Une journée en Inter | Causeur

Une journée en Inter

Voyage au paradis de la gauche angélique

Auteur

Ingrid Riocreux

Ingrid Riocreux
est agrégée de lettres et auteur de "La Langue des médias".

Publié le 22 novembre 2016 / Médias

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Ma mission : écouter France Inter depuis le réveil jusqu'au coucher. Une journée en Enfer ? Pas exactement. Plutôt un voyage au paradis de la gauche angélique.
France Inter Patrick Cohen Legrand

France Inter : studio du 7/9

« Écoutez France Inter durant une journée entière, vous allez vous marrer. » Oui, cheffe. Je préfère Chevallier et Laspalès à Sophia Aram mais je suis taillée pour le job : avec bébé qui réclame la première tétée de la journée (ou la dernière de la nuit) à 5 h 50, je suis opérationnelle très tôt.

À 5 h 50, ce jour-là, sur France Inter, en guise de train pour Pau 1 , j’ai le vélo de Nantes qui pense à la place du cycliste. Quand vous devez aller à gauche, le guidon s’allume et clignote à gauche. « Et si je me trompe ? » « Le guidon va vous indiquer avec un clignotement rouge que vous vous êtes trompé. »

Le Cabinet de curiosités a sélectionné ce matin un article au sujet des prisons payantes de Californie, où des vedettes purgent leur peine dans des conditions appréciables de confort et de sécurité. « Au pays du dollar roi, il n’y a pas de petit profit », conclut Stéphane Leneuf. Refrain classique dans les médias que cette condamnation de l’Amérique comme pays de toutes les inégalités avec, en creux, la valorisation de notre système supposément plus juste. Le problème, c’est qu’au même moment resurgit dans l’actualité Salah Abdeslam (censé être à l’isolement, il a discuté avec un autre détenu). L’occasion de se souvenir qu’il jouit d’une cellule individuelle et d’une salle de sport privée, conditions d’incarcération que les vedettes hollywoodiennes elles-mêmes ne peuvent s’offrir : toutes richissimes soient-elles, nous apprend Stéphane Leneuf, elles dorment dans des dortoirs collectifs. La différence tient au fait qu’elles sont scrupuleusement protégées des caméras, tandis qu’Abdeslam est filmé 24 h/24, comme dans les émissions de téléréalité dont il est, paraît-il, très friand. De l’intérêt de réfléchir à l’à-propos d’une chronique…

[...]

  1. Pour les auditeurs francintériens, il s’agit d’une allusion à un sketch de Chevallier et Laspallès

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    publié dans le Magazine Causeur n° 40 - Novembre 2016

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    • 25 Novembre 2016 à 14h30

      Henry D dit

      Ce n’est pas une gauche angélique.
      C’est une pensée dogmatique, vitrifiée, excluante, méprisante, binaire, dont se prévalent des groupes d’individus privilégiés, sur laquelle, en référence à des luttes passées qu’ils n’ont jamais appréhendé, ils collent l’étiquette “de gauche”.
      Un sondage auprès d’une école de journalisme parisienne avait révélé que les étudiants sollicitaient François Hollande à 98 % au moment des présidentielles de 2012.
      Un score de dictateur !
      En dehors des avantages fiscaux attribués à cette profession, comme l’emploi à vie sans évaluation, pour d’autres, il y a bien là un problème grave posé à notre démocratie qui produit des individus sectaires, incapables d’être dans le débat et l’écoute de l’autre. Un entre soi culturel qui exclue celui qui serait porté à dire autre chose, voir une vérité. Cette dictature de la pensée s’est insidieusement diluée dans beaucoup de corps professionnels rendus tout puissant par leur statut (Le mur des cons) mais également dans toutes les strates de la société.
      Les crachats d’un “nuit debout” sur l’un de nos plus brillants philosophes est l’aboutissement d’un rejet de l’autre en tant que personne pensante donc dérangeante.
      France Inter, en raison même de son statut public, tient le pompon.
      Dans les zones journalières de grande écoute, le matin, le soir, il faut éduquer le peuple qui travaille et lui apprendre les bonnes manières et le vrai humour.
      Dans la journée, en semaine, la qualité peut être au rendez vous.
      Mais même constat pour France Culture, moins militant, mais plus subtil (Souvent c’est un directeur de recherche du CNRS qui vient nous convertir, un sociologue !)
      Qui se branche sur France Culture le samedi à 9 h 15, le dimanche à 11 h (après la messe, c’est dire !) ?
      Bon, merci à Causeur et à Ingrid Riocreux, je vais chercher son livre.    

    • 23 Novembre 2016 à 17h56

      Leboulonnais dit

      Je conseille à chacun l’excellent livre de Mme Ingrid Riocreux sur la décontraction du langage par les journalistes. Tout y est expliqué, exemples à l’appui.
      Respect

      • 23 Novembre 2016 à 21h24

        Musaraigne dit

        Bonsoir,

        oui je pense que je vais me le procurer, il a l’air intéressant. On peut aussi consulter en ligne le site de l’OJIM, très bien fait :

        http://www.ojim.fr/

    • 23 Novembre 2016 à 12h55

      meylanville dit

      Ce n’est pas un hasard si France Inter se trouve en général sur la gauche du cadran .
      La maison ronde les fait tourner en rond et les empêche de sortir du cercle infernal où ils se sont réfugiés, leur nombrilisme faisant le reste .

    • 23 Novembre 2016 à 5h07

      radagast dit

      Il n’y a pas que France Inter ni même que le service public , la plupart des médias radios et télé sont comme ça.
      Ce qui m’apparaît à l’écoute de la radio depuis Dimanche dernier c’est que tout ce petit monde semble comme étonné au sens ancien du mot .
      Tout semble se passer comme si ils avaient sincèrement cru que leur vision du monde , leur idéologie était devenue hégémonique dans la société française et qu’ils voyaient tel un dragon des temps oubliés ressurgir des profondeurs du pays ce monstre que les plus anciens croyait térassé et les plus jeunes mythologiques : la majorité silencieuse .

    • 23 Novembre 2016 à 4h20

      Orwell dit

      suite : Les sociologues sont les pires parasites de notre société. « L’état de droit » ? Mais si l’Etat de droit existait, des musulmans n’auraient jamais égorgé un curé dans son église. Nous seuls pauvres cons de vrais Français, respectons cet état de droit. Mais le jour où ces veaux de franchouillards se réveilleront, et qu’ils constateront que la République n’assure pas leur sécurité, prions pour que ce jour vienne, ils se passeront de la République pour assurer leur protection. J’approuve la libéralisation du permis de ports d’armes comme aux States. Je veux être non violent, mais si on m’y contrait, je me procurerai un flingue contre les basanés égorgeurs qui se croiront être les nouveaux nazis régissant ma patrie.
      Il est facile d’identifier un patriote : il aime les héros et les héroïnes de son pays, et ne lèvent pas le cul devant l’appel du charlot qui s’appelle chez eux le muezzin. Et s’il faut reconnaître nos musulmans prosélytes adeptes du djihad, ce sera très facile : repérez les amanites phalloïdes !

    • 23 Novembre 2016 à 4h18

      Orwell dit

      L’opinion des jeunes Chinois sur la victoire de Trump est aussi déterminante que celle des Gabonais. Aux dernières nouvelles, cette victoire importe plus aux Etats-uniens qu’aux Chinois. Ingrid a raison : ce qui compte sont les faits, et non pas ce qui aurait dû se produire pour la bien pensance. Rien à foutre que la mère Clinton devait être consacrée sainte comme Bernadette Soubirous. Nous ne visons pas dans le monde des rêves et des fantasmes, mais celui de la réalité.
      Ah bon parce que la Gauche française a encore des militants ? Je suppose qu’on les recrute dans les maternelles ou dans les asiles s’aliénés.
      « Nous sommes au bord de la guerre civile ? » nous explique ledit Thomas Legrand . Il a raison et non parce que le prisme du débat public s’est déformé, mais parce qu’il existe actuellement 2 Frances : les Français d’une part, les arabo-musulmans de l’autre se croyant déjà en pays conquis comme le 9-3. Et non parce que la France est pétainiste, comme le suggère ce guignol de BHL, mais parce que tout peuple a le droit légitime de se protéger d’une invasion.
      Caroline Fourest ? Mais qui prête encore foi à cette lesbienne hystérique ? Et nous avons droit à ce brave Mohammed (tiens, pourquoi ne s’appelle t-il pas David ou Chistophe ?) qui considère que les femmes voilées et qui n’ont pas le droit de montrer leur corps ne posent pas problème ! C’est sûr , Yvonne de Beauvoir, la bourge féministe, aurait adoré ce sort !
      Aucune grille de France Inter ne peut satisfaire un FN ! Ca, Ingrid, ça aurait été la farce de l’année ! Une radio dont le mauvais comique de service aurait défendu contre tout bon sens et le droit naturel contre ce mythique mélange des genres que contestait la Manif pour tous !

    • 22 Novembre 2016 à 16h12

      Ataraxis dit

      La voix de son maître épinglée de main de maître(sse). Son livre est tout aussi jubilatoire.

    • 22 Novembre 2016 à 14h45

      alain delon dit

      Il faut vraiment arrêter la fixette avec FranceInter. Est-ce que Libé publie chaque semaine un dossier contre Radio Courtoisie???

      • 22 Novembre 2016 à 15h10

        dacey dit

        Il vous aura échappé un petit détail : Radio Courtoisie n’est pas financée par le contribuable …

        • 22 Novembre 2016 à 16h14

          Ganzo dit

          Libé, largement subsidié par les deniers publics, ignore superbement la liberté d’opinion : soit de gauche soit un salaud.

        • 22 Novembre 2016 à 16h27

          alain delon dit

          @ dacey

          Il n’en reste pas moins que la critique de FranceInter (radio de merde au demeurant) devient obsessionnelle sur ce site.

        • 22 Novembre 2016 à 16h59

          Sancho Pensum dit

          C’est toujours un peu le problème avec les petits roquets. Dès qu’ils ont un os dans la gueule, ils ne veulent plus le lacher.

        • 22 Novembre 2016 à 17h05

          Sancho Pensum dit

          Et Radio Courtoisie, comme toutes les radios associatives, bénéficie des largesses du contribuable, via le FSER (fonds de soutien à l’expression radiophonique).

    • 22 Novembre 2016 à 14h26

      L'Ours dit

      I.R. quel plaisir de vous lire sans avoir besoin d’ôter ses souliers pour entrer chez vous.

    • 22 Novembre 2016 à 14h24

      Syagrius dit

      Vous pourriez aussi évoquer “Carnets de campagne” du lugubre Philippe Bertrand, qui inlassablement nous fait l’éloge des vrais gens qui entreprennent des vraies choses, c’est à dire qu’ils montent des coopératives. La malhonnêteté intellectuelle consiste là à laisser penser que tout projet d’entreprise correct sous un regard de gauche est nécessairement sous forme de coopérative et plus spécialement de SCOP, ce qui, vu les lourdes conséquences patrimoniales du choix de ce cadre sociétaire, mériterait d’être débattu, ce qui n’est jamais le cas.