En politique comme en football, seuls les résultats comptent. À défaut de briller sur le rectangle vert, les pays arabes de la zone Asie accumulent les victoires politiques sur le front du football mondial. Une prise de pouvoir savamment orchestrée en coulisse depuis début 2011, date à laquelle le prince Ali Ibn Al-Hussein, demi-frère du roi de Jordanie, a pris ses fonctions de vice-président et de membre du comité exécutif de la FIFA, au terme d’une élection sulfureuse. Batailles d’égos, soupçons de malversations, rumeurs de matchs truqués, détournements de fonds révélés par le New York Times : la « maison mère » du ballon rond est au fond du trou. Roublard, le prince jordanien comprend que l’image d’une FIFA minée par la gabegie lui donne une grande marge de manœuvre.

À peine nommé, le prince hachémite écope du dossier brûlant du hijab. Au printemps 2011, les joueuses de l’équipe nationale iranienne sont exclues, pour cause de port du voile, des épreuves qualificatives pour les Jeux olympiques de Londres. La FIFA s’appuie alors sur la loi 4 de son règlement qui interdit toute forme d’expression politiqueou religieuse sur les terrains. Une décision vécue comme une humiliation à Téhéran. La Jordanie et l’Iran entrent alors dans une colère noire et on frôle l’incident diplomatique lorsque Moustapha Mosleh Zadah, ambassadeur d’Iran en Jordanie, évoque une « violation des droits de l’homme ».

*Photo: Flickr Creative Commons

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