Etats-Unis: une économie bipolaire | Causeur

Etats-Unis: une économie bipolaire

Trump et Clinton face à une drôle de crise

Auteur

Jean-Luc Gréau

Jean-Luc Gréau
est un économiste français, ancien expert du MEDEF

Publié le 14 septembre 2016 / Économie

Mots-clés : , ,

Les dernières statistiques américaines envoient des signaux étranges. Si les chiffres de l'emploi et de la consommation sont bons, ceux de la productivité et du PIB sont inquiétants. Une divergence inexplicable dans les vieux cadres de pensée.
usa trump clinton industrie

Image: Soleil.

Comment va l’économie américaine ? Aussi bien que possible si l’on en croit les chiffres des créations d’emplois par les entreprises, constamment favorables. Médiocrement au mieux si l’on se fie aux chiffres du PIB qui tombent depuis quatre trimestres, à peu près égaux à ceux de la zone euro. Les analystes économiques qui s’expriment par centaines sur le sujet affichent de moins en moins de certitudes, leurs schémas ne correspondant plus à la réalité nouvelle. Le tableau statistique de l’économie américaine présente une anomalie pour leurs cadres de pensée. À moins d’erreurs dans la collecte des données qui sont peu vraisemblables : ces données, mensuelles pour les créations d’emplois, trimestrielles pour le PIB, sont régulièrement corrigées et affinées.

Force de l’emploi, faiblesse de l’investissement

C’est le domaine où le paysage s’avère le plus riant. Après avoir détruit près de 9 millions d’emplois durant la « grande récession », les entreprises en ont recréé plus de 13 millions, profitant de l’appétit retrouvé des consommateurs locaux, de la reprise progressive du secteur de la construction, sinistré par la crise hypothécaire, et de l’essor de la production de gaz et de pétrole de schiste. Les créations d’emplois, presque toujours supérieures à 200 000 par mois, escortaient la montée en puissance du PIB, située bon an mal an entre 2 et 2,5 %. Après une période de convalescence, l’économie américaine semblait installée sur une trajectoire favorable de croissance, certes inférieure à celles du boom des nouvelles technologies, dans les années 1990, et du boom de la construction dans les années 2000, mais satisfaisante pour l’esprit.

Mais les trajectoires de l’emploi et du PIB divergent franchement depuis l’automne dernier. L’évolution de la croissance dément les spécialistes de la macroéconomie qui, au vu des créations d’emplois, anticipent, mois après mois, une accélération selon un cercle vertueux : plus d’emplois, plus de consommation, plus d’investissement, donc plus de production totale. Pourquoi la mécanique ne fonctionne-t-elle pas comme elle le devrait ?

[...]

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    publié dans le Magazine Causeur n° 97 - Septembre 2016

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    • 19 Septembre 2016 à 17h52

      beornottobe dit

      Hillary c’est Hilarant, et l’autre Catch as Catch can !…….

    • 19 Septembre 2016 à 8h37

      Brennec dit

      IL n’y a pas que les trajectoires de l’emploi et du PIB qui divergent, la trajectoire du chomage diverge sérieusement d’avec le pourcentage de l’emploi des américains en age de travailler lequel est sérieusement en baisse. L’auteur est bien aimable de ne soupçonner aucunement un trafic des stats mais il serait bien étonnant qu’aux états unis on se dispense de ce sport pratiqué dans le monde entier.

      • 19 Septembre 2016 à 10h42

        kelenborn dit

        C’est possible… encore que la vérité certifiée par l’Académie des Sciences semble plus à l’aise chez nous

    • 17 Septembre 2016 à 22h20

      kelenborn dit

      cela étant, l’heure est tardive mais je m’interroge!!!
      La productivité du travail étant le résultat de la division de la production par la quantité de travail, il est logique qu’elle baisse si la production augmente moins vite que l’emploi!! Une fois que l’on a enfoncé cette porte ouverte,il faut expliquer pourquoi et notre auteur semble un peu avare. Il nous lâche bien la phrase suivante
      “Comment peut-on imaginer la baisse de la productivité dans un système pleinement concurrentiel? ” Je reste un peu interrogatif: la productivité dépend avant tout de la technologie,en partie de l’organisation du travail. Un système très concurrentiel peut très bien fonctionner avec une productivité à la ramasse si la baisse des prix se paie en pression sur les salaires! Cela on ne nous le dit pas!
      Enfin, on ne voit pas en quoi tout cela génère le dernier paragraphe au demeurant fort intéressant!
      Oui les USA sont confrontés, au même titre que l’Europe à un terrible défi:les secteurs à forte augmentation de productivité ont été délocalisés tandis que se sont développées des activités tertiaires , quelquefois parasitaires, à faibles gains de productivité et surtout contribuant peu aux exportations, le tout générant l’endettement public et extérieur! Tout cela débouche évidement sur une croissance nulle ou atone, on en sait quelque chose chez nous!
      Alors oui la solution théorique c’est soit la reconstitution du tissu industriel en recourant au protectionnisme (version Trump aux USA, Le Pen ou Mélenchon chez nous), soit le pari de la libération d’innovations techniques qui rendront obsolètes les produits aujourd’hui délocalisés ( version Macron, voire Sarkozy si j’ai bien compris!
      J’avoue ne pas savoir!!! une chose set cependant certaine: la solution ne viendra ni des copains de Petite Fraise ni de ceux du crâne en peau de fesse de Bordeaux!
      MK

    • 17 Septembre 2016 à 21h58

      kelenborn dit

      Vachement marrant!! Il suffit qu’il y ait un article sur l’économie, exposant des questions qui, pour être comprises supposent un minimum de connaissance des mécanismes pour que la physionomie des forums se transforment
      Certes, ceux qui écrivent même sans avoir rien à dire sont toujours là comme un gamin accroché à son biberon ou un ivrogne à son pastis mais , on remarque que
      – ceux qui ont la sagesse de penser qu’ils n’ont pas forcément tout compris se montrent fort sobres dans leurs commentaires
      – ceux qui ne comprennent pas qu’ils ne comprennent pas sont toujours aussi incontinents!!! Pas besoin de vous demander de suivre mon regard!!!

    • 16 Septembre 2016 à 19h28

      plouc dit

      et comment se fait il que le nombre de pauvres a doublé pendant les 2 mandats d’ obama ???????? ils sont maintenant de 48 millions de pauvres !!!!!!!

    • 16 Septembre 2016 à 1h58

      Livio del Quenale dit

      Les artifices n’ont qu’un temps.
      “Ciel pommelé est comme femme fardée : de courte durée “.

       Pour l’instant, l’Amérique “truque” à défaut bientôt de “troumper” 

    • 15 Septembre 2016 à 19h18

      beornottobe dit

      Obama……. au bas mot…..: menteur et politicien,,,,,,

      • 15 Septembre 2016 à 19h20

        alain delon dit

        Hmm, original, vous ne seriez pas du genre à jouer votre date de naissance au tirage du loto?

    • 15 Septembre 2016 à 19h16

      beornottobe dit

      Trump ton monde Clinton ce sera plus honnête! (Trump il est pas “Pire”! ,mais juste pareil!
      …. alors à tout prendre (bien que je ne me fasse AUCUNE ILLUSION!)

    • 15 Septembre 2016 à 18h09

      beornottobe dit

      OBAMA …… ! de quoi je me mêle????????
      et il se dit “démocrate”?????????????????????? (mot usurpé d’ailleurs)
      nous aurons tout vu !

    • 15 Septembre 2016 à 11h59

      beornottobe dit

      ?????”Comment va l’économie américaine ? Aussi bien que possible si l’on en croit les chiffres des créations d’emplois par les entreprises, constamment favorables”…???
      et s’ils mentaient (comme savent si bien le faire les américains quand ça les arrange…)cf Goldman Sachs par exemple?……..

      • 15 Septembre 2016 à 12h07

        eclair dit

        tu n’es pas au chomage si tu travailles 2H par semaine aux USA.

      • 15 Septembre 2016 à 12h10

        beornottobe dit

        ou les mensonges innombrables de la guerre AMERICAINE en Irak….???
        (rappelez vous qu’ils ont fait plus de morts que Saddam Husein pendu à leur instigation!………)
        et Bush (les deux) sont toujours envie et pas poursuivis…….
        CQFD

    • 14 Septembre 2016 à 21h08

      alain delon dit

      A l’attention du sélectionneur:Footix dans les buts, c’est non!

    • 14 Septembre 2016 à 21h07

      GigiLamourauzoo dit

      y a pas que leur économie qu’est bipolaire! vous avez froid? vends burkinis pas chers,grande promo en ce moment!

      • 14 Septembre 2016 à 21h26

        alain delon dit

        Acceptez-vous les tickets restaurant Gigi?

    • 14 Septembre 2016 à 20h03

      expz dit

      Une hypothèse (probable à mon sens)parmi d’autres:la baisse des taux d’intérêt (favorisant la consommation)et l’approche des élections . L’Etat multiplie les aides sociales et les dépenses diverses l’automne dernier(quitte à augmenter les déficits).Dans un premier temps, elles favorisent la consommation et l’emploi à l’approche des élections . Mais les décideurs ne croyant pas en la pérennité de cette reprise ( les déficits ne pouvant être infinis)s’attendent à une inflation l’année suivante et une chute d’une croissance créée artificiellement (c’est à dire sans contrepartie productive réelle à cette consommation supplémentaire).L’absence , pour l’instant, d’inflation peut s’expliquer aussi par un stockage monétaire (thésaurisation,immobilier…)qui crée des “bulles” spéculatives , ce qui peut être très dangereux , les mouvements de capitaux devenant incontrôlables…Il me semble que l’erreur c’est ce raisonnement en terme d’”agrégats macroéconomiques”…

    • 14 Septembre 2016 à 18h06

      Pepe de la Luna dit

      A noter également que les médias US s’enfoncent dans le marasme, ce qui n’est jamais bon signe pour un pays. Ainsi, le Washington Post, journal autrefois respectable, est devenu un tabloïd de dernière zone, accusant Poutine d’avoir empoisonné Clinton : http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2016/09/parait-que-le-ridicule-ne-tue-pas.html
      Quand l’establishment médiatique en arrive là, c’est qu’il y a un vrai gros problème.

    • 14 Septembre 2016 à 15h47

      i-diogene dit

      Désengagement militaires des USA au MO et en Afrique, suite au désengagement de l’ UE en Afghanistan et en Irak..:

      … Leurs système s’ est effondré, faute de capitaux étrangers..

      … Pour une économie principalement axée sur la vente d’ armes et de matériel de guerre, c’est mortel..!

      … Sans compter que suite à la baisse de l’ Euro, la concurrence économique et financière de l’ UE pénalise fortement les exportations..

      … D’ où les tentatives répétées de déstabilisation de l’ UE: attaques boursières, ingérence dans la politique extérieure et commerciale de l’ UE, extension du conflit du MO, d’ Afrique et du Maghreb vers l’ UE, Brexit, etc..

      … En 230 ans d’ existence, 215 ans de guerres… Chez les autres..!

      Les USA sont devenus les maîtres en techniques de déstabilisations des Etats légitimes..

      • 18 Septembre 2016 à 14h35

        kelenborn dit

        LIDIOGENE versus LECLAIRDEGENIE !!! On est bien parti!!!

        “retraite américaine par capitalisation” les ricains sont quand même malins car ce sont les couillons de salariés français notamment qui sont saignés ou licenciés pour dégager les profits permettant de les payer
        Imaginons que Causeur prélève un euro sur chaque post pour vous payer afin que vous fermiez votre gueule!!
        C’est pas une bonne idée?

        • 18 Septembre 2016 à 15h01

          eclair dit

          keleborn

          La retraite par capitalisation aux USA montre ces limites.

          Il y a deux types de fonds de pensions. un avec revenu garanti
          l’autre sur performance du portefeuille.
          Et si l’entreprise fait faillite c’est l’état qui paiera une retraite.

          Dans le cas des garanti comme le nombre de retraités augmentent en proportion on abouti au même problème qu’en France Si c’est des collectivités hausse des impôts pour financer. Si c’est des entreprises nécessit&é de finacement au détriment de l’investissement

          Pour ceux basé sur le portefeuille.Le problème est la solvabilité . Les fonds ne sont pas garanti. D’où la tentation de faire monter articiellement les actifs boursiers.
          Et on arrive avec des rentabilité sur 100 ans comme facebook. ou un pressurage des entreprises ç l’étranger empechant l’investissement.

          http://www.lefigaro.fr/societes/203/02/12/20005-20130212ARTFIG00367-es-fonds-de-pension-anglo-saxons-ragilises-par-la-crise.php

    • 14 Septembre 2016 à 15h17

      eclair dit

      retraite américaine par capitalisation
      + fermeture des services publics à cause de la dette