Fourrure, fureurs, fou rire
Publié le 04 avril 2009 à 5:48 dans Brèves
Tout avait bien commencé pour l’association américaine de défense des animaux PETA (People for the Ethical Treatment of Animals). Elle s’était d’abord fait favorablement connaître en faisant poser des tops entièrement dévêtues sous le slogan affriolant “Plutôt à poil qu’en fourrure !” Le buzz avait encore enflé quand PETA avait envoyé des commandos de petites femmes nues semer leur zone lors des défilés où l’on exhibait de la zibeline ou du chinchilla. Puis suivant l’exemple des écolos londoniens creveurs de pneus de 4×4, ses militantes avaient encore haussé le ton et semé la terreur dans les fiestas de la jet set new-yorkaise en aspergeant d’hémoglobine les ultimes porteuses d’étoles criminogènes. Hélas, le vent a tourné : chez tous les créateurs, la fourrure, un temps oubliée pour ne pas faire de vagues, est redevenue top trendy. Et PETA, boudée par les mannequins qui se sont trouvé d’autres causes humanitaires, se retrouve mis en accusation, et cette fois par les amis des bêtes ! L’association qui, du temps de sa splendeur – et de ses fundraisings fructueux –, avait ouvert à Norfolk (Virginie) un refuge pour animaux abandonnés vient de reconnaître avoir euthanasié, faute de familles d’accueil, 95 % de ses hôtes à quatre pattes. Rassurez-vous les deux mille et quelques chiens et chats piqués en 2008 ont été ensuite dûment incinérés. Ça doit être ça le “traitement éthique” : on n’a pas revendu leurs peaux à des tanneurs…
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L'auteur
Marc Cohen est rédacteur en chef brèves de Causeur.
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natmaka dit
PETA les euthanasie parce qu’ils sont abandonnés et sans adoptants. PETA n’a jamais prôné l’abolition de la mort, le fait de ne pas tuer ou je ne sais quelle autre ineptie mais un traitement conforme à une certaine éthique. Il n’y a donc pas contradiction ou de paradoxe, sauf à prouver qu’ils euthanasièrent avec une violence délibérée qu’ils auraient pu éviter.
Pour le reste: d’accord avec l’Ours.
Thadée dit
“La vie des animaux à fourrure d’élevage, dans de minuscules cages, est déjà une torture, leur mise à mort, toujours un acte barbare”
En Asie ou autres lointaine contrées peut-être, certainement pas en Europe, où les élevages sont soumis à des normes très strictes. Allez visitez un élevage de visons finlandais, puis un de canards dans le Sud-Ouest vous risquez d’être surpris…
Mais bon, le critère aujourd’hui de nos “écolos” c’est la “peluchité”. Un renard, un vison, un panda, un tigre… c’est joli, ça a sa place dans une chambre d’enfant.
Une poule, un canard, une vache, un mouton… c’est con, c’est bien connu, on peut les gaver ou égorger sans se poser de question…
Et je ne parle pas des insectes (beurk) ou accariens (re-beurk….), exterminés à tours de bras dans nos campagnes ou appartements, ou encore de nos amis chinois pêcheurs qui dévastent les fonds marins au large des cotes africaines… mais comme la plupart de ces crustacés et poiscailles sont cons et moches (sauf Nemo, of course !), c’est pas bien grave…
Bref, si vous voulez ne pas avoir d’ennuis avec nos amis de la PETA ou autres WWF, la règle est simple : ne vous en prenez pas à des animaux qui ressemblent aux doudoux de leur enfance. Pour le reste, c’est la fête !
Vinosse dit
Ah… la vie d’une vache, coincée dans un tourniquet pendant 5 à 7 ans à pisser du lait et qui, quand on la zigouille avec des manières, se fait appeler bœuf après être passée à la découpe et dont la vie se prolonge en “pur vachette” mocassin ou richelieu… C’est quand même un peu plus humain…
Ah…. que débute enfin la “Temporada” 2009!
L’Ours dit
Ne nous lançons pas dans une interminable discussion sur ce qu’est la morale, nous ne nous en sortirons pas! Disons que ce “que je considère comme moral”, c’est de ne pas faire souffrir inutilement les animaux!
Manger de la viande est dans l’ordre des choses, ce n’est pas une raison pour être cruel, aussi bien en abattant qu’en élevant! Et là, j’aborde ce problème lorsqu’il s’agit de se nourrir. Alors quand on fait souffrir pour s’amuser, ça me laisse pantois, mais nous en avons déjà parlé concernant la tauraumachie, ce qui, aux yeux de Marc Cohen, fera de moi un éternel crétin!
Enfin, pour répondre à bilasou, je reprends une remarque de Stephen Jay Gould (mais peut-être l’avait-il reprise?) “la nature n’est pas cruelle, elle est indifférente!”
Voulez-vous que l”humain n’essaie pas de s’extirper de cet aspect de la nature?
ramon mercader dit
@ l’ours
qu’entendez vous par “moral”,cher ami?
parce que “moral” ,hein ,c’est flexible ,ondoyant et variable
alors commencez par définir ce terme
puis ,sur votre lancée ,vous nous ferez un petit topo sur la vérité/les vérités/l’erreur/les erreurs
et vous conviendrez avec moi que l’erreur est consubstantielle à toute activité humaine,et même est dans une certaine mesure ,à l’origine de ce qu’il est convenu de nommer “progrès”
valé dit
Tout à fait d’accord pour ne pas torturer les animaux. Ni pour la consommation , ni pour l’utilisation de leurs peaux.
La fourrure suscite une réaction “de classe” , on se sent dans son bon droit et du bon côté en défendant son steak et ses santiag tout en condamnant celles , parce que ce sont surtout les femmes, qui se protègent du froid en portant des peaux de bêtes car associées à l’argent , la bourgeoisie etc.
Tout cela n’a rien à avoir avec la réalité mais ça donne bonne conscience; le fait est que tout comme la viande, qu’on ne mangeait que lors de repas de fête il ya 50-60 ans, certaines fourrures sont devenues tout a fait abordables et ne sont plus réservées aux riches.
Il leur reste pourtant accolée cette notion de luxe et de sensualité insupportable à tant de gens!
Les bébés phoques qu’on n’a pas le droit de tuer ont grandi et ont dévasté les fonds marins dont vivaient des population inuits , les fourreurs, notamment arméniens et juifs dans les pays occidentaux ont souvent du fermer boutique, les naomi campbell défilaient plutôt nues que enfourrées pour présenter quelques années plus tard, après un ou deux hivers plus sévères, les dernières collections fourrées.
Entre temps la mode est passée au synthétique poilitiquement correct qui, contrairement à la fourrure n’est pas biodégradable et va empoisonner nos sols encore quelques 100-200ans après avoir été mis à la poubelle.
Que d’hypocrisie! que l’on intervienne enfin effiicacement pour un élevage “humain” sans cruauté et une mise à mort sans douleur de tous les animaux dont nous les humains nous servons pour notre agrément . Que nous mangeons, que nous chaussons et dont nous nous enrobons.
D’accord évidemment aussi pour protéger les espèces- solution: élevage.
Et on peut aussi être cohérent et plaider , dans nos contrées où cela est encore abordable et accessible à beaucoup, contre l’utlisation de l’animal sur pattes par l’homme, vivre en végétarien, s’habiller et se chausser de végétaux et de synthétiques; ça me parait plus honorable que de s’attaquer à une utilisation particulière de l’animal .
Bilasou dit
“La vie des animaux à fourrure d’élevage, dans de minuscules cages, est déjà une torture, leur mise à mort, toujours un acte barbare”
La vie des animaux est, de toutes façons, et selon nos critères, plutôt horrible.
Alice dit
Une fois encore, plein accord avec L’Ours. Je n’aime pas l’humour facile, et très bobo, sur la souffrance animale. La vie des animaux à fourrure d’élevage, dans de minuscules cages, est déjà une torture, leur mise à mort, toujours un acte barbare. Comment faire rire avec ça ? L’humour à base de pure cruauté, c’est un métier.
Robert Marchenoir dit
L’Ours : qu’à cela ne tienne. Trouvons de délicieuses recettes pour accomoder visons, renards et autres lapins (ah! on me signale que ces dernières existent déjà), et vous serez, sans nul doute, satisfait.
Voyez que ce n’est pas bien compliqué, le consensus social…
Didier Goux dit
Vous avez oublié “führer”…
Pirée dit
Là où j’habite, cette salope de planète se refroidit.
carredas dit
@ L’Ours
Ce que vous dîtes n’est pas ridicule mais relève du bon sens.
Curieux dit
Mar Cohen comment pouvez-vous écrire “Rassurez-vous les deux mille et quelques chiens et chats piqués en 2008 ont été ensuite dûment incinérés. Ça doit être ça le “traitement éthique”” ?
Et le réchauffement climatique alors, il est pas “éthique” lui aussi ?
Causeur ferait-il parti de cette bande irresponsable de sceptique négationniste relapse ?
Faisons tous une BA pour sauver “notre” Causeur, arrêtons de respirer pendant une heure. Pas moins.
Pirée dit
Il arrive qu’un oeuf soit vendu fécondé. Quant aux vieilles peaux, qu’on les euthanasie! C’est un service à leur rendre, comme à la mouche de Sartre.
Benoit M. dit
Alors bien entendu que le “meurtre” des animaux pour habiller les vieux peaux des quartiers chics du monde entier est plus que cruel,mais les méthodes du PETA sont en train de devenir de plus en plus radicales, voire extrêmistes, et surtout, l’association aux mannequins à poil tombe dans les travers de ses opposants : la contre-vérité scientifique dans un but de promouvoir leur cause,juste ou pas.
Il y a peu de temps, ils avaient proposé un jeu en flash baptisé “Killing Mama”, en référence au jeu vidéo Cooking Mama (sur Nintendo DS) qui consiste à imiter une cuisinière et à préparer des petits plats. Dans leur version, la Mama massacre ses animaux pour préparer son repas. Sauf que quand elle casse des oeufs, du sang en coule! Ce qui est scientifiquement faux, puisqu’un oeuf, tel que proposé à la vente, n’a jamais été fécondé. Il s’agit en gros, d’un énorme ovule en boîte de 12 (désolé de casser le mythe, les gens qui aiment les oeufs!). Donc, il n’y aucun animal dans un oeuf!
Ou alors bientôt, l’Eglise Catholique va demander à ce qu’on interdise la Pilule contraceptive, pour le “droit à la vie de l’ovule”…
Pirée dit
Un lettré de mon prestige mérite, soit d’être emmitouflé dans la zibeline, soit de finir ses jours sous les cocotiers. J’aimerais mieux la seconde solution.
Quoi qu’il en soit, le foie gras, obtenue par la méthode cruelle du gavage, constitue le meilleur accord du château d’Yquem.
De source chinoise, faire souffrir avant de l’abattre l’animal qu’on va cuisiner améliore le goût de la viande.
Le loup est moins féroce que l’homme. Que voulez-vous? Ce n’est qu’une bête.
L’Ours dit
Je sais être jugé définitivement ridicule à chaque fois qu’on aborde ces thèmes, mais je considère que dans nos civilisations où certaines nécessités ne font plus loi, élever dans des cages et tuer des animaux uniquement pour faire de la fourrure est inutilement cruel!
A contrario, utiliser la peau des bêtes abattues pour leur viande est cohérent, voire moral!