Mail Facebook Twitter RSS

Inscrivez-vous à la Newsletter

et recevez la synthèse de l'actualité vue par Causeur.



X

Château de cartes en Espagne

La pauvreté, une idée pas si neuve en Europe

Publié le 29 janvier 2013 à 14:56 dans Monde

Mots-clés : , , , ,

espagne chomage pauvrete

Les Espagnols sont très, mais alors très moyennement en forme. Ils finissent l’année avec des chiffres tellement déprimants qu’ils feraient presque paraître la France, en comparaison, comme un paradis couvert de mâts de cocagne, où résonnent les ris et les jeux.

Pour commencer, le PIB ibère, d’après la Banque d’Espagne, serait en recul de 0, 6% sur le dernier trimestre de l’année 2012.

Le taux de chômage, accrochez-vous aux branches, est de 26, 04%. Et la plupart des analystes pensent que cela va continuer et atteindre les 27% à la fin 2013. Ce qui signifie que si je m’assois en terrasse à Madrid pour boire une horchata bien fraîche et que je regarde passer les filles, plus d’une sur quatre sera sans taf. C’est sans doute la raison pour laquelle elles se promènent puisqu’il n’y a plus que ça qui ne coûte rien. D’ailleurs, si elles ont moins de 24 ans, plus d’une sur deux a tout loisir de se balader puisque 55, 13% des jeunes n’ont pas ou plus de travail.

Continuons : un membre d’une famille au chômage, ce n’est déjà pas drôle, mais si c’est toute la famille qui va pointer, alors là, ça tourne au cauchemar. C’est pourtant le cas de 95 800 foyers dont tous les membres potentiellement actifs ne le sont pas, actifs, justement, ce qui représente tout de même 10% des familles espagnoles.

Évidemment, assez logiquement, la pauvreté grimpe mieux qu’un Miguel Indurain dans un col de première catégorie : 12,7 millions de personnes, dans un pays qui en compte 47, sont touchées. On en est arrivé au point où cela commence à inquiéter non plus seulement les syndicats ou le gouvernement mais les associations humanitaires elles-mêmes. Ainsi, en Octobre, la Croix-Rouge, pour sa journée nationale, n’a pas quêté pour un pays lointain en guerre, pour les enfants du Tiers-monde ou pour les victimes d’une catastrophe naturelle. Non, pour la première fois de son histoire, la Croix-Rouge nationale a fait appel aux dons des Espagnols pour les Espagnols eux-mêmes. Alexandre Dumas, au siècle dernier, ne croyait pas si bien dire quand il écrivait dans son Voyage en Espagne que l’Afrique commençait au-delà des Pyrénées. Avec 2,2 millions d’enfants vivant sous le seuil de pauvreté, soit dans des familles disposant de moins de 11 000 euros annuels de revenus, on aurait tendance à oublier que l’on parle d’une nation potentiellement riche, quelque part en Europe Occidentale.

Ce qu’on ne comprend pas, dans tout ça, c’est pourquoi l’Espagne en est arrivée là. Non, sérieusement, les Espagnols font tout ce qu’il faut. Ils votent pour un gouvernement libéral-conservateur qui applique la politique libérale demandée par Bruxelles. Comme il n’y a pas d’alternative, ça devrait marcher ! Le courageux Premier ministre Mariano Rajoy a mis en place un plan de rigueur qui vise à réduire le déficit de 150 milliards d’euros d’ici 2014. La TVA est passée de 18 à 21%, il a modernisé la législation du travail en le flexibilisant, il a coupé dans les dépenses sociales, il a augmenté les prélèvements obligatoires et malgré toutes ces grâces faites à la Troïka (UE, BCE, FMI), ce satané budget continue à déraper comme un taureau fatigué en fin de corrida, juste avant la mise à mort. Et l’objectif de 6,3% en 2012 sera très loin d’être tenu. Vouloir faire revenir l’emploi et l’activité en saignant le pays de 150 milliards d’euros, c’est peut-être là qu’est le problème. Ce type de politique, contrairement à la vérité chez Pascal, est la règle au-delà et en deçà des Pyrénées, et à vrai dire un peu partout en Europe. Au libéral-conservatisme de Sarkozy a succédé le social-libéralisme de Hollande tandis que symétriquement le même jeu de chaises musicales avait lieu entre Zapatero et Rajoy. Le peuple ne voit aucune différence. Toujours moins de services publics, de protection sociale, de pouvoir d’achat. On a beau chercher, en matière économique, il n’y a pas plus de différences sensibles entre le Parti Populaire et le PSOE qu’entre l’UMP et le PS.

Alors quoi ? Les libéraux se tromperaient ? Ce n’est pas possible, on sait que ce n’est pas possible. Les libéraux ont toujours raison en économie. Ils créent des pays riches avec plein de pauvres dedans, ils tiers-mondisent l’Europe du Sud depuis bientôt cinq ans mais ils ont raison.

Il faudrait trouver un coupable, un vrai, pour expliquer le cauchemar espagnol qui sera peut-être bientôt le nôtre et l’effondrement de toute une société. Tiens, mais j’y pense… Bon sang, mais c’est bien sûr ! Il n’aurait pas fait voter le mariage gay, Zapatero, le prédécesseur de Rajoy ?

Alors n’allez pas chercher plus loin ! Et dire qu’on prend le même chemin en France…

*Photo : Miguel.Aguilera .

Article en accès libre. Pour lire tous nos articles, abonnez-vous !
Cet article vous a plu, inscrivez-vous à notre Newsletter.

voir les commentaires / réagir         envoyer
 

A lire sur Causeur.fr

La rédaction de commentaires nécessite d'être inscrit

51

Déjà inscrit, connectez-vous

mot de passe oublié | Vous n'arrivez pas à vous connecter ?
 
  • 10 Février 2013 à 19h48

    Yuna Bonbeurre dit

    allez~ allez~
    les Espinguoins
    y branlent rien
    et au final :
    y zont rien

  • 3 Février 2013 à 14h02

    Saul dit

    Très bon texte Jerôme…

    et à ceux qui y voient une responsabilité personnelle des Espagnols et autres Grecs…
    la crise immobilière espagnole est due au fait que la très grande majorité des emprunts par les ménages se sont fait …à taux variables…. et ce ne sont pas vraiment les cocos ou les peuples qui ont proné ce type d’emprunts, mais bien les libéraux qui ont fait miroiter les alouettes….Panpan a totalement raison, la pub et la “communication commerciale” sont des armes. L’idée comme quoi le consommateur et le vendeur sont sur le même pied d’égalité, qu’ils ont la même capacité de discernement, participe de l’escroquerie libérale.
    Quant à l’europe, les comptes truqués toussa, c’est fou Nadia comment tu exonère les dirigeants européens aussi facilement…. On ne va pas reparler de GS pas vrai ? et notamment des ses anciens cadres qui se retrouvent, une simple coïncidence assurément !, à la tête des institutions de l’UE, ou de pays en faillite….

    • 3 Février 2013 à 14h19

      nadia comaneci dit

      J’ai aucun problème avec GS. Ils ont parié que l’Europe paierait pour un copain de l’eurozone en déroute, et ils ont gagné, l’Europe paie. Même la Suède et la Pologne qui ne sont pas dans la zone !
      Il y a plus cynique encore. Les agences de notations qui collaient des A à la Grèce, toujours pour la même raison, en connaissant sa situation réelle.
      Quant à mettre Draghi à la tête de la BCE, on peut supposer qu’il sait au moins de quoi il parle. Pour résoudre la crise, et c’est tout ce qu’on lui demande, je lui fais plus confiance qu’à un énarque qui n’a jamais mis un pied dans une entreprise. c’est une fripouille ? Tu sais bien  que les meilleurs informateurs de la police sont d’anciens voyous et que le FBI et la CIA recrutent leurs informateurs chez les hackers… 

      • 3 Février 2013 à 14h20

        nadia comaneci dit

        … leurs spécialistes, pas leurs informateurs.

      • 3 Février 2013 à 14h25

        Saul dit

        t’oublies un truc : tes dirigeants européens qui vont soi disant nous sauver et nous assurer un avenir radieux, sont aussi des gonzes de GS

        ” on peut supposer qu’il sait au moins de quoi il parle. Pour résoudre la crise, et c’est tout ce qu’on lui demande,”

        décidément on n’a pas la même vision : car pour moi un gonze qui aurait pillé mon compte bancaire, m’aurait escroqué et tout, et bien j’aurais du mal à lui demander de m’aider à rétablir mes finances…. ch’ais pas, un p’tit problème de confiance…

  • 3 Février 2013 à 13h47

    Porfirio Diaz dit

    Je vois que certains commentateurs pensent qu’il y a une exagération, mais la dégringolade a  été extrêmement rapide, ce qui a entraîné l’anticipation des Elections 
    Surement qu’il y a eu des choix en amont qui n’ont pas été bénéfiques. Il y a quelques années encore ont souligné les stories dans la presse ou la TV d’entrepreneurs du bâtiment. La folie de l’achat d’appartement á n’importe quel prix et des endettements massifs.
    Un ZP triomphant qui nia la crise plus d’un an qui gaspilla sans compter les deniers de l’état et une corruption assez développée.
    Rajoy ne sait plus par quel bout prendre le probléme, mais au PP il ya des malhonnêtes comme au PSOE. Le gendre du roi doit donner une caution solidaire avec son associé de 8 millions d’euros.
    On pourrait á l’infini développer. Attention á al conclusion de l’article avec l’avertissement que la France doit être prudente et devrait se préoccuper de gérer au mieux son budget sans se préoccuper des considerations irresponsables des syndicats tout puissants mais ne représentant pas la France au travail

  • 31 Janvier 2013 à 8h35

    JMS dit

    Qui aura le courage de dire aux Espagnols, aux Grecs, aux Irlandais, aux Baltes, aux Slovaques, aux Slovènes, aux Croates qu’ils vivent dans des pays pauvres et que le chemin pour rattraper le niveau de vie Français et Allemand sera long et difficile ?

    • 3 Février 2013 à 14h02

      nadia comaneci dit

      Vous mélangez beaucoup de situations économiques très différentes là !! En particulier, on ne peut pas assimiler les ex pays communistes qui ont dû changer de système et de mentalité à marche forcée, aux crises des pays du sud qui sont responsables de leur misère.
      A l’Est la Slovénie qui est une Autriche miniature en particulier s’en sort très bien. Elle est dans la zone euro et elle, contrairement à la Grèce, elle y a toute sa place. 

      • 3 Février 2013 à 14h22

        Saul dit

        “aux crises des pays du sud qui sont responsables de leur misère.”

        leur seule responsabilité ?
        et pas un peu de GS qui a allégrement truqué les comptes de certains états afin de les rendre “présentables” pour l’UE (et bien entendu au vu et au su de tout les dirigeants européens….), avant de spéculer sur leur dette souveraine ? (la Grèce par exemple….) ? pas un petit peu de nombre de dirigeants “européens” ?

        - Draghi, vice président de GS europe, puis gouverneur de la banque d’Italie, et maintenant président de la BCE !
        - Mario Monti, commissaire européen au marché interieur, puis à la concurrence (autant dire qu’il ne s’occupait pas que de la photocopieuse…), puis consultant pour GS (hasard !), puis président du conseil italien…
        - Loukas Papadimos : Gouverneur de la Banque héllénique, qui a participé avec GS au trucage des comptes grecs, puis vice président de la BCE, et dernièrement, hasard encore, premier ministre grec….
        - Otmar Issing, un des dirigeant de la Bundesbank dans les années 90, puis à la BCE, et maintenant conseiller de GS
        - Peter Sutherland, commissaire européen à la concurrence dans les années 80, puis à la tête de plusieurs banques (irlande, Ecosse…), et aujoird’hui président de GS…
        fou comme l’on retrouve tous ces gens qui ont participé à rendre agonisants certains états, et qui sont chargés maintenant de “soigner” les mêmes états….. de simples coïncidence à n’en pas douter…
        etc etc

        mais puisqu’on vous dit que seuls le populo espagnol et grec sont responsables…

      • 3 Février 2013 à 14h30

        Saul dit

        c’est rigolo toutes ces coïncidences…Petros Christodoulos, ex trader de GS, puis dirigeant de la Banque nationale de Grèce, et qui aujourd’hui est responsable de l’organisme gérant la dette grecque…. c’est fou fou fou….

  • 30 Janvier 2013 à 16h42

    eddy12a dit

    M Leroy, vous pourriez rajouter une couche de votre cynisme de cureton médiatique :
    Si malgré l’énorme progrès de civilisation dont jouissent les Espagnols (le mariage homo) ils s’enfoncent toujours dans la crise, c’est surement dû au développement du repli sur soi et du fascisme (les grands mots, ça marche toujours).
    Vous en donnez la preuve: le croix rouge préfère aider les nationaux plutôt que les gentils peuples du tiers-monde.

  • 30 Janvier 2013 à 12h34

    Jérémy S. dit

    Ironie du sort, quand tu nous tiens !
    http://jeremystoerkler.blogspot.fr

  • 30 Janvier 2013 à 10h30

    Fiorino dit

    @ Olyvier
    Je ne sais pas pour les grecs et les espagnols mais pour les italiens je vais vous en trouver des milliers de responsabilité. Notre situation est moins grave parce qu’une partie de notre pays est strictement intégré à l’économie allemande. Il y a quand même une différence entre le nord est de l’italie qui a été gouverné par Marie Thérèse d’Autriche longtemps et le sud qui a été gouverné par les grecs, les arabes, les espagnols longtemps. Rome n’en parlons même pas de siècle de regne de l’Etat vatican qui était un etat soudeveloppé Leopardi parlait déjà du temps qu’il fallait mettre pour aller de Recanati a Rome à cause du mauvais entretien des routes. Je ne dit pas que l’Europe n’a pas des responsabilité et que l’euro est la panacé, mais cette façon de dedouaner les pays du club med de toute responsabilité ne me paraît ni sincère ni positive pour eux mêmes.

    • 30 Janvier 2013 à 10h54

      Olyvier dit

      Si l’Europe est une intégration allemande, moi, vous me comprendrez, j’ai quelques raisons de ne pas me sentir européen…
      Ceci dit, je trouve très intéressant la partition historique et géographique que vous faites. 

      • 30 Janvier 2013 à 20h14

        nadia comaneci dit

        Mais non Olyvier, nous n’avons pas de sympathie démeusurée pour l’Allemagne et l’Europe n’est pas une intégration allemande. L’Allemagne donne certes le la économique sur le continent mais qui nous empêchait d’en faire autant alors que nous n’avions pas à absorber, rénover, remettre à niveau un pays à nos côtés ? Je veux bien que les Ossi contribuent maintenant à la prospérité allemande, n’empêche que que les 1300 milliards d’euros pour les sauver, il a fallu les sortir et ils ont manqué au budget allemand… Or ils nous explosent partout.
        J’aurais préféré un equilibre franco-allemand plus manifeste, mais la France est à la remorque parce qu’elle n’a pas su s’adapter quand Schroeder passait à la vitesse supérieure. On le paye aujourd’ui.

      • 30 Janvier 2013 à 20h16

        Eugène Lampiste dit

        ah merde, Nadia, tu parles encore de l’europe !

        je m’en vais sinon on va encore divorcer. 

      • 30 Janvier 2013 à 23h03

        nadia comaneci dit

        Mon doudou tu sais quand même depuis tout ce temps que l’Europe c’est mon dada !

  • 30 Janvier 2013 à 1h13

    MONCHERETBEAUPAYS dit

    Jérôme LEROY…le coco qui fait mine d’ignorer A. GRAMSCI

  • 29 Janvier 2013 à 20h57

    Mangouste1 dit

    Et en plus le docteur Fuentes fait face à ses juges et le foot ibérique, surendetté comme le reste du pays, part complètement en sucette. Plus de jeux pour faire oublier le manque de pain, donc. Sinistre. 

  • 29 Janvier 2013 à 19h25

    L'Ours dit

    nadia comaneci,
    tout à fait d’accord.
    Et c’est justement parce que la situation est dramatique qu’il est mal venu de faire de la récup politicarde comme dans cet article.

  • 29 Janvier 2013 à 17h59

    schaffausen dit

    Le tableau et en économie … Fâché avec la barre d’espacement.

  • 29 Janvier 2013 à 17h58

    schaffausen dit

    Letableau est sombre et il est légitime de dénoncer cette situation d’appauvrissement.
    N’ayant aucune compétence enéconomie, je me bornerai à deux remarques.
    La première est que l’Espagne a réclamé l’euro et qu’elle a largement profité pour ses infrastructures des fonds européens.
    La deuxième est que plus les gens sont au chômage, moins il y a de rentrées fiscales, directes et indirectes, moins l’Etat a d’argent.

  • 29 Janvier 2013 à 17h53

    Alain Briens dit

    “Ce qui est surprenant c’est qu’un pays comme l’Espagne, avec 25% de chômeurs, reste aussi calme (abattu ?).”
    Surprenant ? C’est un euphémisme…sachant que le chômage est moins indemnisé en Espagne qu’en France, le pays devrait connaitre des émeutes de la faim et une véritable guerre civile.
    Et pourtant il n’en est pas ainsi. Pourquoi ?
    Parce qu’il existe un secteur ultra-dynamique, ultra-libéral et ultra-compétitif de l’économie espagnole qui s’appelle le travail au noir et qui représente plus de 20% du PIB. Vous admirerez au passage la concordance des chiffres…

    http://www.slate.fr/story/56617/travail-dissimule-espagne

    Cette pratique permet de contourner la pression fiscale démentielle que l’état espagnol a imposé au pays dans le vain espoir de réparer sa gabegie et contrer une crise due aux bulles que sa politique clientéliste a fait gonfler dans le pays.
    Là ou Leroy a raison est quand il dit que le peuple espagnol ne voit pas la différence entre Rajoy et Zapatero.
    C’est en effet le même clientélisme débridé, et la même volonté prométhéenne de manipuler l’économie pour embellir le bilan à court terme face aux électeurs. Et les mêmes causes produisent les mêmes effets désastreux.

    • 29 Janvier 2013 à 18h30

      nadia comaneci dit

      Mais non, puisqu’on vous dit que c’est la faute à la troïka !
       Pour le travail au noir, il me semble qu’en Grèce c’est lui aussi qui permet au pays de tenir. Mais en Grèce, c’est une très vieille histoire. 

    • 29 Janvier 2013 à 19h13

      panpan2017 dit

      Et donc la prochaine étape pour l’Espagne est l’état de la Grèce, puisque tout le monde a dit que la Grèce était dans un état déplorable -entre autres- parce que pas grand monde n’y payait ses impôts…. 

  • 29 Janvier 2013 à 16h59

    L'Ours dit

    S’il suffisait d’un hiver à claquer des dents pour retrouver un riche printemps, les cigales n’ont pas fini de chanter en été en se foutant des fourmis.

    • 29 Janvier 2013 à 17h15

      nadia comaneci dit

      c’est vrai ce que tu dis, mais là ça va prendre 10 ans dans des proportions terribles. La loi espagnole autorise à saisir les logements impayés…

  • 29 Janvier 2013 à 16h06

    Olyvier dit

    Ce que je ne comprends pas, Nadia, c’est cette certitude que vous avez de la responsabilité quasi-personnelle des Grecs, des Portugais, des Espagnols, etc…
    Et que vous occultez la question majeure : l’Euro était-il une bonne chose pour des économies si différentes ? 

    • 29 Janvier 2013 à 16h21

      nadia comaneci dit

      L’euro comme ça… Non. C’était la charrue avant les boeufs.
      Il aurait (aurait aurait…) fallu faire avant l’union budgétaire, bancaire et fiscale.
      Et ne pas y mettre la Grèce, évidemment, qui ne remplissait aucun des critères de convergence.
      On y vient, enfin.
      Mais l’euro avaient par ailleurs de nombreux avantages, qui ont justifié cette précipitation. Intégration économique, pétrole avantageux, etc.

    • 29 Janvier 2013 à 16h26

      nadia comaneci dit

      Moi ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi on s’en prend toujours à l’Europe pour occulter nos propres lacunes, faiblesses, manques de courage. Nos gouvernants en tête.
      Enfin si, je ne comprends que trop bien… 

      • 29 Janvier 2013 à 16h28

        Olyvier dit

        Mais peut-être parce que nous avons grandi dans un récit européen qui n’a pas tenu ses promesses…

      • 29 Janvier 2013 à 16h35

        nadia comaneci dit

        Il n’a pas su s’incarner, il n’a pas pris chair, il ne parle pas aux peuples.
        C’est sa propre grande lacune. 
        Qui est responsable, c’est l’oeuf et la poule.
        Mais je connais pas de plus beau projet que l’Europe.
        Faut pas aller trop vite. 

      • 29 Janvier 2013 à 16h42

        Olyvier dit

        Petite Nadia, je me sauve car je suis “affreusement en retard”, et vous fais une bise façon Leonard dans Marie-Antoinette…

      • 29 Janvier 2013 à 17h03

        nadia comaneci dit

        Vous êtes mon lapin blanc

  • 29 Janvier 2013 à 16h04

    Olyvier dit

    Ce que je ne comprends pas, Nadia, c’est cette certitude que vous avez de la

  • 29 Janvier 2013 à 15h57

    Fiorino dit

    @ nadia
    en effet j’ai du mal à compendre comment les espagnols ont construit des villes nouvelles sachant pertinement que leur excedent démographique est du uniquement à l’immigration. Or les immigrés investissent davantage dans leur pays d’origine, je ne vois pas l’intérêt de construire une ville nouvelle dans le centre de l’espagne qui n’est pas forcement une destination climatique et touristique. Ceci dit des économistes sérieux avait déjà prévu tout cela et que ça allait se passer comme ça europe ou pas. En revanche il faut bien reconnaître que certains liberaux nous avez bassiné avec le modèle espagnol.

    • 29 Janvier 2013 à 16h15

      nadia comaneci dit

      Et ben on aurait mieux fait d’écouter les economistes sérieux.
      Et ça n’a rien à voir avec l’Europe. Sauf que c’est elle qui doit éteindre l’incendie maintenant. 

      • 29 Janvier 2013 à 16h17

        panpan2017 dit

        “économistes sérieux”… ça ressemble a un oxymore…

      • 29 Janvier 2013 à 16h22

        nadia comaneci dit

        Facile

  • 29 Janvier 2013 à 15h47

    Gérard Couvert dit

    Non seulement le mariage homo, mais le shit libre, la prostitution encouragée, les sécessions vaguement ethniques (pas bon se nommer Gonzales à Bilbao) remises en selle, l’immigration adulée ….

    • 29 Janvier 2013 à 15h53

      Fiorino dit

      Mêmes causes aux pays bas, mais pas les mêmes effets…

  • 29 Janvier 2013 à 15h28

    panpan2017 dit

    Bravo JL pour ce texte lucide. On piaffe d’impatience puisque Kaplan va surgir en chevalier blanc et vous démontrer que vous avez tort. 
    Ce qui est surprenant c’est qu’un pays comme l’Espagne, avec 25% de chômeurs, reste aussi calme (abattu ?). Mais ou se situe donc le seuil d’intolérance, celui ou les gens descendent vraiment dans la rue, et y restent ? Un jeune sur deux est sans emploi, et on reste chez soi ?

    Il est vrai que même les grecs sont rentres sagement chez eux…  le système marche super-bien puisqu’il a réussi a convaincre les gens qu’il n’y avait rien a faire. Juste accepter.

    Ce même système qui a réussi a créer les conditions de ce marasme. En confiscant tous les leviers. En créant des besoins jamais même imagines auparavant. En arrivant a nous vendre l’eau, bientôt l’air (qu’il a pris soin de rendre irrespirable auparavant). 

    Alors, et maintenant, on fait quoi ?  :-) 

    • 29 Janvier 2013 à 15h40

      nadia comaneci dit

      Panpan, c’est trop facile d’incriminer le “système”. Personne n’a mis un pistolet sur la tempe des Espagnols pour les obliger à investir dans un immobilier vérolé. Ils ont joué gros et ils ont tout perdu.
      L’Etat espagnol fait ce qu’il peut , avec une situation catastrophique.
      Les Espagnols ne sont pas fous, ils savent qu’on ne peut pas créer du travail qui n’existe pas ou plus. 
      Aucune solution n’est satisfaisante en ce moment, faire des économies et asphyxier le système ou larguer les amarres vers nulle part ? Ils ont choisi la première solution. Parce qu’elle finira par payer. Si vous en avez une autre, ils sont preneurs. Mais vous avez intérêt à la fignoler )) Pas du yaka faire payer les riches ou annuler la dette. ça marche pas comme ça.

      • 29 Janvier 2013 à 15h59

        panpan2017 dit

        Le “systeme”, nadia, c’est celui qui dépense des milliards en publicité pour vous laver le cerveau (et, pas hypocrite, qui vous le dit en face), pour vous faire consommer des trucs dont vos parents n’avaient pas besoin. En Espagne, qui vous persuade qu’acheter un appartement pour le mettre en location an plus de celui que vous allez habiter c’est une bonne idée 
        Le pistolet sur le tempe que vous évoquez, il existe. C’est la pub (au sens large), le matraquage qui vous persuade que le manège tourne pour vous. Aussi. 
        Oh, bien sur, nadia ne serait jamais tombée dans un piège pareil, elle. Bien plus intelligente que les espagnols. Bien plus maline que les grecs.  
        Vous pouvez retourner le problème dans tous les sens, si tous ces pays -y compris la France – en sont la aujourd’hui, c’est “grâce” au système mis en place depuis des décennies pour s’assurer que l’argent coule dans la poche de certains Quelles qu’en soient les conséquences. 
        La crise ne touche pas tout le monde. Elle profite a certains.
        La crise n’est pas un hasard. Il n’y a pas de hasard dans ce domaine.
        Mais, bien sur, nadia, elle, se serait comportée moins stupidement qu’espagnols ou grecs.  

      • 29 Janvier 2013 à 16h13

        nadia comaneci dit

        Les Grecs, c’est autre chose Panpan, faut pas tout confondre.
        L’endettement grec, il est étatique. Et structurellement encore.
        La Grèce a fait financer par l’Europe sa fonction publique pléthorique et inutiles, la retraite à 53 ans, j’en passe et des meilleures, sans fiscalité. Pour appartenir à la zone euro, elle a présenté des comptes falsifiés.
        Tout ce qu’on peut reprocher au Grec de base, c’est d’avoir participé de la grande tranderie en réélisant consciencieusement les truands et en profitant du système. 
        En Espagne, on a effectivement un endettement des ménages. Rien de plus légitime que d’avoir envie de s’enrichir, pour placer les économies de la famille.
        Je ne sais pas si on force les gens à consommer, les théories du grand complot m’ont toujours laissée dubitative. 
        Vous achèteriez un appart à taux zero sans aucun apport ou presque ni donner de garantie ??  

      • 29 Janvier 2013 à 16h25

        panpan2017 dit

        nadia, pas besoin de “grand complot”, mais 500 milliards de dollars de pub par an, c’est peut-être pour aider un peu les gens a consommer, non ?
        Je ne suis pas propriétaire (je ne vois pas en quoi mon argent me permettrait de m’aliéner une portion du sol de ce pays). Mais je peux comprendre que des gens a qui ont fait la danse du ventre en leur promettant la lune se fassent avoir.

        PS : le coup des “comptes truqués” de la Grèce, vous y croyez sérieusement ? Pas au fait qu’ils étaient truqués, bien sur, mais a la théorie selon laquelle personne ne le savait ? Qui a aide la Grèce à présenter ses comptes à l’Europe avant d’y entrer ? 

      • 29 Janvier 2013 à 17h12

        nadia comaneci dit

        Panpan, les comptes étaient truqués, archi-truqués… Et tout le monde le savait.
        Seulement il fallait que la Grèce en soit. Alors par facilité on a laissé faire. L’europe aussi, elle peut avoir son petit côté “après moi le déluge”.
        Quant à l’aide truqueur, GS, il se disait, l’Europe paiera. Pas bête. Cynique, mais pas bête.
        Mais ça ne peut pas durer toujours.  
        Sinon, sur la pub. Possible. L’avidité efface la raison et les agences le savent et en jouent.
        Seule solution, celle qui se dessine. Tutelle qui ne dit pas son nom de toutes les banques de la zone euro. J’aime bien l’europe dirigiste, aussi. Et mise au pas indirecte de la City, cette gangraine putride.
        Pourquoi vous croyez que les Brits s’énervent en ce moment ?

      • 29 Janvier 2013 à 17h13

        nadia comaneci dit

        Vous n’êtes pas propriétaire ? voilà qui me plait.
        J’aime bien les gens qui mettent en accord leurs idées et leurs actes.
        Eugène est comme vous. 

  • 29 Janvier 2013 à 15h22

    nadia comaneci dit

    On ne comprend pas comment l’Espagne en est arrivée là ??
    Mais bien sûr que si on comprend.
    Les ménages espagnols (pas l’Etat, différence très notable d’avec la crise grecque) se sont surrendettés pour se loger, attirés comme les mouches sur du miel par une bulle financière. Les subprimes à l’euopéenne. Taux zero et aucune garantie exigée. Quand la bulle a pété, les Espagnols se sont retrouvés tous cons. Et l’Europe n’y était pour rien. Mais c’est plus facile de trouver un coupable.
    Un tiers du PIB était lié au bâtiment… fini le bâtiment espagnol, d’où ce chômage épouvantable, et pour longtemps.
    Moi je veux bien que les solutions d’austérité, qui marquent soi dit en passant le grand retour de l’Etat et non du libéralisme qui est plutôt laissez faire-laissez passer, soient criminelles. Tout au moins contre-productives. Mais on propose quoi à la place ? La relance keynesienne, la fuite en avant… avec quel argent ? De l’argent, il n’y en a plus. En laissant filer les deficits, voire en empruntant ? A quel taux l’Espagne peut-elle espérer emprunter aujourd’hui ? Du pur délire. Un jour, il faut bien rembourser les dettes. Charybde et Sylla, entre deux maux, choisir le moindre.
    L’integration bancaire en marche interdira les délires financiers dont on voit les conséquences aujourd’hui. L’Europe si libérale tiendra ses banques en lisière avec des gardes-fous plus que solides. Mais ça, c’est pour demain.
    Aujourd’hui, les speculateurs immobiliers espagnols et irlandais payent avec des larmes de sang. Dans leur malheur ils ont une chance. Ils font partie de la zone euro, et l’Europe ne les laissera pas tomber. Mais ne leur fera croire non plus qu’on peut gommer dix ans de n’importe quoi d’un trait de plume. Il en faudra au moins autant pour effacer ce cauchemar.

    • 29 Janvier 2013 à 16h54

      Naif dit

      Bien dit ! 
      Les Espagnols ont préférés Zapatero et maintenant il en paye les conséquences.
      Pourtant les solutions ont les connait. Israël qui avait une politique similaire à la sociale démocratie à montrer comment sortir un pays de l’ornière mais nos gouvernant auront il le courage d’un Netanyaou ? 

      • 29 Janvier 2013 à 17h20

        nadia comaneci dit

        En Espagne, il n’est plus question d’éponger mais de combler un tonneau des Danaïdes.
        L’etat espagnol, zapatero en l’occurence, fermait les yeux, trop content de la prospérité immobiière qui tirait tout le pays vers le haut. Mais la prospérité était bidon et le PIB factice.