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Foot, banlieue, violence: le stade critique

Enquête sur un terrain toujours plus communautarisé

Auteur

Adrien Maurier
Journaliste

Publié le 12 janvier 2017 / Société

Mots-clés : , , , ,

Terminés, les beaux discours sur l'intégration magique par le foot dans une France black-blanc-beur: dans les instances officielles, on ne sait plus quoi faire face à la violence qui gangrène le foot des quartiers. Enquête.

Entraînement dans un club amateur du département des Yvelines (78).

Des pelouses de villages jusqu’aux plus grands stades, le foot français est porteur de valeurs de respect et de tolérance, à l’image de son équipe black-blanc-beur, incarnation d’un pays métissé, réconcilié avec sa diversité culturelle. Voilà ce qu’il était de rigueur d’écrire, dans l’euphorie de la victoire de 1998 en Coupe du monde. Qui y croit encore ? Dans une enquête d’opinion de 2012 réalisée pour l’agence de marketing sportif Sportlab, 3 % des personnes interrogées considéraient que l’équipe de France véhiculait des valeurs positives. 3 %, soit la marge d’erreur d’un sondage. Et celui-là était réalisé avant la sordide affaire de chantage à la « sextape » qui a valu une mise en examen à l’international Karim Benzema… Entre-temps, la France est arrivée en finale de l’Euro 2016. L’image des tricolores s’améliore lentement (7 % de très bonnes opinions en septembre 2016, sondage Odoxa). Reste un défi moins spectaculaire mais plus complexe que la reprise en main d’une vingtaine de jeunes millionnaires : la montée des incivilités et de la violence sur les terrains de foot amateur, en particulier ceux où dominent les joueurs issus de l’immigration.

La violence en baisse, selon la Fédération

Les voix officielles du foot n’ont évidemment pas la franchise de l’admettre. Elles se contentent d’égrener un chapelet de périphrases tellement transparentes que le plus obtus des journalistes saisit immédiatement. Il s’agit des « jeunes des quartiers difficiles », issus de « familles monoparentales », à tendance « communautaires », qui « n’ont pas les mêmes référents culturels » et qu’on trouve « surtout en banlieue parisienne ou en périphérie de grandes villes ». Bref, le foot black-blanc-beur, mais sans les blancs.

Mais comment la Fédération française de football pourrait-elle regarder en face la violence du foot de banlieue ? Selon son observatoire des comportements, la violence tout court n’existe pas sur les terrains ! 98,4 % des 670 000 matches officiels joués en 2015/2016 se seraient déroulés sans incident, chiffre en amélioration par rapport à la saison précédente. La moitié des faits signalés concerne des agressions verbales. La violence dans le foot ? Résiduelle, comme en athlétisme ou en cyclisme. La discipline baigne dans un climat de correction et de courtoisie.

« Ce n’est pas sérieux », tranche Jean-Jacques Demarez, secrétaire général de l’Union nationale des arbitres de football (Unaf). « Depuis le début de la saison 2016/2017, l’observatoire a enregistré cinq agressions contre des arbitres. Nous en sommes à 68. Les districts ne font pas remonter les plaintes pour préserver leur image. Tout le monde le sait. Dans le football, on se voile la face. »

Le ballon rond reste le sport le plus populaire du pays. Avec 2,1 millions de licenciés, la FFF distance largement le tennis (1,1 million), l’équitation (700 000), le judo (600 000) et le basket (475 000). Elle a néanmoins connu un énorme trou d’air entre 2006 (record historique à 2,3 millions de licenciés) et 2012, perdant 600 000 licenciés qu’elle n’a toujours pas retrouvés. Le nombre de pratiquants stagne ou régresse dans les bastions historiques des Pays de la Loire et de Bretagne. En Île-de-France, en revanche, il est en hausse. Les banlieues de Seine-Saint-Denis et

[...]

 

  1. Racaille Football Club, paru aux éditions Hugo & Cie en mai 2013.
  2. « Ballon sur bitume » : documentaire sur le foot des cités, sorti en novembre 2016 et subventionné par Nike.
  3. Le prénom a été changé.

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    publié dans le Magazine Causeur n° 101 - Janvier 2017

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    • 15 Janvier 2017 à 11h55

      plouc dit

      on ne voit que des africains et des maghrébins !!!!! mais ça se passe vraiment en France ??????

    • 14 Janvier 2017 à 11h29

      nico dit

      Qui sème l’angélisme récolte la barbarie.
      L’utopie multiculturelle s’effondre.
      Quarante ans d’angélisme, d’aveuglement et de déni nous explosent en pleine face.
      Quarante longues années d’une immigration massive, donc non assimilée, ont enfanté ces poudrières islamistes qui, partout en Europe, sont maintenant mûres pour la grande offensive.
      Quarante ans de manipulation, de propagande, de terreur idéologique ont permis d’occulter ce cauchemar qui, lentement, s’échafaudait…
      http://les-minuscules.blogspot.fr/2016/08/courage-et-modernite.html
      Nl

    • 13 Janvier 2017 à 15h31

      Mitidja dit

      D’autres pays envahis n’ont pas le même problème ( Espagne, Italie, etc.. )Regardez la composition de leurs équipes-phare, pratiquement que des autochtones, puisés dans le vivier amateur, ou des européens venus d’ailleurs; mais quand on voie par exemple Rennes, Lorient et bien d’autres, on se croirait en afrique centrale; et les blonds aux yeux bleus dans tout ça??? Trop fatigant, ils préfèrent jouer à la tablette ou se saouler la gueule, et mille bravos à ceux qui néanmoins arrivent à percer dans ce cafarnaum. Aussi ça, que simple, c’est…..

      • 13 Janvier 2017 à 15h32

        Mitidja dit

        …capharnaum

      • 13 Janvier 2017 à 15h36

        durru dit

        L’Espagne ou l’Italie ont été envahies principalement par des européens, il y a peu de musulmans ou de noirs là-bas.
        Si vous voulez comparer ce qui est comparable, prenez les exemples de la Belgique, de la Suisse, de l’Angleterre ou des Pays-Bas. Ou même de l’Allemagne, avec son importante communauté turque.
        En France, il y a en plus les à priori de sélection déplorés par Laurent Blanc il y a une dizaine d’années déjà. Ca commence doucement à changer. Très doucement…

        • 13 Janvier 2017 à 21h40

          Mitidja dit

          Mais vous plaisantez, durru; tous les ans, de décembre à mai, je suis en Andalousie et donc je vois comment ça se passe; mis à part le littoral où, c’est vrai, on ne les voit pas, j’ignore par quel miracle, dés que vous avancez tant soit peu à l’intérieur des terres, “ils” sont partout: sur les marchés, plus de la moitié des étals sont tenus par eux; chez les ouvriers agricoles, n’en parlons pas, essentiellement des marocains payés une poignée de figues, apparemment à la satisfaction de tout le monde. Et comme je suis un passionné du ballon rond, dés que je croise un stade, si petit soit il, je m’arrête et je regarde: et bien j’en vois un paquet à taper dans le ballon! Bizarrement, il semble y avoir un mur invisible les empêchant d’aller plus haut. Mais ici aussi la Reconquista a repris son chemin depuis longtemps, au grand désespoir de certains, et à l’indifférence totale du plus grand nombre; de vrais européens, en quelque sorte….

        • 13 Janvier 2017 à 21h52

          durru dit

          C’est un phénomène cantonné à une région et encore… je doute fort que la majorité d’entre eux aient la nationalité espagnole. Vous n’allez pas me dire qu’il y a 4 millions de musulmans avec la nationalité espagnole, tout de même.
          Quant à l’Italie, il y a certes une minorité albanaise non négligeable, mais bien en deçà des chiffres français.
          Pour info, la première communauté étrangère, aussi bien en Espagne qu’en Italie, sont les Roumains, un million et demi environ de chaque côté.
          Et pour ce qui est des noirs (pardon, africains), que ce soit en Espagne ou en Italie, comment dire… il faut vraiment les chercher.

        • 14 Janvier 2017 à 10h37

          Mitidja dit

          Promis, durru, j’essaierai d’aller voir un peu plus au nord à l’occasion, mais les échanges avec les gens du coin semblent aller dans mon sens….Quant à l’Italie, vu le nombre de boats-people qui y accostent depuis deux ans et plus, on verra dans quelques années si la composition de la squadra aura évolué, mais j’en doute! ( voir le cas Balotelli )
          p.s.: pour jouer dans les clubs, nul besoin d’avoir la nationalité du pays, il existe un quota très élastique à respecter.

        • 14 Janvier 2017 à 14h13

          alain delon dit

          “Quotas élastiques”? Il n’y a pas si longtemps s’était joué un match de Serie A avec zéro italien (Udinese-Inter je crois).

    • 12 Janvier 2017 à 19h27

      alain delon dit

      Partialité flagrante: Serge, le frangin de l’auteur de cet article, est un peu la racaille du PSG

      • 13 Janvier 2017 à 16h10

        Guenièvre dit

        Merci ! Lucide, comme toujours, Boualem Sansal. C’est poignant !

    • 12 Janvier 2017 à 17h13

      Pyrrhon dit

      Je ne suis pas tenté d’n faire un fromage. Le foot est un jeu qui engendre des passions, qui libère de la violence. Il n’est pas nécessaire d’être un joueur pour l’exercer. Je suppose que ces clubs où se développent ces comportements violents ne participent pas aux divers degrés des championnats, et que leurs jeunes bons joueurs finissent par en partir sur la pointe des pieds. On doit les retrouver, plus tard, dans les clubs qui en font quelque chose.
      Au cours des matches de haut niveau, la fréquence des actes violents rappelle les travers de ce jeu et l’origine des joueurs. Mais ce qu’ils risquent de perdre contribue à leur maitrise d’eux-mêmes. Les grands champions prennent plus de castagnes qu’ils en donnent.

    • 12 Janvier 2017 à 15h21

      lisa dit

      On a pas encore dégoté de “François” ou de “Benjamin” dans ces nouvelles, c’est décourageant…

    • 12 Janvier 2017 à 15h02

      dercou66 dit

      Il arrive au foot ce qui arrivera à toute notre société et civilisation !! On lache un peu, puis un peu, puis unpeu, etc et un jour iln’y aura plus de France.

    • 12 Janvier 2017 à 14h29

      rolberg dit

      Les possédants ont fait entrer en France une main d’oeuvre bon marché. Ils ne savent plus comment se débarrasser de sa progéniture. Pauvres élites !

    • 12 Janvier 2017 à 13h53

      Chr martel dit

      Cela fait des décennies que le foot et plus représentatif d’incivilités que de valeurs saines…j’avais un collegue, arbites de foot qui passait la moitié de son temps aux tribunal pour plaintes ou témoignage pour violences, incivilités etc…
      Jeune, je pratiquais le rugby, et deja nous considerions tous le foot comme un sport hetnique totalement sous la coupelle des hislamo-délinquents.
      Rien de nouveaux et faut etre d’une mauvaise foi “autruchienne”pour ne pas reconnaitre la realité

    • 12 Janvier 2017 à 12h58

      alain delon dit

      Article intéressant, et merci d’avoir cité l’ouvrage de l’inénarrable Daniel Riolo, ce Eric Zemmour du football. Question niveau de jeu, son Afterfoot vaut bien certains fils sur Causeur.

    • 12 Janvier 2017 à 12h29

      meylanville dit

      Jusque à quand allons nous accepter que des tribus se livrent sur notre sol à des luttes ethniques, reproduisant ainsi ce qu’il se passe dans les pays arriérés d’où elles sont issues ?
      Deux millénaires de civilisation mis à mal par des personnes avec lesquelles nous n’avons rien en commun, et avec lesquelles nous refusons de “vivre ensemble” .

    • 12 Janvier 2017 à 12h28

      Jymito dit

      S’il y a si peu de blancs dans le foot, ce n’est pas qu’ils soient moins bons c’est que les équipe de quartiers et les écoles de foot sont si mal fréquentées que les français de souches hésitent à y mettre leurs enfants.

    • 12 Janvier 2017 à 12h24

      meylanville dit

      “le foot black-blanc-beur, mais sans les blancs.”
      Voilà . Tout est dit . Inutile d’épiloguer .
      A quoi servent les politiques ?
      Ils parlent, nous font des reproches, mais ne font rien d’autre que d’essayer d’être réélus . Nous serions donc responsables de tous les maux qu’ils sont bien incapables de résoudre, tant leur idéologie est dévoyée . Et c’est malheureusement un mal répandu à gauche, mais aussi à droite, la couleur politique n’ayant plus beaucoup de sens .
      La France s’enfonce dans la violence et la morosité, et pratiquement tout le monde s’en fout, à quelques rares exceptions près, mais qui ne sont pas soutenues .

      • 12 Janvier 2017 à 16h24

        accenteur dit

        Bien dit : “Nous serions donc responsables de tous les maux qu’ils sont bien incapables de résoudre, tant leur idéologie est dévoyée”…

        Ceux qui ont approuvé,favorisé,participé à cette augmentation déraisonnable d’une population étrangère incapable d’intégration sont les vrais coupables.

    • 12 Janvier 2017 à 12h10

      joke ka dit

      “Les illusions perdues”
      Bien pensance,naïveté,crédulité,ignorance,déni,laxisme,manque de jugement,de réactivité et de fermeté,incompétence ou individualisme cynique … ce sont les erreurs politiques qui mènent au chaos.. au déclin et à la disparition d’une civilisation judéo chrétienne puis à la dictature (en souhaitant qu’elle ne soit pas “verte!)

    • 12 Janvier 2017 à 11h14

      zelectron dit

      combien coûte l’entretien d’un stade vide y compris en agios ?