Madame la maire, et ta sœur? | Causeur

Madame la maire, et ta sœur?

Une insulte à la langue et au sens communs

Auteur

Jean-Paul Brighelli

Jean-Paul Brighelli
Enseignant et essayiste, anime le blog "Bonnet d'âne" hébergé par Causeur.

Publié le 16 novembre 2016 / Société

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Ségolène Royal défile avec des associations féministes, 2007. Numéro de reportage : 00541753_000003;

13 novembre 2016. « François Hollande et Anne Hidalgo, la maire de Paris, inaugure six plaques commémorant les attentats du 13 novembre 2015 » — disent les médias à l’heure même où j’écris.
Passons sur le fait que les médias (ni les plaques commémoratives) ne précisent au nom de quelle idéologie des terroristes ont assassiné des gens au hasard des rues. Mais « la » maire…
En décembre 1986, Frédéric Dard-San-Antonio sort La Fête des paires. L’occasion de rejouer en titre d’une ambiguïté maintes fois moquée dans l’œuvre du plus grand écrivain de langue française des trente dernières années du XXème siècle : j’ai encore le souvenir très vif d’un autre roman de la série où parlant de deux individus, il précisait : « Ils sortent du même maire, mais pas de la même paire »…

Le 6 octobre 2014, Julien Aubert, député UMP, a été sanctionné financièrement pour avoir donné du « Madame le président » à Sandrine Mazetier qui présidait l’Assemblée ce soir-là. Rappelé à l’ordre, mais récidiviste malgré tout, Julien Aubert s’est entendu dire par son interlocutrice courroucée : « Monsieur Aubert, soit vous respectez la présidence de la séance, soit il y a un problème. C’est madame LA présidente ou il y a un rappel à l’ordre avec inscription au procès-verbal ». « Faites un rappel à l’ordre. Moi j’applique les règles de l’Académie française », lui a répondu Julien Aubert. Finalement sanctionné, l’élu du Vaucluse sera privé, pendant un mois, de 1.378 euros, soit le quart de l’indemnité parlementaire.
À noter que ce n’était pas le premier accrochage entre ces deux-là. Au mois de janvier 2014, Julien Aubert avait déjà appelé Sandrine Mazetier (qui proposa jadis de débaptiser les écoles maternelles parce qu’elles trouvait que l’adjectif réduisait la femme à sa fonction reproductrice) « Madame le vice-président » — ce à quoi le député de la huitième circonscription de Paris avait cru bon d’ironiser en répliquant à celui qui avait masculinisé son titre : « Monsieur la députée, vous étiez la dernière oratrice inscrite. »

Lisez la suite de l’article sur le blog de Jean-Paul Brighelli.

 

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    • 17 Novembre 2016 à 21h33

      Guenièvre dit

      Monsieur Brighelli qui est un homme cultivé fait semblant d’oublier que la langue du Moyen Âge compte de nombreux noms de métiers au féminin : la miresse (femme médecin), la peintresse, la tisserande, la gouverneuse, l’avocate, l’autrice. C’est la loi salique datant du XIVe siècle qui a commencé à modifier le paysage féminin tant sociologique que morphologique, de telle façon que les noms féminins de métiers finissent par désigner les « épouses de ». Il faut se rappeler aussi que c’est un arrêt du Parlement de Paris en 1593 qui interdit aux femmes toute charge dans l’État. D’où ce regard condescendant et ironique sur les noms féminisés…Et puis le cardinal de Richelieu fonde l’Académie française en 1634 et lance une grande réforme orthographique où bon nombre de féminins sont supprimés. Par volonté “d’effacer” les femmes de la vie publique disent les féministes. Ou parce que ces mots commençaient à tomber en désuétude ? Je ne me prononcerai pas…
      « pour (par) la douceur de vos regards, (vous) avez jà donné saufconduit à ma plume, et transmis force et sûreté en mon cœur contre les durs assauts de vos adversaires ; désormais donc pouvons sûrement lever nos ancres sous la conduite de si sages gouverneresses. » 1460
      «Et notez que toutes ces inventions ne venoient d’autre boutique ny d’autre esprit que de la royne mère, car elle y estoit maîtresse et fort inventrice en toutes choses.»
      Brantôme, «Discours sur Catherine de Médicis», fin XVI e
      « tu peuz considerer que la souveraine princesse par moy renommee passe toutes les autres dames universellement en honneur et excellence. Puis doncques que elle les passe toutes en vertu et grace, elle est vainqueresse de toutes les autres. » 1460
      «Ce que les Hommes faisoient en cecy, estoit encore fait plus librement par les Femmes. Ce n’estoit pas là seulement la Ville des Peintres; Il y avoit quantité de Peintresses, dont quelques-unes n’estoient gueres Peintresses que pour elles.»
      Charles Sorel, 1659

      • 18 Novembre 2016 à 11h55

        Malinamodra dit

        Oncques vous ne remarquassent ces propos tout remplis de sainte sagesse à recommander aux diablesses
        ” Toujours dans les évangiles des Quenouilles, on peut lire : « on ne doit pas donner à des femmes enceintes des têtes de poisson à manger afin que par leur imagination, leur fruit ne naisse la bouche plus relevée et plus pointue qu’il n’est normal. »

      • 19 Novembre 2016 à 17h58

        Alex Z dit

        Avec tout ça, moi, je ne sais plus si je dois obéir à mon entraîneur, ou à mon entraîneuse.

      • 21 Novembre 2016 à 15h18

        pyrrhos7775 dit

        Jolis textes ! J’aime assez autrice, plus en tous cas qu’auteurE ou qu’écrivainE. 

    • 17 Novembre 2016 à 20h44

      Malinamodra dit

      Oh désolé , j’ai mal vu !!! une grosse et…handicapée!!! on persévère dans la stigmatisation
      Que font Sancho Pensum et la duchesse d’Arbois ?, remettez ça à plus tard!

    • 17 Novembre 2016 à 20h41

      Malinamodra dit

      Personne n’a souligne le caractère parfaitement discriminatoire et stigmatisant de cette photo
      1. pas une seule grosse
      2. pas une seule ne porte la burqa
      C’est à mon sens une immonde tentative heureusement déjouée de salir l’image de la Princesse du Poitou
      Sur ce bonne nuit à Sancho Pensum et à la duchesse d’Arbois!

    • 17 Novembre 2016 à 17h37

      Pol&Mic dit

      bah……. les féministes ne sont pas à “ça” près !….. les socialistes encore moins!

    • 17 Novembre 2016 à 15h01

      curnonsteen dit

      Une clitorisse, une vagin, une utérusse, un verge, un bite, deux beaux couilles. Comme j’écrivais à l’avocat qui me défend, Clotilde Durand-Petitpont, je n’ai pas hésité à lui donner du “Ma chère Maitresse”. Hélas, elle ne semble pas avoir compris qu’il s’agissait de son nouveau titre et elle m’a signifié que je me livrais à du harcèlement. Je vais chercher un défenseur de sexe masculin en priant pour qu’il ne soit pas membre (?) de LGBT ou de quelque chose (quelleque chose ?) d’approchant. Ah les con(ne)s !
      A “JR” : on fait quoi ? On encule les mouches mais seulement les mâles.

      • 17 Novembre 2016 à 15h06

        François dit

        “A “JR” : on fait quoi ? On encule les mouches mais seulement les mâles”
        Si ça vous intéresse, j’ai ouvert un petit boutique en ligne de Godes-ceintures et mon clientèle, essentiellement féminin ; (fémininE ?) se les arrache…

    • 17 Novembre 2016 à 14h06

      JR dit

      Sur les vicissitudes du “sexe des mots” il y a un livre instructif dont l’auteur ou l’auteure (au fait, des tas de substantifs en “eur” sont féminins, chaleur, hauteur…) est Marina Yaguello, résumé http://bouquinsblog.blog4ever.com/le-sexe-des-mots-marina-yaguello
      Au passage, une générale est l’épouse d’un général, une mairesse l’épouse d’un maire, alors on fait quoi ?

    • 17 Novembre 2016 à 13h05

      brindamour dit

      On dit Madame la mairesse et Madame la ministresse.
      Un peu de tenu et moins de phallocratisme.

      • 17 Novembre 2016 à 14h37

        Cortisone dit

        une mairesse l’épouse d’un maire…

        C’est pas phallocrate.

        Et faire un double à chaque mot n’est pas plus intelligent.
        Le neutre, personne n’y a pensé ?

      • 17 Novembre 2016 à 15h01

        François dit

        Brindamour, je préférerai un peu moins de féminisme… radical aussi réducteur qu’imbécile.
        En Suède, on ne dit plus Il ou Elle, mais On. C’est la ferme des mille-veaux.

    • 17 Novembre 2016 à 12h50

      Alam dit

      Ah Oui, il est temps d’en finir avec le sexisme : Moi je veux être UN victime, si j’ai un accident, UN sentinelle si je suis de garde, UN estafette si je suis le petit télégraphiste de mon capitaine, et UN vedette et UN star si je passe à l’Olympia. Bandes de connasses !

      • 17 Novembre 2016 à 13h27

        SergioBruno dit

        J’ajouterais “vigie”.Effectivement, des noms de fonctions (souvent militaires) n’ont pas de masculin et personne n’a songé à les masculiniser ! Et de même des titres honorifiques n’ont pas de masculin : son excellence, son éminence, sa Sainteté (!)…
         

        • 17 Novembre 2016 à 14h58

          François dit

          LA vigie ou LA sentinelle en effet.
          Pour son excellence, je préfère Monsieur l’ambassadeur…
          Quant à UNE éminence et SA Sainteté, normal, l’église est une femme. François, l’actuel gérant, vient de le rappeler à plusieurs reprises.

      • 17 Novembre 2016 à 17h47

        Pol&Mic dit

        anh mais…… UNE Star est féministe !!!!! un homme ne peut être qu’astéroïde…….ou satellite!

    • 17 Novembre 2016 à 12h25

      persee dit

      Mais non,  puisqu’on vous dit que le postulat du genre n’existe pas . Ceux là-même qui défendent l’indifférenciation ; quelle pagaille ! Cherchez la raison dans ce fatras conceptuel , c’est dur
       

    • 17 Novembre 2016 à 11h49

      philgold dit

      Je vote pour l’école paternelle.

    • 17 Novembre 2016 à 11h37

      meylanville dit

      Oh, la vilaine rapporteure !

    • 17 Novembre 2016 à 10h44

      Malinamodra dit

      Excellent, comte Gelatti!
      Il n’était peut être pas besoin de convoquer le ban de la grammaire et l’arrière ban de l’Académie pour faire ce procès mais , ces écarts dispendieux mis a part, j’apprécie cette attaque contre la Féminardie et ses cocottes emplummées.
      Ne plaignez pas madame de Gouges et le sort qui lui fut réservé. Entre les mains de votre suzerain , le Duc Crassepoutine, elle eût beau jeu de se faire appeler Boucarin plutôt que Boukharine , elle n’en aurait eu pas moins droit à une balle dans la nuque.Encore que son Girondisme aidant elle eût peut être échappé à la main du bourreau!
      Lavissement vôtre

    • 17 Novembre 2016 à 10h41

      Des Bois dit

      C’est pourtant pas compliqué!

      http://www.academie-francaise.fr/la-maire

    • 17 Novembre 2016 à 9h37

      armand46 dit

      La maire qu’on voit danser…….

    • 17 Novembre 2016 à 8h17

      CYNORRHODON dit

      Et la connerie?