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Euro-bonds, pourquoi Berlin n’en voudra jamais

Merkel protège ses concitoyens, quel scandale!

Publié le 26 août 2011 à 16:00 dans Économie

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Crédits photo : European Council

Face à la crise financière, les cabris du XXIe siècle sautent en répétant le dernier mot magique à la mode : euro obligations, euro obligations, euro obligations ! En fait de solution miracle, leur efficacité est sujet à débat, si tant est que l’Allemagne consente à leur application.

Dans une de ses dernières notes d’expert, Patrick Artus observe que la Banque Centrale Européenne ne pourra pas indéfiniment racheter de la dette espagnole et italienne afin de faire baisser les taux d’intérêt à dix ans de Madrid et Rome 1. Comme la Banque Centrale Européenne a déjà racheté pour plus de 90 milliards d’euros de dettes et que son appétit d’emprunt risque de se tarir devant les 2700 milliards de dettes souveraines italiennes et espagnoles, Artus conclut qu’« on ne pourra pas éviter les euro bonds ». A moins d’opter pour un renforcement du Fond Européen de Solidarité Financière, « la seule solution serait de sortir de l’euro et de monétiser les déficits publics sur une base nationale ».

Comment demander 4000 milliards à l’Allemagne ?

Compte tenu de la situation, beaucoup pensent que l’Allemagne surmontera ses réticences et acceptera les euro obligations pour sauver la monnaie unique. D’après le centre Bruegel, qui propose de mutualiser les dettes publiques à hauteur de 60% du PIB européen, la création d’une tranche « sénior » devrait instaurer une garantie solidaire collective pour la zone euro.

Puisque le PIB de la zone euro avoisine les 9400 milliards d’euros, dont 2600 imputables à la seule Allemagne, cela ferait de Berlin la caution solidaire d’environ 5600 milliards de dette collective dont seulement 1600 milliards lui reviennent. Ce mécanisme vicié mettrait de côté les 600 milliards environ de dette souveraine allemande qui se situent au-delà du seuil des 60% du PIB européen.

Les eurocrates qui ont imaginé ce système voudraient donc demander à l’Allemagne une garantie de 4000 milliards d’euros, soit 150% de son PIB !

Rien d’étonnant à ce que les Allemands toussent et refusent mordicus cette proposition depuis le début, surtout lorsque l’on sait que cette dette fourre-tout mutuelle risquerait d’augmenter les taux d’intérêt payés par nos voisins d’Outre-Rhin 2. Pire, le reste de la dette européenne, émis au-delà des 60% du PIB commun, pourrait se payer très cher, y compris par une Allemagne qui se trouverait caution solidaire de plus de 5000 milliards de dettes…

Aussi, il est proprement hallucinant de voir et d’entendre les dirigeants socialistes français critiquer aussi vertement le refus allemand des euro obligations. Se rendent-ils seulement compte des sommes qu’ils demandent à Berlin de garantir ? Ces messieurs de Solférino accepteraient que la France soit elle aussi garante des 5600 milliards de dettes du dispositif. Quelle légèreté à dilapider l’argent public !
Il y a bien une justice dans tout cela : les euro obligations s’avèrent aussi inefficaces qu’iniques.

Certes, cette solution aurait l’avantage de sécuriser 60% du PIB européen, mais quid de la dette au-delà de ce seuil ? Dans le meilleur des cas, s’ils daignent financer des pays aussi endettés que l’Italie, les prêteurs exigeraient des taux confiscatoires sur la part de la dette non mutualisée.

Autrement dit, les euro obligations déplaceraient la spéculation sur les dettes souveraines non garanties par le pot commun européen. A la rigueur, seule une monétisation totale des dettes souveraines pourrait fonctionner, mais il faudrait alors décupler les ressources de la BCE ! Quand bien même nous agirions au cas par cas en monétisant des montants différents de dette pays par pays, nous offririons ainsi une prime aux Etats les plus endettés.

Devant pareil dilemme, on comprend parfaitement que l’Allemagne refuse les euro obligations. Si à tout hasard, il arrivait au SPD et aux Verts allemands de reprendre cette proposition irresponsable, je ne donnerais pas cher de leur peau lors des élections législatives de 2013. Ni de celle de la monnaie unique.

  1. Reconnaissons à la BCE d’avoir ramené leurs taux de 6% début août à environ 5% aujourd’hui
  2. La presse allemande fait état d’un surcoût de 17 milliards
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  • 27 August 2011 à 9h51

    L.Leuwen dit

    Le refus allemand permet à Paris de se cacher derrière Berlin. Car les eurobonds seraient aussi dangereux pour nous que pour nos voisins, Fillon l’a d’ailleurs reconnu. Les cabris du PS et des Verts seront, heureusement, paralysés par l’Allemagne, quel déchirement pour Cohn-Bendit…

  • 26 August 2011 à 20h40

    eclair dit

    Conséquence de ce refus des euro bond. On l’a avec la panique au sein du gouvernement français qui se retrouve acculé à parler d’augmenter la fiscalité.

    L’euro est condamné là à une échéance d’un an à deux ans.

    La seule manière de sauver l’euro  et de remettre de monnaies nationales seulement échangeables avec l’euro. En dévaluant les differentes monnaies nationales. Ce scénario n’est même pas envisagé par nos dirigeants donc les carottes sont cuites pour l’euro.
    Tout autre scénario conservant l’euro , vous avez aimez 1929 alors vous aimerez ce qui adorez ce qui arrivera.

    Ce qui est assez drôle  cela vas être ceux qui ont défendu mordicus l’euro par peur de perdre leur capital et conserver leur niveau de vie.
    Ceux qui soutenaient qu’on peux avoir de la dette à l’infini.
    Ceux qui soutenaient que ce modèle était parfait.

     
     

  • 26 August 2011 à 19h48

    Saul dit

    très bonne analyse, Mr Pinsolle.
    cette histoire de l’eurobond démontre et prouve une fois de plus (mais est ce encore vraiment nécessaire) que l’europe, l’idée européenne, l’idéentité européenne, bref que la nation européenne n’est, ne peut être, et ne sera toujours qu’une simple vue de l’esprit.
    mettons y fin, arretons le massacre !

  • 26 August 2011 à 17h31

    steed59 dit

    M. Pinsolle,

    J’adhère à tout ce que vous avez dit , j’ai quelque peu toussoté à la phrase “quel legerete a depenser l’argent public” alors que l’on ne cesse de lire sous votre plume des incitations à la dépense, et votre adhesion à l’expensionnisme monétaire et autre déficitisme keynesien à l’image de l’autre pseudo-gaulliste de D.Desgouilles. Ne pourriez-vous pas^avoir un peu plus de coherence ?
    Sinon c’est Fillon qui est contre les eurobonds, et qui a fait remarque qu’avec ça la france perdrait son AAA. Rendons a Cesar ….

  • 26 August 2011 à 17h12

    Marie dit

    @impat1
    oups itou! rien vu non plus quand je vois dis qu’on cherche à nous enfumer :)

  • 26 August 2011 à 17h10

    Marie dit

    @rackam
    De rien un brin de gaieté par ce temps de chien est bienvenue je pense et pour vous faire rire encore
    http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/michel-richard/martine-aubry-le-coup-du-pere-jacques-26-08-2011-1366802_54.php

  • 26 August 2011 à 17h08

    Impat1 dit

    Oups, Rackam, je ressens la honte de n’avoir pas même
    remarqué ! Les dates en anglais, et les boutons toujours là…on nous a fait du sabotage en appelant ça “maintenance”.. Causeur, vite, ressaisis-toi. 

  • 26 August 2011 à 17h00

    rackam dit

    En tant que vrai non-gaulliste (canal Petit-Clamart) je m’insurge contre les dates des posts de ce site, rédigées en anglais: “26 August…” Ce n’est pas parce que Pinsolle fait le clown qu’il faut nous balancer des augustes.
    Marie, merci pour le papier de saladelle (qui renvoie à celui de Richard, dans le Point). J’ai ri, or je suis rentré de vacances.
    15 pour vous, à charge de revanche.
    Impat merci itou. 

  • 26 August 2011 à 16h27

    Marie dit

    @impat1
    comme vous dites!

  • 26 August 2011 à 16h24

    Marie dit

    Et juste pour faire un contrepoint un article écrit par un autre vrai gaulliste ;)
    http://www.saladelle.fr/?p=8749

  • 26 August 2011 à 16h23

    Impat1 dit

    Marie…quel soupçon d’esprit mal tourné !

  • 26 August 2011 à 16h21

    Marie dit

    @impat 1
    “L’auteur de l’article ne l’a pas mentionné, c’est juste un oubli. ” vous croyez?:)

  • 26 August 2011 à 16h14

    Impat1 dit

    …”pourquoi Berlin n’en voudra jamais”…
    C’est pour une raison similaire que Sarkozy n’en veut pas non plus. L’auteur de l’article ne l’a pas mentionné, c’est juste un oubli.