Faites l’amour, pas la morale
Vive la capote, à bas la calotte !
Publié le 19 mai 2011 à 8:02 dans Société
Mots-clés : Eric Zemmour, François Taillandier

image : alexandra feo
La chrétienté est une affaire trop sérieuse pour être confiée aux seuls chrétiens. Longtemps, l’Occident a été défendu contre les invasions barbares par des soldats du Christ qui ne s’embarrassaient pas trop de charité. Aujourd’hui, une partie des chrétiens, disons la partie de gauche, revenue à une interprétation plus littérale des Evangiles, semble être devenue incapable de défendre notre monde. La frontière est vue comme un obstacle à l’accueil de l’étranger dans son altérité et le soutien aux sans-papiers comme une expiation. À l’écoute des autorités ecclésiastiques qui désapprouvent systématiquement toute tentative pour protéger les peuples et les cultures contre les immigrations massives, les bons samaritains ouvrent leurs cœurs à la substitution démographique en cours. Ils pourraient ramener la gauche au pouvoir et en avant pour plus de tolérance, d’ouverture et de régularisation massive.
Si on ne peut pas trop compter sur ces « cathos Télérama » pour nous sortir d’affaire, il nous reste les chrétiens de droite. Fermes défenseurs de la civilisation de leurs ancêtres, ils rechignent à tendre l’autre joue et semblent prêts à lancer la reconquête des territoires et de la courtoisie perdus. Mais il y a un hic. Tenants d’un ordre moral catholique pour qui hors de l’église, il n’y a point de France et point de sexe, ceux-là pourraient, en pesant à droite, obtenir des lois instaurant l’emmerdement maximum pour tous.
Chrétien débridé du cœur ou le catho coincé du cul ?
Et moi dans tout ça ? Sur lequel de ces deux citoyens puis-je compter pour sauver la République et la France ? Celui qui veut accueillir, partager, métisser, régénérer le pays dans un échange multiculturel sans tabous, ou cet autre qui rêve de régenter la vie sexuelle des Français comme s’il avait oublié son adolescence et la trique de ses dix-sept ans ? Le chrétien débridé du cœur ou le catho coincé du cul ?
Il faut lire la presse de droite catho et Causeur dans ses jours réacs, pour comprendre que l’ordre moral, comme Jésus-Christ, n’est pas mort et qu’il bande encore. Si vous l’ignoriez, le Christ est vivant, ce n’est pas moi qui le dis et si ça dépasse votre entendement, laissez tomber, c’est que vous n’avez que votre raison pour raisonner.
Un peu de morale ne nuit pas, mais que l’ordre se contente d’être public et qu’on nous laisse nos désordres privés. Au sujet de l’accès à la contraception dans les lycées, contrairement à François Taillandier, je doute qu’on puisse répondre romantisme et abstinence à des adolescents qui n’attendront pas de savoir comment ça marche pour jouir de la plus vieille liberté du monde. On peut toujours comme le suggère mon camarade, (je n’ose pas écrire confrère, il n’est pas plus menuisier que je ne suis académicien), les prendre par les sentiments et leur échanger du rêve contre leur réalité. Je crains que ce ne soit d’aucun secours pour tempérer les érections, principales causes d’échecs scolaires, selon une étude menée sur un collégien : moi. La jeunesse veut baiser sans conséquences et je ne vois pas bien en quoi un accès aux pilules ou aux capotes pose problème. Personne n’est obligé d’en croquer.
Le sexe, le plus beau cadeau du singe à l’homme
On peut imaginer un monde sans internet, sans Ipad, sans nucléaire et même sans mondialisation mais sans sexe, cela relève de l’utopie la plus délirante et le meilleur moyen d’éviter de tomber dans une sexualité déviante, c’est encore d’en avoir une. Les prêtres que dieu a soumis à la tentation mais que la police et la prison ont délivrés du mal en sont des exemples vivants. Après tout, le sexe n’est-il pas le plus beau cadeau que le singe ait légué à l’homme ou que, selon le mythe judéo-chrétien, le bon dieu lui ait donné ? À lui et à la femme si je me fie à ce que j’entends. Pourquoi diable empêcher des jeunes gens débordant de sains appétits sexuels de jouer avec leur corps par simple recherche du plaisir, sans chercher à se reproduire ou à se marier comme des animaux ou des fondamentalistes ?
Mais le pire, pour les curés de tous poils, dans la série de pêchés qui contrarient la conception, après la masturbation et la contraception, c’est l’avortement. Comme François Taillandier, les chrétiens les plus révoltés par ce « meurtre de masse » qualifient allègrement l’IVG de « boucherie ». On se demande comment on nommait cette opération avant l’époque bénie de sa légalisation et de sa médicalisation, quand la clandestinité de la chose jetait des pauvresses sur les tables des faiseuses d’anges, pour qui la calotte ne débordait pas de charité chrétienne puisqu’on leur coupait la tête sous Pétain, qui devait sauver la France, au bras du clergé et au nom du Sacré Cœur.
Et ta sœur, Zemmour ?
À coté du principe moral, il arrive que l’argument démographique soit avancé pour dénoncer ce déficit de petits Français que les « salopes » creusent et que l’immigration comble joyeusement grâce aux allocations indigènes, (Ici, c’est nous). Il faut rappeler à ces fins stratèges qui veulent faire de la politique avec le ventre des femmes comme de vulgaires islamistes qu’on aura beau enfermer dans des usines à pondeuses toutes les femelles occidentales, on ne fera pas le poids face au tiers-monde. Zemmour l’a assez répété, il n’est pas humain de mettre son frère de civilisation en concurrence avec le travailleur pauvre. Et ta sœur, Eric ?
Enfin, chacun fait ce qu’il veut mais ça ne plait pas à tout le monde. Tant que la pilule ou l’IVG ne sont pas obligatoires et que la fellation ne figure pas parmi les épreuves du bac, je ne comprends pas pourquoi les cathos grimpent au rideau dès qu’on envisage de nous faciliter la vie sexuelle, ou plutôt je comprends avec Léo Ferré que « Le problème avec la morale, c’est que c’est toujours la morale des autres ». Nous faisons tous des choses qui en choquent ou en dégoutent d’autres. Les Anglais ne nous empêchent pas de manger des escargots, nous pouvons tolérer que des moustachus se roulent des pelles le jour de leur mariage, tant qu’ils ne nous obligent pas à proclamer que c’est l’avenir et le progrès. C’est aussi ça la laïcité.
La liberté des mœurs, fleuron de l’identité française
Le mois dernier, un dossier de Valeurs Actuelles apportait sa contribution au débat sur la laïcité en nous faisant bouffer de la chrétienté par la racine jusqu’à épuisement. Il est sûrement nécessaire de rappeler aux nouveaux citoyens qui se croient en pays conquis « Les racines chrétiennes de la France » mais il n’est pas inutile de préciser que l’arbre français est aujourd’hui républicain et laïque. Si nous sommes tous émerveillés par le patrimoine hérité du Moyen-âge, nous sommes tout autant décidés à ne pas ressusciter l’esprit de ce temps. Sommes-nous condamnés, pour résister à l’islamisation, cet archaïsme d’importation, à faire revivre un obscurantisme local qu’on croyait mort de sa belle mort, obsolète et dépassé ? Les églises se vident depuis que le bonheur, cette idée neuve de deux siècles en Europe, a fait son chemin et ce n’est pas en rappelant les Français à la messe qu’on les mobilisera. La liberté des mœurs acquise ne rentrera pas dans le tube catholique, elle s’épanouira dans le cadre laïque. Elle est un fleuron de l’identité française, un bien plus précieux qu’un souvenir de communion et peut être un rempart contre l’invasion de cultures liberticides et régressives. Enfin, l’intégration n’est pas seulement une contrainte, elle est aussi une main tendue. Dans notre affaire de contraception au lycée, la jeune fille musulmane, pour vivre comme ses copines sans gêner ses parents, a moins besoin de racines chrétiennes que d’une pilule laïque et républicaine.
Nous sommes le monde libre et libérateur. La fille aînée de l’église est une sainte-nitouche au grand cœur, Marianne une femme libre, alors en amant passionné de la liberté, j’affirme, avec mon compagnon Jean (on s’appelle comme ça entre anarchistes) : « L’ordre moral mon cul, la liberté m’habite!»
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L'auteur
Cyril Bennasar est menuisier.
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leroidec dit
Peu convaincant : C. B. est le plus souvent mieux inspiré.
lisa dit
On retrouve Pirate en forme !
pirate dit
Je rejoint ce personnage sur le terme de boucherie, beaucoup moins quand un phobique qui a besoin de ramener tout systématiquement à son obsession sur les musulmans en se proclamant anarchiste. Apparement le vocabulaire ici est une maison de passe où n’importe quel faf peut s’envoyer ces mots qu’il prend pour des femmes de chambre.
pirate dit
J’ajoute que le choix de Justine, ce pensum de sadisme et de domination mysogine, est assez éclairant sur le fond de pensée de bite en bois.
fonsalfonse dit
Catho de “formation” (l’héritage chrétien de notre pays jusqu’à peu encore en France) mais athée de conviction, se servir des cas rares (mais insupportables) de curés pédophiles pour affirmer qu’une vie sans sexe est impossible et que l’abstinence engendre la déviance est une profonde malhonnêteté de la part de l’anarchiste qui est l’auteur de cet article. Il n’aura échappé à personne les statistiques sans appel au sujet des sévices infligés aux enfants : ceux-ci trouvent place au sein même de la famille (grand père, père, oncle). Argumenter autour de quelques cas (on est d’accord, moi aussi je les pendrai bien par les couilles ces curés pédophiles) pour en tirer une conclusion infamante à l’égard de l’abstinence revient à faire une soupe grossière… Mais la provocation chez l’anarcho n’est-elle pas un mode de vie… Pourquoi pas…
pirate dit
Ce type emploi ce terme parce que “ni droite ni gauche”. Se proclamer frontiste c’est pas assez romantique et ça ferait mauvais genre quand il se déchaine contre les musulmans, on le croirait de partie prix. De plus se proclamer anarchiste quand on se fait payer pour écrire dsur un site de droite c’est à pissé de rire. Quand à l’argument fourre-tout évoqué, on peut aussi lui rappeler que le plus grand nombre de cas de pédophilie sont recensé dans l’église protestante… donc ça résume, tout comme le choix de l’icono, d’un fameux faux cul qui n’a pas de mal à évoquer la défense de l’occident chrétien d’un côté et l’anarchie de l’autre, dans un même texte. Faux cul ou schizo, on sait pas, mais apparement biet en bois n’a pas de mal à nous expliquer par dessus ça qu’il adore les femmes, bien entendu. Faudrait pas en plus qu’il ponde un texte de pur mysoginie qui traduirait mieux son machisme de bac à sable.
lisa dit
@Hathorique,
Quel dommage que vous ne soyez pas venue plus tôt sur ce fil !
Nous allons être bientôt en présence, soit de femmes dominatrices, oit de femmes soumises à….une autre religion que celle de votre Heinrich kramer.
hathorique dit
Bonjour à tous
Bonjour Sophie
Je ne sais que penser de cet assaut de collectivisme sexualisant, cette intrusion permanente de l’Etat, cette main mise dans les couches culottes de nos adolescents prépubertaires ou même quelquefois libertaires.
Qu’en est il quand même de l’autorité parentale, qui comme le dit l’auteur doit s’exercer jusqu’aux 18 ans révolus n’est ce pas une manière de reprendre en mains, (si j’ose) le destin des citoyens du berceau au cercueil.
D’ailleurs cher Bennasar ne confondez vous pas au moins dans votre titre amour et sexe ?? n’y a t il pas là une confusion ou un contre sens. Qu’en est il vraiment de l’Amour dans les tournantes de banlieue qui me paraissent bien éloignées des cours d’amour courtois du Moyen Age
Certes il y a un problème de sexisme chez nos adolescents, car pour certains la femme est un objet de consommation courante, consommable et jetable après usage.
Qu’en sera t il de l’apprentissage de la responsabilité de ces jeunes gens pour leur futur, lorsqu’il suffira d’une pilule pour évacuer le problème.
Pour faire des interventions dans les classes de 6° je constate au fil du temps, une réelle prise de pouvoir des petites jeunes filles vis à vis des jeunes garçons et au jeu de la séduction, elles révèlent beaucoup de ce que seront peut être les rapports hommes femmes à venir et je ne suis pas sure que les garçons sortent grands vainqueurs de ce combat.
Mais aussi pour avoir un peu fréquenté le planning familial et y avoir vu la détresse des jeunes filles “en cloques” comme on le disait élégamment à l’époque, pour avoir entendu dire par des internes, comment avant la loi Weil, dans certains hôpitaux on curetait A VIF les femmes pour les punir d’avoir pêché car la femme est cette éternelle pécheresse Marie Madeleine, qui doit toujours se repentir et expier.
Mes grande principes de liberté se sont effrités devant tant de souffrance et à la lecture des deux articles de Bennasar et Taillandier, je ne suis guère plus avancée même si on convoque Saint Paul et Augustin au tribunal du Saint Siège, et pourquoi pas la mule du Pape.
et puisque la cause des femmes m’est chère, je recommande la lecture du livre ” le marteau des sorcières” des inquisiteurs le “Malleus Maleficafrum ” d’ Heinrich Kramer dominicain qui a servi de manuel de référence pour déterminer les caractéristiques des «sorcières» comment les dépister et quels châtiments leur imposer, il est sans doute l’ouvrage qui a causé le plus de préjudices aux femmes de toute l’histoire.
skardanelli dit
@Lisa
Tout ce qu’il y a de nouveau :)
lisa dit
@skardanelli
Merci, je n’en attendais pas moins d’un sympathique nouveau (il me semble) causeur.
Armido dit
Cher Cyril Bennasar, l’Ancien Régime français, dans sa grande ruralité, connaissait et taisait ce genre de rigorisme vertueux réservé aux saints.
Les villageois du coin n’entendaient pas donner raison au curé qui fermait leur salle de danse pour cause de débauche, et allaient se livrer dans le village d’à-côté à leurs plus bas instincts.
Pas un gouverneur du royaume ne mouffetait et c’était tant mieux.
Maintenant tout le monde parle, couche, délibère et légifère.
Ce sont les XIX et XXème siècle qui ont inventés les classes, les genres et le flicage absolu des moeurs.
Je crois que les saints français n’en avaient pas grand chose à faire du dessous des meules de paille.
quadpater dit
Gwalchaved dit :
“En tant que catholique, j’aimerais bien, de temps en temps, qu’on laisse ma religion dans sa sphère privée. Surtout si c’est pour me balancer des « à bas la calotte » d’un autre âge.”
“À bas la culotte pour tous les âges !” vous convient-il mieux ?
skardanelli dit
@Sausage
C’est principalement à vous que je répondais plus bas. Je n’ai pas vraiment compris la dureté de vos propos.
skardanelli dit
@Marie
Pas vraiment d’accord avec vous sur la Genèse. C’est vraiment le socle, et si l’interprétation est essentielle, la chute de l’homme dans le monde a marqué l’Occident tout entier, jusqu’à Heidegger et à l’existentialisme.