Osez l’alterféminisme! | Causeur

Osez l’alterféminisme!

Portraits de pétroleuses

Auteur

Daoud Boughezala

Daoud Boughezala
est rédacteur en chef de Causeur.

Publié le 23 août 2016 / Culture Société

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Le féminisme officiel, celui de Najat Vallaud-Belkacem et de Caroline de Haas, a du plomb dans l'aile. A droite comme à gauche, on déconstruit allègrement l'idéologie binaire antimecs.

De gauche à droite et de haut en bas : Thérèse Hargot, Eugénie Bastié, Peggy Sastre et Iseul Turan (Photos : Hannah Assouline et Natacha Nikouline)Le vent tourne du côté du deuxième sexe. Une copine journaliste dans la presse féminine m’avait prévenu : « Des Antigones à Eugénie Bastié, j’observe un phénomène nouveau : des jeunes femmes idéologisées “nature et tradition”, sans serre-tête ni collier de perles, parfois même en bottes de moto ou avec des boucles dans le nez, qui s’attaquent au néoféminisme tendance Najat. » Ouh là ! pas d’amalgame, ma grande ! Quoi de commun entre la transhumaniste Peggy Sastre (un cas à part), la catho-décroissante Eugénie Bastié, la sexologue Thérèse Hargot et l’anticapitaliste de droite Iseul Turan, porte-parole des Antigones ? Rien, sinon que ces jeunes femmes ne se reconnaissent aucunement dans le progressisme immense et rose que nous vend la gauche de gouvernement menée par le parti soci(ét)aliste et son rejeton Osez le féminisme.

Pour reprendre une terminologie à la mode, on pourrait taxer ces pétroleuses d’« antiféministes », selon la définition que le philosophe Antoine Compagnon donne des « antimodernes » : des modernes revenus des illusions de la modernité. Ainsi, nul n’entend contester la « première vague » du féminisme ayant ferraillé en faveur de l’égalité des droits à la fin du XIXe siècle. C’est à partir des années 1960 que le bât blesse. Tout progrès ayant son revers, les « conquêtes » de la révolution sexuelle, considérée comme la « deuxième vague » du féminisme, de la pilule contraceptive au droit à l’avortement, font aujourd’hui l’objet d’attaques en règle. Quoique personne ne songe à remettre le dentifrice dans le tube, la critique des effets secondaires de la pilule, de la « banalisation » de l’IVG que portent Eugénie, Thérèse et Iseul fait désordre au pays du MLF.

[...]

  1. Au début des années 1990, le sexologue Christian Spitz alias « le Doc » a fait le bonheur des imitateurs par ses répliques cultes (« ton corps change », « ce n’est pas sale… ») adressées aux ados dans l’émission de radio qu’il animait en tandem avec Difool.

  • Brexit : l'étrange victoire

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    publié dans le Magazine Causeur n° 96 - Juillet-aout 2016

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    Brexit : l'étrange victoire
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    • 26 Août 2016 à 18h24

      Pierre Jolibert dit

      Je ne comprends pas la phrase attribuée à Yseult Turan :
      “L’égalité incarnée blablabla ne veut rien dire. C’est un compromis entre différents courants du féminisme (égalitariste, différentialiste, essentialiste), comme la gauche sait si bien en conclure.”
      Y a-t-il un courant parmi d’autres qui serait spécialement égalitariste ?
      Surtout, quelle est la différence entre le courant essentialiste et le courant différentialiste ? Essentialiste est à l’origine le gros mot envoyé par les existentialistes quand ils croyaient pouvoir traiter quelqu’un qui n’était pas de leur bord de quelque chose. J’ai appris à l’école que la grosse différence c’est entre les différentialistes et les existentialistes qu’elle est censée passer.
      Quand Annie Le Brun se plaint dans les années 70 du “terrorisme idéologique de la femellitude” qui “nivelle toutes les différences pour imposer la seule différence des sexes”, il me paraît logique qu’elle s’en prend alors à ce qui serait le courant différentialiste. Je ne sais pas si ça parle beaucoup à Elisabeth Lévy et à Natacha (hé ! bonne fête !) Polony, en tout cas je crois que ça aurait beaucoup plus aux existentialistes beauvoiriennes.
      Dieu sait que les -ismes m’ennuient, mais enfin quel curieux hasard rend le nom existentialiste imprononçable au point qu’un autre prend sa place même aux endroits où on l’attendrait le plus ?
      Je ne l’ai pas beaucoup vu imprimé sous les doigts d’Eugénie Bastié dans son livre. Celui-ci déploie toute sa maestria sur les contradictions des féministes d’aujourd’hui autour du rapport qu’elles ont à l’enfantement et à l’islam (parties 2 et 3). Mais elle choisit de couper en deux un examen du djendeur : réfutation de son usage pratique le plus grossier en partie 1 ; éclairage à la fois plus théorique et plus intime en partie 4 (réfutation/confirmation/narration : Bastié renverse l’ordre de la rhétorique classique !). Caresser l’objet Beauvoir, certes, mais même à la mitraillette, on n’a vraiment pas entendu

      • 26 Août 2016 à 18h27

        Pierre Jolibert dit

        la statue tomber.
        Ou alors c’est qu’il y a encore tout le reste du groupe sculpté.
        [lire : ça aurait beaucoup plu, pardon]

    • 26 Août 2016 à 9h39

      bartolomee dit

      @IMHO

      IMHO dit (19h29 le 25 juillet)

      “La galanterie, l’indulgence envers les femmes, vont souvent de pair avec le mépris des femmes et le refus de voir la condition féminine comme elle est.”

      Vous me permettrez de copier cette phrase dans mon disque dur. D’un point de vue social et littéraire, elle est absolument géniale.

      Dès lundi, je la mets en application auprès de mes collaboratrices; elles vont adorer. Et dès aujourd’hui, je mets en œuvre avec mon épouse, ma fille, et toute personne de sexe féminin que je vais croiser dont la caissière du supermarché où je me rends et qui me connait. Succès GARANTI.

      J’étais dans l’ignorance et me voilà riche d’un nouveau savoir. Vive “Causeur”.

      • 26 Août 2016 à 16h38

        IMHO dit

        Je vais au commissariat déposer une main courante pour agression dans le cadre de mon travail.
        A l’accueil j’explique brièvement que je suis manager dans un cinéma, et que deux jours plus tôt j’ai été violentée par un monsieur.
        Le policier me dit, très gentiment ; « -Et donc on n’a pas été consolée par son petit chéri, et maintenant on vient à la police?
        -Euh… je suis seule…
        -Oui bon, vous avez bien fait de venir. »

        Ce monsieur était gentil, pro MAIS pourquoi s’est-il senti obligé de me traiter en petite minette quand je suis responsable, adulte, etc, etc, etc… #Viedemeuf

        Sophie MATHIEU

        • 26 Août 2016 à 16h47

          Flo dit

          Elle se plaint que le policier ait été trop paternaliste. Et elle ne fait qu’une main courante contre le mec qui l’a violentée ? Il y a des connasses partout. Ce n’est pas une raison pour se comporter en connard.

        • 26 Août 2016 à 17h15

          IMHO dit

          Il y en a plus à certains endroits, des connasses .

        • 26 Août 2016 à 18h26

          Flo dit

          C’est un peu comme les connards.

        • 26 Août 2016 à 21h45

          i-diogene dit

          Depuis que Sarko a été ministre de l’ intérieur:

          - Les flics ont pour consigne de décourager les victimes à déposer une plainte..
          - les procureurs classent “sans suite” les plaintes qui ne sont pas assorties de “constitution de partie civile”..

          Dans le but inavoué de faire baisser les chiffres de la délinquance..!

          Ceci explique cela..!

          Une main courante, c’ est juste du pipô :
          - ça peut juste servir de preuve de harcèlement en cas de faits graves ultérieurs..
          - et ça n’ entre pas dans les statistiques..!^^

        • 26 Août 2016 à 21h58

          IMHO dit

          Paternaliste ? On parle ainsi à sa fille qui a été agressée ? De mieux en mieux !

        • 26 Août 2016 à 22h08

          bartolomee dit

          Je ne sais pas comment je dois interpréter votre commentaire qui suinte, à votre clavier défendant, une nième raillerie.

          Brisons là et n’en parlons plus.

        • 26 Août 2016 à 22h14

          i-diogene dit

          … Le salut est dans la fuite…!^^

      • 26 Août 2016 à 19h35

        bartolomee dit

        OK IMHO, c’est un exemple que vous donnez. Je pense que vous êtes suffisamment intelligent pour ne pas bâtir une thèse sur des cas isolés qui sont le fait de personnes un peu “frustes”.

        Mon propos, et je le maintiens, est que par l’éducation et l’expérience de la vie, je mets un point d’honneur à traiter les femmes avec déférence, courtoisie et une pointe de galanterie.

        Et je vais vous le dire façon Simonin : “traiter les putes comme des femmes du monde, et les femmes du monde comme des putes”…sauf que je ne fais pas de différence entre les deux “catégories”

        Mon enfance a été bercée par cette adorable antienne “On ne bat pas une femme, même avec une rose”. Mes enfants y ont droit à intervalles réguliers. Quant à ma femme…elle en abuse !

        Mes intentions et mon “way of life” sont-ils enfin plus clairs à vos yeux ? Je n’ai rien à voir avec ce – sans doute – brave homme à qui l’on avait appris à dire ces phrases pendant la formation.

        • 26 Août 2016 à 21h28

          IMHO dit

          Vous êtes un personnage de théâtre, mon cher, du théâtre d’avant-guerre, la Grande .
          Conservez-vous tel, je vous en conjure, pour le patrimoine de la France !