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En revenant du catéchisme

Publié le 05 décembre 2012 à 13:00 dans Brèves

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À Versailles, deux événements suffisent à mettre les jeunes en émoi: l’arrivée du Pape et la défense du couple traditionnel. Un couple est dit traditionnel lorsqu’un homme épouse une femme et lui fait six enfants ; c’est dire si le projet socialiste du mariage pour tous – autrement dit du mariage homosexuel – agace la petite communauté chrétienne à laquelle, que je le veuille ou non, j’appartiens.

L’autre jour, comme je me trouvais au catéchisme, je me suis permis une petite fantaisie. Alors que le père Brûlard nous entretenait des voeux d’amour qui unissent un homme et une femme sous le regard attendri du Très Haut, je lui ai rappelé que, chez les Baruyas de Papouasie-Nouvelle-Guinée, l’hétérosexualité était considérée comme une erreur. “Comment ça ?” m’a-t-il demandé. “Eh bien oui, ai-je insisté avec un petit rire probablement diabolique, le fait qu’un homme fasse l’amour à une femme n’est pas du tout bien vu chez eux. C’est une perte de temps qui éloigne l’homme de son travail, et, par voie de conséquence, met en péril la société”. Ma voisine Marie-Ange s’est aussitôt enquise du rôle de la femme chez ces sauvages, alors je lui ai répondu ceci : “On considère que l’enfant a deux pères : le sperme, et le Soleil. Certes, la femme est utile à titre de réceptacle, mais ce n’est pas d’elle que l’on attend vigueur et santé. Et c’est d’ailleurs pourquoi le mari lui fait boire son sperme de la même manière que nous prenons de la vitamine C avant de partir au bureau”. “Lui fait quoi ?”, m’a-t-elle demandé. “Boire son sperme”, lui ai-je répondu. “C’est dégueulasse”, a-t-elle conclu sèchement.

Sans me démonter, j’ai ajouté que, dans cette société si prompte à voir dans les relations hétérosexuelles la cause de tous ses malheurs, rien n’était plus important que de sodomiser les jeunes garçons. “Ça suffit”, a rétorqué le père Brûlard en faisant claquer son missel. Puis il a repris le fil de son exégèse, ce qui fait que je n’ai pas pu entretenir Marie-Ange des principes intangibles de l’homosexualité chez les Baruyas.

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  • 6 Décembre 2012 à 9h00

    mozart dit

    Faites ce que je dis,
    Ne faites pas ce que je fais.
    (principe non proclamé de tout donneur de leçons)

  • 5 Décembre 2012 à 18h16

    Pierre Jolibert dit

    Et à Lisa, qui s’inquiète :
    autant les évangélisateurs de la Nouvelle-Guinée n’auront aucun problème dans leur mission eu égard au caractère simple et universel des Évangiles, autant les promoteurs de la société occidentale moderne tombent sans doute sur un os s’ils s’avisent de vouloir importer dans ce pays des concepts d’origine teutonne de la fin du XIXème siècle (mais j’y songe : le nord-ouest, et les îles Salomon étaient sous domination allemande jusqu’en 1914 !).
    Dans le détail les moeurs changent facilement, d’ailleurs il semble que les Baruyas sont un conglomérat récent de transfuges d’autres peuples, partis dans les plus hautes vallées. On doit pouvoir facilement interdire un acte ou un geste ; en matière rituelle, les actes révérés permutent facilement vers l’interdit absolu. Les tribus changent de coutumes, mutent leurs mythes à toute vitesse. Mais le tout dans un cadre qu’elles partagent, et alors là, pour y introduire les composés de “sexualité”…
    Jugez-en (début du texte “La matrice masculine”, dans le catalogue sous la dir. de Stéphane Le Breton, pour l’exposition au Quai Branly “Qu’est-ce qu’un corps ?”, 2006) :
    «En Nouvelle-Guinée, le corps humain est perçu comme un composé masculin et féminin. C’est vrai aussi bien du corps d’un homme que du corps d’une femme. Mais un tel mélange n’a pas pour chacun les mêmes conséquences. La présence de l’autre sexe dans la femme n’est pas de nature à l’inquiéter ni à diminuer ses capacités propres. Elle met au monde un enfant, elle est capable de porter quelque chose d’autre que soi. En revanche, l’homme ne contient rien et ses composantes féminines inhibent le développement de ses capacités physiologiques et morales. Le mélange ne lui est pas favorable. Il naît de la femme et porte la trace de cette origine, alors qu’il lui faut être un homme. Il arrive au monde dans un état incertain, comme un produit semi-fini.»
    C’est ce présupposé qui est censé être à l’origine de tous les rituels très variés qui distinguent les peuples entre eux (dont la variante très machiste des Baruyas).
    Il y a plus : «L’androgynie du corps humain ne remet pas en question la distinction des sexes. Il y a bien des hommes et des femmes, portant chacun leurs organes génitaux. Le mélange des sexes joue sur un autre plan, qu’on peut appeler celui de la physiologie…» : c’est dans l’intérieur du corps que les peuples de N-G imaginent le partage entre masculinité et féminité (grosso modo : tout ce qui est rouge relève de la femme, et le blanc de l’homme).
    Sur ce point, la modernisation fera craindre le pire à maints lecteurs de Causeur… une fois que ces gens sauront tout sur tout en matière de sciences naturelles et de corps humain, de chromosomes et de gamètes, s’ils continuent à vouloir formaliser cet écart entre identité génitale et bipolarité féminin-masculin, et qui plus est à partir du principe que l’homme a besoin de se construire et n’est pas donné comme tel, je les vois très bien acclimater la notion de GENRE.  

    • 5 Décembre 2012 à 18h17

      Pierre Jolibert dit

      Le nord-est, pardon.

      • 5 Décembre 2012 à 19h02

        lisa dit

        Merci beaucoup Pierre, c’est bien de pouvoir partager la culture des causeurs plus cultivés !

      • 5 Décembre 2012 à 20h57

        Pierre Jolibert dit

        Je rougis car ce n’est pas mérité ; sur les îles d’à côté, je n’ai rien, et le plus souvent dans ces domaines : je n’y comprends rien.

    • 5 Décembre 2012 à 19h57

      Villaterne dit

      Ne connaissant rien de ce peuple, je me suis renseigné, car derrière mes déconnades à deux balles, j’aime bien moi aussi me cultiver!
      Je ne sais pas ce que vous entendez par:” les promoteurs de la société occidentale moderne tombent sans doute sur un os s’ils s’avisent de vouloir importer dans ce pays des concepts d’origine teutonne de la fin du XIXème siècle” mais il semblerait que “l’homo occidentalis” ait de nouveau perverti un peuple qui ne demandait rien à personne !
      Entrés dans l’économie de marché par le truchement d’outils à la technologie plus performante, ils ont pu apparemment étendre leurs surfaces cultivables ce qui a accru la charge de travail des femmes.

      • 5 Décembre 2012 à 20h55

        Pierre Jolibert dit

        Oh, comme d’habitude : rayon d’action très limité des substantifs homo/hétérosexualité. (Mais je suis vraiment très convaincu que les traducteurs vont avoir du mal, contrairement à ceux des Évangiles).
        Ah oui, j’ai vu ça sur la charge de travail, elles n’ont pas de chance. 

    • 5 Décembre 2012 à 20h29

      Jacques de Guillebon dit

      Merci de votre bon résumé, M. Jolibert.
      Si l’on y regarde de près, et suivant ce que vous dites, les Baruyas, ou Maracas, sont exactement dans le cas de nos aïeux grecs de l’époque de Socrate. Le composé androgynique et la pédérastie : tout y est.

      • 5 Décembre 2012 à 20h52

        Pierre Jolibert dit

        Ah tiens, c’est vrai, je n’y avais pas pensé.

  • 5 Décembre 2012 à 15h03

    saintex dit

    Comment ça, M. Guillebon, le gros problème des Baruyas , Quel problème ? Bah, je prefère ne pas en piper une et chercher le consulat.

  • 5 Décembre 2012 à 14h52

    Patrick dit

    Mais Villaterne, c’est de la culture générale, voyons !

    • 5 Décembre 2012 à 16h15

      Villaterne dit

      Allez expliquer ça aux Baruyas, car à mon avis ils en ont rien à f….. des français !! Et je les comprends !

  • 5 Décembre 2012 à 14h28

    Jacques de Guillebon dit

    Le gros problème des Baruyas, c’est qu’ils n’ont toujours pas répondu à la question : “Comment peut-on être français ?”

    Sinon, ils sont admirables.

    • 5 Décembre 2012 à 14h48

      Villaterne dit

      Vous énervez pas l’ami, c’était une boutade !

    • 5 Décembre 2012 à 15h05

      Pierre Jolibert dit

      Plus pour longtemps, d’après leur metteur en encyclopédie Maurice Godelier : extrait de l’article “Nouvelle-Guinée” dans le Dictionnaire de l’ethnologie et de l’anthropologie :
      «Aujourd’hui, la Nouvelle-Guinée est en pleine transformation. L’urbanisation se développe rapidement. La production marchande s’amplifie dans les campagnes. Un immense effort de missionarisation refoule ou détruit lentement les anciennes croyances religieuses et pratiques cérémonielles. L’économie reste dépendante de l’aide de l’Australie. Une démocratie parlementaire où un pouvoir central se trouve relayé par des gouvernements provinciaux est désormais bien établie.»
      Ce qui est dommage, c’est que l’on ne précise pas dans le cas particulier des Baruyas, qui étaient censés être sans classe, si une stratification sociale est en train d’apparaître chez eux.
      Un très léger point commun d’origine avec l’Europe, quand même : «La guerre était une réalité permanente et générale en Nouvelle-Guinée et avait souvent pour enjeux la terre, les femmes, et les cochons.» 

  • 5 Décembre 2012 à 14h13

    Villaterne dit

    Qu’est-ce qu’on en a à f…. des Burayas !
    Quant à Marie-Ange, voici mon numéro 06 69 99 12 33!

  • 5 Décembre 2012 à 13h45

    L'Ours dit

    Je crois qu’il est temps que Marie-Ange apprenne à fumer, foi de Saint-Claude!

  • 5 Décembre 2012 à 13h23

    lisa dit

    Mais ils sont quand même bien contents d’avoir des lardons les Burayas ? l’hétérosexualité une erreur qui permet la survie de l’espèce ?