Le Conseil constitutionnel à la rescousse de la fessée | Causeur

Le Conseil constitutionnel à la rescousse de la fessée

Pourquoi l’interdire était une ineptie

Auteur

Diane de Bourguesdon
est consultante en stratégie.

Publié le 21 février 2017 / Société

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Image: Flickr.

Le Conseil constitutionnel a invalidé plusieurs articles de la loi Egalité et citoyenneté, dont celui, très polémique, visant l’interdiction de la fessée parentale. Grand bien lui en a pris. On peut certes regretter que l’anticonstitutionnalité ait été fondée non sur le fond mais sur la forme du texte, celui-ci ayant été jugé sans rapport avec la loi. Mais ne boudons pas notre plaisir : les raisons de se réjouir ne sont pas minces.

Minorité agissante

Inutile d’insister sur la monstruosité de la maltraitance enfantine, qui relève fort heureusement du pénal. En revanche, que le drame des enfants battus devienne le motif d’une condamnation uniforme de tous les parents, qui dans leur tâche éducative peuvent être amenés à recourir à la correction physique légère, est une ineptie.

D’une part, c’est une immixtion indue dans la vie privée des familles, faite comme toujours dans ce cas au nom du bien commun. L’Etat décrète la façon unique et convenable d’élever les enfants et entend bien l’imposer aux parents, qui sont tous comme on le sait, des bêtes ignares et brutales à la main leste. Cette intrusion dans ce qui relève de la sphère privée s’apparente à du totalitarisme. Le dispositif ne prévoyait pas de sanction pénale, pour l’instant. Si cela était advenu, cette mesure aurait en outre représenté un détournement du rôle de la loi, destinée à punir la seule marge déviante et non à intervenir dans la vie des gens ordinaires (85% des parents auraient recours à la fessée). Notons au passage que nos politiques n’ont aucun scrupule à légiférer sur les mœurs de leurs concitoyens dès lors qu’il s’agit à leurs yeux d’un enjeu primordial, le port du burkini ne l’étant manifestement pas.

D’autre part, c’est une façon insidieuse de faire avaler plus facilement la pilule du progressisme sociétal, et de permettre l’avènement en douceur de l’Homme nouveau, grâce à une ficelle déjà connue : l’incrimination abusive de la majorité innocente au nom d’une minorité agissante.

Campagnes d’intimidation

Ce n’est pas la première fois que nos gouvernants usent de ce stratagème. On se souvient ainsi de la campagne de lutte contre le « harcèlement sexiste » dans les transports. Il serait souhaitable que les véritables auteurs de ces agressions, essentiellement des bandes de jeunes, qui se livrent à des insultes honteuses pouvant dégénérer en violences physiques, soient désignés et punis comme ils le méritent. A défaut mais à dessein, le ministère a échafaudé une véritable campagne d’intimidation à l’encontre de toutes les personnes de sexe masculin, qui auraient l’indélicatesse de manifester plus ou moins finement leur intérêt pour le beau sexe à leurs représentantes. Double bénéfice de cette criminalisation indifférenciée du mâle : éviter de stigmatiser la jeunesse des banlieues, et soutenir le progrès social permis par la castration psychologique des hommes, étape indispensable avant d’atteindre l’objectif tant espéré d’une société sans différenciation sexuelle. Dans le cas de la fessée, le progrès sociétal escompté est l’abolition de tout rapport hiérarchique entre parents et enfants, dans une logique égalitariste poussée jusqu’à l’absurde, et ardemment voulue par les instances supranationales (Convention internationale des Droits de l’Enfant. Convention des Nations-Unies).

L’interdiction de la fessée est donc une ineptie, mais pas seulement. Last but not least, elle participe à sa manière à notre fragilisation face à la progression de l’islam. C’est un coup de canif porté au dernier bastion de l’autorité dans notre société, l’autorité parentale, bastion déjà très ébranlé par les théories permissives de mai 1968. Or comment ne pas mettre en parallèle notre déconstruction progressive de toute forme d’autorité, et l’avancée rampante de l’islam, incarnation de l’obéissance s’il en est, dans nos sociétés ?

Quel peut bien être le degré de notre aveuglement, qui nous empêche de voir que plus nous nous dépouillons de tout corset de contrainte, plus un autre dispositif, autrement plus autoritaire et totalitaire, viendra à coup sûr occuper l’espace que nous aurons volontairement vidé ? Notre nature humaine est ainsi faite que, constamment tiraillée entre sa part de lumière et sa part d’ombre, ou dans des termes plus profanes, entre son côté clair et son côté obscur, elle éprouve un impérieux besoin de limites, de bornes, de normes.

Est-il interdit d’interdire?

Avec l’article initial, nous œuvrions certes à enrichir notre arsenal répressif. Mais ce sont des lois qui viennent précisément à l’encontre de toute forme de coercition. En somme, une nouvelle loi contre la loi naturelle, celle qui veut que les parents détiennent une autorité sur leurs enfants. « Il est interdit d’interdire » est plus que jamais d’actualité. Si l’effacement de toute trace d’autorité au nom de la liberté de chacun semble une idée séduisante, il est à terme incompatible avec notre essence humaine.

L’interdiction de la correction physique légère des enfants est une illustration, parmi d’autres mais avec une haute portée symbolique, de la manière dont nous abandonnons petit à petit notre corset historique, et ce faisant, laissons la place à un autre, en l’occurrence issu d’une autre culture, et en l’occurrence défendu avec ardeur par ses partisans. A toujours vouloir toujours moins de contraintes, nous n’en récolterons que davantage. Moins de fessée, pour plus d’islam.

En votant l’article contre les violences éducatives, la France cédait à une injonction du Conseil de l’Europe. Mais les sages de la rue de Montpensier en ont décidé autrement. Sans le vouloir, ils viennent d’offrir un sursis inespéré à l’autorité parentale. Pour combien de temps encore ?

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    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 27 Février 2017 à 1h31

      francause dit

      En dehors du fait qu’effectivement le gouvernement n’a pas à dire comment on élève nos enfants du moment qu’il n’y a pas maltraitance, il faut réfléchir à ce qu’on peut proposer à la place de ce que l’on interdit. On pourrait peut-être aller voir du coté de certaines populations du monde, où les punitions sont ritualisées, avec demandes de pardon, actions compensatoires au sein de la communauté, convocation des familles responsables devant les représentants du groupe. Difficile de trouver le juste milieu entre sévérité, indifférence et impuissance. Seuls les spécialistes ont les mots et les outils pour expliquer… et le temps!

    • 25 Février 2017 à 17h44

      commissaire joss dit

      “Or comment ne pas mettre en parallèle notre déconstruction progressive de toute forme d’autorité, et l’avancée rampante de l’islam, incarnation de l’obéissance s’il en est, dans nos sociétés ?” Très bonne question Madame, mais le train de la déconstruction est déjà parti depuis un moment. Mai 68 est la dernière tumeur maligne Française de la fin de notre civilisation judéo-chrétienne à bout de souffle. Une phase terminale d’une civilisation de plus de 2000 ans est très longue à terminée, il faut en passer part tout un tas d’inepties et de lois qui n’ont ni queue ni tête. La décadence est entamée et elle ira jusqu’à son terme, c’est pourquoi j’ai pris le parti d’en rire car elle nous fera bientôt pleurer. On n’y peut rien, c’est ainsi. Revenir en arrière est désormais impossible mais on peut détester le présent en attendant un futur qui va nous obliger à combattre sans réelle certitude de victoire.Affaire à suivre…

    • 24 Février 2017 à 6h48

      IMHO dit

      Ça, c’est un exemple d’inintelligence artificielle . Il n’y a pas un mot dans ce texte qui soit le fruit d’une réflexion . Ce n’est qu’un assemblage d’affirmations péremptoires toutes faites . Triste .

    • 24 Février 2017 à 0h06

      Alex Z dit

      Vous exagérez.
      Il peut y avoir coercition sans fessée, ni baffes aucunes.
      Moi même je n’étais pas un enfant facile, mais je n’ai jamais reçu de mes parents un coup sur une quelconque partie de mon anatomie.
      Je suis d’accord qua le développement de l’enfant, passe par la prise de conscience que tout n’est pas permis, qu’il y a des limites qu’il ne faut pas franchir, car dans la vie de l’enfant, comme dans la vie tout court de tout le monde, tout n’est pas possible ni permis, et plus tôt on le comprend mieux c’est.
      Et j’en avais parfaitement conscience étant enfant. Même si je n’ai jamais reçu de baffes.
      Je crois au contraire que l’accumulation des fessées et autres punitions physiques, amènent un certain fatalisme chez l’enfant, qui ne fait plus la relation entre ce qu’il fait de mal, et les coups qui peuvent pleuvoir pour un oui ou un non. C’est comme les cris. Certaines familles pour se faire obéir, utilisent leur organe vocal à leur volume maximum. Le résultat, c’est que les enfants n’écoutent plus. Les enfants sont plus sensibles à un seul mot prononcé calmement mais fermement et qui va les toucher, qu’un flot ininterrompu de cris et de hurlement, auxquels ils s’habituent et qu’ils n’écoutent même plus car ils savent qu’ils ne sont pas suivis d’effets.
      Enfin c’est mon point de vue personnel, et je le partage, comme dirait Dupont, car il est bâti sur mon expérience, mais j’admets aussi qu’il puisse être discuté.

      • 24 Février 2017 à 11h24

        DianedeB dit

        Je ne dis pas que la correction physique des enfants est le gage d’une éducation réussie, loin s’en faut. Ce serait bien trop simple d’ailleurs. Et il est sans doute possible de s’en passer. Mais cela relève du jugement des parents dans leur tâche privée d’éducation de leurs enfants. L’interdire est le signe d’une volonté délibérée, mise en œuvre en Suède depuis les années 1970, de supprimer la hiérarchie naturelle existant entre le parent et l’enfant.