“Famille politique”, combien de divisions? | Causeur

“Famille politique”, combien de divisions?

On ne choisit pas sa famille…

Auteur

Ingrid Riocreux

Ingrid Riocreux
Agrégée de lettres modernes et auteur de "La Langue des médias"

Publié le 19 juin 2017 / Médias

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Conférence de presse des Républicains à Paris, mars 2017. SIPA. 00800414_000035

« La vague macronienne fait exploser les familles politiques », ai-je entendu. L’expression « famille politique » s’est installée de longue date dans le vocabulaire des hommes politiques et des commentateurs. Elle est totalement impropre et comme telle, forcément intéressante. Et comme toujours avec les faux amis, il faut se poser la question : si « parti » se dit « famille », comment dit-on « famille » ?

Allégeance obligée

On convoque la notion de « famille politique » quand on veut lancer un appel à l’unité ou suggérer que cette unité existe par-delà les désaccords. C’est le vocabulaire du sang et du cœur. Ainsi, rompre avec sa « famille » serait une véritable trahison : le mot condamne par avance les défections et les aventures personnelles. Famille sonne alors comme « mafia », avec une idée d’allégeance obligée. Et tant que chacun entend demeurer au sein de la famille alors que tout le monde se bouffe le nez, on dit : nous sommes une famille, il est normal d’avoir des divergences au sein d’une famille.

Oui mais.

Nous ne sommes plus au temps des Romains, où l’on mêlait allègrement filiation et politique: au temps où Claudius, de famille noble, demandait à un roturier de l’adopter afin d’obtenir le droit de se faire élire tribun de la plèbe (et se rebaptisait Clodius pour faire plus peuple) ; au temps où Octave qui se proclamait « fils du divin », était en réalité le fils de la nièce de Jules César, son grand-oncle donc, qui l’avait adopté. Dans l’élite républicaine de la Rome antique, il n’y avait de famille que politique. La famille politique devenait la famille.

Laissant de côté le cas spécifique de la transmission dynastique du pouvoir royal, on peut constater, dans notre propre système républicain, une situation qui est exactement l’inverse de la pratique romaine : le problème des Le Pen et, par extension du FN, réside précisément dans cette imbrication du biologique et du politique, qui transforme toute divergence idéologique en enjeu affectif. La famille devient la famille politique…

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    • 23 Juin 2017 à 13h27

      Hannibal-lecteur dit

      La famille est d’un tel poids dans les consciences pour la raison principale …qu’elle est un fourre-tout où chacun s’imagine trouver son compte.
      Ainsi je m’inscris d’autorité et que ça lui plaise ou non – pardon chère Ingrid – dans la famille d’Ingrid, la famille des amoureux de la saveur des mots.
      Donc des familles, tant celles que les nouvelles possibilités médicales peuvent offrir que celles œuvre des possibilités judiciaires et toutes celles qu’on pourra inventer encore, ces familles c’est n’importe quoi. Raison pourquoi appartenir à une famille n’a aucune signification : c’est appartenir à TELLE famille qui a une signification à la condition préalable …de l’avoir définie.  

    • 20 Juin 2017 à 19h08

      Anouman dit

      Plutôt que famille il vaudrait mieux parler de société de moyens. Car les rassemblements hétéroclites de gens qui ne s’entendent pas comme au PS ou chez LR sont constitués uniquement dans le but de passer le cap du scrutin majoritaire. On s’entend pour récupérer des postes rémunérateurs et c’est tout. Macron a tenté le coup de créer une autre association pour vaincre ce mode de scrutin et a réussi. Il est donc bien normal que certains, assez nombreux, soient tentés par ce qui leur parait un bon moyen de conserver leurs avantages ou d’en obtenir de nouveaux. Chez ces gens là…on compte, mais la famille on s’en fiche “républicainement”.

    • 20 Juin 2017 à 18h58

      Terminator dit

      En tant que citoyen français, je n’appartiens à aucune “famille politique” mais j’ai des opinions bien arrêtées sur un certain nombre de sujets. À chaque scrutin je m’efforce de rester fidèle aux idées que je défend publiquement ou dans le cercle de famille depuis que je suis en âge de voter.
      Je le fais parfois au prix de quelques “infidélités” vis à vis des hommes politiques qui trahissent le mandat que je leur ai confié en considérant que c’est mon devoir de citoyen de les remettre dans le droit chemin…

    • 19 Juin 2017 à 15h04

      CYNORRHODON dit

      Dommage, l’auteur n’aborde pas deux notions consubstantielles à l’idée de famille : la génération et l’héritage.

      Pour ma part m’intéressant à la droite, il me semble qu’une génération est en train de (tré)passer. Quelle sera la suivante et surtout que fera t’elle de son héritage.
      Pour moi la génération des Giscardn Chirac et suivant n’a pas fait son travail sur son héritage.

      Quand on reçoit un héritage, pour en profiter et pouvoir le transmettre, il faut :
      Le TRIER
      JETER ce dont on ne veut plus
      AMELIORER et FAIRE FRUCTIFIER ce qu’on veut garder.

      Tout ceci implique choisir ce qui veut dire passer de l’abondant à l’abandon et ce de façon assumée et pas honteuse ou dissimulée.

      Puisse la nouvelle génération à droite se mettre au travail.

    • 19 Juin 2017 à 15h01

      A mon humble avis dit

      Le mot “famille” est utilisé pour désigner ceux qui sont politiquement proches, c’est-à-dire du même parti. Est-ce parce qu’ils ont -ou plutôt prétendent avoir- des sentiments les uns pour les autres?
      Ne pas utiliser le terme “amis” est certainement très édifiant…
      Comme les journalistes ne veulent garder de la langue française que l’interdiction de la répétition trop fréquente d’un mot dans un même texte, il cherche des termes similaires. Avec plus ou moins de bonheur, souvent moins que plus, mais ils ne sont pas très sourcilleux sur le sens des mots. Regardez l’abus des “barre”, “seuil” et “cap”, indépendamment de leur sens respectif, juste pour désigner un nombre.
      Tribu sera donc convoqué pour désigner une partie de la famille, le clan étant le premier cercle.
      Mais de qui les politiciens sont-ils en vérité les plus proches? D’eux-mêmes et de leurs propres intérêts, bien sûr!

    • 19 Juin 2017 à 14h55

      Pierre Jolibert dit

      C’est vrai que c’est beau la famille. Puisque vous l’avez mis parmi vos exemples :
      “Dans la 2e (Condom), Gisèle Biémouret (PS), sortante face au candidat LRM Christopher Soccio [lui-même rabattu sur LREM après avoir perdu l'investiture par l'UDI, enfin si j'ai bien compris], a renversé une situation compromise au premier tour en l’emportant avec 51,57 % de voix. La députée, qui va entamer un troisième mandat, a réussi à capitaliser sur son travail de terrain, en bénéficiant du soutien d’un candidat LRM dissident [sans doute parce que bon faut pas pousser] et d’une partie de la droite départementale.”
      En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/elections-legislatives-2017/article/2017/06/19/resultats-des-legislatives-2017-duels-lrm-ps-dans-le-gers_5147088_5076653.html#Kj9HG0ep755Tuvjd.99

      • 19 Juin 2017 à 15h01

        Pierre Jolibert dit

        Et pas loin de là :
        “Le candidat LRM, Pierre Mardegan, qui avait dix points d’avance sur la candidate sortante PS au premier tour, est nettement battu au second. Valérie Rabault conserve son siège avec 55,28 % des suffrages. Ce renversement de situation tient en partie au soutien inattendu de la droite républicaine menée par la maire (LR) de Montauban en faveur de la candidate socialiste afin de contrer le projet du candidat LRM pour des raisons personnelles [lesquelles ? des détails ! des détails !] et éliminer du même coup une adversaire redoutée aux prochaines municipales.”
        La vague n’a donc pas fait exploser toutes les familles. Sont-elles encore plus nombreuses à se porter aussi bien ?

      • 19 Juin 2017 à 20h48

        saintex dit

        Si vous n’avez que condom à proposer pour l’avenir de la famille, on est mal !

        • 19 Juin 2017 à 22h54

          Pierre Jolibert dit

          Et c’est sur la Baïse, mais ils sont très sages, ils ont même manqué avoir Bossuet pour évêque mais qui a renoncé au siège pour pouvoir être précepteur du Dauphin : il était contre le cumul des mandats.

    • 19 Juin 2017 à 14h10

      Aristote dit

      La redéfinition radicale de la notion de famille, institution sociale qui ordonnait les filiations et devenue SARL réglée par des statuts adoptés par ses sociétaires, oblige à redéfinir en parallèle l’usage de tous les termes qui se comprenaient en association ou en opposition avec le mot famille.

      C’est inéluctable. 

    • 19 Juin 2017 à 14h03

      isa dit

      Le sous- titre, c’est pour Fillon?