Mail Facebook Twitter RSS

Inscrivez-vous à la Newsletter

et recevez la synthèse de l'actualité vue par Causeur.



X

Foxfire, des rebelles au féminin

Laurent Cantet filme un gang de filles dans l’Amérique des fifties

Publié le 19 janvier 2013 à 7:28 dans Culture

Mots-clés : , ,

foxfire laurent cantet

Au fil des années, Laurent Cantet, cinéaste français ne se réclamant ni de la Nouvelle Vague, ni de ses héritiers ou encore d’un cinéma indépendant et artiste issu des années soixante-dix, construit une œuvre passionnante. Après un premier film réussi sur le monde des Ressources humaines, il signe deux oeuvres très personnelles : L’Emploi du temps, une belle et libre adaptation de L’Adversaire, le récit d’Emmanuel Carrère sur l’affaire Romand et surtout Vers le sud, un film troublant sur le désir féminin et la prostitution masculine à Haïti. En 2008, il est récompensé par une Palme d’Or pour Entre les murs, où son observation des jeunes à l’école me paraît moins convaincante même si la jeune troupe d’acteurs est excellemment dirigée. Mais ma réserve est aussi due au discours crispant du professeur joué par l’irritant François Bégaudeau.

Laurent Cantet nous revient donc avec un film d’une grande force : Foxfire, confessions d’un gang de filles, adapté d’un roman de Joyce Carol Oates. Il observe une nouvelle fois la jeunesse en suivant le destin d’un groupe de filles, en révolte contre la vie qu’on veut leur faire mener à Hammond, une petite ville imaginaire des Etats-Unis au milieu des années cinquante.

Ce film rageur et révolté est animé par la volonté et la détermination enjouée de cette bande de filles emmenée par Margaret Sadovsky. Elle est surnommée Legs par son ami la timide Maddy – laquelle narre à travers un journal intime la destinée tragique de ce groupe d’adolescentes qui entre dans un gang secret, Foxfire. Les filles qui désirent en faire partie prêtent serment, jurent de se soutenir et se secourir mutuellement.
Le groupe, dans un premier temps, fait payer à de jeunes adolescents pervers ou à des hommes plus murs leur machisme et leur violence. Après un premier passage par la prison, Legs en ressort plus déterminée que jamais et décide d’acheter une maison où pourront vivre ensemble toutes les filles du groupe.
Face aux nécessités de la vie, payer le loyer, se chauffer, manger, travailler pour certaines, leurs idéaux s’effritent, des jalousies et des rancœurs naissent.  Des oppositions les divisent, elles vont échouer et se lancer dans une terrible et dramatique dérive criminelle.

Œuvre vibrante sur la tragédie de jeunes filles révoltées, toutes différentes, souvent loin des canons de beauté lisses et chétifs que peut nous présenter la mode, le film s’avère une ode à la féminité, garçonnes ou rondes, coquettes ou naturelles, brutales et douces, toutes sont belles, toutes brûlent du désir de la fureur de vivre.

Avec sa troupe d’actrices, pour la plupart non professionnelles et par sa mise en scène d’une beauté rigoureuse, admirablement secondé par son chef opérateur Pierre Million, qui la plupart du temps utilise une caméra portée, Laurent Cantet effectue aussi un remarquable travail sur la reconstitution de l’Amérique des années cinquante, tant par l’image que par les sons et une formidable bande musicale.

Foxfire un gang de filles :
Un film de Laurent Cantet
Etats-Unis – 2012 – 2h23 – V.O.S.T.F.
Interprétation : Raven Adamson, Katie Coseni, Claire Mazerolle, Madeleine Bisson, Rachel Nyhuus, Paige Moyles

Article en accès libre. Pour lire tous nos articles, abonnez-vous !
Cet article vous a plu, inscrivez-vous à notre Newsletter.

voir les commentaires / réagir         envoyer
 

A lire sur Causeur.fr

La rédaction de commentaires nécessite d'être inscrit

2

Déjà inscrit, connectez-vous

mot de passe oublié | Vous n'arrivez pas à vous connecter ?
 
  • 20 Janvier 2013 à 0h09

    Sam Dolan dit

    «Il observe une nouvelle fois la jeunesse en suivant le destin d’un groupe de»

    Il n’observe rien du tout. C’est de la fiction et rien de plus que de la fiction, point barre. De la fiction filmant de la fiction et commentée par un article de fiction et engendrant bientôt des critiques et conversations de fiction. Rien là dedans ne sera jamais devenu vrai à aucun moment. Du vent, quoi.

    • 22 Janvier 2013 à 2h23

      MONCHERETBEAUPAYS dit

      Oui, vous avez raison, de la fiction à 100 balles pour détraqués incultes…ça devrait donc assez bien marcher…