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Europe unie, Etats désunis

L’Espagne finira-t-elle comme la Yougoslavie ?

Publié le 16 décembre 2011 à 14:30 dans Monde

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Des dernières élections espagnoles, les commentateurs habituels n’ont voulu retenir que la victoire par K.-O. de la droite (Parti populaire) sur la gauche du Premier ministre sortant, José-Luis Zapatero. Une alternance banale, en somme, comparable à celle observée dans nombre de scrutins récents en Europe, où les dirigeants en place font les frais de la crise économique et des politiques de rigueur imposées par Bruxelles et Francfort.

Mais en y regardant de plus près, on peut constater que la désaffection des électeurs pour les sortants a bénéficié à d’autres forces que celles de l’opposition classique : ce sont les mouvements séparatistes qui travaillent depuis longtemps des territoires mal arrimés à des États-nations issus de la longue histoire de notre continent. Ainsi, pour la première fois depuis l’instauration de la démocratie en Espagne, les nationalistes catalans de Convergencia y Unio ont emporté la majorité dans trois des quatre provinces constituant la Catalogne. Au Pays basque, un nouveau parti, Amaiur (La Gauche), issu d’une ETA qui vient tout juste d’abjurer le terrorisme, arrive en tête dans la province de Guipuzcoa, alors que le PNV (Parti national basque, droite nationaliste) l’emporte en Biscaye. Cette poussée nationaliste atteint même la Galice, qui envoie aux Cortès deux députés appartenant à une formation séparatiste.

On pourrait interpréter ces résultats comme l’expression d’un prurit « girondin » si l’État espagnol n’était pas allé jusqu’à la limite du possible en matière de dévolution aux régions de compétences administratives et budgétaires. Il s’agit plutôt d’un défi lancé à Madrid par des partis qui ne cachent pas leur objectif ultime : l’indépendance totale et la rupture du lien multiséculaire avec l’État espagnol.

[...]

 

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  1. La comparaison entre Angela Merkel et Otto von Bismarck faite par Arnaud Montebourg ne tient pas. Le « chancelier de fer » était un visionnaire, alors que la mecklembourgeoise n’est qu’une épicière.
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  • 22 December 2011 à 0h45

    solitude dit

    “Deux chaînes islamistes se lancent en Espagne pour Noël”

    comment est-ce possible?
    N’y a t’il aucun moyen juridique pour les empêcher de diffuser leur propagande haineuse?

  • 22 December 2011 à 0h40

    solitude dit

    (source: El Pais)
    Deux chaînes islamistes se lancent en Espagne pour Noël
    Une chaîne saoudienne, une autre iranienne, vont commencer à émettre en espagnol depuis la région de Madrid. La presse espagnole couvre largement l’évènement. Avec inquiétude.
    Le satleltte Hispasat va émettre de la propagande islamiste. Cela commence aujourd’hui pour la chaîne iranienne Hispan TV , qui va diffuser des série iraniennes traduites en espagnol, des films et bien sûr des prédications islamiques.
    Autre chaîne qui a obtenu un droit d’émission sur le même satellite, “Cordoba Television”, qui ouvre ses bureau dans une ville proche de Madrid à San Sebastian de los Reyes, avec une cinquantaine d’employés, en majorité des espagnols convertis, et des professionels de grandes chaînes nationales comme Telecinco et Antena 3.Cordoba Television, référence explicite au califat que les islamistes rêvent de restaurer, est détenue par La Fondation Pour le Message de l’islam, propriété de Abdulaziz al Fawzan (photo) un cheikh saoudien qui s’est récemment distingué par des propos appellant à avoir une “haine positive” à l’encontre des chrétiens. Ce furieux est membre du Comité de supervision de la charia en Arabie Saoudite,et professeur de charia à l’Université de l’Imán Mohamed Ibn Saud…

  • 19 December 2011 à 11h08

    smanyach dit

    En Catalogne, Convergència i Unió ne veut pas de l’indépendance, contrairement à Esquerra Republicana Catalana, seul parti (de gauche) important revendiquant effectivement l’indépendance. Et on ne voit pas en quoi le bilingüisme aurait creuser un “fossé” culturel avec le reste de l’Espagne

  • 19 December 2011 à 0h43

    robespierre dit

    Que dire à cette excellent article ? Ah oui, Vive La France ! 

  • 17 December 2011 à 14h45

    Impat1 dit

    Certains Etats européens sont des fédérations de nations, dans leur esprit et dans leurs institutions. D’autres sont plus unitaires.
    Il en est ainsi depuis des décennies, des siècles pour certains. L’Union Européennes est une union de ces Etats tels qu’ils sont et ne change rien, ni à leur esprit ni à leurs institutions.

  • 17 December 2011 à 4h56

    JMS dit

    Vieille histoire en Espagne…
    Déjà le franquisme avait été (entre autre) une réaction contre le séparatisme du pays basque et de la Catalogne.
    On ne pouvait pas trop le dire à l’époque mais ce sont les provinces pauvres qui étaient franquistes…(Andalousie, Extramadure,  Andalousie, Navarre)

  • 16 December 2011 à 17h18

    ylx dit

    La poussé électorale des régionalistes/autonomistes/indépendantistes doit être relativisé par comparaison avec les scores des partis nationaux contestataires. On peut observer, un peu partout en Europe, que les partis contestataires, tous bords confondus (extrême-droite et gauche) représentent environ 30 % du corps électoral. Dans les régions soumises à la fièvre autonomiste les partis contestataires nationaux sont remplacés par des partis autonomistes. Mais comme parfois ces partis, bien que minoritaires, s’appuient sur une force de dissuasion para-militaire et par ailleurs ne sont pas grands admirateurs de la démocratie, le risque de s’imposer aux moutons de la majorité silencieuse est non négligeable. Un exemple est celui des municipalités basques conquises par les séparatistes où vous n’avez pas intérêt à manifester trop ouvertement une opinion anti-indépendantiste.

    • 16 December 2011 à 19h56

      Bibi dit

      Vous ne comprenez pas qu’il s’agit de peuples opprimés et de combats de libération?
      L’Europe Unionisée n’est pas la solution aux aspirations d’auto-détermination des européens.

      • 17 December 2011 à 14h44

        laborie dit

        peuples: ayant le droit de former une nation souveraine? Vous voyez ça où, précisément?

      • 17 December 2011 à 18h30

        Bibi dit

        Entre le droit et l’envie de former une nation (état-nation) indépendante et souveraine il y a une différence, mais il y a plusieurs exemples dans l’article. 
         

  • 16 December 2011 à 16h16

    Fiorino dit

    @ LR
    J’ai du mal à croire que ce soit berlusconi a voir mis en surdine la ligue du nord. C’est plutôt l’islam qui a remplacé le sud. Et puis la ligue du nord c’est pas sérieux, avant ils étaient anticléricaux maintenant cléricaux. Dans les grandes villes du nord personne parle le patois, la padanie est un concept bidon crée de toute pièce. Je n’ai pas trop de soucis à me faire pour l’unite de l’Italie, peut-être je me trompe. N’oublions pas que l’Italie a 150 ans.

  • 16 December 2011 à 15h43

    Alpin dit

    Bon, ce fil nage dans un abus de balises.

    Que des caractères en corps gras,il ne manque plus que les :!!!!!

  • 16 December 2011 à 15h40

    Saul dit

    Attention à ne pas tirer des conclusions hatives avec le cas de l’Espagne, ce “pays” n’a jamais constitué un “Etat-nation” (la seule tentative de centralisme a été le franquisme).
    les parallèles avec d’autres états européens sont tentants mais il faut garder à l’esprit que l’Espagne a une particularité historique.
    Pour ça que je ne parierais pas forcément une yougoslavisation espagnole inéluctable : l’Espagne, ou plutôt “les Espagnes” comme on disait naguère ont toujours vécu sur un modèle ressemblant au fédéralisme, le modèle foral : chaque constituant de l’Etat espagnol a toujours été attaché à ses “fueros”, mais n’a pas forcément cherché à naviquer tout seul.
    Au cours de son Histoire, ce pays a toujours alterné entre resserrage entre les différents “pays” et distanciation, mais sans franchir la ligne jaune de l’indépendance (d’ailleurs, même avec les succès electoraux des partis indépendantistes, l’idée d’indépendance reste encore minoritaire dans chquae communauté..peut être une exception sur la Catalogne qui s’approche dangereusement du point de non retour).
    on le voit dans la titulature de leurs rois, même dans ceux de “Castille” (qui a joué grosso modo le role du Piemont ou de la Prusse).
    Ils ont toujours poursuivi un but d’unité mais en prenant garde de conserver les differenciations entre leur différentes couronnes et respecter un minimum les fueros locaux, car ils savaient qu’une tentative trop centralisatrice ferait exploser l’ensemble (par exemple je tire mon chapeau à celui qui arrive à démeler les fils des titulatures des rois de “Castille” et à le presenter en une suite chronologique, cette titulature changeait quasiment à chaque succession, entre les partages etc, o s’y perd…un vrai bronx !)

    Je ne sais plus quel juriste espagnol avait théorisé le principe de souveraineté du roi d’Espagne : chaque pays composant l’Espagne doit être dirigé par “leur” roi, comme si ce dernier régnait uniquement chez eux…

    on le voit d’ailleurs dans le nom du pays : le premier roi qui a porté le titre de “roi d’Espagne” était Philippe V d’Anjou. auparavant, c’était une liste de titres longue comme le bras (roi de Castille, d’Aragon, de Navarre, seigneur de Biscaye etc). Aussi parler de “roi d’Espagne” à l’époque de Charles Quint par exemple, est totalement anachronique, ce titre n’existait pas.

    les Habsbourgs avaient tenté de “simplifier” la titulature mais sans toucher aux différences entre les royaumes.
    ils avaient mis en place un système à plusieurs dimension : l’Espagne dans son ensemble était officiellement la “Monarchie Catholique” qui est composée de deux “couronnes”, celle de Castille et d’Aragon. Chaque couronne regroupait plusieurs “royaumes”

    l’idée de centralisation revenait pourtant régulièrement chez les gouvernants, mais c’est le roi qui temperaient ces ardeurs.
    Ainsi Philippe II, pourtant présentait quasiment comme jacobin, avait lui même rectifié un document juridique après étre devenu roi du Portugal (et donc regnant sur l’ensemble de la péninsule) afin de respecter scrupuleusement les differences entre royaumes.
    ce document, qui voulait celebrer l’unité nouvelle de la péninsule ibérique commencait par “De Lisbonne à Madrid, et de Madrid à Barcelone etc”
    il avait lui même corrigé
    “De la frontière entre les royaumes de Portugal et de Castille, et de là jusqu’à la frontière entre les royaumes de Castille et d’Aragon…”

    Bref tout ça pour dire que je pense qu’on est dans une phase de distanciation…une fois de plus

    • 16 December 2011 à 15h42

      SPQR dit

      rhhaaaa… il nous fout du gras plein l’ecran

    • 16 December 2011 à 15h46

      Saul dit

      argh ! la balise ou le cercueil…

      pour faire un parallèle avec aujourd’hui, le système institutionnel de gouvernement de l’ancienne Espagne monarchique était d’une telle complexité qu’en comparaison le système belge actuel est un modèle de simplicité…

  • 16 December 2011 à 15h26

    ylx dit

    “ou à des gesticulations folklorico-mafieuses de type corse.”
    Je vous prends en flagrant délit de corsophobie. Je vous dénonce de ce pas (je sais pas très bien à qui ?)

  • 16 December 2011 à 15h24

    SPQR dit

    Cher Luc,
    article tres interessant!
    Je partage votre constat de la balkanisation d’Espagne. Il y a quand-meme une petite lueur d’espoir a gauche avec la forte (en relatif) montee d’UPyD, dissidence du PSOE qui partage toutes les marottes societales mais avec un ras-le-bol des arrangements avec les partis nationalistes. Et il me semble que le PP est reellement decide a en finir avec ces memes accommodements raisonnables.
    D’accord pour dire qu’Amaiur n’est rien d’autre qu’une resurgence de Batasuna.

    La monarchie est affaiblie (affaires de corruption impliquant le gendre de Juan Carlos).

    Les Espagnols sont bien conscients de tout cela… Notez que c’est le seul pays d’Europe a n’avoir pas reconnu le Kosovo (a juste titre il me semble, mais on s’egare!). Face a la crise tres violente la-bas qui a vraiment brise des illusions de grandeur assez folles, je trouve les gens tres senses et resignes malgre les demonstrations de la Plaza del Sol et ils ne cherchent pas des boucs-emissaires comme en France. Certes depuis que l’Espagne risque de ne plus etre un beneficiaire net de l’Union le sentiment europhile s’etiole un peu mais point de “germanophobie” (les ressentiments ont toujours plutot jete leur devolu sur la France, les Etats-Unis ou l’Angleterre, pour des raisons historiques evidentes). La Catalogne, c’est vrai doit etre une communautes les plus europhiles, car tout ce qui peut l’eloigner de la poussiereuse Madrid est bon (rejet de la tauromachie, preference pour l’immigration maghrebine plutot que latino-americaine hispanophone)

    Et puis le nationalisme basque pourrait tres bien s’enorgueuillir de qualificatif de mafieux… L’impot revolutionnaire est une plaie au Pays Basque… Combien de fois a Bilbao, il nous a ete demande de ne pas prendre de photos parce qu’un parrain Etarra etait dans le bar. Ca plombe l’ambience et c’est tres certainement moins folklo qu’en Corse!

  • 16 December 2011 à 15h11

    Bibi dit

    @Luc Rosenzweig,

    J’adhère à votre analyse – sauf pour le choix du terme “national” et ses déclinaisons. Suis-je trop XXème pour penser qu’une nation catalane n’a pas le même sens qu’une nation tchèque?

    • 16 December 2011 à 15h26

      SPQR dit

      bibi, c’est peut-etre parce que c’est le terme employe en Espagne pour parler de ce qui nous semble etre des “regionalismes”!

      • 16 December 2011 à 15h39

        Bibi dit

        J’aurais pu choisir d’autres exemples. Il me semble que le terme “nation” est employé ces jours-ci pour désigner plusieurs types de groupes (et “nationalisme” pour un tas de phénomènes).

  • 16 December 2011 à 15h07

    Marie dit

    Le problème ne vient pas de l’Europe mais de l’incapacité de certains gouvernants à créer une unité nationale. Je vous rappelle que si l’Etat avait accéder à la demande des bretons des basques et autres au droit à l’apprentissage à l’école de la langue d’oc gaelique etc… on serait devant le m^me problème Hors la Belgique chère à mon coeur qui est né il y a peu la Yougoslavie menée par Tito, la cohésion était préexistante. Le tout c’est que les politiques ne lâchent rien, gardent en t^te que c’est Jules Ferry qui a été un pilier de notre cohésion nationale et que ça ça ne se brade pas.Mais Jules Ferry parlait aussi de l’Europe et du risque de se retrancher derrière des barbelés!