Des fourmis et des hommes | Causeur

Des fourmis et des hommes

Une somptueuse exposition Philippe Cognée à Paris

Auteur

Pierre Lamalattie
Écrivain et journaliste.

Publié le 11 février 2017 / Culture

Mots-clés : , ,

La galerie Daniel Templon présente une exposition des peintures récentes de Philippe Cognée, artiste pionnier de la figuration contemporaine. On ne peut rester insensible à l'originalité de ses techniques et à sa perception, très personnelle, de la déshumanisation du monde.

"Maison à Brasilia I", Philippe Cognée, 2013.

Quand on aime la peinture de Philippe Cognée, on a la certitude qu’elle n’aurait pas pu être différente, comme si elle coulait de source. Elle résulte pourtant d’une longue et incertaine maturation. Né en 1957 en Loire-Atlantique, le jeune Philippe passe son enfance en Afrique. Son père, enseignant, lui achète des boîtes de couleurs. Il soutient ce fils jusqu’à l’entrée de ce dernier aux Beaux-Arts de Nantes. Dans cette école, le jeune homme se cherche, mais ne se trouve pas vraiment. Il est effacé et timide. Il touche à tout, mais n’accroche pas à grand-chose. Il se tourne aussi bien vers les enseignants traditionnels que vers des professeurs porteurs de nouvelles conceptions. Contrairement à nombre de ses camarades, il ne se met dans le sillage d’aucune personnalité. Il traîne. Il sort d’ailleurs de cette école deux ans plus tard que prévu. Quelques années après, il séjourne à la Villa Médicis, à Rome. C’est un peu le même scénario qui se reproduit. Sa peinture figurative liée au souvenir de l’Afrique le contente peu et il s’installe dans un certain marasme.

Les périodes d’insatisfaction et de stagnation ont souvent une importance critique dans une vie d’artiste. C’est durant ces temps qu’un créateur se hisse au-dessus de lui-même ou, au contraire, s’affaisse dans la banalité. Avec Philippe Cognée, c’est le premier terme de l’alternative qui se produit. Il s’intéresse de plus en plus à la photo, qui lui ouvre les yeux sur des lieux et des objets exprimant l’ambiance de l’époque. Il fait des recherches et des essais sur la matière picturale. À partir des années 1990, il trouve sa voie. Une exposition collective organisée par Hector Obalk et intitulée « Ce sont les pommes qui ont changé » marque le début de sa grande notoriété.

Philippe Cognée se caractérise d’abord par le fait qu’il est l’un des rares artistes actuels à pratiquer une peinture à la cire. Encore la pratique-t-il d’une façon et avec une virtuosité qui n’appartiennent qu’à lui. Cela commence par une petite cuisine assez artisanale. Il fait fondre au bain-marie de la

[...]

  1. David Hockney, Savoirs secrets : les techniques perdues des maîtres anciens, éditions du Seuil, 2006.

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    publié dans le Magazine Causeur n° 43 - Fevrier 2017

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    • 11 Février 2017 à 15h30

      joie dit

      Bravo pour ce bel article, qui incite à aller plus loin et découvrir cet artiste. El Greco moulait lui-même des figurines, qui l’aidait à peindre tous ses longs personnages.  
      Merci! 

    • 11 Février 2017 à 13h48

      Lector dit

      Une amie m’avait parlé de cet artiste il y a une vingtaine d’année ; j’aime beaucoup le rendu bien que j’ai tjrs été quelque peu dubitatif… la fabrication d’art ne pose-t-elle pas la question d’une authenticité sinon de la démarche du moins de sa manière ? Plus depuis Warhol c’est sûr. En tout cas c’est beau.

      Philippe Cognée, le peintre au fer à repasser :

      http://camillebordenet.blog.lemonde.fr/2013/01/07/lenvolee-de-philippe-cognee/

    • 11 Février 2017 à 11h25

      ReCH77 dit

      C’est un beau travail contemporain. (créé aujourd’hui) Il y a une alternative aux empilements de vide des post conceptuels.