First Lady, non merci | Causeur

First Lady, non merci

Plutôt tante Yvonne que Carla ou Valérie

Auteur

David Desgouilles

David Desgouilles
Blogueur et romancier.

Publié le 14 mai 2012 / Politique

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Premières images du président élu, et premiers énervements : François Hollande, devant la cathédrale de Tulle puis, quelques heures plus tard à la Bastille, salue le peuple qui l’acclame avec sa compagne. Mais qu’est ce qu’elle fiche là ? Le mardi précédent, le Président Sarkozy prononce un discours extrêmement bien ciselé devant ses partisans en liesse au Trocadéro. Il chante ensuite l’hymne national avec les dizaines de milliers de Français réunis. Moment réussi. Et patatras ! Il revient au micro spécialement pour… remercier Carla.

Vous imaginez le Général de Gaulle remercier Yvonne après la Marseillaise ? Vous imaginez Danielle Mitterrand prendre autant de place que Valérie Trierweiler dans les premiers moments qui ont suivi le 10 mai 1981 à 20h00 ? A l’heure de la victoire du président « normal », on peut légitimement se demander si cette continuité entre Nicolas Sarkozy et François Hollande se situe ou non dans la norme. Et on se prend à regretter que la fameuse anaphore du 2 mai dernier n’ait pas eu une composante de plus : » Moi, président de la République, je n’exposerai pas les miens, je n’exhiberai pas mes amours, et ma compagne restera à sa place. » J’ai bien vérifié : sur les bulletins de vote, la semaine dernière, n’étaient pas inscrits sur l’un, Nicolas Sarkozy-Carla Bruni, et sur l’autre, François Hollande-Valérie Trierweiler. Nous n’avons pas voté pour un couple.

Bien entendu, chaque homme -ou femme- d’Etat a le droit d’être conseillé par ses proches et il peut même être influencé par celle ou celui qui partage sa vie. Mais lorsqu’il ferme la porte de ses appartements privés, je ne veux pas savoir qui l’a conseillé ou influencé. Ayant pris la décision, il est seul responsable. Ce goût pour la « transparence », cette impudeur si étrangère à notre tradition française, nous vient, dit-on, d’outre-Atlantique. C’est des Etats-Unis que nous vient cette expression détestable : « First Lady », traduite chez nous en « Première Dame de France ». Il faudra un jour expliquer pourquoi on répète à l’envi cette expression sans aucun sens. On s’en fout de Trierweiler, de Bruni, de Cécilia qui-ne-vote-pas-pour-son-mari, de Bernie. Qu’on se rassure, je ne souhaite pas la mort de Point de vue, de Gala et de Voici. Je ne veux pas plus de mal à la presse anglo-saxonne qui perpétue une tradition conforme aux pays où elle publie. Mais que toutes les demi-heures, les chaînes d’info continue françaises dissertent sur la volonté de la compagne de François Hollande de ne point avoir l’air d’une potiche, du fait qu’elle ait joué le rôle de videur au QG de transition1, c’est trop ! Comme étaient de trop les « mon mari est formidable » de Carla après chaque meeting.

Que François Hollande y prenne garde. Le fameux « Carla et moi, c’est du sérieux » a davantage pesé dans l’antisarkozysme que les histoires d’enveloppes chez madame Bettencourt, n’en déplaise à Edwy Plenel. Les Français ne veulent pas à leur tête un ado boutonneux qui nous cause de sa dernière conquête. Pendant cinq ans, celui qui s’imaginait en Kennedy français et qui l’avait mis en scène, reproduisant à Envoyé spécial la scène de JFK et John-John jouant sous le bureau, nous en a ajouté des louches jusqu’à l’écoeurement. La séparation déchirante, l’idylle racontée maintes fois par Séguéla sur tous les plateaux et studios parisiens, Disneyland, la Jordanie, le mariage, la révérence à la Reine d’Angleterre, la chérie qui lui éponge le front. J’en oublie ? Ah oui, on nous a même servi son périnée au repas du soir lorsque sa masseuse personnelle expliquait combien il lui importait de muscler cette zone intime présidentielle.

François Hollande doit donc comprendre, avant qu’il ne soit trop tard, que les Français ont besoin de souffler un peu. Que Valérie Trierweiler doit être discrète. Pour son bien à elle2, son bien à lui, et notre tranquillité à tous. Et parce que, il l’a promis, le changement, c’est maintenant !

  1. Julien Dray en aurait fait les frais.
  2. Cela lui évitera les surnoms animaliers donnés par des députés indélicats.

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    • 16 Mai 2012 à 17h38

      hudhud dit

      Tatie Valérie l’a pas l’air commode!…Doit pas rigoler tous les jours le tonton François!!!!

    • 15 Mai 2012 à 12h14

      Amerotke dit

      Sur le statut de celle qu’on appelle alternativement “maîtresse” et “putain”, je crois qu’il faut aller chercher à l’autre bout de la terre un autre modèle : celui de la concubine qui par influence occulte arrivait à gouverner elle-même. Sans aller jusqu’à Tseu-hi, je crois que la …Weiler (j’ai hésité entre Rott .. et Trier…) a suffisamment de caractère, et son François suffisamment peu pour nous rejouer la fin de l’empire de Chine.

    • 15 Mai 2012 à 9h11

      Fiorino dit

      En tout cas je ne sais pas qui a conféré à DD le titre de porte-parole pour parler au nom des français. Je pense que la majorité des français n’en ont rien à foutre du style de ceci ou de cela et je doute qu’il conaissent vraiment tante yvonne en tout cas qu’ils se rappellent de son style. Pour ma part je trouve ces références obsessionnelles au gaullisme steriles. Je ne vois pas pourquoi un président de surcroît socialiste devrait singer De Gaulle pour faire plaisir aux gaullistes qui ont fait campagne contre Nicolas Sarkozy. Pour l’instant paraît-il il va nommer un délinquant comdamné par la justice, et toute la presse y compris marianne ou pontifie DD s’empresse d’expliquer que cette comdamnation ne signifie rien, on se demande bien pourquoi faire de procès alors.

    • 15 Mai 2012 à 0h51

      Sophie dit

      “Je crains que (…) Valérie Trierveiler, ne soit Madame de Maintenons Le Poids de la Presse.” dixit Alphermachin.

      La princesse au petit pois?

    • 14 Mai 2012 à 23h50

      hathorique dit

       @ – Sophie
      “à votre avis, Hollande a-t-il un joker dans son jeu?”
      Je ne sais si en cette  circonstance il a un  Joker  j’opterais  plutôt pour un Jocrisse.
      Il faudra voir demain, à qui il donne la main, et quel sera son premier ministre, de cela dépendra le succès des législatives avec Monsieur Mélanchon en tête de gondole.
      @ Kacyj
      normal, Monsieur Hollande ne veut pas pour sa cérémonie d’ investiture d’une famille décomposée.
      Pour Madame Royal si  elle obtient comme elle le souhaite et si elle est élue députée, la Présidence de l’Assemblée Nationale, j’entends déjà la gent journaleuse commenter cette première historique en République d’un triumvirat domestique au plus haut somme de l’Etat,  situation vaudevillesque que même Feydeau n’aurait su imaginer bien qu’il ait écrit “le Dindon” et “le Fil à la patte”. 
      Je vous laisse le soin de la distribution des rôles :=)  

    • 14 Mai 2012 à 22h05

      kacyj dit

      Hathorique,

      Depuis quelques semaines, Ségolène m’est redevenue sympathique.
      D’abord, je suis assez admiratif de la façon dont elle a joué le jeu au cours de cette campagne après ce qu’elle a enduré de la part de des camarades en 2007 et de la part de la dame de pique qui concentre une bonne partie de mon ressentiment.
      Et puis, être en concurrence avec ce qui semble en passe de devenir le dragon de la république ne peut que susciter mon empathie. Il parait qu’elle n’est pas conviée à la cérémonie d’investiture. Comme c’est curieux !  

    • 14 Mai 2012 à 21h48

      Alpheratz51 dit

      @ l’Ours.
      Vous êtes le sage des hôtes de ce site.
      @ Bibi.
      Joyeux anniversaire !