Libres enfants de Finkielkraut | Causeur

Libres enfants de Finkielkraut

Un auteur de jeunesse

Publié le 13 mai 2014 / Culture Politique Société

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finkielkraut francais souche

Par quelle étrange maladie de notre époque contemporaine Alain Finkielkraut est-il devenu, pour certains esprits experts en démonologie de bazar, l’autre nom du Malin ? Par quelle perversion de toutes les catégories a-t-on pu oublier qu’il est l’un de ceux qui, depuis maintenant quelques décennies, défend le plus ardemment la littérature, cet objet fragile, cette idée évanescente et complexe qui disparaît parfois et renaît où l’on ne l’attend pas ? Il est surtout l’un des premiers à avoir mis des mots sur ce mal contemporain qu’il a si bien nommé : la défaite de la pensée. Scandaleux, réactionnaire ! Oser dire que le saint Progrès n’est peut-être pas continu et que notre hyper-modernité déteste le savoir parce qu’elle méprise le passé ! C’est pourtant ce que nous constatons chaque jour, cette « insurrection contre les morts », cette prétention de l’individu contemporain qui ne supporte pas de se voir rappeler sa finitude.

En lisant Alain Finkielkraut, la jeune professeur que j’étais en 1999 a pu mettre des mots sur ses intuitions, nommer le mal qui rongeait une société française dont je découvrais la part sacrifiée. J’avais choisi d’enseigner à Épinay-sur-Seine parce que j’estimais que Ronsard et Racine, Hugo et Giono étaient, autant que mon patrimoine, celui de ces jeunes gens venus d’Algérie, du Mali, du Maroc ou du Sénégal pour devenir français. Et je comprenais que l’école avait depuis longtemps renoncé à cette idée.

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    publié dans le Magazine Causeur n° 71 - Mai 2014

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    Couv-Causeur-13-mai-2014-Finkielkraut
  • La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 6 Juin 2014 à 16h56

      Jacques des Ecrins dit

      Madame Polony.

      Classe de l’esprit.

      Classe tout court.

    • 27 Mai 2014 à 0h43

      flo baum dit

      Ah si seulement nous pouvions en effet avoir madame Polony au pouvoir.  Non seulement a l’education mais aussi a matignon et après tout, soyons  généreux, a l’Elysée ou sa tete bien faite choisira avec sagesse des personnes de qualités, sans reel attachement a un parti ou un autre.

      Apres tout Mr. Melenchon a du coeur et il adore Natacha lui  aussi. Et au moins,  lui aussi a fait des etudes et en tire parti.

      Et comme cela, on pourrait tirer un trait sur tous ces partis politiques qui abêtissent et s’abêtissent, et commencer enfin a tisser autre chose, qui aie du coeur et de la sagesse.

      Apres tout, George Washington voulait inscrire dans la future constitution de 1776  que tout parti politique serait illegal… Il était sage.. 

      • 27 Mai 2014 à 2h23

        Ralph K.Krüger dit

        Tout dictateur sont pour un parti unique.

        Natacha Polony au gouvernement, à l’éducation ? Sans budget, sans moyen, elle ne brillera pas plus que les autres, à part quelques déclarations de bonnes intentions.

        L’éducation nationale est la championne du recrutement précaire, où s’échine une armée de profs ” intérimaires “.

        Quand aux titulaires, une toute petite partie est planquée dans des établissements de bonnes réputations, les autres, la majorité, subissent l’enfant roi ou sont en arrêt de maladie…

    • 24 Mai 2014 à 15h18

      Ralph K.Krüger dit

      Il ne faut pas non plus noircir le tableau. Je bénis les Dieux que l’écriture hiéroglyphique égyptienne ne soit pas devenue la référence mondiale pour s’exprimer, car je pense à celles et ceux qui ne savent pas dessiner.

      Le langage évolue dans le temps, l’écriture aussi.

      J’imagine Ronsard, Hugo, avec un i-pad dernière génération, ils auraient du mal à communiquer sans changer leur façon d’écrire afin de se faire comprendre et de ne pas exploser leur forfait…

      Maintenant, être puriste, c’est bien, mais les actes doivent être en accord avec la pensée et ce, dans le temps. S’engager pour une noble cause, c’est une vie.

      Natacha Polony n’enseigne plus à Epinay, ni à Sarcelles, ni à Bobigny, pour sauver tous ces pauvres élèves de banlieue qui se perdent dans un langage approximatif, pourquoi ?

      • 26 Mai 2014 à 13h06

        ZanShin dit

        Penser que nos auteurs classiques “auraient du mal à communiquer avec un i-pad dernière génération”, c’est non seulement oublier combien notre langue, notamment dans un registre soutenu, peut être concise, tandis que la langue contemporaine, dite moderne, se gargarise de redondances, de pléonasmes et de tournures aussi alambiquées que maladroites; mais c’est aussi considérer que la machine gouverne l’humain, comme si nous devions inévitablement adapter notre langue à nos outils informatiques, alors qu’il nous appartient au contraire d’adapter ces outils à notre langue.

        • 26 Mai 2014 à 19h06

          Ralph K.Krüger dit

          Oui… je dirais qu’importe la forme du moment que l’on est bien compris. Qu’est-ce que c’est que le langage sinon de communiquer avec l’autre, quelque soit le moyen, la technique, employé.

          Un registre soutenu, fut-il concis, doit-être entendu et compréhensible, dans le cas contraire, un simple langage de signes et d’onomatopées suffit. C’est comprendre le récepteur qui importe.

    • 15 Mai 2014 à 10h40

      RAMUNCHO dit

      Bravo pour cet article, en effet nous nous apercevons que non seulement la langue Française se perd, mais également toute une civilisation est noyée sous des ( ce que les politiques appellent correcte ) acceptations de toutes sortes.

    • 15 Mai 2014 à 10h26

      Etoile Vesper dit

      Si j’étais à la tête du gouvernement, je prendrais Natacha Polony comme Ministre de l’Education. J’en rêve parfois, quand je mets le nez dans les cours de français de mes enfants.

    • 14 Mai 2014 à 12h00

      Shoshin12 dit

      Bravo pour cet article.
      Tout mon soutien – et mes vives félicitations- à M. Alain Finkielkraut. Qu’il soit remercié pour m’avoir, depuis que j’ai découvert son œuvre quand j’étais moi aussi jeune professeur de Lettres confrontée à la déliquescence de la culture et de la pensée au sein même de l’Éducation nationale, apporté un réconfort intellectuel que je n’ai plus cessé depuis d’apprécier. Merci à lui pour sa défense de ce qui nous est cher – la langue, la littérature, la liberté de pensée, l’esprit critique, la finesse de l’esprit littéraire, l’amour de la nuance et de la diversité qui fonde la vraie démocratie. Son inquiétude est justifiée, son combat essentiel. Que les agressions scandaleuses de bêtise crasse dont il est l’objet ne l’atteignent pas (bien qu’il soit difficile de se protéger de la vulgarité sans fard de ceux qui se réclament de la pensée sans jamais la pratiquer) : l’Histoire ne retiendra pas le nom de ces chiens enragés, contrairement au sien.

      • 14 Mai 2014 à 12h24

        L'Ours dit

        Rien à retrancher.

        • 20 Mai 2014 à 1h45

          Izab dit

          Non rien à retrancher. Bel hommage à cet homme brillant et sensible.

      • 21 Mai 2014 à 22h11

        M4 dit

        J’abonde ! Vous êtes plus qu’une respiration, un souffle. Causeur est vraiment brillant. Que l’équipe sache qu’elle est lu, discutée et que son audience se répand. Merci à vous !

      • 22 Mai 2014 à 1h53

        zigomar dit

        connerie superlative

    • 14 Mai 2014 à 10h49

      borgoloff dit

      C’est malheureusement la langue française qui est en train d’agoniser…

    • 13 Mai 2014 à 19h29

      borgoloff dit

      Hier soir, pendant un doc résistants-collabos sur FR3, un commentaire off : la collaboration n’en finit pas d’AGONIR.
       Tout est dit.. 

    • 13 Mai 2014 à 17h33

      mogul dit

      Chère Natacha Polony,
      Que ne reprenez-vous le projet de Feu votre ami? Vous rendriez à la fois hommage à sa mémoire et accompliriez le but fixé, célébrer notre Maître Fink!
      J’espère aussi que votre départ de chez Ruquier ne nous privera pas trop longtemps de votre voix… ni de votre image. Supporter les imprécations du commissaire politique le mieux coiffé de France sans votre contrepoint, risque de tourner au bouillon de onze heures…

    • 13 Mai 2014 à 16h40

      kersablen dit

      Alain Finkielkraut est un révisionniste, il lui arrive de nier que la parole du CRIF soit la parole de Jéhovah sur la terre de France, il y a aux USA un grand philosophe qui dénonce ce genre d’individus .

    • 13 Mai 2014 à 15h21

      Aël dit

      @_Georges: qu’un prof réponde à une question posé par ses élèves grâce à Google et Wikipédia ne me choque pas. La littérature en ligne n’a pas l’exclusivité de la médiocrité pas plus que la littérature papier n’aurait l’exclusivité de l’excellence. Ce ne sont là que des supports. L’on me dira que nos contemporains n’ont jamais eu autant d’informations fallacieuses, erronées ou imprécises à leur disposition via le Web. Oui cela est vrai, mais dans les mêmes temps et quantitativement aussi, ils n’en ont jamais eu autant qui sont de qualité. Le problème se situe donc dans le : Que choisir ? Que retenir ? Comment chercher ? Comment distinguer ? Et là justement face à cette abondance exponentielle « d’offres » se fait cruellement sentir chez beaucoup de nos contemporains (oblitérés par le relativisme ambiant), un manque de discernement. Et cela nous renvoi plus en amont encore au constat d’un manque de formation au discernement. Mais au préalable, pour (ré)amorcer la demande, il faut s’employer de toutes ses forces à réhabiliter auprès des jeunes (et des adultes) la notion même de vérité, condition nécessaire au développement du goût de la vérité, de la logique, de la philo-sophías ( litt. « amour de la sagesse »). Pour ma part, je ne me contente pas de « il faut », je m’y emploi, à la modeste mesure de mes moyens et de ceux que l’on m’accorde.

      • 13 Mai 2014 à 17h13

        mogul dit

        Aël, 
         Votre cause, et l’énergie que vous y employez, forcent le respect, mais je me demande si vous ne courrez pas après des moulins à vent.
        La vérité, mais késako? Y a des applis, y a la 4G?
        Le constat de _Georges_, plus bas, est hélas implacable, quand l’outil est cassé, il est cassé!

        • 13 Mai 2014 à 19h27

          Aël dit

          Ils peuvent bien empoisonner les raisons pour qu’elles s’égarent, effacer le chemin, tant que l’âme reste chevillée au corps rien n’est perdu pour nos prochains. Portons-leur ne serait-ce qu’un peu de lumière qu’un autre nous a donné pour balises, là est notre devoir. Le reste n’est pas en notre pouvoir que seul l’amour (de la sagesse, de la vérité) peut.

    • 13 Mai 2014 à 14h56

      mado dit

      J’aime beaucoup Alain Finkielkraut. Je trouve qu’il est souvent critiqué très injustement. J’ai parlé de la polémique sur son élection à l’Académie sur mon blog.
      http://molinia.wordpress.com/ 

    • 13 Mai 2014 à 14h31

      L'Ours dit

      Quel merveilleux hommage Natacha Polony.
      Si Finkielkraut a été maintes fois blessé ces dernières années, je crois que s’il lit ce texte, il sentira vos mots non seulement comme un onguent sur ses plaies, mais comme une gomme sur ses cicatrices.

    • 13 Mai 2014 à 13h39

      Lisa bis dit

      Des livres d’histoire dits “réacs” se vendent bien, du vieux Lavisse à Sévillia, cela peut donner de l’espoir pour la transmission de l’Histoire ?

    • 13 Mai 2014 à 12h35

      Habemousse dit

      « Alain Finkielkraut, contre tout les clichés, est bien un auteur de jeunesse. »

      Où sont les passeurs qui amèneront les jeunes vers son écriture si réfléchie et si belle car proche de la vérité de notre condition ?
      Je souhaite que « Quand les profs s’éveilleront » soit un des best-sellers de demain : reste à trouver l’auteur.

      • 13 Mai 2014 à 12h53

        _Georges_ dit

        « Quand les profs s’éveilleront »

        Mais nous en sommes à la deuxième génération d’illettrés. Ils peuvent s’éveiller, se repentir, tout ce que vous voulez : il est trop tard. Quand l’outil est cassé, il est cassé.

        Bien entendu, je vous parle de Belgique : dans nos manuels, on trouve les dissertations (thèse, antithèse, synthèse) des lycéens français. Nous admirons ce dont nous devrions être capables si nous avions un cerveau cartésien, tout en étant convaincu que ce genre d’exercice est complètement hors de portée.

        Chez nous, lorsqu’un élève pose une question de culture générale à un prof, ou de grammaire de base, le prof la note et répond au cours suivant. Je suis à peu près certain que le niveau des enseignants français ne vaut guère mieux.

        Le problème n’est pas que les étudiants soient ignares. La triste vérité est que nous en sommes arrivé au point où les profs le sont aussi (je ne parle pas pour votre épouse).

        There is no way back. Le progressisme a pris soin de détruire le chemin qui nous permettrait de retourner à une situation antérieure.

        • 13 Mai 2014 à 12h54

          _Georges_ dit

          convaincus

        • 13 Mai 2014 à 12h59

          _Georges_ dit

          “le prof la note et répond au cours suivant”, grâce à Google et wikipédia.

        • 13 Mai 2014 à 13h06

          Habemousse dit

          Même si les passeurs de culture se raréfient, ils transmettent la flamme à la façon des premiers chrétiens : comme vous je ne pense pas qu’ils soient capables de réveiller une Europe en partie anesthésiée par les idées suicidaires d’une minorité qui souhaite l’entraîner toute entière dans sa disparition.

    • 13 Mai 2014 à 12h23

      _Georges_ dit

      “Il y a ceux qui jugent intolérable que l’on s’oppose à l’indifférenciation du grand marché ouvert à tous vents et qui fustigent les « lignes Maginot » pour mieux applaudir l’entrée des chars du libéralisme vainqueur.”

      “Un hommage polyphonique dans lequel nous, encore trentenaires mais conservateurs ou réactionnaires assumés et joyeux, aurions raconté ce que nous devions à cette figure non pas tutélaire mais libre.”

      Franchement, je ne comprend pas cette opposition entre libéral (dans le sens européen du terme) et conservateur. J’y vois une facilité.

      On peut très bien cumuler ces deux qualités, ce qui a l’avantage de rendre le français moyen épileptique.

      • 13 Mai 2014 à 12h24

        _Georges_ dit

        comprends

      • 13 Mai 2014 à 14h00

        Francois_Sanders dit

        D’autant que le mot “libéral” est aujourd’hui dévoyé.

        Il existe un vrai libéral en France, un contemporain, dont on parle trop peu : Daniel Tourre.
        Il est un francais à la fois conservateur et libéral – mais un vrai libéral, pas à la facon d’un bob le bobo en mal de progrès.
        Le francais moyen dont vous parlez est ce bob effectivement épileptique dès lors qu’il est placé face à ses contradictions.
        Comme par exemple celle relevant de sa pensée du capital et de l’immigration : opposé au premier, il défend la seconde qui ne sert que les intérêts du premier – sauf à considérer que l’immigré déraciné soit heureux de son déracinement.