#Justice pour Fillon! | Causeur

#Justice pour Fillon!

Le putsch médiatico-judiciaire aura-t-il la peau de l’élection?

Auteur

Elisabeth Lévy

Elisabeth Lévy
est fondatrice et directrice de la rédaction de Causeur.

Publié le 01 mars 2017 / Politique

Mots-clés : , , , ,

Des hauts magistrats et leurs amis journalistes ont-ils délibérément tenté de sortir du jeu l'un des favoris de la présidentielle? Et si oui, pour le compte de qui?

Meeting de François Fillon à Paris, 29 janvier 2017. AFP PHOTO / Eric FEFERBERG

François Fillon ne mérite sans doute pas un premier prix de vertu. Ni la médaille du désintéressement. Mais s’il parvient à sortir du piège tissé par ses adversaires, il aura au moins prouvé qu’il possède la première qualité d’un boxeur : savoir encaisser les coups. Mieux, pour rester le champion de son camp– ce qui paraît probable à l’heure où nous bouclons, trois semaines avant la date limite de dépôt des candidatures –, il lui aura fallu défier une puissance à deux têtes d’autant plus redoutable qu’elle avance parée des atours de la faiblesse et des séductions de la pureté. La sainte-alliance des juges et des journalistes, comme l’appelait Philippe Cohen, promet de faire advenir un monde meilleur, une démocratie délivrée des turpitudes humaines. L’interminable chronique des affaires et des lynchages afférents fournissant un avant-goût de cet avenir radieux, on peut déjà affirmer qu’on n’y rigolera pas. Le spectacle de Plic et Ploc, surnoms affectueux donnés par Régis de Castelnau à Davet et Lhomme, procureurs au Monde et confidents du président ­– ou de leurs clones de Mediapart –, reçus sur tous les plateaux avec la déférence qu’on voue aux commissaires politiques qui peuvent vous faire guillotiner, est pourtant hautement comique. Surtout tant qu’ils ne le peuvent pas. Voilà pourquoi il faut que Fillon tienne. Pas parce qu’il est le champion de la droite – et encore moins pour son programme. Parce que, s’il devait céder, cela signifierait qu’une sorte de putsch médiatico-judiciaire a réussi à plomber l’élection présidentielle plus sûrement qu’une armée de trolls russes. Plenel au pouvoir, je demande l’asile politique à Poutine.

Tout cela devrait valoir un peu d’indulgence aux fautes de François Fillon – que pour ma part, quoique ultra-minoritaire, je persiste à trouver vénielles. L’obsession, si largement partagée, pour l’argent des autres, en dit plus sur le règne de l’envie et du soupçon que sur les pratiques illégales ou immorales présumées de nos gouvernants. On a raison de reprocher à Fillon d’avoir lui-même appuyé sur ce bouton – et avec une inélégance marquée à l’égard de Nicolas Sarkozy. Il serait cruel et frivole de voir dans la tempête qu’il traverse une forme de justice immanente – « bien fait pour lui », ça ne fait pas une politique.

A quand un “label propreté” pour tous les candidats?

À tout prendre, pensera-t-on peut-être, les juges et les journalistes ne sont pas les plus mal placés pour défendre un intérêt général malmené par l’abus des petits et grands privilèges que s’arrogent les gouvernants. Quand les décodeurs du Monde prétendent dire le vrai et le faux, et que personne ou presque ne s’en émeut, pourquoi les médias et la Justice ne décerneraient-ils pas un « label propreté » aux candidats, afin d’aider l’électeur égaré ? Admettons même – provisoirement –, qu’il n’entre dans les croisades respectives de ces deux pouvoirs aucune envie de se payer un puissant, aucun désir de jouer à Bernstein-et-Woodward. Ces belles campagnes d’assainissement n’en masquent pas moins une opération de basse police politique, dans laquelle juges et journalistes se sont, en quelque sorte, auto-instrumentalisés. « Les magistrats rêvent de condamner les politiques en exercice, qu’ils soient de droite, du centre ou de gauche et en retour, les politiques en fonction rêvent d’assujettir les magistrats », écrivait Richard Malka dans le JDD en décembre, à propos de l’affaire Christine Lagarde. Quand les « politiques en fonction » et les magistrats tirent dans le même sens, ils peuvent faire de sacrés dégâts. Et quand, en prime, les médias jouent la même partition, la partie est jouée d’avance : l’enquête est menée à charge et au pas de charge, au rythme de

[...]

  • causeur.#44.bd.couv

    Article réservé aux abonnés

    publié dans le Magazine Causeur n° 103 - Mars 2017

  • X

    Article réservé aux abonnés

    Déjà abonné, connectez-vous


    mot de passe oublié | Vous n'arrivez pas à vous connecter ?
     

    PAS ENCORE ABONNÉ ?

    causeur.#44.bd.couv
  • La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 6 Mars 2017 à 18h14

      Marc54 dit

      Qu’en est-il des accusations d’emplois fictifs du modem ?
      http://www.dreuz.info/2017/02/28/explosif-francois-bayrou-compromis-dans-une-affaire-demplois-fictifs/
      Bayrou est-il devenu intouchable depuis qu’il s’est soumis à Macron ?

      • 6 Mars 2017 à 18h16

        steed59 dit

        il a compris où était le vrai pouvoir

    • 6 Mars 2017 à 6h27

      Pol&Mic dit

      “le Monde” ???????
      beeeenn, CQFD !
      “manipulé à distance” (euh ! -à l’insu de sa “bonne volonté”-) (wouarfffff)….. pas vu, pas prit

    • 5 Mars 2017 à 8h23

      g.pendaries@orange.fr dit

      Selon Madame Lévy « Tout cela devrait valoir un peu d’indulgence aux fautes de François Fillon – que pour ma part, quoiqu’ultra-minoritaire, je persiste à trouver vénielles. L’obsession, si largement partagée, pour l’argent des autres, en dit plus sur le règne de l’envie et du soupçon que sur les pratiques illé-gales ou immorales présumées de nos gouvernants » On a compris : « la morale est le ressentiment des faibles » disait Nietzche. Le problème c’est qu’il y a beaucoup de faibles dans ce pays et qu’ils ont le droit de vote. C’est bien là que se trouve le nœud de la question : même une fois tous les cinq ans c’est beaucoup trop.

    • 5 Mars 2017 à 6h21

      Livio del Quenale dit

      5 Mars 2017 à 1h41i-diogene
      &&&Complotisme emberlificoté..!^^&&&
      -
      Non peut-être, mais stratège intelligent
      Bravo Madame rolande.faugeron, vous offrez un scenario tellement plausible.
      -
      Cependant et sans vous offenser, l’Histoire se répète, différemment, et pas forcément à l’heure, mais se répète, surtout quand les conditions requises sont rassemblées.

      Comme par exemple que nous faisons le lit d’une dictature en rassemblant les conditions de 1936, dictature qui ne sera pas celle du FN, mais pire, et probablement venue de l’extérieur.
      Par exemple après le FN qui aura mis le pays en faillite.
      -
      Je ne dis pas que ça va arriver, je cite un exemple possible pour illustrer ce que je dis à propos de l’Histoire qui se répète.

      C’est pour ça qu’élire des bouffons inaptes nous mènent au désastre surtout que voila 36 ans que ça dure avec des bas moins bas mais jamais en positif.