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La légende noire de Le Pen est sacrée

Entretien avec Philippe Cohen 1/2

Publié le 02 janvier 2013 à 14:30 dans Politique

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Notre confrère et ami publie, avec Pierre Péan, une biographie de Jean-Marie Le Pen qui divise le Parti des médias. Pour les uns, il était temps de traiter cet homme politique comme n’importe quel autre, tandis que les autres accusent les auteurs d’avoir blanchi Le Pen. Paysage pendant la bataille.

Élisabeth Lévy. Votre livre a été très bien accueilli par des personnalités « fréquentables » (Jean-Louis Bourlanges, Philippe Meyer, Éric Naulleau…), peu suspectes de crypto ou de para-lepénisme. D’un autre côté, Le Nouvel Obs, Marianne – votre journal ! − et Patrick Cohen, de France Inter, vous ont accusés, Pierre Péan et vous, de « blanchir » Jean-Marie Le Pen. Votre refus de vous placer sur le terrain moral n’a-t-il pas, sinon l’ambition, du moins la fâcheuse conséquence de vous amener à cautionner les idées et le parcours de Le Pen ?

Philippe Cohen. Ce qui m’étonne le plus dans cette affaire, c’est que, vingt ans avant Pierre Péan et moi-même, en 1994, Gilles Bresson et Christian Lionet avaient entrepris une biographie de Le Pen avec exactement le même genre d’esprit : aller le voir dans une démarche d’enquête, sans a-priori, en acceptant l’idée que la fréquentation de leurs interlocuteurs d’extrême droite risquait forcément de les humaniser. Ils admettaient aussi que l’empathie est inévitable lorsqu’on écrit une biographie. Notre livre ressemble à celui de Bresson et Lionet : il est essentiellement factuel et il poursuit, au fond, le récit qu’ils avaient entamé. La différence, c’est que leur livre a suscité un « accueil zéro » : aucun ou très peu de commentaires, ni pour ni contre ! Probablement parce que ses auteurs venaient de Libération et qu’il était donc difficile de les mettre en cause. C’est la pensée en pilotage automatique. Comme vous l’avez noté, nous ne bénéficions pas de la même bienveillance de tout le monde. Du reste, le papier qu’a écrit Renaud Dély, dans Le Nouvel Observateur, contre notre livre, présente une énorme contradiction : d’un côté, il fait l’éloge du Bresson/Lionet et, de l’autre, il nous reproche de mettre en doute le fait que Le Pen ait torturé en Algérie. Or, concernant ce dossier, Bresson et Lionet l’ont fait bien avant nous, et de manière plus affirmative !

[...]

La suite ici

Jean-Marie Le Pen, une histoire française, Philippe Cohen et Pierre Péan (Robert Laffont).

*Photo : Droits réservés.

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  • 3 Janvier 2013 à 11h50

    ReCH77 dit

    Je viens d’achever la lecture de cette remarquable enquête sur Le Pen, selon moi la meilleure à ce jour car la plus complète. Toute entreprise biographique honnête et sérieuse comporte le risque – même minime – d’empathie. Cohen et Péan ont évité ce piège en travaillant en historiens qui sont allés aux sources (témoins, archives) et non en militants comme l’a rappelé Pierre Péan récemment sur RTL. L’étude d’événements historiques n’implique pas de dénoncer ou d’absoudre leurs acteurs à chaque page mais d’établir leur véracité au plus près des faits: mission accomplie.

  • 2 Janvier 2013 à 20h03

    Villaterne dit

    “Mitterrand voulait donc un Front fort et une droite anti-FN, ce qui permettait de geler une partie des suffrages de la droite. Il a parfaitement réussi son pari.”
    Certes, cela est incontestable mais insuffisant pour expliquer la praxis mitterrandienne. Car l’autre pendant consistait à grossir le danger fasciste pour valoriser l’offre de la gauche qui se présentait comme le seul rempart au fascisme. Taguieff l’a très bien analysé! Bref Mitterrand a fait d’une pierre deux coups et a gagné électoralement sur ces deux tableaux! C’est de la stratégie politique de haut vol, qui a abusé beaucoup de monde car Mitterrand savait pertinemment que le FN n’était pas fasciste et Jospin, lui-même, l’a avoué sur les ondes de RTL il y a quelques années!
    Mais nous savons aussi que si Mitterrand s’est servi de Le Pen, ce dernier s’est également servi de Mitterrand pour exister!
    Reste donc une question en suspend à laquelle seul l’avenir apportera une réponse!
    Lequel des deux à eu une vision à plus long terme? Lequel a fait le meilleur calcul?

    • 7 Janvier 2013 à 13h31

      pascal.solal@cegetel.net dit

      Le FN venait du fascisme, mais voulait devenir républicain.

      • 7 Janvier 2013 à 13h56

        Villaterne dit

        Dans son livre “Les maîtres censeurs” E.Levy estime qu’il y a parfaitement réussi en s’intégrant dans le processus républicain, à la différence d’un NPA qui prône encore la suppression du parlement !

  • 2 Janvier 2013 à 16h33

    L'Ours dit

    Holà! je vous arrête tout de suite.
    depuis plus de 20 ans – et je le sais de source sûre ( de l’intérieur) – mais je ne puis en dire plus sans sa permission, Le Pen EST un anti-sémite. 
    Et je ne me permettrais pas de lancer des ragots.