Et s’il n’en reste qu’une…
God save the garden-party…
Publié le 04 août 2010 à 6:30 dans Politique
Mots-clés : Royaume-Uni

Déjeuner déjà vu, sculpture de John Seward Johnson, 1994, d'après Manet.
Ainsi, Nicolas Sarkozy a sacrifié la garden-party de l’Élysée sur l’autel de la rigueur et des déficits conjugués. Sur celui d’un blason républicain à redorer en vitesse sans doute aussi, même s’il manque quelques carats au bout du compte. Une économie de 732 826 euros pour faire oublier les cigares des uns, les appartements de fonction ou les missions plus ou moins fantaisistes des autres, l’annonce doit attester qu’un bon père de famille, un digne héritier d’Antoine Pinay, tient les cordons de la bourse France. L’État, lui aussi, a resserré sa ceinture d’un cran. Enfin, un tout petit cran. Comparée au cierge papal que constituent nos diverses dettes et découverts, la suppression de la garden-party fait figure de bout de chandelle. Mais on est dans le symbole ou on n’y est pas.
Du bon usage du symbole
Justement, le symbole. Instituée en 1978 par Valéry Giscard d’Estaing, grand spécialiste en la matière qui pouvait aussi bien prendre le petit-déjeuner avec des éboueurs, s’inviter chez des “vraies gens” que recevoir les quelques milliers de Français qui comptent, la garden-party était devenue le symbole incontournable du 14 Juillet, au même titre que le défilé, la Légion étrangère en tablier de sapeur et l’interview badine du président.
Anglophile convaincu, “l’Ex” savait parfaitement ce qu’il faisait en copiant ce que la tradition britannique a de meilleur. Depuis Victoria, dans un savant et très subtil dosage, dignitaires, diplomates et ministres se mêlent aux “héros discrets de la nation”, sélectionnés sur des listes constituées un an à l’avance pour leurs bons et loyaux services. Des fonctionnaires, des militaires, des membres des associations caritatives, du monde des affaires ou de la politique, dont les mérites sont honorés parce qu’ils incarnent l’esprit de la Grande-Bretagne.
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Inédit
Article inédit
publié dans
Causeur n° 25Juillet/Août 2010

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L'auteur
Agnes Wickfield est correspondante permanente à Londres.
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expat dit
I would have loved to have been there, but I was in Bavaria ! All Good to the Queen !
Impat1 dit
Sa Majesté est “très gracieuse” sur ce “Déjeuner déjà vu” ! Une gentillesse pour les oubliés des vacances ?