en “black” comme le mot “arabe” en “beur” ? Le mot “race” n’est donc pas le seul à être sur la sellette…
    Attention quand même : en général ce sont les mots péjoratifs que l’on euphémise, les vieux sont des seniors mais les jeunes sont des jeunes…l’antiracisme n’en est pas à une contradiction près.

    • 16 Mars 2012 à 16h19

      isa dit

      Ah, vous diriez pah pharmacien pour une femme dont c’est le métier?

      • 16 Mars 2012 à 17h18

        Alain Briens dit

        Dans le monde d’avant certainement.

    • 16 Mars 2012 à 17h22

      agatha dit

      Fonder le CRAN ou écrire “Mes étoiles noires” sont deux sottises, à mon avis. Mais le problème n’est pas là, la Constitution ne se situe pas à ce niveau, il me semble préférable qu’elle ignore la distinction de race, de religion ou de sexe. La phrase en question pourrait s’arrêter à “sans distinction”, point final.

      • 16 Mars 2012 à 19h34

        rico211 dit

        Ok tout simplement sans distinction, aucune difference

      • 17 Mars 2012 à 17h44

        Marie dit

        Si on accepte d’enlever ce mot qui dérange certains il arrivera qu’on en otera d’autres pour ne pas offusquer tel ou tel! Ras le bol de ces méthodes ridicules qui consistent à donner satisfaction aux diverses récriminations d’une minorité! C’est de la lâcheté du m^me niveau que celle d’un parent qui pour avoir la paix cèdes à sa progéniture avec les conséquences qu’on connait!

  • 16 Mars 2012 à 15h30

    L'Ours dit

    Oui Jesse Darvas,
    mais le problème n’est pas là. Si on parle constitution, on parle loi.
    La ségrégation ou la discrimination doit se définir sur une base tangible. Si la race disparaît des textes juridiques, il sera facile pour le raciste d’opposer au juge que les reproches faits par celui qui aura subi ce racisme ne sont fondés sur rien.

  • 16 Mars 2012 à 13h32

    Pierre Jolibert dit

    “qui s’inscrit dans la logique de la théorie du genre”
    Curieux tout de même. Je ne vais pas m’épuiser à répéter que la théorie du genre peut tout aussi bien être utilisée pour déployer la variété humaine (entre le féminin, le neutre, le masculin, le mitigé, etc.) au lieu de mener à l’uniformité, c’est comme si on pissait dans un violon.
    Mais est-ce que le mot genre ne vient pas du latin gens, dont le nombre d’emplois différents permet sans doute de remplir deux bonnes colonnes de Gaffiot, en y admettant celui de… race au sens classique ? Nike ta gens, sale enculé de ta gens, criait-on sans doute dans les bas quartiers de Rome.
    Passons. Pour faire triompher genre en grammaire, et pour épargner à race cette sinistre parenthèse qu’a constitué le positivisme scientiste et les réactions en chaînes, une solution : (re)mettre race au partitif seulement. Un beau jour du printemps dernier je me promenais seul dans Nîmes, allant d’une beauté néo-classique à l’autre ; j’entends tout à coup quelqu’un dire “oh, il est à peine entré, il a pas tenu dix minutes, il avait pas de race”… je me retourne plusieurs fois, fais semblant de regarder une vitrine pour entendre la suite : conversation entre trois Nîmois de peaux très variées dans le plus parfait accent qui convenait aux propos, le malheureux qui manquait de race étant bien sûr un taureau qui avait fait un fiasco la veille.

  • 16 Mars 2012 à 13h24

    victor34 dit

    Quelqu’un peut il me donner la liste, exhaustive ou pas, des races (humaines), présentes en France?

  • 16 Mars 2012 à 12h49

    Jesse Darvas dit

    “sans races, pas de racisme”

    Cette phrase répétée partout me semble une étrange absurdité.

    C’est un peu comme si on disait: “sans Dieu, pas de religieux”.
    Les religieux existent, c’est indubitable. Dieu, en revanche, c’est moins sûr. On peut être athée sans pour autant mettre en cause l’existence de religieux. On peut considérer que la race est un concept chimérique sans nier l’existence de racistes.

    Ce n’est pas parce que certains (les racistes) croient qu’il existe des races humaines et que ce cela détermine leur comportement envers certaines personnes (principalement en fonction de leur couleur de peau) que les “races” (qui ne signifient pas “couleur de peau” mais ensemble de caractéristiques distinguant un groupe humain d’un autre) existent réellement.

  • 16 Mars 2012 à 12h22

    L'Ours dit

    agatha,

    votre position se défend. Je vais creuser.

  • 16 Mars 2012 à 11h57

    red benjamin dit

    Ce type de posture est vraiment exaspérant.
    Bien que je partage l’analyse d’Agatha, j’ai presque envie de m’opposer à ce genre de proposition de campagne uniquement parce que le dérisoire qui prend le pas sur l’essentiel n’est pour moi qu’un signe de mépris envers les français et leurs difficultés présentes et à venir.
    Comme dit Skardanelli, il n’y a certainement rien de mieux à proposer pendant cette campagne puisque tout va bien.

  • 16 Mars 2012 à 11h32

    Edouard dit

    Assez typique de la génération geek, un mot n’est pas un code, un signe ou un symbole chargé d’une signification unique et universelle, du mot à l’idée il y a un gouffre insondable. Notre époque passe son temps à réduire la langue à des lignes de codes, c’est l’ère de l’octet, du 0 et du 1, franchement pathétique.

    • 16 Mars 2012 à 11h56

      Maquis_Art dit

      Avec une fâcheuse tendance à préférer le 0…

  • 16 Mars 2012 à 10h48

    L'Ours dit

    agatha,

    il n’y a le mot race dans la constitution que pour préciser qu’il ne doit pas y avoir de racisme.
    Ok! sinon… plus de race.
    S’il n’y a plus de race, c’est qu’il n’y a plus de racisme. A moins qu’on émette une loi contre ceux qui haïssent ce qui n’existe pas.
     

    • 16 Mars 2012 à 11h42

      agatha dit

      La Constitution ne va pas décréter qu’il n’y a pas de race et pas de racisme, simplement elle ne fera pas mention d’une distinction plus que d’une autre.
      A mon avis, il n’y a pas lieu de s’arc-bouter à un mot marqué par une histoire. Nous pouvons tourner la page sans nous sentir offensés, il ne s’agit pas, à mon sens, d’une demande de repentance.

      • 16 Mars 2012 à 11h51

        eclair dit

        @agatha
        Non mais cela permettra de dire qu’il y a une différenciation entre les races.
        Le racisme est condamnable est en france parce que figurant dans la constitution qu’il n’y a pas de différence entre les races.
        Si cette phrase n’y est plus, il y a des différences alors non?

        Et surtout cela vas permettre de faire de la discrimination positive à plein.

         

  • 16 Mars 2012 à 10h25

    skardanelli dit

    Il est sûr que le gentil Hollande n’a pas d’autres priorités : l’économie se porte bien, les français sont heureux, la France rayonne.

  • 16 Mars 2012 à 10h02

    agatha dit

    J’étais plutôt contre cette proposition de suppression du mot “race”, mais je dois le reconnaître, essentiellement parce qu’elle émanait d’ Hollande.
    Après réflexion, après avoir entendu les arguments (même biaisés) de Thuram, je comprends mieux, et finalement, ça ne me chagrinerait pas que le futur Président, quel qu’il soit, accède à la demande. On peut considérer que le mot est trop chargé, trop pesant, qu’il fut autrefois malveillant. On ne le supprimerait ni de la réalité rudimentaire, ni du vocabulaire général, simplement la République se tiendrait à l’écart de ce genre de considération.
    Le paradoxe étant, bien sûr, que les mêmes qui demandent la reconnaisance des particularismes et des identités multiples demandent également la disparition de cette distinction originelle. Mais qu’importe : les deux phénomènes proviennent parfois d’un même malaise.
    En fait, c’est le genre de sujet qui devrait échapper au champ politicien et encore plus à la surenchère d’une campagne. Comme d’autres sujets : l’euthanasie, l’adoption par un couple d’homosexuels (dans ce cas, Bayrou l’a souligné, ce n’est pas très digne de faire d’un enfant un enjeu politicien) …

    • 18 Mars 2012 à 12h31

      solitude dit

      Alors que les associations dites anti racistes mais qui ne défendent que certaines minorités soient dissoutes et qu’aucune subvention publique ne leur soit accordée

      fini le CRAN qui ne défend que les noirs , les SOS racisme , CFCM , licra etc