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Facebook, réseau antisocial ?

Lettre à mes amis effrayés

Publié le 18 octobre 2010 à 17:00 dans Société

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Photo : Spencer E Holtaway

La sortie du film The social network1 a donné lieu à des tonnes de chroniques et débats à propos du réseau Facebook. Et j’ai pu mesurer à quel point je me trouvais éloigné de certains de mes amis sur le sujet.

J’ai ainsi pu entendre Elisabeth Lévy et Eric Zemmour dire tout le mal qu’ils pensent du réseau sur l’antenne de RTL. Quant au camarade-compagnon Jérôme Leroy, il en fait l’un des symboles de ce “monde d’après” qu’il exècre et moque. Big Brother pour Jérôme ! Espace de délation pour Elisabeth ! Instrument de la dictature de la transparence pour Eric ! Mazette ! Et dire que je participe à tout cela…

Puis-je, mes chers amis, vous faire part de ma modeste expérience ? Voilà à peu près deux ans que j’ai un profil Facebook. Je compte 386 contacts. Pourquoi ai-je écrit “contacts” et pas “amis” ? Parce que – évidemment – l’amitié, c’est autre chose. Non pas que parmi les 386, il n’y en ait pas de véritables, mais ils constituent évidemment une minorité. Facebook me sert principalement à promouvoir ma modeste production éditoriale et à faire partager à tout mon réseau tous les liens que d’autres m’ont signalés et auxquels je trouve de l’intérêt. C’est ainsi qu’il m’est arrivé de faire profiter à tous mes contacts d’un texte d’Elisabeth Lévy sur Causeur, une chronique d’Eric Zemmour en vidéo ou d’un billet de Jérôme Leroy sur Causeur ou Feu sur le quartier général. Parfois, je me laisse aussi aller à des considérations sur l’actualité, une émission télé ou radio ou sur le match de la veille. En vue du présent billet, j’ai regardé si j’avais donné des éléments de vie privée à mes contacts. Il est vrai que j’ai retrouvé quelques petites choses, faute avouée à moitié pardonnée ! Ainsi, je dois vous le confesser, j’ai pu dire en juillet dernier que j’étais « en mode cartons », parce que je préparais mon déménagement ou que je partais faire une sortie en vélo par ce si beau temps2. A part ça, rien du tout. Mais je suis certain que vous pensez que c’est déjà trop !

En vrai, Facebook est comme le téléphone, la plume d’oie ou le pigeon voyageur, ce que l’on en fait. Parmi mes contacts, il n’y a qu’une infime minorité – cela doit se compter sur les doigts d’une main – qui fait part de considérations vraiment privées et intimes. Je dois reconnaître que ce genre de débordement était plus fréquent il y a deux ans. Mais les gens finissent par apprivoiser le médium. Ils ont, pour la plupart, compris ce que vous pointiez du doigt. Vous me direz que je choisis certainement bien mes contacts. C’est une remarque de bon sens et je vous remercie par avance de la formuler. Car, vous répondrai-je, qu’est ce qui vous empêche d’en faire autant?

Le problème, c’est le cerveau, pas le serveur !

Comme toute technologie nouvelle, Internet en général et Facebook en particulier nécessitent un cerveau en bon état de marche pour être utilisés à bon escient. Un cerveau en bon état de marche réclame maturité, me répondrez-vous, attirant mon attention sur les enfants et adolescents, les plus présents sur le réseau. Ce n’est pas le moindre des arguments que vous pourriez avancer. Mais là encore, Facebook et son utilisation demeurent à l’image de tout le reste. Il revient aux parents d’expliquer à leurs enfants quels risques ils prennent en faisant n’importe quoi. On leur explique bien qu’il faut regarder à droite et à gauche avant de traverser, que le respect des règles grammaticales reste important en 2010, que Secret Story est une émission de merde ou qu’il vaut mieux appeler ses parents à trois heures du matin que de revenir dans la voiture d’un pote aviné. Je ne vois pas pourquoi il serait plus difficile de démontrer qu’il est très sot de faire savoir ses moindres faits et gestes à la moitié de son collège.

Comme le disait, toujours sur RTL, Rodolphe Bosselut à Elisabeth mercredi soir, nous n’avons pas d’autre choix que de faire avec ce genre de technologie. Et il importe de la connaître au mieux pour faire adopter un comportement responsable à ceux dont nous avons la charge. Et, voyez-vous, mes amis amoureux du « monde d’avant », Facebook n’a pas que des inconvénients. Sans Facebook, François Miclo et moi ne nous serions pas retrouvés. Sans Facebook, donc, pas de David Desgouilles dans Causeur ! Vous n’avez pas tort d’avancer que cela peut bouleverser des vies. La mienne a bien changé. Pour le meilleur.

  1. Qui m’a l’air d’être un sacré navet si j’en crois David Abiker à qui j’ai tendance à faire confiance
  2. En ajoutant à mon retour, le chronométrage de ma performance sportive, ce qui ajoute à ma faute egotico-exhibitionniste
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  • 22 October 2010 à 23h01

    andyz dit

    Facebook c’est pratique pour échanger debattre sur des sujets politiques Il est vrai que facebook favorise le communautarisme et surtout le voyeurisme et l’exhibitionnisme mais comme le dit si bien david desgouilles ce sont en majorité les ados ou les jeunes adultes qui en font cet usage la De nombreuses personnes d’age mur dont j’espère faire partie en font un usage raisonné strictement utilitaire. On peut tres bien utilisé internet ou facebook avec parcimonie comme on le fait si bien pour le telephone ou la voiture par exemple. Et puis de toute façons meme si FB disparaissait le communautarisme la dictature de la transparence exhibo-voyeuriste se porteraient ils plus mal ? j’en doute Peut on interdire le net ? Autant voter ecolo vivre dans une yourthe rouler en charrette et s’eclairer a la bougie

  • 22 October 2010 à 10h29

    BvB09 dit

    L´une des fonctions des nouveautés importantes, qu´elles soient culturelles, technologiques ou sociétales, est de détecter les “vieux cons” qui ont le bon vieux temps à la bouche, souvent parce qu´ils ont perdu leur capacité d´adaptation.
    Quand est apparue la libération sexuelle, il y a eu des excès.
    Y a t-il quelqu´un dans la salle pour souhaiter qu´on en revienne à la seule sexualité procréative?
    Il faut savoir vivre avec son temps.

  • 21 October 2010 à 17h17

    pirate dit

    Eh bien aussi incroyable que ça puisse vous paraitre et en dépit de mon insistance, l’éditeur n’a pas estimé nécessaire de me tarifer un correcteur, mais il est vrai que même si je subodore de la distraction chez lui, ce machin de 450 pages a été corrigé 3 fois…

  • 21 October 2010 à 11h00

    Sophie dit

    Pirate, j’espère que votre éditeur a un bon correcteur! ;-)

  • 20 October 2010 à 20h30

    pirate dit

    Moi j’ai utilisé au départ ce machin pour retrouver quelqu’un, sans espoir de le retrouver… j’ai fini par y trouver autre chose (et retrouver des gens disparus de ma vie), et je m’en suis servit pour exposer ce qui m’intéressait d’exposer. Me voilà bientôt édité, je suis amoureux, j’ai changé de vie, voilà à quoi m’a été utile le bidule, pour le reste…

  • 20 October 2010 à 17h43

    ReCH77 dit

    On oblige personne à adhérer à Facebook. On sait depuis des années qu’il ne faut rien déposer de trop personnel en ligne, sur face de bouc ou ailleurs. C’est un outil. Point. Je comprends mal cette affaire.

  • 20 October 2010 à 12h48

    Alex dit

    Je suis parfaitement d’accord avec vous sur tous les points de vue ;
    à partir du moment où on sait que facebook c’est s’exposer, aucun souci à le faire.

    Il faut prendre ses responsabilités, même dans le monde du virtuel. Merci pour ce bon article qui donne le ton, et surtout, de la mesure.

  • 20 October 2010 à 10h33

    Zantrop dit

    “l’humanité est paradoxale et contradictoire.”
    Je sais, Pirate, je sais…

  • 20 October 2010 à 9h21

    Dandy de Grandchemin dit

    Pirate, précisons quand même que les réactions générées par la page FB de Causeur sont aussi faibles que celles d’un article réservé aux abonnés (sauf évidemment s’il dénonce “l’islamisation”).