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Et l’identité chassa l’égalité

L’économique n’explique pas tout, mais quand même…

Publié le 06 décembre 2011 à 14:24 dans Société

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Marie-George Buffet manifestant "contre les discriminations". PCF.

Comment ne pas être, pour l’essentiel, en accord avec l’analyse d’Alain Finkielkraut ? Je suis bien forcé d’admettre, comme militant communiste et ex-professeur en ZEP pendant vingt ans, que la question sociale ne peut plus, à elle seule, expliquer la sécession de fait de certains quartiers où, comme l’a montré Gilles Kepel, l’islam devient le pivot d’une nouvelle vie sociale qui se construit aux marges de la République.
Je l’avoue, je ne suis plus aussi certain que naguère qu’une École refondée, un retour au plein-emploi, un salaire minimum digne de ce non et une volonté politique claire de lutter contre les discriminations à l’embauche ou au logement suffiraient à faire revivre le « vivre-ensemble ». La crise dure depuis si longtemps, elle a tellement bouleversé les mentalités que les faits culturels ont désormais pris leur autonomie. À l’arrivée, la survalorisation de l’appartenance ethnico-religieuse rend toute adhésion à une citoyenneté d’autant plus problématique que la fin du service militaire et la sectorisation de plus en plus implacable de l’École ont fait disparaître les derniers endroits où, tant bien que mal, on vivait encore ensemble, fût-ce pour quelques mois ou années.

J’aimerais pourtant faire part de quelques objections et interrogations nées de la réflexion d’Alain Finkielkraut.
Dans son cours inaugural, pour mieux exposer la nature de la situation dans laquelle nous nous trouvons, il définit le changement ou plutôt les métamorphoses du changement. Ce n’est plus le changement célébré par la foi gauchiste et l’illusion lyrique de sa jeunesse, mais « un changement d’une autre nature » qui « a eu lieu sans nous. » Ce n’est plus « ce que nous faisons, mais ce qui nous arrive ». Encore une fois, il est difficile de récuser ce constat : les bouleversements de la société depuis quarante ans ne doivent pas grand-chose au gauchisme, ni même, et pour cause, à la gauche de gouvernement. Ce changement, dont nous ne serions pas les acteurs, évoque pour moi l’image du Marteau sans maître, de René Char.

Pour autant, j’ai du mal à croire qu’il soit impossible d’identifier les causes, voire de désigner les responsables, de ce quelque chose « qui nous arrive ». Car enfin, à lire Alain Finkielkraut, on finirait presque par croire qu’il s’agit d’un phénomène naturel et non un d’un processus historique.
De plus, si ce changement a quelque chose à voir avec « l’ampleur du phénomène migratoire et la révolution des moyens de communication », ces deux phénomènes ne le résument ni ne l’expliquent totalement. Ils sont des symptômes parmi d’autres. Dès 1973, Michel Clouscard pressentait, dans Néo-fascisme et idéologie du désir, que ce changement était la conséquence logique de la « pensée 68 » et du deleuzisme : l’hybridation réussie entre libéralisme économique et sensibilité libertaire est peut-être l’événement majeur des cinquante dernières années. « Il est interdit d’interdire » : ce slogan dont on observe les ravages qu’il a causés au vivre-ensemble est bien la traduction sociétale de la « concurrence libre et non faussée » chère aux eurocrates.

[...]

Cet article est issu de Causeur magazine n ° 41.

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  • 14 December 2011 à 10h45

    saintex dit

    Victor34,

    Si l’idée vous est venue qu’il peut m’être agréable que l’on abonde dans mon sens, vous vous êtes trompé.
    Je n’en ai strictement rien à cirer.

    Si vous pensez que j’ai besoin d’encouragements, que je prends des propos comme tels et que tout cela m’est motivation à écrire, vous êtes dans l’erreur totale.
    Je m’en fiche comme d’une guigne.

    Si vous analysez ma deuxième intervention comme une nouvelle couche inutile et déplacée, c’est que moi je me suis trompé, mon désir de civilité ayant d’évidence corrompu le message.

    Alors, ni pour persister et signer, ni pour avoir raison, ni pour polémiquer, je reformule la pensée qui préside à mes deux interventions.

    Le journaliste énonce des faits, les analyse selon sa vision et les restitue en les plaçant dans son univers.
    Le lecteur peut accepter cette vision, la refuser, réfléchir à la sienne.
    Il peut exprimer une vision contraire, développer ou abonder.
    Il peut même, dans un élan de coeur, faire partager le bonheur de la communion de pensée, sur le sujet ou sa façon de le traiter.

    Cependant, le lecteur qui déplace cet élan de coeur, du papier ou de l’écran qui sont le physique du journaliste, vers une déclaration de vertus du journaliste n’est plus un lecteur.

    C’est possiblement une midinette du courrier du coeur, un fayot aux motifs obscurs, un désemparé qui confond presse et sos amitié, plus simplement un déficient mental ou affectif, un caustique qui s’amuse, voire d’autres hypothèses qui ne me viennent pas à l’esprit.

    Cela m’intéressait de le découvrir.

    Et s’il vous vient que la perpétuation de mon ignorance que vos motivation pourrait être un scrupule dans mes neurones, c’est qu’encore une fois je me suis mal exprimé.
    J’ai dit ce que j’avais à dire et qu’il n’en ressorte rien m’indiffère.

  • 13 December 2011 à 18h56

    laborie dit

    Et l’identité chassa l’égalité…..

    Très mauvais titre qui est aussi mauvais que :  les Identitaires chassent les Égalitaristes, si je fais du mauvais esprit.

  • 12 December 2011 à 20h03

    la licorne dit

    Il est vrai que l’Islam n’est pas pire en tant que religion que le christianisme le fut. Mais, le problème n’est pas là. N’en déplaise aux bien pensant, quoiqu’ils prétendent pour le fiare oublier, la différnece fondamentale entre les deux religions n’est pas leur nature mais l’Histoire et la Culture de l’Europe. L’Europe est la terre du christianisme… C’est la seule raison qui fait refuser par les Européens une place trop grande à l’Islam et qui pousse les Musulmans qui vivent en Europe en se sentant mal acceptés à se tourner vers leurs racines d’outre Méditerranée. Les incantaitons des pseudos intellos n’y changeront rien quelles que soient leurs valeurs indignées et leur certitudes garanties sur leurs prétentions.

    • 14 December 2011 à 15h37

      saintex dit

      Comme dit l’autre, vaut mieux lire ça que d’être sourd.

  • 9 December 2011 à 13h06

    victor34 dit

    @saintex,

    merci pour la leçon. je l’accepte bien volontiers car vous avez raison j’ai manqué de précision et je n’avais pas argumenté.

    alors je vous répond alléluia !

    encore une fois je doit corriger une imprécision. JL ne m’agace pas, mais c’est parfois les idées qu’il défend qui m’agace.

    • 9 December 2011 à 23h30

      saintex dit

      Donc au final, tout est changé et nous ne saurons pas ce qui vous a poussé à tresser une couronne de laurier pour la personnalité (qui ne peut rester que supposée) d’un journaliste.
      Le principe est déjà peu banal, hormis peut-être dans le “courrier des lecteurs”.
      Reste à savoir si cette couronne lui convient. Car il n’ignore pas que celui qui la porte au-dessus de sa tête lui répète inlassablement, “souviens-toi que tu es mortel”.

      • 12 December 2011 à 13h38

        victor34 dit

        ce n’est pas parce que de bonne grâce et pour être agréable j’accepte une leçon, que cela vous autorise a en tenter une deuxième injustifié et discourtoise (genre c’est bon il se soumet je peux y aller)
        si vous n’avez pas compris mon intervention, je ne peux plus rien pour vous.

  • 8 December 2011 à 16h37

    laborie dit

    L’ennui avec Leroy c’est son universalisme (voir son intervention dans la dernière émission de Tadei). Il nous refait son coming out coco et c’est ce qui est dérangeant car la mayo de son communisme gaullo-catho ne prenant plus il ne lui reste en désespoir de cause que son prechi-précha, aimons nous les uns les autres.
    Besoin d’amour Leroy?
    La chanson est éculée, sauf votre respect…

    • 12 December 2011 à 22h16

      Jérôme Leroy dit

      Bien sûr Laborie, que j’ai besoin d’amour. Comme vous, j’en suis sûr. On n’en a jamais assez.
      En revanche, l’expression qui me convient, c’est plutôt en espoir de cause.
      Bien à vous

      • 13 December 2011 à 10h46

        laborie dit

        Contrairement à ce que dit Lacan, je ne crois pas à la possibilité humaine d’atteindre et encore moins de dépasser le “stade du miroir”…

  • 8 December 2011 à 1h01

    pirate dit

    Merci Pierre, oui il y a comme une ironie du sort finalement ici, puisque l’occident moderne, évolué, créateur de ce fameux libéralisme et instigateur du matérialisme rationaliste tel que nous le vivons aujourd’hui, au point d’en étouffer, se voit piéger dans sa logique marchande, et son “toujours plus” par des ploucs plein aux as, incapables de former la plus petite cohésion depuis le VIIème siècle au sein même de sa religion, mais mieux, entre les différentes composantes tribales du moyen orient (puisque le seul finalement à y être plus ou moins parvenus, est précisément le Prophète). L’ironie est cruelle, d’autant que ce pouvoir ne tient que sur la valeur de l’argent, outil essentiel de ce même libéralisme. Elle me rappel cet autre ironie qui voulu que l’allemagne des années 20 s’était entiché d’orientalisme et de bouddhisme au point où un affreux malades mystifiés par la haine, la guerre et le gaz moutarde, réutilisa, en l’inversant, le symbole solaire indien, et en créant un quasi religion paganiste, avec ses symboles runiques (et donc chargé de “magie”) et ses uniformes Hugo Boss (et oui c’est bien le fameux couturier qui dessina les uniformes de la SS). Comme quoi il faut se défier de la supériorité supposé d’un principe sur un autre, comme ici Leroy le fait par rapport à la République et la Laïcité. L’histoire démontre finalement que le progrès et la raison, sont bien plus fragiles et moins pérène que la barbarie.
    Ca me fait penser à la blague de limetamire.

    C’est l’histoire d’un gros cowboy qui rentre dans un saloon et fout sa zone. Il tire dans tous les coins, casse la gueule au premier qui le regarde de travers, ravage le bar et les lustres, puis satisfait, va pour sortir. Là dessus un petit vieux va vers lui et lui beugle “limetamire, limetamire !!”. Avant que le cowboy puisse réagir, le petit vieux a foutu le camps.
    Le lendemain rebelotte, le gros cowboys, retourne dans le bar, et le zone comme la veille. Au moment de sortir, le petit vieux réapparait et beugle de nouveau “limetamire, limetamire !” et disparait avant que le cowboy ne l’attrape.
    Le surlendemain, même ambiance, le cowboy débarque, casse tout, et le petit vieux lui beugle “limetamire limetamire”… mais cette fois le cowboy l’attrape et lui demande c’est quoi cette histoire de limetamire… le petit vieux réponds :
    - Ecoute, avant j’étais comme toi, je rentrais dans un saloon, je cassais tout, m’amusait avec la gueule des clients, et tuait le premier qui me défiait. Et puis un jour, un autre gars m’a attrapé, et m’a collé mon revolver dans le cul… bin crois moi, le plus dur à passer c’était la mire…

    • 9 December 2011 à 21h40

      Pierre Jolibert dit

      Pas venu depuis. Merci pour la blague, elle est bien en effet.

  • 7 December 2011 à 14h04

    victor34 dit

    C’est un très bel article, très bien écrit, bravo Jerome LEROY.
    J’y vois la réfection d’un honnête homme, qui analyse, bien sur je suis d’accord avec la remarque de l’ours, et Fiorino. Ce que je veux dire c’est que je trouve que Jerome LEROY en sa qualité de personne, me semble infiniment honnête, sympathique et attachant, le genre d’homme que nous aimerions avoir comme ami pour débattre de nos désaccords.

    • 7 December 2011 à 18h01

      saintex dit

      Je ne veux ici en aucune façon remettre en cause ce que M. Leroy a écrit ci-dessus, ni discuter de sa personnalité.

      Cependant, je me demande OU, DANS CES LIGNES, il apparaît infiniment honnête, sympathique et attachant. Un article me paraît court pour établir un tel panégyrique.

      Comme mon questionnement vient du propos de Victor34, je vous demande, Victor34, si c’est de l’ironie déplacée en cette seule circonstance, ou de la propagande (qui elle est toujours déplacée).

      • 7 December 2011 à 19h17

        victor34 dit

        @Saintex
        Ce n’est ni de l’ironie ni de la propagande, c’est simplement un sentiment. Un sentiment se partage ou pas mais ne s’impose pas. Et je comprends que vous ne soyez peut être pas d’accord.
        Ce que je trouve sympathique c’est l’ensemble. Qu’un ex communiste, qui habituellement m’agace, lorsqu’il défend CHAVEZ ou CASTRO (je schématise), que ce même homme lise FINKIELKRAUT, avec je pense respect et semble chercher à s’interroger, lorsque d’autres n’ont que des certitudes.
        Globalement qu’un homme à la gauche de la gauche dise globalement que Finkielkraut et intéressant et s’en inspire m’invite a de bon sentiments.
        Mai c’est sans doute les deux premiers paragraphes qui m’ont séduit.

      • 7 December 2011 à 19h28

        saintex dit

        Victor34

        Voilà qui pourrait répondre à ma question si vous aviez formulé le début de votre propos ainsi.
        Cet article fait apparaître une démarche intellectuelle honnête qui m’est sympathique et que je trouve attachante.

        Mais vous vous en éloignez en disant que M. Leroy vous agace habituellement.

        La grâce que définit de Saint Augustin s’atteint sur le long terme. Je ne vois donc que l’Esprit Saint qui est descendu sur vous en ce dimanche de Pentecôte, pour vous révéler la transcendance du caractère ouvert, affable et universel d’un homme que vous aviez méjugé.

        C’est émouvant et je ne peux que conclure par “alleluia”.

  • 7 December 2011 à 12h40

    laborie dit

    C’est l’hubris qui fait avancer le Schmilblick, Leroy, en non l’aîdos….et de mon point de vue Mauss a tout faux.

    Je m’en expliquerai plus loin 

    • 7 December 2011 à 13h39

      laborie dit

      Lévi Strauss  reproche à  juste raison à Mauss de s’interroger sur le donner, recevoir, rendre alors que les sociétés archaïques pratiquent tout simplement l’échange et il en va de même pour les société évoluées. D’ailleurs Lacan a bien montré l’aspect purement symbolique du don.

      • 7 December 2011 à 13h41

        laborie dit

        En cela  on peut contester de la même façon la vision kantienne de “l’impératif catégorique”

  • 7 December 2011 à 5h15

    JMS dit

    Nous payons les folies des années 80…du type “écoute ma différence”, qui font qu’à force de les écouter on a fini par les exalter dans un premier temps, les opposer dans un deuxième.
    Je trouve cet article fort intéressant.
    A mes yeux tout ce qui s’écarte de la Laïcité Républicaine constitue un danger pour la Nation mais aussi pour les minorités elles-mêmes. 

  • 6 December 2011 à 20h26

    L'Ours dit

    Pierre Jolibert

    analyse très intéressante.

    Sinon… je me répète?
    Et bien oui! J’y suis condamné!
    ;o)
     

    • 6 December 2011 à 21h53

      Pierre Jolibert dit

      Ah ben c’est vous qui le dites, sinon je ne me permettrais pas.

    • 6 December 2011 à 22h00

      Pierre Jolibert dit

      Je parlais des répétitions.
      Je dois préciser que je me suis fabriqué tout ce qui est en dessous à partir des entretiens et conférences en commun de Finkielkraut et Benny Lévy, rassemblés récemment. Les positions de Benny Lévy sur la laïcité m’ont successivement désarçonné puis frappé par leur cohérence. J’aimerais bien souvent citer ces textes-là pour mettre en valeur ce que je crois irréconciliable, mais c’est très difficile d’isoler des passages. On ne perçoit l’essentiel que vu de l’ensemble.

  • 6 December 2011 à 19h13

    Pierre Jolibert dit

    Désaccord sur le même passage que pointe l’Ours, mais pas le même. Et comme l’Ours se répète, je me permets de me répéter.
    1905 était bel et bien une guerre civile (que veut dire Léroy par “inquiétante” ?), mais entre l’Église catholique d’un côté, le positivisme pluriel de l’autre. 1905 est l’armistice : le sous-texte est : Nous, athées, déistes, protestants éclairés et juifs émancipés, vous imposons, vous, catholiques, encore grevés de rituels irrationnels (avec tous vos saints, vos reliques, vos processions en plein air) d’accélerer la mue que doit accomplir toute croyance moderne, c’est-à-dire de devenir bel et bien croyance pure se contentant de la foi et de la communion invisible et de la prière silencieuse et intérieure, de rendre les cérémonies indispensables les plus abstraites possible, et de ravaler votre fatras d’archaïsmes à ceux qui en veulent encore (nous avons nous aussi nos protestants vieux-jeu et nos juifs traditionnels, mais nous en avons fait des minorités assiégées). Le fait est que ces termes-là étaient valables pour 1905, et pour un État industriel uni dans la foi au Progrès (malgré quelques esprits chagrins). Le problème n’est pas que l’islam n’est pas une religion comme les autres ; au contraire, ce sont les christianismes modernes de 1905 et leurs cousines les croyances athée et déiste qui NE SONT PAS DES RELIGIONS COMME LES AUTRES, et qui ont de moins en moins la cote, qui sont devenus vieux-jeu et perdent du terrain face à leurs cousins plus lointains (d’Amérique, entre autres) et plus extravertis. Le rituel, le signe extérieur, le visuel, reviennent en force, pour des raisons politiques. Il ne s’agit pas de croire, il s’agit de montrer et d’investir l’espace : regardez-moi, regardez-moi.

    • 6 December 2011 à 21h10

      Mangouste1 dit

      Une religion sans rite se délite, c’est la triste vérité.

      • 6 December 2011 à 21h54

        Pierre Jolibert dit

        Et c’est alors que je pose la question conjointe : la suppression du sacrificiel est-elle vraiment possible ?

      • 7 December 2011 à 7h36

        Mangouste1 dit

        J’aurais bien envie de répondre “non”, mais c’est une question qui vaudrait un beau débat.

        Et je n’ai pas eu le temps de vous l’écrire hier, mais votre intervention était très judicieuse, je trouve, qui que ce soit qui vous l’ait inspirée. :o) 

    • 7 December 2011 à 9h03

      pirate dit

      Je rebondis pareillement mais sans doute plus trivialement. Parce qu’il y a un aspect trivial qui s’oppose entre 1905 et aujourd’hui. L’isme catholique n’était pas, comme aujourd’hui, soutenu et conduit par des pays faramineusement riches dont la paix social intérieur dépend des gages que ces pays offrent à l’Islam (et pas n’importe lequel, son expression la plus strict et rigoriste). Au delà du religieux, il y a l’aspect politique et militaire. Ce n’est plus seulement une opposition entre deux conceptions du monde ou même de la religion, c’est également une opposition stratégique qui est d’autant mieux justifié et armé (dans tous les sens du terme) par le concept de “guerre des civilisation” inventé à la suite du 11 septembre (et aucun cas de ce genre justement au début du XXème où l’action violente était le privilège des anarchistes). Ici cette opposition intervient complètement dans la conception libérale et ses conséquences. Car c’est aussi en s’appuyant sur le matérialisme et ses conséquences relativistes (dans son sens réducteur), démonstration à l’appuis d’une société où tout devient égal et donc n’est plus motivé que par l’envie (et non le désir) et son corrolaire la frustration, que l’Islam peut, en sa qualité de religion de puriste et de puritain, pretendre offrir un appel d’air à la société marchande. On se tourne vers un spirituel de fer faute de trouver son compte dans le matérialisme moderne et un libéralisme où tout est réduit à des notions marchandes.

      • 7 December 2011 à 14h27

        Pierre Jolibert dit

        Très bien vu, pirate, et pas plus trivial que ça. Les religions positivistes modernes, c’était les radicaux français, le luthéranisme bismarckien, la bourgeoisie piémonto-milanaise et l’Angleterre : le fric et la technique. Le catholicisme, intégriste ou pas, c’était les ploucs de l’Europe d’alors : pays du sud, campagnes reculées françaises, Allemagne du sud, Irlande. (contraste grossier admettant diverses enclaves de part et d’autre)

      • 11 December 2011 à 17h20

        laborie dit

        Il y a la charia et….le charabia.

  • 6 December 2011 à 16h04

    L'Ours dit

    “…à une irréductible singularité de cette religion qui la rendrait, en quelque sorte, ontologiquement incapable de s’adapter à la République. Pour ma part, je persiste à penser que, dans le cadre français, l’islam est une religion comme les autres, qui pose aujourd’hui les problèmes que posait le catholicisme hier…”
    Désaccord total!
     Et je l’ai suffisamment étayé au fil des posts pour ne pas y revenir. C’est ce qui fait que la suite du raisonnement sur l’identité est faussé. Car c’est par le fait que cette religion a cherché à imposer son identité que cette question s’est posée, et non l’inverse. C’est aussi parce que, au sens propre, la France se défigure et parce que, au sens figuré, le propre de la France est bafoué, qu’on en est là! Vous pouvez toujours vouloir contre toutes les évidences que l’islam s’intègre, il est trop intégriste pour cela!
    A moins bien sûr, que tout soit de “notre” faute et dans ce cas, inutile de discuter. Accueillons donc avec déférence cette religion d’amour et de paix! 

    • 6 December 2011 à 16h16

      Fiorino dit

      L’ours il me semble qu’aujurd’hui le premier objectif c’est de ralentir l’islamisation en limitant de façons drastique l’immigration musulmane, je ne sais pas si l’islam est par essence intégriste (j’en doute un peu mais bon) mais il l’est aujourd’hui, dans ce moment historique, alors je ne vois pas l’intérêt de jouer aux apprenti sorcier ici, cela s’appele principe de précaution.

    • 6 December 2011 à 16h16

      Patrick dit

      C’est aussi parce que, au sens propre, la France se défigure et parce que, au sens figuré, le propre de la France est bafoué, qu’on en est là!
      Belle tournure de phrase, L’Ours !

      cette religion d’amour et de paix!
      Vous avez oublié la tolérance, ce qui donne au choix :
      - la RATP
      - la RAPT
      - la TRAP (tolérante religion de paix et d’amour)
      etc.

      Plus sérieusement, d’accord avec vous que cette religion (et la culture qui va avec) ne s’intégrera jamais.
      Lucky Luke disait à un desperado : “L’Ouest n’est pas assez grand pour nous deux…“. On peut appliquer ce principe à la société occidentale.

  • 6 December 2011 à 14h50

    Coralie D. dit

    Je dirais même mieux : je vienS de le relire

  • 6 December 2011 à 14h49

    Coralie D. dit

    Superbe texte, que je vient de lire une nouvelle fois parce qu’il le mérite.

    Il n’y a pas une virgule à changer.

    Merci, Jérôme.

    Coralie

    • 6 December 2011 à 15h07

      Fiorino dit

      Supérbe texte politiquement correct qui ne dit pas un mot sur comment réguler le flux migratoire (sachant que le parti de Leroy veut une régularisation totale et le droit de vote pour les immigrés). Il faut avoir une sacrée fois réligieuse en la République pour croire que le jour ou dans certains villes ou même régions les musulmans seront majoritaires ils feront leur les valeurs de la République. A ce rhythme c’est impossibile, mais on peut toujours avoir la foi. D’ailleurs à ce niveau là c’est une réligion. L’islam une réligion comme les autres? Comme le judaïsme qui n’est pas proselyte? Comme le bohuddisme? Comme le catholicisme qui en France était majoritaire au moment de la loi de 1905?

      • 6 December 2011 à 15h53

        Ellroy dit

        argument ad hominem typique quand même: vous répondez aux arguments  de J. Leroy, en le renvoyant à sa personne et ses engagements… Il me semble qu’ il  a répété à plusieurs reprises dans certains de ses papiers,  qu’il avait rompu avec le PC  et un certain nombre de ses dogmes( je parle sous le contrôle des autres “causeurs”)…et cela ne l’empêche pas d’avoir toujours des idées communistes (ça n’est pas une insultes que je sache) . Il faut quand même se souvenir des propos de G. Marchais sur les immigrés (je vous renvoie au site de l’INA) il n’y allait avec le dos de la cuillère à l’époque… En revanche sur le caractère prosélyte de l’Islam, je partage vos craintes  et je crains qu’elles soient fondées….

      • 6 December 2011 à 16h04

        Fiorino dit

        Ellroy, il ne s’agit pas d’ “arguments” dire que:
        “Pour ma part, je persiste à penser que, dans le cadre français, l’islam est une religion comme les autres, qui pose aujourd’hui les problèmes que posait le catholicisme hier.”

        Ce n’est pas un argument c’est pour la première partie un voeux car pour l’instant la realité montre le contraire, dans la deuxième partie une comparaison non pertinente car le catholicisme était la réligion majoritaire au moment de la loi de 1905, l’islam ne l’est pas d’ailleurs je n’ai pas encore vu JL lutter contre les dérives de l’islam, d’autant plus qu’il soutient Chavez un fier allié du hamas et de hezbollah. Pour le communisme je m’en tape, je n’ai le même pas mentioné dans mon post, bien sûr que je le renvoi à ses engagement il est pour la régularisation de tout le monde et du vote des étrangers drôle de façon de lutter contre la perte d’identité en grossissant les rangs de tout ceux qui considèrent que la France “n’est rien sans les immigrés” (slogan qu’on entend systèmatiquement chez les sans-papiers qui démandent la régularisation).