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Un fabiusien nommé Fabius

La diplomatie française au service de sa pomme!

Auteur

Luc Rosenzweig

Luc Rosenzweig
Journaliste.

Publié le 03 juin 2016 / Monde Politique

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Laurent Fabius s’est servi du ministère des Affaires étrangères pour promouvoir un seul objectif: lui-même. Il s'est ainsi mis en tête de faire plier Israël dans l’interminable conflit israélo-palestinien. Mais ses quatre ans au Quai d’Orsay ont affaibli la position de la France, notamment au Moyent-Orient.

Laurent Fabius, en visite à Amman, le 21 juin 2015, pour défendre son initiative de paix entre Israël et la Palestine (Photo : SIPA.00688801_000002)

En entrant au Quai d’Orsay en 2012, Laurent Fabius avait un plan : faute de pouvoir briguer l’Élysée, il allait employer toute son énergie à se construire une fin de carrière à la mesure de l’idée qu’il se fait de lui-même – satisfaite, voire mégalomane. Le peuple français ayant rechigné à lui confier la seule fonction digne de ses mérites, il fallait que la communauté internationale organisée reconnût en lui un homme d’État d’ampleur historique, figurant en bonne place dans le panthéon des héros immortels de la démocratie planétaire. Objectif : rien moins que le prix Nobel de la paix, clé d’une nouvelle carrière d’elder statesman de première catégorie. La pantoufle luxueuse de la présidence du Conseil constitutionnel ne saurait être, pour lui, un aboutissement.

Son ralliement à François Hollande, lors de la primaire de 2011, était dicté par la nécessité, mais il amenait au futur président le soutien de sa faction, très puissante au sein de l’appareil du PS. En échange, il obtenait, dans son domaine de compétence, la politique étrangère, une liberté de manœuvre bien éloignée de l’esprit des institutions de la Ve République. Le conseiller diplomatique de François Hollande, l’excellent Jacques Audibert, en convenait d’ailleurs volontiers, pour le déplorer lorsqu’on le titillait un peu sur le sujet. Au fil des ans et des événements, une sorte de partage du fameux « domaine réservé » s’est établi : à l’Élysée la conduite de la guerre et de ses retombées commerciales (ventes d’armes), menée par François Hollande et son fidèle Jean-Yves Le Drian, au Quai d’Orsay le soft power, la diplomatie traditionnelle, et la défense des intérêts commerciaux et culturels de la France. Laurent Fabius arrache à Bercy le Commerce extérieur et le Tourisme, et s’efforce de transformer les héritiers de M. de Norpois en VRP du made in France pour rééquilibrer un commerce extérieur tragiquement déficitaire.

Et alors, objectera-t-on, qu’importe le dogmatisme constitutionnel si un génie politique permet à la France de défendre au mieux ses intérêts et sa place dans un monde en pleine mutation ! Certes, mais c’est à la fin du marché que l’on compte les bouses, comme on dit dans les réceptions Ferrero Rocher de monsieur l’ambassadeur, et l’état du foirail laissé à son successeur Jean-Marc Ayrault n’est pas brillant : si l’on met à part les succès à l’exportation du Rafale en Inde, en Égypte et en Arabie saoudite, ceux des sous-marins de la DCNS, pilotés par l’Élysée et le ministère de la Défense, et les bonnes performances d’industriels français suffisamment puissants et organisés pour se passer du coup de pouce de l’administration française, les résultats en matière de diplomatie économique sont plutôt maigres.

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  • causeur.#36.couv

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    publié dans le Magazine Causeur n° 95 - juin 2016

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    causeur.#36.couv
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    • 4 Juin 2016 à 18h51

      heraclius66 dit

      Bien sur que Fabius ne travaille qu’à la gloire de Fabius, mais il n’y a là rien de bien neuf.
      Son passage au Quai d’Orsay aura été celui de la France atone, humiliée même.
      Mais je m’étonne que vous ne le releviez que dans le dossier Israélo-palestinien: Dans ce dossier, au pire, Fabius s’est montré dans ce qui à toujours été la ligne française globalement favorable aux Palestiniens.
      Par contre c’est plutôt dans le dossier Syrien que Fabius s’est montré nocif avec son jusqu’au-boutisme anti Assad, allant même jusqu’à se féliciter des succès du front Al-Nosra affilié à Al kaïda !
      Empêchant par la même la France de jouer un quelconque rôle diplomatique dans ce conflit dont elle est pourtant partie prenante.  Souhaitons que Monsieur Ayrault saura faire preuve de plus de pragmatisme !

    • 4 Juin 2016 à 18h34

      la pie qui déchante dit

      je ne sais plus qui disait :
      ” Avec la gueule qu’il a, on ne lui achèterait pas une voiture d’occasion…

    • 4 Juin 2016 à 12h14

      Grouex dit

      Cette impression, depuis 30 ans, que Fabius est (très) largement surestimé.

    • 4 Juin 2016 à 7h46

      thierryV dit

      Fabius fait partie de ces politiques dont la longueur des dents ou l’ego est proportionnel à l’idée qu’il se fait de lui même . Un arriviste dans le plus pur style Mitterrandien . Le pire.

    • 3 Juin 2016 à 19h03

      malaimé dit

      Je n’aime pas beaucoup ce personnage. Il est rusé et fourbe. Il a failli faire perdre les législatives de 2007 à l’UMP en insistant lourdement sur la TVA sociale. Il a réussi a imposé le ridicule Daech à la place de EI (Etat islamique) pour évacuer islam. 

      • 3 Juin 2016 à 21h28

        isa dit

        Perdre les kgisltives en2007 a l’UMP?
        Non, c’est faux. 

    • 3 Juin 2016 à 18h00

      L'Ours dit

      “L’avenir de Fabius, c’est Roland Dumas”
      Pauvre de nous.