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Et l’acier fut trompé 4, l’Ophélie du grenier

Publié le 07 décembre 2012 à 16:20 dans Brèves Économie

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Avertissement au lecteur attentif : le rédac-chef ne comprenant pas plus l’intrigue du feuilleton que son auteur a « oublié » le 4, passant directement au 5, personne n’a protesté; mais pour rétablir la dramaturgie dans sa cohérence interne, revenons quelques heures en arrière…

Résumé des péripéties antérieures : Pourquoi un industriel indien est-il retrouvé assassiné dans la cave de sa maîtresse ? Pourquoi l’ex-ministre socialiste Arnaud M. a-t-il écrit une carte postale du Pérou à ladite femme 16 jours auparavant, citant Lamartine (Alphonse de). Pourquoi pleut-il tout le temps à Florange alors qu’à Londres, le mois dernier, je n’ai eu qu’un jour de crachin britannique ?

« Patron Patron » hurlait une voix provenant des étages de la bâtisse, « on a un autre cadavre au grenier patron venez vite… »

- J’arrive Gallino, dites-moi Wagner, est-ce que le gros est parti ? Bon, rappelez-le, il y a encore du boulot pour lui » l’agent salua avec déférence et s’écarta pour laisser passer Muller qui attaquait l’ascension de l’escalier avec appréhension.

Quarante-quatre marches plus tard et plus haut, le commissaire posait enfin le pied sur le plancher d’un grenier aussi immaculé qu’ordonné, si ce n’est le corps dénudé d’une femme noire qui décorait son milieu. Il resta quelques secondes immobile, reprenant péniblement son souffle, tout en humant l’atmosphère fortement imprégnée par une odeur de sang. Son regard fit le tour de la pièce mansardée, éclairée par quatre vasistas, un sur chaque pan de la toiture. Puis il s’approcha du corps, il gisait dans une flaque de sang, et en séchant avait fait comme une carte de la Bosnie-Herzégovine sur la dalle de plâtre. Le corps encore magnifique d’une jeune femme, dont le visage n’avait plus rien d’humain, écrabouillé avec une rage démente, il se pencha, prit une de ses mains et fit la grimace : ses doigts avait été brûlés comme pour effacer ses empreintes…

- Porca Madone pestait Gallino, se rongeant les ongles, comment peut-on massacrer ainsi une aussi belle fille ? Patron, c’est inhumain, l’homme n’est qu’un parasite malfaisant sur cette terre, Dieu n’existe sûrement pas, il ne laisserait jamais faire une chose pareille

- Trêve de métaphysique fils, avez-vous ausculté chaque centimètre carré de ce foutu grenier ?

- Oui, il n’y a pas un grain de poussière, à croire que l’aspirateur a été passé… Qui c’est à votre avis cette fille ? Pourquoi avoir tout fait pour qu’on ne l’identifie pas ?

Tenez, Pippo, lisez cette carte que j’ai trouvée dans la bibliothèque…

Gallino lut attentivement la missive péruvienne, se gratta les rares cheveux qui lui restaient à l’arrière du crâne, prit une profonde inspiration comme s’il allait s’élancer pour le triple-saut, discipline dans laquelle, d’ailleurs, il excellait également, son regard s’éclaira et il cria presque :

- Non, vous pensez que ? Ce serait un crime passionnel alors !

Arcelor Mittal, une malédiction: pas moyen de se défaire du sujet, il vous colle aux semelles comme le sparadrap du capitaine Haddock. Rebondissements après rebondissements, reniements et reculades, coups fourrés et coups de blues (à propos Dave Brubeck est mort, snif), accord minable à l’arraché, accord et à cris dirais-je… Bref, après le faux espoir, fruit d’un effort semble-t-il sincère d’Arnaud le redresseur et le camouflet que lui a infligé son patron, laissant dépités les camarades d’Edouard Martin au sortir de leur entrevue avec le faux-cul de Nantes (de Nantes à Montaigu la digue la digue…)

La digue est rompue, Ayrault a fait perdre la face à l’Arnaud pugnace, retors on l’avait cru, il n’était que roublard ! Mais il en sort grandi le boeuf bourguignon ! Reste un sale accord dont vous avez lu les détails : le gouvernement se couche comme une vulgaire fille de joie, on en a tondus pour moins que ça. Et coup de théâtre à retardement: le repreneur n’était pas bidon : un couple improbable composé de Bernard Serin (patron du FC Metz et accessoirement sidérurgiste,un ancien cadre dirigeant d’Arcelor, ayant ressuscité Cockerill à Seraing -Belgique, si si ça ne s’invente pas) et de l’inévitable Alexei Mordachov patron de Severstal : vive le mariage pour tous ! “Ite missa est” comme disait un rabbin amnésique, tout ça pour ça, la fiction c’est vachement mieux que la réalité mes amis…

Trop facile fils, trop évident, le rapprochement que vous venez de faire, c’est justement ce que l’on essaie de nous suggérer. La femme à laquelle vous pensez, cette ancienne journaliste qui avait épousé le président Copé en 2014 après le décès prématuré du président Hollande, mort étouffé par une galette au son, et qui par la suite avait profité d’un voyage officiel au Pérou pour retrouver son ancien compagnon et disparaître avec lui dans la jungle. Bref Pippo, cette femme est bien plus âgée que celle que vous voyez gésir dans ce grenier !

Vous avez raison chef, je m’emporte, je laisse mon imagination fantasque papillonner au dessus des frasques du réel comme l’âme du policier chinois dans « le pays de l’alcool » quand il a trop bu…
Un planton poussa un soupir long et douloureux, un autre rit bruyamment, un troisième se moucha dans ses doigts.
Hum, j’apprécie vos référence littéraires mon ami, mais elles me semblent quelque peu hors-sujet, passons, cette fille-là dis-je a tout au plus vingt ans et n’avez vous rien remarqué de troublant ?

Gallino se regratta le chef derechef puis entreprit de faire le tour du corps sous le regard bienveillant de son patron bien-aimé. Il se releva, l’air penaud, signifiant d’une moue et d’un geste des deux mains qu’il ne voyait pas… Muller, du menton orienta son regard vers le milieu du corps, Pippo hésita puis se pencha, « plus près mon ami » lui dit-il, s’exécutant, le rouge lui vint au visage car c’était un garçon extrêmement pudibond, Muller pensait même qu’il était encore puceau… Il s’approcha encore de l’entrejambe de la pauvre victime, qui du fait de sa position post-mortem offrait un panorama éloquent sur une intimité largement entrouverte.

- Euh…fit le pauvre garçon balbutiant, le nez sur la grotte aux mystères…
- Mais enfin Pippo vous n’avez donc jamais vu une chatte de près, ouvrez les yeux nom de dieu !

j’ai rarement eu l’occasion chef, euh je ne sais pas, on dirait qu’il lui manque quelque chose non ?
Mais oui fils tu as compris, elle est excisée !

à suivre…

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  • 8 Décembre 2012 à 0h30

    saintex dit

    M. Kessler,
    Je crains que l’avant-propos ne suffise pas. Ca me rappelle une soirée où ma grande a tenté de m’expliquer un feuilleton qu’elle aimait bien et nommé Lost. A la fin, elle dut constater l’incohérence de l’intrigue. Mais comme le dîner était aussi bon qu’était belle l’Andalousie environnante, tout cela finit agréablement en parlant de la météo.
    Conclusion, je préfère tout de même quand vous présentez la météo à la radio. Quoi ? Un homonyme ? Alors tout fout vraiment le camp !