Zone euro : l’embellie imaginaire | Causeur

Zone euro : l’embellie imaginaire

Tous les indicateurs pointent vers une détérioration profonde de la situation

Auteur

Jacques Sapir
est économiste, spécialiste de la Russie.

Publié le 13 juin 2013 / Économie

Mots-clés : , ,

euro-croissance-europe

Un certain nombre de déclarations semblent accréditer l’idée d’une lente, mais réelle, sortie de crise dans les pays du « sud » de la zone Euro. Elles reposent avant tout sur le constat d’une forte réduction du déficit commercial de ces pays, voire de leur capacité à dégager un excédent commercial. Mais cette vision des choses est marquée par un court-termisme évident accompagné d’une myopie redoutable quant aux effets réels de la crise.
En effet, si l’on regarde les chiffres des importations et des exportations, on constate que les importations ont été très fortement réduites en Grèce et au Portugal, et qu’elles sont en baisse en Espagne et en Italie. Les exportations ont aussi très fortement chuté en 2010 et, sauf en Espagne, n’ont toujours pas retrouvé leur niveau de 2008. C’est donc bien par contraction très forte de la demande interne que la balance commerciale s’est améliorée.
L’amélioration de la balance commerciale provient donc majoritairement de cet effet mécanique de compression de la demande et non d’une amélioration de l’efficacité de la production qui entraînerait une forte et durable amélioration de la compétitivité internationale. Pour tenter de voir comment évolue l’appareil productif, il faut dès lors regarder l’investissement.
Or, dans toute la zone Euro, on voit que la crise provoque une chute importante de l’investissement. Cette chute concerne aussi des pays considérés en « bonne santé » comme l’Allemagne ou les Pays-Bas. En fait, sur ce point précis, la France apparaît plutôt en bonne position.
Si l’on considère maintenant l’investissement dit “non résidentiel”, c’est à dire hors la construction des logements, le mouvement est marqué dans les pays qui ont fourni les données. L’écart entre la France et l’Allemagne est particulièrement marqué, et vient corriger un certain nombre d’idées reçues sur la comparaison des deux pays. En réalité, ces chiffres ne concernent que l’investissement réalisé sur la base du territoire. Or les entreprises allemandes investissent plus que les entreprises françaises, mais elles investissent massivement hors d’Allemagne, que ce soit dans les pays d’Europe centrale qui sont devenus la “base productive” de l’industrie allemande, ou dans les pays émergents, ou encore aux États-Unis afin de profiter du niveau relativement faible du Dollar face à l’Euro.
Bien entendu, cette chute est d’autant plus marquée que les pays sont en crise. Ainsi, pour les pays de l’Europe du Sud, l’effondrement de l’investissement est réellement impressionnant si on regarde la formation brute de capital fixe en prix courants. La chute est particulièrement forte pour l’Espagne, la Grèce et le Portugal. Elle est significative pour l’Italie.
Si l’on regarde maintenant l’investissement en euros à prix constants la baisse est spectaculaire en Grèce, en Irlande et au Portugal. dans le cas de la Grèce, la chute de l’investissement dépasse les 60%. Elle est de l’ordre des deux-tiers en Irlande. Elle est aussi très significative (plus de 40%) en Espagne et forte en Italie.
Il est donc clair que, même si l’investissement des ménages (le logement) s’est fortement contracté, le renouvellement de l’appareil productif a été durablement affecté depuis le début de la crise. Non seulement est-il affecté de manière absolue, mais l’écart par rapport aux pays du « nord » (Allemagne et France) s’est creusé depuis 2008. Tout converge donc pour considérer que le redressement actuel des balances commerciales ne saurait être durable et que la compétitivité des pays d’Europe du Sud s’est dégradée depuis le début de la crise. De ce point de vue, une baisse de la productivité est de nature à remettre en cause la baisse des salaires (ou des coûts salariaux) qui se produit actuellement sous l’effet des politiques d’austérité.
Cette baisse de la productivité du travail est susceptible de survenir par la détérioration de l’appareil productif mais aussi du fait de la forte hausse du chômage qui détruit brutalement des compétences accumulées au sein des usines et des ateliers. Ce phénomène, s’il se prolongeait, rendrait la chute de la productivité longue à rattraper car la reconstitution de compétences productives, quand elles ont été massivement détruites, prend du temps.

crise chomage euro

Données : FMI, World Economic Outlook, op.cit..

Tout ceci n’annonce donc rien de bon dans la Zone Euro, et l’on voit, à partir des chiffres du 1er trimestre 2013 que très rares sont les pays en croissance. De manière générale le premier trimestre a été marqué par un approfondissement de la crise.

Taux de croissance (en données corrigées des variations saisonnières) par rapport au trimestre précédent.

Allemagne

0,1%.

Espagne

-0,5%

Estonie

-1,0%

France

-0,2%

Italie

-0,5%

Malte

0,0%

Belgique

0,1%

Portugal

-0,4%

Slovaquie

0,2%

Pays-Bas

-0,1%

Grèce

-1,2%

Slovénie

-0,7%

Finlande

-0,1%

Chypre

-1,3%

Autriche

0,0%

Irlande

0,0%

Données : OCDE et Eurostat.

Ceci se traduit tant sur la dette que sur les ressources fiscales des pays. En ce qui concerne la dette, on voit bien que l’austérité imposée aux pays de l’Europe du Sud n’a nullement calmé la hausse du rapport Dette/PIB.
Mais le plus inquiétant est l’évolution des ressources fiscales dans un certain nombre de pays en crise. La baisse est particulièrement spectaculaire dans le cas de la Grèce, ou elle est estimée par le FMI à -17% depuis 2008. De plus, les chiffres pour 2013 étant des estimations on peut, en raison des informations qui proviennent de Grèce, considérer que la chute sera même plus importante. On devrait être à 76 milliards d’euros, voire en dessous, pour cette année car, après les entreprises, les ménages sont dans l’impossibilité de payer les impôts. La baisse au Portugal a elle aussi été sensible. Là encore, les prévisions du FMI pour 2013 pèchent vraisemblablement par optimisme.
Pour l’Espagne et l’Italie, la situation, sans être aussi dramatique qu’en Grèce, est très préoccupante.
En Espagne, les recettes aux prix courants stagnent en dépit des efforts du gouvernement pour améliorer la collecte fiscale. En Italie, après une légère hausse, largement imputable au gouvernement Berlusconi, les recettes ont beaucoup moins progressé que ce qui en a été dit. De plus, le gouvernement sera dans l’obligation de rétrocéder aux petites et moyennes entreprises une partie de l’impôt pour éviter des cessations d’activité massives durant l’été 2013.
Le tableau qui se dessine donc est celui d’une aggravation de la crise dans la zone Euro et d’une inefficacité globale des politiques qui ont été adoptées jusqu’à maintenant. Le seul succès obtenu, l’amélioration de la balance commerciale pour les pays d’Europe du Sud, a été obtenu par des moyens tels qu’il ne saurait être durable. Tous les indicateurs pointent vers une détérioration profonde de la situation qui devrait marquer le second semestre de cette année et le début de l’année prochaine. Compte tenu de la montée des oppositions politiques au fonctionnement actuel et même au principe de la zone Euro, cette aggravation prévisible de la crise pourrait déboucher sur une rupture fondatrice. Cette rupture doit d’ailleurs être souhaitée. En effet, plus longue sera la crise et plus profondes en seront les séquelles structurelles, sur l’emploi (avec la perte des compétences productives), sur la fiscalité (avec la mise en place de systèmes de détournement des flux par les particuliers et les entreprises) mais aussi sur l’investissement (avec une préférence pour les activités de court terme comme le commerce et le négoce face aux activités réellement productives). Il faut donc espérer que l’aggravation maintenant prévisible de la situation pousse un certain nombre de pays à démanteler la zone Euro dont la perpétuation ne peut qu’entraîner plus de misères et de souffrances pour les peuples d’Europe.

Une première version de cet article a été publiée sur le blog de Jacques Sapir.

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    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 23 Juin 2013 à 20h23

      ylx dit

      Ou encore cette étude récente (12 Juin) du FMI (après celles de l’OCDE, de la BCE …) dont le résumé est le suivant “”Nous étudions dans quelle mesure l’emploi du secteur public étouffe l’emploi du secteur privé en nous appuyant sur des données collectées pour l’occasion dans un large panel de pays développés et en voie de développement… La comparaison du taux d’emploi dans le secteur privé et du taux de chômage avec les taux d’emploi public indiquent un effet d’éviction total. Ce qui veut dire que des taux élevés d’emploi public, qui entraînent un coût fiscal non négligeable, ont un effet fortement négatif sur l’emploi privé et ne réduisent pas les taux de chômages globaux.

      http://www.imf.org/external/pubs/ft/wp/2013/wp13146.pdf

    • 18 Juin 2013 à 9h57

      ylx dit

      Thalcave , en réponse à votre 17 Juin 2013 à 20h04

      Evidemment vous avez raison concernant les exceptions qui confirment la règle.De 1975 jusqu’à l’Euro tous les pays d’Europe “grosso modo” suivaient des politiques comparables, sauf quelques joyeux fantaisistes comme en Angleterre le Labour Party dont les folles dépenses inconsidérées ont mis l’Etat britannique en faillite nécessitant l’intervention du FMI, comme pour n’importe quel pays sous-développé. Comme en France l’Union de la Gauche avec toutes les conséquences que l’on sait. Même problème en Suède.(Pour l’Allemagne c’est un autre cas car c’est la réunification qui a été à l’origine d’une crise qui aurait pu lui être fatale). Et donc à part ces quelques expériences “socialistes” débridées, rectifiées par des mesures “libérales ” ultérieures sévères (cf Thatcher et Pearson en Suède) les évolutions des pays “européens” étaient grosso modo comparables, quelles que soient les alternances politiques. Les Usa sont évidemment trop atypiques pour être les assimilées aux pays européens.
      Il est intéressant de constater que les pays qui ont engagé une cure sévère de désintoxication socialiste se sont très fortement redressés (le cas exemplaire est celui de la Suède cité en exemple par les socialistes français pendant des décennies, mais complètement oubliée depuis ces réformes libérales).
      Mais à partir de l’Euro les pays membres de la zone euro vont se mettre à diverger. Les portugais vont construire trop d’autoroutes, les espagnols trop de résidences secondaires (l’Espagne consommait par habitant 3 fois plus de ciment que la France !), les allemands trop d’usines…et les Grecs utilisaient trop de cartes de crédit. Et les Français ? ils employaient trop de fonctionnaires et réduisaient leur temps de travail.C’est comme si dans une famille ayant fait un héritage miraculeux, chacun de ses membres se mettait à dépenser selon ses envies. La suite de l’histoire est connue ! Et là je vous rejoins, Thalcave, ce sont dans les circonstancesextra-ordinaires , cruciales ou dramatiques, que la qualité des dirigeants compte vraiment!

      • 18 Juin 2013 à 10h05

        ylx dit

        Je rectifie “ce sont dans les circonstances extra-ordinaires , cruciales ou dramatiques, que la qualité des dirigeants et des peuples compte vraiment!”

    • 17 Juin 2013 à 18h00

      Victoire5678 dit

      Thalcave, ne vous plaigniez pas de la faible fréquentation des articles économiques.

      Hier, Hollande a eu moins de téléspectateurs que Zahia! 

      • 17 Juin 2013 à 18h02

        cage dit

        la faute à D.Debbouze qui lui a fait faux bond.
        (Zahia était sur une chaine?!!) 

        • 17 Juin 2013 à 18h05

          Victoire5678 dit

          La une, Cage, la une, la seule chaîne intéressante:))

        • 17 Juin 2013 à 18h08

          cage dit

          raââ!!! où avais-je donc la tête?!!
          Ribéry suite à l’affaire Zahia s’est converti à l’islam, ou ça, “c’était avant”?…. 

        • 17 Juin 2013 à 18h10

          Victoire5678 dit

          A part ça, je ne les ai écoutés ni l’un ni l’autre.

    • 17 Juin 2013 à 15h14

      ylx dit

      Thalcave dit :Je me plaçais dans le cadre de la répartition primaire des revenus où on a l’égalité comptable.”
      Loin de moi l’idée de contester la vache sacrée de la compta nat, un ensemble de chiffres bruts qu’il faut ensuite “faire parler”. Si on compare les taux d’évolution sur 15 ans des quatre grands agrégats : PNB, dépenses de l’Etat, revenus individuels et profits (ou valeur ajoutée ) des entreprises on constate que les dépenses étatiques croissent plus vite que les revenus individuels et beaucoup plus vite que les profits. Et qu’avec un décalage de 6 à 12 mois le taux de chômage évolue au même rythme que les dépenses étatiques. C’est pourquoi j’évoquais le Raminagrobis de la fable.

      • 17 Juin 2013 à 16h52

        Victoire5678 dit

        Vous avez tout dit ylx.

      • 17 Juin 2013 à 16h54

        Thalcave dit

        Je suis d’accord avec vous.
        Les dépenses publiques, 57% du PIB,asphyxient l’économie.
        Elles ne sont que de 46 en Allemagne où il y a encore de fortes interventions en faveur de l’ex Allemagne de l’Est, ex démocratie populaire.
        Le Canada et la Suède sont 2 autres exemples d’un passé récent de “restructuration” des dépenses publiques en forte baisse pour échapper à la paupérisation.

    • 17 Juin 2013 à 14h45

      Thalcave dit

      A quand un prochain débat sur l’euro qui sommeille sur un volcan?

    • 17 Juin 2013 à 14h44

      Thalcave dit

      115 commentaires pour une chronique économique qui va être happée par un trou noir, c’est très bien.
      Bravo à Jacques Sapir qui pose de bonnes questions même si ses solutions ne sont pas ma tasse de thé.
      Le progrès est dialectique!

    • 17 Juin 2013 à 13h44

      Victoire5678 dit

      J’adore les perles du bac, ça me rappelle Éclair.
      Le carré de la longueur de l’hippopotamus… 

      • 17 Juin 2013 à 14h01

        cage dit

        le l’Éclair
        Prix Nobel de l’ânnée.

        • 17 Juin 2013 à 14h29

          Victoire5678 dit

          Mais il a dit qu’il est pas juif, :))

        • 17 Juin 2013 à 14h51

          cage dit

          les stats, V, les stats, “il en faut”.

      • 17 Juin 2013 à 16h48

        Thalcave dit

        J’aime mieux “La drôle de guerre qui n’a fait rire personne”. C’est plus imaginatif.

    • 17 Juin 2013 à 11h09

      Thalcave dit

      Jacques Sapir dit aussi des choses intéressantes. Il est parfois invité par BFM qui le prend au sérieux. Il a une connaissance fouillée de la macroéconomie factuelle.
      Il a ainsi calculé que pour maintenir sous perfusion les économies du Sud de la zone Euro avant qu’elles ne s’équilibrent par leurs propres revenus, c’est à dire jamais dans le cadre de la monnaie unique, il faudrait que les économies du Nord leur transfèrent 15% de leur PIB. C’est selon politiquement inacceptable. Jacques Sapir estime la limite supérieure de ces transferts pérennes à 3% du PIB.

      • 17 Juin 2013 à 11h48

        ylx dit

        Les sommes nécessaires pour équilibrer les économies par transfert “du Nord vers le Sud” sont effectivement gigantesques :
        “Taking all of this into account, the surplus countries of
        the euro area would have to transfer – every year for ever – something like 7% of their joint GDP (or, on average, 16% of their budgetary receipts) to the deficit countries. As a benchmark, it appears that the Versailles reparations imposed on Germany in 1919 would have meant, had they been implemented as originally intended, a transfer from Germany of about 10% of its GDP for seventy years; depending on the discount rate one uses, the present values of the two streams are very similar – not a historically very encouraging comparison and one which, were it known, would quite rightly elicit very negative reactions from the German public.”
        Quant à J. Sapir, la consultation de son blog (référencé plus bas) montre clairement que c’est un économiste garanti marxiste 100% dont l’agenda politique est clair. Si BFM n’a pas d’autres économistes à inviter c’est inquiétant. Mais il est vrai que l’attaque en règle qu’il mène contre l’Euro en fait un client intéressant pour les media, pour contrebalancer la tendance “mainstream”, et aussi pour les politiques anti-euro comme le FN dont la Présidente avait brandi la livre de J. Sapir à la télé pour justifier sa position contre l’Euro.

        • 17 Juin 2013 à 14h47

          nadia comaneci dit

          Vous savez bien que les extrêmes dansent ensemble un tango mortel et se rejoignent plus souvent qu’à leur tour…

    • 17 Juin 2013 à 9h41

      ylx dit

      @Tlalcave qui dit :”La répartition du PIB est de 40% pour les salaires et 60% pour les profits contre 80% pour les salaires et 20% pour les profits en Europe néo-libérale.”
      Dans les débats français, la gauche fait toujours valoir que la répartition entre salaire et capital se fait toujours à l’avantage de ce dernier. Mais ces deux-là ne sont que la belette et le petit lapin de la fable. Il ne faudrait pas oublier le gros Raminagrobis qui finira par les avaler tous les deux, et qui est l’Etat, de plus en plus gras Ce qui signifie que la part du capital (et des salaires) ne fait que diminuer au profit de l’Etat, entraînant à la fois une diminution du pouvoir d’achat des salariés et des investissement productifs du capital.
      Exemple pratique : dans ma commune on a multiplié les rond-points que l’on agrémente par des agencements floraux somptueux et coûteux….autant d’argent improductif stérilisé. Alors qu’avec toutes ces sommes gaspillées on pourrait moderniser des pme qui vivotent avec difficulté…ou investir dans un Irm !

      • 17 Juin 2013 à 11h03

        Thalcave dit

        Je me plaçais dans le cadre de la répartition primaire des revenus où on a l’égalité comptable:
        PIB = Production intérieure brute = Revenu Intérieur brut = Profits bruts + salaires bruts.
        Il y a ensuite des prélèvements obligatoires opérés par l’Etat, les collectivités publiques ou les organismes sociaux auxquels la loi a délégué un monopole d’assurance (maladie, chômage, etc..). Des agents autres que les précédents ont été aussi mandatés en vertu de lois ad hoc pour faire des prélèvements obligatoires. Ex : l’Institut français du pétrole qui tel un douanier encaisse différentes taxes sur les hydrocarbures, l’audio-visuel public qui prélève la redevance, et de nombreux autres organismes qui lèvent des taxes para-fiscales.
        Ces nombreux prélèvements donnent lieu dans un second temps à une redistribution des revenus primaires pour aboutir à des revenus secondaires qui ne sont pas issus de la vraie production. Les ASSEDIC, ni les URSSAF, ni France Télévision ne facturent une prestation.
        Le fameux partage salaires/profits se réfèrent à la première équation.
        Ce que vous discutez c’est du bon usage des dépenses financées par les prélèvements obligatoires (et la dette publique) qui atteignent 57% du PIB contre 46% en Allemagne: c’est un autre sujet.
        Un Mediapart ou un Canard Enchainé de droite, s’ils existaient, pourraient y contribuer et trouver des délateurs qui expliqueraient comment sont financés les partis de gauche à l’aide retro-commissions venant des rond-points. C’est ce qu’essayait d’expliquer tout récemment un ancien maire PS du Nord comparaissant pour détournement de fonds publics mais que la presse n’a pas relayé.

        • 17 Juin 2013 à 11h52

          ylx dit

          Je veux bien accepter votre définition du PIB mais avouez qu’elle est trompeuse, car elle laisse supposer que les profits sont ceux des vilains canards capitalistes alors qu’l s’agit de bien autre chose.

        • 17 Juin 2013 à 12h21

          ylx dit

          Des mauvaises langues prétendent que les grands succès des entreprises française de luxe en Chine tiennent à la corruption, leurs articles de luxe étant particulièrement appréciés par les fonctionnaires petits et grands…On dit que la lutte contre la corruption pourraient prochainement ralentir les ventes de ces entreprises de luxe.

        • 17 Juin 2013 à 14h39

          Thalcave dit

          Ce n’est pas ma définition, c’est celle de la comptabilité nationale dont l’origine en 1938 est la conséquence des idées maroéconomiques de Keynes (relancer la croissance par une dépense peu importe son origine : publique, privée, BTP, allocation scolaire, etc..).
          La production nationale est l’agrégation, non pas des chiffres d’affaires, mais des valeurs ajoutées pour éliminer les doubles comptes. Idée aussi mise à profit par un fiscaliste français en 1954 Maurice Lauré. La taxe sur la VA évite sur le même principe, les doubles comptes et a remplacé la taxe sur le chiffre d’affaire où pour éviter de trop taxer en aval des chaines de production, on modulait laborieusement les taux.
          La comptabilité nationale est en partie double, justement parce que la production somme de valeurs ajoutées est aussi une somme de venus issus de la production : revenus du capital et revenus du travail.
          Dans le profit brut, il y évidemment l’amortissement des équipements à déduire avant de déterminer le profit net.
          On a bien un schéma où 2 facteurs seuls, travail et capital, contribuent à la production et reçoivent leur rémunération de la valeur de la production.
          En fait, une complication marginale apparaît du fait que le revenu intérieur n’est pas le revenu national car des agents nationaux peuvent avoir de revenus issus de la production hors France (comme Charles Aznavour quand il chante à Tokyo ou Noah quand il jouait au tennis à Wimbledon), mais l’idée est la même. Ceci permet aux statisticiens d’avoir deux approches du PIB, par les revenus ou par la production.
          Le recoupement est une bonne façon de valider des estimations. Les journalistes et les juges devraient s’en inspirer.

        • 17 Juin 2013 à 14h41

          Thalcave dit

          La corruption est favorable aux produits de luxe labellisés “France”, certes. Mais heureusement, il n’y a pas que des fonctionnaires chinois qui en achète. Il y aussi des employés municipaux en France. Et mieux encore, les classes moyennes naissantes des pays émergents.