Eugénie Bastié et Isabelle Chazot: Misère du néoféminisme | Causeur

Eugénie Bastié et Isabelle Chazot: Misère du néoféminisme

Débat animé par Daoud Boughezala

Auteur

Daoud Boughezala

Daoud Boughezala
est rédacteur en chef de Causeur.

Publié le 10 avril 2016 / Économie Politique Société

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Quand Eugénie Bastié rencontre Isabelle Chazot, ex-rédactrice en chef de 20 ans, pour disperser le néoféminisme façon puzzle, ça donne un débat plein d'étincelles.
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Eugénie Bastié et Isabelle Chazot.

Journaliste au Figaro et rédactrice en chef de Limite, Eugénie Bastié est l’auteur d’Adieu mademoiselle (Le Cerf, 2016). Ancienne rédactrice en chef de 20 ans, Isa ou encore Grazia, Isabelle Chazot officie aujourd’hui à Marianne.

Daoud Boughezala. Eugénie, lorsque tu écris dans Adieu mademoiselle que « les émules de Beauvoir militent désespérément pour un monde déjà advenu », rends-tu un hommage paradoxal aux acquis du féminisme ?

Eugénie Bastié : L’égalité juridique hommes/femmes est bien sûr un acquis positif. Mais c’est un phénomène de rattrapage. La Révolution française avait octroyé énormément de droits aux hommes, en ignorant les femmes (pour leur conservatisme supposé, comme le montre Mona Ozouf), et cet oubli s’est prolongé durant tout le xixe siècle bourgeois. Sur le bilan de la révolution sexuelle, je suis un peu plus mitigée, je ne suis pas sûre que la pilule ait rendu la femme plus heureuse.

Elisabeth Lévy, à la relecture… : Pardon, mais elle a rendu les femmes plus libres, c’est mieux que le bonheur !

Daoud Boughezala. Ton indulgence pour Beauvoir est surprenante…

Eugénie Bastié : J’admire Beauvoir, qui avait du génie dans l’erreur, comme Marx et Nietzsche. Elle avait une puissance de pensée qui a bouleversé les dogmes de l’époque. Mais cela s’est payé par un certain nombre de dérives néoféministes, que Le Deuxième Sexe contenait déjà en germe.

Daoud Boughezala. Ce que tu appelles le « féminisme clitoridien » jouisseur et égoïste, par opposition au « féminisme utérin » des mères ?

Eugénie Bastié : Tout Le Deuxième Sexe exprime un rejet des mères, qui sont considérées comme des « pondeuses », et une haine de la féminité. Beauvoir prétend que la femme doit se faire semblable à l’homme pour se libérer. « C’est en s’assimilant à eux qu’elle s’affranchira », écrit-elle. Elle propose une imitation de la condition masculine et annonce tout le paradigme de la déconstruction du genre. Judith Butler est une fondamentaliste qui prend à la lettre Le Deuxième Sexe, à la manière des salafistes qui lisent le Coran à la lettre…

Isabelle Chazot : Une assimilation aux hommes toute relative, si l’on en juge par sa propre pratique sentimentale. Le fameux « pacte » avec Sartre, qui prônait l’endogamie permissive de groupe, la transparence et l’abolition de la jalousie ne l’a pas dissuadée de vivre une folle passion exclusive avec son amant américain. Le philosophe marxiste Clouscard appelait Beauvoir « la nigaude de la Coupole », celle qui croit réinventer l’amour contre la morale traditionnelle, alors qu’elle ne fait que créer les modèles de la nouvelle bourgeoisie émancipée. La libération sexuelle de la femme favorise la polygamie masculine. On commence par Le Deuxième Sexe, best-seller de l’émancipation par l’intelligence, on finit avec La Vie sexuelle de Catherine M., best-seller de la nymphomanie flippée (comme le révèle cet autre opus autobiographique de Catherine Millet : Jour de souffrance). L’amazone libérée, c’est la femme qui redoute de perdre son fripon de mari et le retient, non plus par de bons petits plats, mais par les joies du gang bang… Bonnemine, la bobonne revêche d’Astérix, est plus honnête intellectuellement !

Daoud Boughezala. Justement, parlons des Bonnemine modernes. Eugénie critique l’asservissement des ouvrières à l’usine. Or, dans son Enquête sur la sexualité (1964), Pasolini faisait dire à Oriana Fallaci que les ouvrières du néoprolétariat urbain avaient été sexuellement libérées par le capitalisme. Tout bien pesé, ne faut-il pas mieux vivre sous la férule d’un patron que sous celle d’un mari ?

Eugénie Bastié : Je reconnais qu’une forme de libéralisme libertaire a été plus gratifiante qu’un certain puritanisme bourgeois, du reste très propre à la société du xixe siècle.

[...]

  • causeur 34

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    publié dans le Magazine Causeur n° 93 - Avril 2016

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    causeur 34
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    • 14 Avril 2016 à 10h06

      QUIDAM II dit

      La liberté sexuelle non seulement ne « libère » rien mais encore, en permettant l’éclate du week-end, purge les prolos, les employés et les cadres dynamiques de leurs frustrations pour une meilleure efficacité le lundi matin.

      Il s’agit donc un loisir sans conséquence politico-économique qui, ne coûtant rien (en principe) ou en étant à très bon marché, a l’avantage d’être à la portée des classe moyennes désargentées et en phase de déclassement.

      Le patronat a toujours hautement apprécié les luttes pour la liberté sexuelle dont elle a fait un sujet envahissant les gazettes, non seulement parce qu’elles ont permis de créer des marchés très rémunérateurs, mais encore parce qu’elles divertissaient (et divertissent encore) des luttes, autrement plus conséquentes sur les questions politiques de pouvoir et de répartition des richesses produites.

      • 14 Avril 2016 à 11h09

        IMHO dit

        On dit tirer sa crampe, or une crampe ça fait mal, donc la faire passer est bon. 

    • 13 Avril 2016 à 22h47

      durru dit

      Pour ceux qui n’auraient pas encore compris ce que c’est une “néo-féministe”, voici un petit exemple

      • 14 Avril 2016 à 4h50

        IMHO dit

        Pauvre durru, il s’indure, cela doit lui faire mal .

        • 14 Avril 2016 à 8h44

          durru dit

          Ah, mais je m’attendais pas à ce que IMHO comprenne mon propos…

    • 13 Avril 2016 à 11h55

      Guenièvre dit

      A signaler parce que c’est assez rare : je suis d’accord avec IMHO 13 Avril 2016 à 2h44 au moins dans ses 5 premiers paragraphes !

    • 12 Avril 2016 à 19h12

      QUIDAM II dit

      « La libération sexuelle de la femme favorise la polygamie masculine. On commence par Le Deuxième Sexe, best-seller de l’émancipation par l’intelligence, on finit avec La Vie sexuelle de Catherine M., best-seller de la nymphomanie flippée (comme le révèle cet autre opus autobiographique de Catherine Millet : Jour de souffrance). L’amazone libérée, c’est la femme qui redoute de perdre son fripon de mari et le retient, non plus par de bons petits plats, mais par les joies du gang bang… » (Isabelle Chazot)

      Bravo pour la lucidité, la justesse, la concision et l’humour ! !

      • 12 Avril 2016 à 20h24

        Parseval dit

        On croirait du Andrea Dworkin théoricienne du féminisme radical (bouh !).
        Les femmes de droite, 1983 (recension)
        « Ensuite, Dworkin évoque le mouvement hippie des années 1960. Les hommes avaient les cheveux longs et des chemises colorés. Ils ressemblaient à des filles, et les filles ont donc cru qu’ils pouvaient être des alliés, car ils n’avaient pas peur d’être considérés comme efféminés. Ils leur ont promis pleins de choses, notamment l’égalité hommes-femmes.
        En réalité, ils ont surtout mis en place des harems : les femmes ont été échangées, jetées, partagées. Si elles refusaient, elles étaient considérées comme coincées.

        Les filles des années soixante vivaient ce que les marxistes appellent – mais ne reconnaissent pas dans ce cas-ci – une « contradiction ». C’est précisément en tentant d’éroder les frontières du genre par une pratique apparemment neutre de libération sexuelle que les filles investirent de plus en plus l’acte le plus réificateur du genre : la baise. (…)
        En termes empiriques, la libération sexuelle fut pratiquée à une vaste échelle par les femmes durant les années soixante, et elle échoua : c’est-à-dire qu’elle ne les libéra pas. Son but – découvrit-on – était de libérer les hommes afin qu’ils puissent utiliser les femmes hors des contraintes bourgeoises, et en cela elle a réussi. Une de ses conséquences pour les femmes fut d’intensifier l’expérience d’être sexuellement typées comme femmes – précisément le contraire de ce que ces filles idéalistes avaient envisagé comme avenir. (…)
        [D'où le mouvement féministe et la doctrine que « la liberté sexuelle pour une femme passe d’abord par la maîtrise de son corps dans le champs de la sexualité et de la reproduction.]
        Mais la plupart des hommes ne virent jamais le féminisme autrement que sous l’angle de leur privation sexuelle ; les féministes leur enlevaient la baise facile.

        • 12 Avril 2016 à 20h53

          durru dit

          La caricature, toujours la caricature. Et la provoc’.

        • 12 Avril 2016 à 20h59

          Parseval dit

          Mais qu’est-ce que vous voulez à la fin durru ? Que je lâche les chiens Grandgil, PSR et i-diogène à vos trousses ?

        • 12 Avril 2016 à 21h04

          durru dit

          Tout ce qui est excessif est insignifiant.

        • 12 Avril 2016 à 21h37

          IMHO dit

          durru ne sait pas quoi dire mais il le dit .
           

        • 12 Avril 2016 à 21h44

          durru dit

          :D Et dire que je me suis abstenu de commenter le vide des commentaires d’IMHO, pour les raisons énoncés juste en haut.

        • 13 Avril 2016 à 0h57

          Warboi dit

          J’ai plusieurs amies, très libérées dans les années 70, qui se sont réveillées avec une sale gueule de bois en comprenant qu’elles avaient surtout servi de plan cul facile aux garçons des communautés hippies où ils tentaient la borieusement de déconstruire le monde capitaliste.
          Du coup les voilà aujourd’hui plus réacs que les plus réacs, il n’y a pires ennemies des féministes (je ne les ai jamais entendu parler de “néo”) qui auraient fait leur malheur.
          Elles étaient surtout de sacrées gourdes et passaient pour telles. Etre la bonne affaire de la chambrée ou de la classe n’a jamais libéré personne, au contraire.

        • 13 Avril 2016 à 2h44

          IMHO dit

          Combien de Françaises ont-elles réellement vécu dans des “communautés hippies” dans les années 70 ?Six mille ? Six mille sur trois millions de femmes en age de le faire ? Quelque-chose comme ça.
          La libération sexuelle des années 70 a surtout été une libération de la première fois, de l’amour avant ou hors mariage qui a cessé d’être une faute et un scandale,voila tout.
          Au lieu de libération sexuelle il vaudrait mieux parler de fin de la répression sexuelle.  
          Fait intéressant: les naissances hors-mariage en 1960 faisaient 6 % du total des naissances, en 1968 6,4 %, en 1980 11,4 %, en 1990 30 %, en 200 43 % et en 2014 57 % .
          Donc un doublement de 1960 à 1980, en 20 ans, mais un triplement de 1980 à 1990, en 10 ans.
          Les changements dans les normes sur la famille ont été tardifs par rapport à la supposée révolution des meurs en 1968 .
          En fait, sauf dans la réalité imaginaire que perçoivent les nostalgiques de la répression sexuelle, comme la Matrice, la société française
          n’est pas devenue plus libertine, elle est devenue plus innocente . 
          Et le féminisme n’a pas été la cause de cela.         

      • 13 Avril 2016 à 2h53

        IMHO dit

        Dans quel monde vit donc cette bigote,Isabelle Chazot ?
        Comment en arrive-ton à écrire des insanités pareilles ?
        Le gang bang au lieu de la blanquette à l’ancienne !
        A mon avis,en fantasmant dessus. On en apprend des choses sur la libido des grandes filles toutes simples !    
         

    • 12 Avril 2016 à 13h34

      IMHO dit

      Et pour conclure la conclusion, ce ne sont pas les féministes que les rétrogradistes détestent, ce sont les femmes, les femmes de 2016 qui ne sont pas les femmes de 1966, et pour ça,comme ils détestent tout ce qui a changé en cinquante ans dans les moeurs et la société
      Vous me direz que la majorité de ces catoblépas n’a pas connue 1966 ?
      Oui, mais ils ont des racines, leur pieds ont pris racine dans le sol natal d’où monte une sève nourrissante. 

      • 12 Avril 2016 à 19h32

        IMHO dit

        Rétrogradataires est mieux,ça rime avec retardataire et grabataire

    • 12 Avril 2016 à 13h21

      IMHO dit

      Pour conclure, remarquons que les féminismes ne prennent pas beaucoup de place dans la vie quotidienne de la très grande majorité des Françaises, qui ne se reconnaissent sans doute pas dans les discours parfois extravagants -je le suppose, je n’en ai plus lu que les Françaises ou les Français- des féministes ultra, mais des centaines de  milliers de Françaises font tous les ans l’expérience de ce dont les Français sont capables en fait de goujaterie, d’égoïsme,de mépris et de violence . 
      C’est comme être un nègre à New-York et se faire arrêter par la police en reprenant sa BMW au parking. Toutes les discours du monde sur les progrès de l’élite noire américaine s’envolent devant ce fait-là.
      Et des centaines de Français font tous les ans l’expérience de ce qu’une épouse qui veut divorcer peut inventer pour vus mettre dedans en vous mettant dehors.
           

    • 12 Avril 2016 à 12h06

      Guenièvre dit

      Pour terminer je vais reprendre un texte d’E.Badinter au moment de la loi sur la parité :

      “Quand les féministes se mobilisent pour venir en aide aux victimes de violences objectives, elles font leur travail. Mais quand elles étendent le concept de violence masculine à tout et à n’importe quoi, quand elles tracent un continuum de la violence qui va du viol au harcèlement verbal, moral, visuel… en passant par la pornographie et la prostitution, alors chaque femme un peu parano peut se déclarer victime – réelle ou potentielle – des hommes en général. Il est stupéfiant de voir que c’est au moment où les femmes sont en train de réussir une révolution immense que le discours féministe fait comme s’il s’agissait de fausses avancées, comme s’il n’y avait pas de différence entre les conditions féminines aujourd’hui, hier, et partout dans le monde. On met globalement en cause l’autre partie de l’humanité – tous les hommes sont des salauds. C’est une tentative d’instaurer la séparation des sexes…
      Ils ( les hommes) sont tétanisés par la bien-pensance féministe et crèvent de trouille à l’idée de passer pour des machos, donc des salauds et des réactionnaires. Au moment du débat sur la parité, quiconque disait son dissentiment était flingué par les deux grands quotidiens de gauche, Le Monde et Libération. Il faut n’avoir rien à perdre pour affronter ces outrages..”

      • 12 Avril 2016 à 12h24

        durru dit

        Ah, mais il n’y a pas plus raciste et sexiste (comprendre anti-féministe) que Mme Badinter, ça c’est bien connu. L’argument est irrecevable.
        Vous avez oublié l’axiome incontournable de la vie politique et médiatique française: le progrès c’est bien, les progressistes ont toujours raison.

        • 12 Avril 2016 à 12h41

          Guenièvre dit

          Mais durru , E.Badinter est une progressiste !

        • 12 Avril 2016 à 12h44

          durru dit

          Le propos cité ne l’est évidemment pas. Et donc elle n’est pas 100% bio.

        • 12 Avril 2016 à 12h51

          Guenièvre dit

          C’est vrai, pour attaquer ainsi les féministes elle doit être aussi un peu “papesse” comme dit IMHO ! ;-)

        • 12 Avril 2016 à 13h39

          Warboi dit

          c’est surtout une très grande dame, pleine de bon sens. Le monde a globalement changé et en bien, sauf dans quelques pays encore sous la coupe de traditions/coutumes d’un autre temps et/ou de religions barbares, il ne faut pas avoir peur (?) de le dire et de le redire.
           
          Mais qui attaque t-elle, les féministes ou les néo ? “tous les hommes sont des salauds, séparons les sexes, les femmes sont nos victimes de la naissance à la mort” est un discours très marginal et très grotesque, je ne me sens en aucune façon concerné. Il s’agit donc des néos et seulement d’elles (merci à Guenièvre pour sa typologie très eclairante) ? C’est de là que vient je crois le problème, et ma gêne quand je lis les interventions d’E. Bastié. Dans le cas d’E. Badinter qui n’a rien d’une papesse, la confusion féministes/néo n’est pas permise, c’est une progressiste raisonnable et sensée. Chez d’autres, en particulier les religieux/ses, je n’en suis pas si sûr. Que pensent-ils de l’avortement par exemple ? Aux néo-féministes répondent des néo-réacs, chacun se nourrissant de l’autre, et je n’aimerais pas à avoir à choisir. Je choisis E. Badinter, la voix de la raison et de la modération.

        • 12 Avril 2016 à 14h08

          Guenièvre dit

          @ Warboi,
          Je suis globalement d’accord avec vous et moi aussi je choisis E.Badinter. Mais, bien qu’agnostique, je trouve que c’est stupide d’attaquer E.Bastié sur son catholicisme.Par ailleurs, comme le dit Agatha plus bas,la différence homme-femme est passée en 50 ans du “tout inné” au “tout culturel” : bien que je penche pour une différence en grande partie culturelle, je ne jurerais pas qu’il n’y a que cela, il y a peut-être une nuance à apporter. Je ne suis pas par exemple complètement d’accord avec ce que dit E.Badinter sur la maternité ni sur sa conception très libérale de la GPA. Là je suis plutôt sur les positions de S.Agacinski.
          Pour conclure, les avis contraires à ma tendance ne me gênent pas s’ils ne sont pas obtus ou extrêmes ( je ne sens pas cela chez Bastié, je ne sens pas par exemple une remise en cause de la loi sur l’avortement), ils me semblent même indispensables car ils me permettent de nuancer.Je me suis en effet beaucoup trompée autrefois en étant trop catégorique…

        • 12 Avril 2016 à 19h44

          IMHO dit

          Guenièvre, on prouve par l’Ecriture que les femmes, qui n’ont que le silence en partage, ne doivent pas se mêler d’enseigner.
          Bossuet. Histoire des variations des églises protestantes,Volume 1,page 544 . 

        • 12 Avril 2016 à 20h07

          Guenièvre dit

          Oui, IMHO mais c’est un peu dépassé non ? Je connais de bonnes catholiques qui enseignent et la femme du pasteur de ma ville était professeur d’histoire …

          Je relis l’interview ci-dessus. Voilà un point par exemple avec lequel je ne suis pas d’accord avec E.Bastié :

          “Sur le bilan de la révolution sexuelle, je suis un peu plus mitigée, je ne suis pas sûre que la pilule ait rendu la femme plus heureuse.”

          Plus heureuse ce n’est pas en ces termes qu’il faut le dire mais il n’y a qu’à lire “Vivre avec la peur au ventre” d’Huguette Morière publié dans les années 70 pour se rendre compte de ce qu’était la vie des femmes avant la contraception.

        • 12 Avril 2016 à 20h58

          durru dit

          Dame Guenièvre, vous aurez noté l’intervention d’EL sur le même détail que vous ;)
          Sinon, ça ne vous aurait pas échappé que Mme Badinter a été accusée de racisme (en plus d’islamophobie) par les “vrais” progressistes.
          Warboi, encore une fois, votre côté laïcard vous fait faire fausse route…

    • 12 Avril 2016 à 12h04

      Guenièvre dit

      @ parseval,
      ““Osez le féminisme” et ses amies ce ne sont pas des théoriciennes haineuses coupées du monde réel”

      Déjà leur slogan dit tout de leur entreprise ! “Osez le féminisme !” Le féminisme comme une transgression , comme un acte qui défie l’appareil étatique et les lois …
      Dites moi Parseval rien n’a changé depuis 40 ans ? Les femmes adultères peuvent toujours être punies de 3 mois d’emprisonnement ( loi en vigueur jusqu’en 1975 ) idem pour celle qui avortent ?
      Sur le plan légal la femme a conquis l’égalité. Il reste à faire appliquer les lois . Par exemple l’écart des salaires entre hommes et femmes est encore important. Voilà un “vrai combat” et je crois que parfois Osez le féminisme s’en mêle. Bravo !
      Pour le reste qui relève plus de cas individuels et d’une évolution des mentalités c’est un processus à long terme qui ne se règle pas à coup de procès sinon on entre dans la guerre des sexes.
      Quand, au Parlement Européen, sous la pression des lobbys féministes, on fait voter cette nouvelle loi sur le harcèlement sexuel ainsi défini: «Un comportement non désiré, verbal, non verbal ou physique, à connotation sexuelle, qui tente de porter atteinte à la dignité de la personne, en créant une situation intimidante, hostile, dégradante, humiliante ou offensante»! qu’est-ce sinon la judiciarisation des relations hommes-femmes typique de l’esprit des féministes radicales américaines ?

      • 12 Avril 2016 à 12h05

        Guenièvre dit

        Puisque vous abordez aussi, avec votre provocation habituelle et si j’ai bien compris, le problème des autres cultures il y a un aveuglement incroyable à faire comme s’il n’y avait pas de différences entre la condition des femmes orientales et celle des Occidentales. On se complaît dans l’idée que l’homme est toujours et partout un oppresseur et un tyran. Généralisation mensongère qui est aussi un radicalisme . “Osez le féminisme ” est incapable de prendre une position claire contre le voile qui est, selon moi , la marque évidente de l’infériorité de la femme ou en tous cas la négation du féminin dans l’espace publique. Et les problèmes de l’excision ou les mariages forcés qui contreviennent de fait à la loi française et sont un vrai scandale dans notre pays sont abordés de façon bien timide. La peur de passer pour raciste prend vite le pas sur la conviction féministe.
        Troisième point qui se rapporte aux ABC de l’égalité soutenue par ces associations. J’ai dit ce que j’en pensais à l’époque : on ne “déconstruit pas des stéréotypes” chez des enfants de maternelle à peine construits, ces expériences sur des enfants me font gerber. A Natacha Polony qui racontait que son garçon préférait jouer aux voitures sans qu’elle ne l’ai jamais encouragé dans ce sens les deux interlocutrices d’E.Bastié répliquèrent que le contexte social l’y entrainait et que donc il fallait absolument jouer sur ce contexte et travailler sur l’imagination pour que bla bla….Là encore on fait comme si rien n’avait changé et comme si le diktat social était aussi prégnant qu’au XIXe. Ce qui est faux : aujourd’hui malgré tout les choix personnels sont beaucoup plus libres et il ne faudrait pas que l’on nous impose un autre modèle : celui de l’interchangeabilité des rôles à marche forcée ! Si mon petit-fils préfère les voitures je ne vais pas le contraindre à jouer avec une poupée !

        • 12 Avril 2016 à 13h23

          C. Canse dit

          À Guenièvre

          N’oubliez pas l’infibulation, trop souvent passée à la trappe.

          Apparemment, le discours excusant au nom du “c’est culturel” ne se fait plus entendre, c’est heureux. 

        • 12 Avril 2016 à 14h25

          agatha dit

          Guenièvre,
          J’approuve pleinement votre argumentation, maintenant voyons si vous arrivez à convaincre Parseval peu ou prou :-)

        • 12 Avril 2016 à 20h59

          durru dit

          Agatha: non. Et ça m’étonne pas plus que ça.

      • 12 Avril 2016 à 18h07

        Parseval dit

        Lisez-vous les commentaires sous les articles de Causeur ? Ici et ailleurs, être une féministe est très mal vu. Et dans les médias, peu de femmes se disent féministes, c’est plutôt « je suis loin d’être féministe (captatio benevolentiæ) mais quand même des fois je me dis que … ». Manifestement, il faut oser.

        • 12 Avril 2016 à 19h13

          Guenièvre dit

          Enfin ! Causeur n’est pas représentatif de la société ! Et je vois plutôt chez les politiques de droite comme de gauche une attention particulière à la cause féminine ! Manifestement faut oser plutôt pour dire que l’on s’en fiche !

      • 12 Avril 2016 à 18h22

        Parseval dit

        « On se complaît dans l’idée que l’homme est toujours et partout un oppresseur et un tyran. »
        C’est vraiment ce que dit la théorie ? Ça ne raisonne pas plutôt en terme de système et donc statistiquement ?
        C’est peut-être radical, mais en quoi est-ce mal ? On dit bien “prendre le problème à la racine”. Quand un frêne pousse dans votre massif de rosiers, vous ne vous contentez pas de le couper au sécateur ?
        « OLF est incapable de prendre une position claire contre le voile » Est-ce que ça ne montrerait pas leur pluralité et donc leur anti-sectarisme ? Je ne sais pas ce qu’elles en disent, dans un autre mouvement (le NPA) des responsables avaient clairement dit que les avis étaient trop partagés pour parvenir au consensus.
        « La peur de passer pour raciste prend vite le pas sur la conviction féministe. » Disons, que plus largement beaucoup de gens s’embrouillent avec ces concepts de domination symbolique, de racisme institutionnel, &c…
        On ne va pas ressort les ABC, ça suffit maintenant. Oui, c’est stupide de contraindre à jouer à la poupée ou à quoi que ce soit d’ailleurs. Est-ce qu’on ne pourrait pas se passer des poupées ? Et jouer aux voitures, bof, moi je préférais les legos.

        • 12 Avril 2016 à 19h42

          Guenièvre dit

          Moi je me situais plutôt dans la première catégorie de féministes que j’ai définie plus bas. Donc, en gros dans nos sociétés occidentales l’égalité devant la loi a été obtenue,je ne dis pas que tout est résolu mais je crois, je l’ai déjà dit, que l’objectif d’une plus grande harmonie dans les rapports homme femme, l’éradication des comportements machistes qui perdurent doit être poursuivi non pas contre les hommes, à coups de procès en justice mais qu’il s’agit chaque fois de les rendre conscients d’une situation moralement injustifiable qui appelle un changement de leur part.Je ne parle pas bien sûr des violences physiques mais avoir obtenu la possibilité de faire appel à la loi pour un mot de travers ou une parole déplacée c’est encore une fois instaurer une guerre des sexes.

        • 12 Avril 2016 à 20h28

          Parseval dit

          Guenièvre, documentez-vous (presse anglo-saxonne) sur le harcèlement par internet (qui n’est pas virtuel mais extrêmement physique). Vous ne pourrez que conclure que sans le secours de la loi rien ne changera en mieux.

        • 12 Avril 2016 à 21h02

          durru dit

          La loi est valable pour tout le monde, Parsi. Les femmes ont beau être le “sexe faible”, elles ne sont pas les seules victimes. Qu’elles soient plus touchées ne doit pas engendrer une haine du mâle.

    • 12 Avril 2016 à 6h01

      IMHO dit

      Force est de constater que ceux qui attaquent les féministes sont toujours des papolâtres ou papolâtresses, des phallangistes ou des fidèles servantes, donc des ennemis par nature, donc sans autorité.
      Il est vrai que le féminisme ne postule pas que les femmes sont sans défauts, il part du principe qu’aucun défaut ne se rencontre dans toutes les femmes, ni d’autres défauts dans tous les hommes, ce que les sexistes ont de la difficulté  à comprendre.  

      • 12 Avril 2016 à 7h37

        durru dit

        Force est de constater que ni l’article ni la majeure partie des intervenants ne parlent pas de ça.
        Le néo-féminisme part du principe que les femmes (toutes) sont asservies aux hommes et que les hommes (tous, mais surtout les blancs) sont machos, dominateurs, racistes, etc, donc essentiellement mauvais, à éviter et à combattre.
        Les féministes, par contre, ont depuis longtemps compris que, malgré le fait que les femmes ne sont pas des hommes, ni vice-versa, nous sommes tous humains.

        • 12 Avril 2016 à 9h38

          IMHO dit

          Que nous sommes tous humains est une bonne nouvelle.
          A part cela et en fin de compte, il n’y pas un féminisme mais des féminismes, dont le néo-féminisme en peau de lapin de nos deux cheftaines, parce que les femmes, en Europe, sont devenues assez largement autonomes et que ce n’est plus la soumission institutionnelle au mâle qui est leur problème mais comment vivre avec lui sans règles pré-établies,et que c’est beaucoup plus complexe que se débarrasser du joug masculin, d’autant plus que l’autonomie des femmes est encore souvent attaquée et leur droit à l’égalité de droits bafoué.
          Donc les féminismes restent des doctrines de combat,ce qui est sans doute regrettable mais qui se nourrit du sexisme d’encore trop d’hommes et aussi de trop de femmes d’ancienne mentalité qui considèrent les hommes comme des idiots utiles. 
          Heureusement il y a de plus en plus d’hommes et de femmes qui ne sont pas trop homme ou pas trop femme et qui font la soudure entre les deux, c’est eux l’avenir. 

        • 12 Avril 2016 à 9h44

          durru dit

          Oui, heureusement. Le souci pourrait être seulement médiatique, en fin de compte, la sur-exposition des excitées du bulbe, s’il n’y avait des pions au pouvoir pour faire avancer le “combat” sur le terrain des réglementations en tout genre (oh, le vilain mot!).

        • 12 Avril 2016 à 10h47

          agatha dit

          IMHO, voyez comme vous êtes intolérant, mine de rien. Vous ne supportez pas les personnes trop genrées. Or qu’est-ce qui vous prouve que ces personnes sont uniquement le résultat d’une éducation ou d’une culture ? Je savais qu’on en arriverait là. Ça ne m’arrange pas.

        • 12 Avril 2016 à 12h15

          Guenièvre dit

          Je suis comme vous Agatha. Cela ne m’arrange pas. Je suis assez bien E.Badinter sauf sur ce plan où elle est trop excessive …:-)

    • 12 Avril 2016 à 1h36

      Wil dit

      J’ai vu Eugénie Bastié dans Flash Talk sur LCP seule face à Rokaya Diallo d’un coté et Caroline de Haas de l’autre.
      Non mais vous imaginez argumenter entourer de Diallo et de Haas?…Pff,c’était surréaliste.
      Non seulement Eugénie Bastié avait à se taper les demoiselles de Rochefort Diallo et de Haas mais en plus les deux présentateurs de l’émission dont Valérie Brochard,la bobo qui fait Zemmour et Naulleau et qui prend évidement toujours le parti de Naulleau et en plus elle était face au public qui vous vous en doutez était en grande partie composé de “chances pour la France” et qui la détestait sans la connaitre.
      En fait,ça faisait traquenard quoi.
      Donc,rien que pour ça,elle à droit à mon profond respect voire mon admiration.
      Admiration renforcée par le fait que je la trouve très mignonne.
      Continuez Mademoiselle Bastié…ou madame :-(…hmmm,j’attendrais le divorce c’est pas grave…bref,vous avez tout mon soutient.

      • 12 Avril 2016 à 5h37

        IMHO dit

        Divorcer ? Mais elle est catholique jusque dans les oreilles, Wil !