Il paraît que, finalement, je peux assister au festival “interdit aux blancs” | Causeur

Il paraît que, finalement, je peux assister au festival “interdit aux blancs”

Mais je n’irai pas!

Auteur

Benoît Rayski

Benoît Rayski
Journaliste et essayiste

Publié le 03 juin 2017 / Société

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Capture d'écran d'un tweet de Mwasi-collectif

J’avais fait confiance à la fachosphère qui criait que cette rencontre était interdite aux Blancs. Mensonge… J’avais cru Anne Hidalgo qui disait la même chose et qui voulait interdire le festival. Re-mensonge… J’ai été abusé à la fois par des fascistes, et par une socialiste. Ce qui est assez exceptionnel.

J’apprends en effet en lisant Libération que tout ça est très exagéré, et qu’il n’y a pas de quoi faire tout ce bruit. Je pensais être contrôlé au faciès. Je croyais qu’on m’éjecterait car je suis blanc. En effet, je suis blanc, et je devais être rejeté car je ne suis pas victime du « racisme d’Etat ». Je ne suis ni noir, ni arabe, ce qui n’est pas fameux. En plus je suis Juif. Et je mange tous les matins un enfant palestinien au petit-déjeuner. Et enfin est venu, la bonne, l’excellente, la grande nouvelle !

Libération rappelle certes que le festival comptera trois espaces « non mixtes » où je ne suis pas convié. L’un dédié aux femmes noires, et à elles seules. L’autre accueillant des personnes noires (donc des hommes aussi) et rien qu’elles. Et encore un ouvert aux « personnes racisées » et à personne d’autre. Mais, ô joie, ô bonheur, il y a, nous apprend-on, un quatrième espace « mixte ». En conséquence de quoi je peux y aller.

Je ne veux pas être mêlé aux Indigènes de la République

Et bien non, je n’irai pas. Car je ne veux pas être mêlé aux Indigènes de la République et à des associations qui crachent sur moi. Je suis heureux dans mon jardin. A me prélasser dans mon hamac. Je lis Tintin au Congo, je regarde Autant en emporte le vent. Peut-être même que j’ai eu un ancêtre négrier…

Je sais que je suis fautif d’avoir colonisé l’Afrique. Mais j’en ai marre de baisser la tête pour ça. J’ai quitté et décolonisé l’Afrique il y a belle lurette. Je veux être libre. Libre des organisatrices de la rencontre et de toutes les tordues qui iront à ce festival.

Je suis blanc. Et j’ai longtemps milité pour la mixité. La mixité hommes-femmes. La seule qui vaille. Celle qui permet de s’aimer et de faire des enfants. Hommes et femmes de toutes les races, de toutes les couleurs, de toutes les religions, aimez-vous! Tout compte fait, je n’en veux pas vraiment aux prêtresses de « l’afro-féminisme ». Je trouve qu’elles ont bien fait d’organiser un festival le moins blanc possible. Car je tiens à éviter toute promiscuité avec elles. Je sais que ça s’appelle l’Apartheid. Mais ce n’est pas moi qui ai commencé.

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    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 5 Juin 2017 à 13h21

      Gavroche64 dit

      L’auteur a oublié de citer “La case de l’Oncle Tom”. Ceci dit, il faut absolument exiger le droit d’entrer dans ce genre de festival pour le principe, même et surtout, si on déteste les manifestations culturelles-cultuelles qui peuvent s’y produire.
      Enfin, il m’a fait rire en disant avoir été abusé par les fascistes et les socialistes sur le sujet, comme si on ne pouvait pas être les deux. Que ceux qui ne sont pas d’accord révisent leur Histoire.

    • 5 Juin 2017 à 4h46

      pseudonyme dit

      Racisme? T’as voté quoi? ça. Quoi? ça.

    • 4 Juin 2017 à 8h35

      QUIDAM II dit

      La radicalisation racialiste manifestée par le festival afroféministe nyansapo rend désormais déplaisante la cause de ces minorités.
      Il serait consternant, mais peu étonnant, que cette radicalisation en retour des raidissements de même nature mais inverse…
      On songe à l’un des thèmes de Marc Ferro : le ressentiment dans l’Histoire.

      • 4 Juin 2017 à 8h36

        QUIDAM II dit

        Il serait consternant, mais peu étonnant, que cette radicalisation  provoque  en retour des raidissements de même nature mais inverse…

        • 4 Juin 2017 à 13h17

          Pierre Jolibert dit

          Cette radicalisation festivalière purement verbale à ce jour provoque bel et bien des raidissements purement verbaux un peu partout dont ici.

    • 4 Juin 2017 à 1h01

      Fioretto dit

      A Londres trois attentats simultanés ?

    • 3 Juin 2017 à 23h31

      C. Canse dit

      Ces ségrégationnistes ne comprennent rien au fait d’être français qui consiste à avoir une âme française, une âme qui ne s’arrête pas à la couleur de la peau ni au sexe mais à l’esprit, la culture, l’art, la gastronomie, l’identité, le sentiment d’être de quelque part, de ce beau et grand pays : la France.
      La France, un petit morceau d’univers.
      La France n’est pas un domaine réservé, c’est un pays aimant et généreux. 

      Tant pis pour les ségrégationnistes qui lui préfèrent leur prison mentale, leur réserve.